‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 102 sur 193 · I. Voyez p. 337 la description de leurs armoiries · texte numérisé non relu

I. Voyez p. 337 la description de leurs armoiries

l’empire d’allemagne

Les armes de Nicolas du Châtelet étaient: d’or à la bande de gueules chargée de trois fleurs de lis d’argent.

§ XL — Cercle d’Autriche.

La portion principale du cercle d'Autriche était bornée au nord par les cercles de Souabe et de Bavière, le royaume de Bohême et le margraviat de Moravie; à Lest par le royaume de Hongrie; au sud par l’Adriatique et la république de Venise; à l’ouest par la Suisse. Le cercle comprenait, en outre, les nombreuses enclaves disséminées dans le cercle de Souabe, qui formaient l’Autriche antérieure ou Vorder Oesterreich. Le directeur du cercle était l’archiduc d’Autriche, qui réunissait dans ses mains la majeure partie des territoires.

a). — Possessions de la maison d'Autriche K

Les possessions de la maison de Habsbourg, dont tous les membres s’intitulaient archiducs d’Autriche, comprenaient, dans le cercle de ce nom, les régions suivantes : l’archiduché d’Autriche proprement dit, qui se divisait en pays sous l’Enns ou Basse-Autriche (Oesterreich unter der Emis) et en pays sur l’Enns ou Haute-Autriche (Oesterreich ob der Enns), le comté de Tyrol, le duché de Styrie ou Steyerniark, le duché de Carinthie, le duché de Carniole, une partie de l’istrie, du Erioul et du littoral de l’Adriatique entre Aquilée et Trieste, enfin diverses parties de la Souabe, du Brisgau et du Vorarlberg.

Les armes de la maison d’Autriche étaient : parti, au d’or au lion de gueules couronné de gueules, qui est Habsbourg, au 2^ de gueules à la fasce d’argent, qui est Autriche. Après l’avénement de Erançois 1 de Lorraine, l’écu comprit les armes de Lorraine comme troisième partition.

Le tableau suivant résume la généalogie de la maison de Habsbourg pendant les temps modernes :

I. S. Becher^ Das ôsterreichische Miinyuesen vont Jahre 1^24-iS^S, in historischer, statistischer nnd legisJativer Hinsicht. Vienne, 1838, 2 vol. in-8. — J. Newald, Das ôsterreichische Mïupwesen unter den Kaisern Maximilian II, Rudolph II und Mathias, dans la Nuniismatische Zeitschrift de 1885.

Maximilien I, 1493-1519.

Philippe le Beau.

Charles Q.uint, ^ Ferdinand I,

abdique en 1 556, . ' 1564.

tiS58. I

[Maison d’Espagne | | |

éteinte en 1700J. Maximilien II, Ferdinand, Charles,

t 1576. tiS9S- ti)90-

Rodolphe II, Mathias, Maximilien, Albert, f 1612. -j- 1619. 1618. ép. Isabelle

d’Espagne, f 1621.

Ferdinand II, t 1637.

Ferdinand III, t 1657.

Ferdinand IV, Léopold I,

Léopold V,

Ferdinand- Charles, t 1662.

Sigismond- François, t 1665.

Joseph I, t 1711.

Charles VI, t 1740.

Marie Thérèse

ép. François I de Lorraine,

Joseph II, f 1790. Léopold II, f 1792.

François II, f 1835.

Archiduché d’ Autriche. — Ce pays était borné au nord par le royaume de Bohême et le margraviat de Moravie, à l’est par le royaume de Hongrie, au sud par le duché de Styrie et Larchevcché de Salzbourg, à l’ouest par le duché de Bavière et l'évêché de Passau. Comme nous l’avons dit plus haut, l’Autriche comprenait deux parties séparées, sur la plus grande partie de leur frontière, par l’Enns, affluent du Danube. La Basse-Autriche, dont la capitale était Vienne, avait pour armes: d'azur à cinq aigletles d’or posées 2, 2, /. La Haute-Autriche, dont la capitale était Linz, portait: parti d'or à une demi-aigle de sable, et de gueules à deux pals d’argent.

l’empire d’allemagne

Voici les membres de la maison d’Autriche qui régnèrent d’une manière effective sur ce pays :

* Maximilien I, 1493-1519

* Charles-Quint, 15 19-21.

* Ferdinand I, 1521-64.

*Maximilien II, 1564-76.

* Rodolphe II, 1576-1608.

* Mathias, 1608-19.

* Ferdinand II, 1619-37.

* Ferdinand III, 1637-57.

L’atelier monétaire de l’Autriche se trouvait à Vienne. Sous Ferdinand I une officine fut ouverte à Linz, de 1 527 à 1 547.

