ET LA PRINCIPAUTÉ DE LIECHTENSTEIN
Sources : H, Cubasch, Die Mïuùen miter der Regiermig seiner Kais. n. Kôn. apostoJischeii Majestàt des Kaisers Franx-Joseph I, Ins'inr Einführiiug der Kronemvahrung. Vienne, 1896, in-4. — M. Waldner, Versnch eines EnHunrfes der Hauptmoinente des deulschen Müniu'esens. Innsbruck, 1858, in-8. — C. Schwalbach, Die neuesten deiitschen Tbaler, DoppeJthaler iind Doppelgiilden. Leipzig, 1895, in-4. — C. von Ernst, Die Müugj-:(eichen iiud Miln:^bi(chstahen auf ôsterreichischen Mïinien, dans la Niimismatische Zeitschrift de 1893.
§ I. — U A U triche-Hongrie.
En 1806, François II, après la signature de la paix de Presbourg et la constitution de la Confédération du Rhin, renonça au titre d’empereur d’Allemagne, se contentant désormais du titre d’empereur d’Autriche, qu’il avait pris dès le mois d’août 1804. Les traités de 1813 respectèrent cette modification dans la titulature impériale. Voici la chronologie des empereurs d’Autriche :
* François II (I), 1792-1804-35. * François-Joseph, 1848, actuellement ré-
* Ferdinand I, 1835-48. gnant.
En 1848, des révolutions éclatèrent en Bohême et en Hongrie. Le 2 décembre 1848, Ferdinand I abdiqua en faveur de son neveu François-Joseph. Le 15 mars, la Hongrie avait obtenu un gouvernement distinct, mais la révolution triomphante déclara déchue la maison de Habsbourg. En octobre 1849, république hongroise fut vaincue par l'intervention de la Russie. L’Autriche possédait depuis 1815 en Italie le royaume lombardo-vénitien : elle perdit successivement le Milanais en 1859 et la Venétie en 1866'.
I. Pour les monnaies frappées dans le royaume lombardo-vénitien, voir le § / du chapitre vu, i.
Le système monétaire de l’Autriche resta conforme, jusqu’en 18^7, au pied de convention qui avait été adopté conjointement avec la Bavière en 175^ Nous avons exposé (page 130) les points essentiels de ce système, suivant lequel 20 florins d’argent étaient taillés au marc fin de Cologne, et nous avons donné la liste des monnaies réélles frappées sur le Conventionsfuss .
Le type des monnaies d’or et d’argent autrichiennes se compose, à l’avers, du buste ou de la tête laurée de l’empereur, au revers, de l’écu entouré de colliers d’ordres et brochant sur une aigle à deux têtes tenant dans sa serre droite l’épée et le sceptre, et dans sa serre gauche le globe crucigère (fig. 387). Les ducats d’or frappés en Hongrie portent l’image de la
Fig. 387
du nom et des titres fortement abrégés de
Vierge: s. maria mater dei patrona hvng. et l’empereur debout; les monnaies d’argent hongroises ont la même image de la Vierge et la tête impériale laurée (fig. 388). Les légendes des pièces autrichiennes se composent
empereur: Dei gratia Austriae imperator, Hungariae, Bohemiae, Lombardiaeet Venetiae, Galiciae .Lodomeriae , Illyriae rex, ai'chidux Austriae.
Pendant le soulèvement hongrois en 1848, on frappa à Kremnitz des monnaies
Fig. 388
d'or, d’argent et de cuivre
légendes magyares : v. ferd. magy. h. t. orsz. kiralya erd n. fejedo. Le type de ces pièces se compose de l’effigie en pied ou de la tête de Ferdinand L de l’image de la Vierge : sz. maria ist. annya magy. or.
des armes du
VEDOJE, ou aes armes au royaume de Hongrie. Sur les monnaies divisionnaires, le nom du roi est omis; la légende est : magyar kiralyi valts penz (monnaie d’appoint du royaume hongrois).
Le 24 janvier 1857, l’Autriche participa à la grande convention moné-
L'AUTRICHE-HOXGRIK
taire allemande dont nous avons parlé (p. 649). Le nouveau système, arrêté par ce contrat international, fut mis en vigueur par patente impériale du i ^ juin suivant. L’union monétaire était, pour l’Autriche et la principauté de Liechtenstein, le florin d'argent valeur autrichienne, en allemand : gulden osterreichischer wàhrung, taillé à 45 à la livre de 500 grammes de métal fin et divisé en 60 kreuzers. On devait frapper à la fois des monnaies dites vereinsniün^en, destinées à circuler dans tous les pays ayant adhéré à la convention, et des monnaies dites landesmün-:{^en, n’ayant cours qu’en Autriche.
Voici les diverses monnaies émises en Autriche, sous le régime de la convention de 1857 :
1° Vcreinsmïm^en. Argent. Double tJmler ou pièce de 3 florins val. aut.
