I.XIV INTRODUCTION
Cornes, Civitas ; D pour dux, deus, etc., etc. Plusieurs sigles de suite annoncent ordinairement des formules, des invocations, des expressions consacrées, une série de titres; par exemple: D. G. dci gratia; R F rcx Francorum ; C. F couics Flandrie, etc. La répétition d'une même sigle marque le pluriel, par exemple : DD NN dominum nostrorum, SS sancîi, etc.
2° L'abréviation par contraction est extrêmement fréquente; pour la fliire on retranche au mot abrégé quelques leti es médiales en réservant la première et la dernière. Nous citerons comme exemple : AREPS pour arrhicpiscopus, BNDCS pour henedictus, SCS pour sanctus, DNS pour dominus, ECCLFa pour eccîesia, GLOIA ou GLÎA pour gJoria, oIa pour oumia, V'GO pour virgo.
3" On appelle abréviation par suspension celle qui consiste à laisser un mot inachevé. Nous trouvons ainsi : PR' PRIN' PRINC pour princcps, TVRON' pour turomis, SVP' -pour super, STEP' pour Stcphanus, HENR' pour Hcnriciis, IMP' pour imperalor, COM' pour cornes, etc.
Parfois il arrive que les deux abréviations, par contraction et par suspension, soient usitées dans le même mot. C'est le cas, par exemple, de RG pour régis, PMOGEIT' pour priînogenitus, PPOSITV pour prepositus, PVINC pour provincie.
4° Nous avons déjà vu, dans les deux cas qui précèdent, l'emploi des signes qui annoncent ou constituent une abréviation. Ces signes sont au nombre de cinq: le trait horizontal ou bouclé; le petit crochet ou apostrophe qui est parfois prolongé et barre la lettre qui le précède; un siizne en forme de 9 ou de C retourné qui se met au commencement ou à la fm d'un mot en place de la syllabe ciwi, cun, com, con, par exemple, 9VENTVS pour conveiitus; un signe qui n'est qu'un R majuscule ou minuscule barré ; ce signe s'emploie pour la syllabe rum, par exemple FRANCOl^ LOTHOl^; enfin, un signe en forme de 3 ou Z barré qui s'emploie pour la conjonction et ou pour et catera.
3° Les abréviations par lettres monogrammatiques ou conjointes sont moins des abréviations proprement dites qu'un moyen employé par les graveurs de lettres pour resserrer l'écriture ou lui faire occuper moins d'espace. Les numismates trouveront l'emploi des lettres monogrammatiques surtout chez les Mérovingiens et les Wisigoths. Le moyenâge en admet quelques-unes, mais leur présence dans les légendes est en générai assez rare.
Nous ne pouvons dresser ici la liste de toutes les abréviations de l'épigraphie numismatique. Outre le précieux volume de M. Chassant que nous avons cité plus haut et auquel nous avons emprunté la classification des abréviations du moyen-âge, deux ouvrages spéciaux sont
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mis à la disposition des numismates, le livre de Rentzmann paru en 1865^, et celui de Schlickeysen et Palmann paru en 1882 2.
Outre les abréviations proprement dites, les tailleurs de coins de la période barbare et de la période carolingienne employèrent fréquemment les monogrammes. On appelle monogramme un caractère formé de la combinaison plus ou moins symétrique de toutes les lettres ou des lettres- principales d'un ou de plusieurs mots. Ducange donne dans son Glossarium, au mot monogramme, une planche où sont gravés les monogrammes que les rois de France depuis Charlemagne jusqu'à Philippe VI ont fait dessiner au bas de leurs actes. En numismatique l'usage du monogramme cessa, en France, au temps d'Hugues Capet. Dans l'est de l'Europe son emploi dura beaucoup plus tard. Nous nous sommes attachés à donner dans le cours de ce livre la représentation de la plupart des monogrammes que l'on rencontre sur les monnaies?.
d) Immobilisation et dégénérescence. — Lorsqu'une empreinte monétaire est consacrée par l'usage et est devenue aux yeux du peuple une garantie de bon aloi, les monnayeurs continuent parfois à l'employer très longtemps, sans faire subir aux coins les changements qu'auraient dû y apporter, par exemple, les changements de règne. Cette conservation d'une empreinte accréditée est appelée immobilisation par les numismates.
A la suite d'une imniobilisation longue, les empreintes dégénèrent, car les graveurs répètent d'une façon machinale des modèles dont ils ne comprennent plus le sens. « A force de copier des copies de copies, et cela sans intelligence, on en arrive à produire dans les types les déformations les plus singulières. Quand on prend la peine de suivre la marche nécessaire de ces dégénérescences, on voit se fliire des confusions de formes qui donnent naissance à des représentations d'une extraordinaire bizarrerie*. » Une altération analogue se produit dans les légendes; de plus le poids et l'aloi des pièces immobilisées subit une décroissance parallèle à la dégénérescence de l'empreinte.
L'immobilisation et la dégénérescence se sont généralement produites au commencement des monnayages nationaux, lorsqu'un pays prend pour prototype de ses espèces celles d'un pays voisin plus civilisé, ou bien encore dans les époques de trouble. Pour le moyen-âge, les séries
1. 'Sumismatisches Legcnâcn-Lexikon des Mitteîalters uiid dcr Ncu:{cit. Berlin, 2 vol. in-8.
2. Erklânuig dcr Ahkïir:^u)igcn aiif Mïin^en dcr Neucrn Zeit, des Mitteîalters nnd des Alterthims, 2^ édition, Berlin, in-8.
5. Voyez spécialement t. I, pp. 11, 24, 26, 27, 28, 29, 48, 60, 61, 206, 285, 2S6 et 358.