Les thalers commencent avec Maximilien I et forment depuis lors une série iiL iterrompue. Sous Ferdinand I, la numismatique est particulièremei: itéressante et, à défaut d’autres données, elle permettrait de

reconstituer à grands traits l’histoire du règne. De 1 521 à 1 527, Ferdinand frappe monnaie comme simple archiduc: il s’intitule: princeps Hispaniae et archidux Aiistriae. De 1 527 à 1531,1! fait précéder ces titres de ceux de roi de Bohême et de Hongrie; à cette période se rattachent les curieuses obsidionales de Vienne, assiégée en 1529 par les Turcs, pièces carrées d’or et d’argent, portant le buste et les armes du souverain et les mots : TVRCK BLEGERT WIEN, le Turc assiège Vienne. En 1531, Ferdinand I est couronné roi des Romains; enfin, en 1556, l’abdication de son frère Charles-Quint l’appelle à l’empire. Ces quatres périodes sont fidèlement marquées. par les légendes des espèces.

Dans le monnayage de Rodolphe II, nous relèverons une particularité intéressante. L’archiduchesse Élisabeth, sœur de l’empereur et veuve en 1 574 de Charles IX, roi de France, s’était retirée à Vienne ; en 1 587, une forte somme devant lui être versée, l’atelier de Vienne fabriqua des thalers qui, pour la circonstance, reçurent comme différent une ffeur de lis française.

Sous Ferdinand 1 1, les désordres monétaires de la kipperpeit sévirent en Autriche comme dans les autres régions de l’Allemagne.

Comté princier de Tyrol. — Ce comté s’étendait entre la Bavière, l’archevêché de Salzbourg, la Carinthie, la république de Venise, les évêchés de Brixen et de Trente, les Grisons, le Vorarlberg et l’évêché d’Augsbourg. Sa capitale était Innsbruck. Ses armes étaient: d'argent à V aigle couronnée de gueules, la poitrine chargée d'un croissant d’argent terminé sur chaque aile en trèfle allongé. Voici la liste des archiducs d’Autriche qui eurent la possession effective du comté de Tyrol :

* Léopold I, 1657-1705.

*Joseph I, 1705-1 1 .

*CharlesVI, 1711-40.

* Marie-Thérèse, 1740-80.

* Joseph II, 1780-90.

* Léopold II, 1790-92.

* François II, 1792-1835.

* Sigismond, 1439-90.

Maximilien I, 1490-1519.

Charles-Q.uint, 15 19-21.

* Ferdinand I, 1521-64.

* Ferdinand, son Fis, 1564-95.

^Rodolphe II, 1595-1612.

* Maximilien, frère du précédent, 1612-

*Ferdinand II, 1621-25.

* Léopold V, frère du précédent, 1625-32.

* Ferdinand-Charles, 1632-62.

* a) sous la tutelle de sa mère Claude

de Médicis, 1632-48.

*b) après la mort de sa mère, 1648-

* Sigismond-François, 1662-65.

Albert, frère des précédents, 1620-21.

C’est en Tyrol, sous Sigismond, que parurent les premières grandes monnaies d’argent à flan épais. Le millésime le plus ancien est celui de i486 ; cependant quelques essais sont datés de 1484. Les fortes espèces de Sigismond portent à l’avers son image en pied, entre un lion assis et le heaume d’Autriche; une épicycloïde entoure le champ; la légende, en caractères gothiques, est : SIGISMVNDVS ARCHIDVX AVSTRIE. Le revers représente l’archiduc à cheval, à gauche, armé de toutes pièces, et tenant la bannière autrichienne; au-dessous sont placés le millésime et un écusson d’Autriche ancien ; quinze autres écussons plus petits forment avec celui-ci la bordure, et donnent les armoiries des principales possessions de la maison de Habsbourg : Styrie, Carinthie, Carniole, Windisch-Mark, Portenau, Hohenberg, Feldkirch, Habsbourg, Tyrol, Ferrette, Kybourg, Haute-Autriche, Haute-Alsace, Burgau et Nellenbourg. Aucune légende ne flgure au revers. Ces curieuses monnaies, dont l’émission marque, pour l’Allemagne, l’aurore des temps modernes, furent frappées à Hall, dans la vallée inférieure de l’Inn, ville où l’archiduc Sigismond transféra en 1450 son atelier de Méran, à la suite de la découverte des riches mines d’argent de Schwatz.

Jusqu’à la fin du xviii^ siècle, le Tyrol eut ses monnaies particulières, frappées tant dans l’atelier de Hall que dans celui d’innsbruck. La série tyrolienne présente des pièces très remarquables, parmi lesquelles nous citerons les thalers aux bustes conjugués de Ferdinand-Charles et de sa mère, coiffée du voile de veuve.

A la mort de Sigismond-François, le Tyrol passa à l’empereur Léopold I, qui le transmit à ses successeurs.

Duché de Styrie '. — La Styrie s’étend au sud de l’Autriche et au nord de la Carniole et de la Carinthie. Sa capitale était Gratz. Les armes du duché étaient: de sinople à une panthère rampant d argent, vomissant des flammes.

I. A. Luscliin von Ebcngreuth, Steiriscbc Gcpriige iiml Sicgcl an/ âer gra::cr Austclluig-cullur-hislorischcr GcgcHsLàiidc vom Jiili i8Sj. Graz, 1883, pet. in-8, p. 257 et suiv.

l’empire d’ ALLEMAGNE

Le duché de Styrie eut ses monnaies particulières frappées dans l’atelier de Gratz jusque sous François IL En 1781, cette officine fut fermée.