Thaler ou pièce de i fl florin val. aut.
Or. Couronne. j
[ sans valeur nxe.
Denu-couronne. )
20 Landesmiïnien. Argent. Double florin, à 22 à la livre de métal fln et à 900 millièmes.
Florin, à 45 à la livre de métal fin et à 900 millièmes. Billon. Pièce de 20 kreuiers \
Pièce de 10 kreu:{ers i à 500 millièmes de fln.
Pièce de y kreuzers j Cuivre. Pièce de 4 kreuzers.
Pièce de 4 kreif^ers.
Kreu:(er.
Pièce de -d. de kreurer.
lO ^
Or. Quadruples ducats.
Ducats.
En outre, l’Autriche s’était expressément réservé le droit de frapper des thalers d’argent à l’effigie de l’impératrice Marie-Thérèse au millésime de 1780, pour servir à l’exportation dans les pays d’Orient, où cette monnaie avait conservé une faveur toute particulière. Ces monnaies, qui se fabriquent encore aujourd’hui, sont connues sous le nom de lev antiner thaler ^ ou thalers levantins. En 1868, l’Autriche cessa de faire partie de l’union monétaire germanique, mais le système en vigueur dans l’empire ne subit pas de changements par le fait de cette retraite.
Les monnaies de l'empereur François-Joseph ne présentent aucune innovation quant aux dispositifs du type, mais l’effigie subit de 18^7 à 1892 trois modifications conformes aux changements apportés par l’âge dans les traits de l’empereur. De 1857 à 1865 le poinçon gravé par J. D. Bôhm montre FTançois-Joseph avec une fine moustache et de légers
I. C. von Ernst, Der Levan tiner thaler , dans la Xiiinisniatische Zeitschrift de 1874.
favoris. De 1866 à 1872, les coins de J. Tautenhayn présentent un profil aux favoris plus larges. Enfin de 1872 à 1892, les coins de F. Leiseck accentuent les traits, et montrent des favoris longs descendant jusqu’au milieu du cou.
A partir de 1868, des monnaies conformes au système de l’empire, mais portant des légendes magyares et ayant au revers l’écu de Hongrie, furent frappées pour ce royaume. L’empereur s’y intitule soit : ferencz jozsEF A. csAszAP MAGA^AR ORSZAG AP. KiRALYA, c’est-à-dire I François- Joseph, empereur d’Autriche, roi apostolique de Hongrie, soit : ferencz JOZSEF I. K. A. CS. ES. M. H. S. D. O. AP. KIR., Fereiic\ Jôs^ef Isten kegyelmébôl Austriai csds^àr és magyar- horvdt- s {lavo7i-dalmdt Ors^dgok apostoli kirdlya, c’est-à-dire : François-Joseph, par la grâce de Dieu empereur d’Autriche et roi apostolique de Hongrie, Croatie, Slavonie et Dalmatie.
Le 9 mars 1870, une patente impériale décida l’émission de nouvelles monnaies d’or en remplacement des couronnes et demi-couronnes frappées depuis 1857. Ces nouvelles pièces, qui constituaient un acheminement vers l’adoption du système de l’Union monétaire latine, devaient valoir 8 florins et 4 florins et équivaloir exactement à 20 et à 10 fr. Elles ont été émises jusqu’en 1892, à la fois en Autriche, avec légendes latines, et en Hongrie, avec légendes magyares.
En 1879, à l’occasion des noces d’argent de l’empereur François- Joseph I et de l’impératrice Elisabeth de Bavière, on frappa des doublesflorins commémoratifs aux effigies conjuguées des époux. En 1887, on émit des ausbeute-doppelgulden d’argent fin avec le métal des mines de Kuttenberg.
Le 2 août 1892, l’empire d’Autriche modifia entièrement son système monétaire, en substituant l’étalon d’or à l’étalon d’argent. Voici les principales dispositions de cette loi, qui est actuellement en vigueur:
I. — Dans les deux états de la Monarchie est introduit, au lieu de l’étalon autrichien (ôsterreichische Wàhriing), l’étalon d’or (goldiuabriiiig), dont l’unité de compte est la couronne (krone). La couronne se divise en 100 hcUer.
II. — Le poids monétaire est le kilogramme avec ses divisions décimales, tel qu’il a été adopté par le décret du 23 juillet 1871.
III. — Les monnaies d’or (landesgolchnünyn) seront frappées au titre de 900 millièmes d’or et de 100 millièmes de cuivre. Un kilogramme d’or monétaire fournira 2952 couronnes, de sorte que 3280 couronnes sevonl tirées d’un kilogramme d’or fin.