Lorsqu’en 1564 l’empereur Ferdinand I divisa ses états entre ses enfants, l’archiduc Charles obtint la Styrie avec la Carniole, laCarinthie et le comté de Gorice. A sa mort, survenue en 1 590, ces pays passèrent à son fils Ferdinand II, qui obtint la couronne impériale en 1619; depuis cette époque, ils n’eurent plus de souverains particuliers.

Duché de Carinthie. — La Carinthie, en allemand Karnten, est située au sud et à l’ouest de la Styrie. Ses armes étaient : parti, d'or à trois lions léopardés de sable, F un sur F autre, et de gueules à la fasce d’argent. La capitale de la Carinthie était Klagenfurt.

Comme la Styrie, la Carinthie eut ses monnaies particulières. En m 2 i , Ferdinand I accorda aux états de Carinthie le droit de monnayer à son nom. Les émissions d’espèces propres au duché s’arrêtent vers la milieu du xviii^ siècle.

Duché de Carniole. — La Carniole, en allemand Krain, s’étend au sud de la Carinthie et de la Styrie; elle avait pour capitale Laibach. Ses armes étaient : d'argent à F aigle d’azur couronnée de gueules, ayant sur la poitrine un croissant échiqueté de gueules et d’argent.

Sous Ferdinand I, quelques monnaies furent émises pour le duché de Carniole.

Comté de Gorice. — Le comté de Gorice, en allemand Gorç, situé dans le Frioul autrichien, passa en 150c à Maximilien I, par suite de l’extinction de la famille comtale.

En 1 504, Maximilien I fit frapper à Lienz des pièces de quatre pfennings et des kreu^er, particuliers au comté de Gorice. Ses successeurs firent également émettre de temps en temps des monnaies pour ce pays; mais il ne s’agit jamais que de pièces divisionnaires d’argent ou de cuivre. Suivant Leitzmannn, les dernières pièces autrichiennes, pour Gorice, sont de 1 802.

Les armes de Gorice étaient: tranché d’azur au lion d’or couronné du même et d’un barré d’argent et de gueules.

Possessions autrichiennes en Souabe. — La plus importante des possessions autrichiennes en Souabe était l’ancien margraviat de Burgau, dont la capitale était Günzbourg. En 1760, l’impératrice Marie-Thérèse créa dans cette ville un atelier monétaire qui travailla jusqu’en 1805,

date de l’annexion de la Souabe autrichienne à la Bavière. La Monnaie de Günzbourg avait un H pour diflPérent monétaire; elle frappait, comme celle de Vienne, le numéraire destiné à la circulation générale du pays autrichien, outre des pièces divisionnaires spéciales pour le margraviat de Burgau.

b). — Evêché de Brixen.

Le territoire de Brixen, en italien Bressanone, était formé de petits tronçons répandus pour la plupart en Tyrol. Les patrons du diocèse étaient saint Etienne et saint Gassin. Les armes étaient: de gueules à r agneau pascal d'argent, la tête nimbée et contournée, tenant du pied gauche une bannière d’argent à la croix de gueules.

Le monnayage de Brixen reprit au commencement du xvii^ siècle, et prit fin avec le xviii^. Voici la liste des évêques pour cette période :

* Charles d’Autriche, 1613-24 (Breslau, ordre teu tonique).

Jérôme-Otton-Agricola, 1625-27.

Daniel Zen, 1627-28.

Guillaume de Welsberg, 1628-41.

Jean Plazgummer, 1641-47.

Antoine Krosin, 1647-63.

Sigismond-Alf. de Thun, 1663-77.

Paulin Mayr, 1677-85.

Jean-François Kuen von Auer, 1685-

* Gaspard-Ignace de Küniglé, 1702-47.

* Léopold de Spaur, 1747-78.

Ignace de Spaur, coadjuteur, 1775-79-

* Vacance du siège, 1779.

Joseph de Spaur, 1779-91.

Charles-François de Lodron, 1791-

Les émissions des évêques de Brixen n’eurent jamais une grande importance ; elles témoignent plutôt du désir d’affirmer un droit que de celui de pourvoir aux nécessités des transactions commerciales.

c), — Evêché de Gurk.

L’évêché de Gurk en Carinthie, episcopatus gurcensis, qui dépendait de l’archevêché de Salzbourg, ne posséda jamais le droit monétaire. On connait toutefois des thalers de Jean VI de Schoenenberg (1 5 52-54), puis des ducats d’or, des thalers et des pièces de 20 kreu^ers de François de Sal m-Reifïerscheid (1782-1822), mais ce dut être à la suite d’autorisations personnelles, accordées par l’empereur à ces personnages, que ces monnaies ont pu être frappées.

d). — Principauté d'AuerspergK

La terre d’Auersperg était située en Carniole. En 1653, Jean-Wi-

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