IV. — On frappera les pièces suivantes : a) pièces de 20 couronnes, b) pièces de 10 couronnes. D’un kilogramme d’or monétaire on tirera 147,6 pièces de 20 couronnes ou 295,2 pièces de 10 couronnes, de sorté que le kilogramme d’or fin produira 164 pièces de 20 couronnes et 328 pièces de 10 couronnes. La pièce de 20 couronnes pèsera
l’autriche-hongrie 673
6 gr. 775067 et la pièce de 10 couronnes 3 gr. 3875338. Le diamètre sera respectivement de 21 millimètres et de 19 millimètres.
IV. — Outre ces monnaies d’or, dites landesgoldmünien, on frappera comme monnaie
de commerce (Jmndeïsinmi:(en), ainsi qu’on l’a fait jusqu’à présent, des ducats à
81 pièces au marc de Vienne (o kil. 280668) d’or fin, et au titre de 23 carats 8 35)
grains (986 — millièmes). Les pièces d'or de 8 et de 4 florins frappées à la suite du
~ cp
décret du 9 mars 1870 cesseront d’être émises.
XL — Indépendamment des landesgoldinüngen, il sera frappé en argent des pièces d’une couronne, en nickel des pièces de 20 et 10 hellers, en bronze des pièces de 2 hel- Jers et d’un Ijclhr.
XII. — Les pièces d’argent d’une couronne seront au titre de 835 millièmes d’argent et de 165 millièmes de cuivre. Un kilogramme d’argent monétaire fournira 200 pièces d’une couronne, dont le poids sera de 5 grammes et le diamètre de 23 millimètres.
XXII. — Les pièces dites levantiner thaler, à l’effigie de l’impératrice Marie-Thérèse et au millésime de 1780, pourront être frappées ainsi que par le passé, comme monnaies de commerce.
Un avis du ministre des finances du 26 décembre 1892 fixa les types de ces diverses espèces. Elles sont frappées en Autriche avec des légendes latines, en Hongrie avec des légendes magyares. Les types présentent les différences tenant aux emblèmes nationaux. L’or autrichien porte, à l’avers, la tête laurée de Lrançois-Joseph, et au revers l’aigle à deux têtes. L’or hongrois a l’image en pied de l’empereur-roi tenant le globe crucigère et le sceptre, au revers, l’écu hongrois surmonté de la couronne de saint Etienne tenue par deux anges. La couronne d’argent porte dans les deux pays la tête laurée, et au revers l’indication de la valeur sous la couronne impériale ou sous la couronne royale. Le nickel et le bronze autrichiens ont à l’avers l’aigle, tandis que les monnaies d’appoint hongroises reproduisent la couronne de saint Etienne. Notons en terminant que heiler se dit filler en langue magyare.
11 nous reste à donner la liste des ateliers monétaires de la monarchie autrichienne et l’indication de leurs différents :
Vienne. Différent A, jusqu’en 1872, et, à partir de cette époque, sauf en 1873, indication de différent.
Kremniti (Hongrie). Différent B, jusqu’à la fin de 1867. A partir de 1868, différent KB (Kôrmôcz-Banya, nom hongrois de la ville). Ce même différent KB figure sur les monnaies de la révolution hongroise de 1848.
Prague (Bohême). Différent C. Cet atelier fut supprimé en 1857.
Karhbourg (Transylvanie). Différent E, jusqu’en 1868, puis Gy. F. (Gyula Féhervâr, nom hongrois de la ville) jusqu’en 1871, année où l’atelier fut fermé.
A (Hongrie). Différent G. Pendant la révolution hongroise, le différent fut XB. En 1851, la Monnaie ayant été détruite par la foudre, l’atelier fut supprimé.
Nous rappellerons pour mémoire les ateliers de Milan (M) et de
Venise (V), qui, indépendamment des espèces qu'ils frappèrent pour le royaume lombardo-vénitien, émirent aussi des monnaies pour la circulation générale de l’empire d’Autriche.
§11. — Comté de Tyrol.
En 1805, la paix de Presbourg détacha le Tyrol de l’Autriche et l’annexa à la Bavière. La population, fidèle à son ancienne dynastie, se souleva en 1809, mais l’insurrection fut vaincue et un des chefs, André Hofer, fut fusillé par les Français à Mantoue en 1810.
A cette insurrection en faveur de l’Autriche se rattacha l’émission en 1809 de pièces d’argent de 20 et de 10 kreu^ers et de kreu^ers de cuivre. Leur type consiste à l’avers en une aigle couronnée entourée des mots :
GEFÜRSTETE GRAFSCHAFT TIROL.
§ III. — Principauté de Liechtenstein ,
La principauté de Liechtenstein participa en 1857 à l’union monétaire germanique, en adoptant le système autrichien. En 1862, le prince Jean 11 a fait frapper dans l’atelier de Vienne des vereimthaler à son effigie et à ses armes; en 1898 il a fait émettre des pièces d’or de 20 couronnes^ conformes au nouveau système monétaire de l’empire d’Autriche.