‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 96 sur 193 · VICTRIX · texte numérisé non relu

VICTRIX

Claude Noblet, 1600-01. De ... aux quatre fers de lance de ... posés 2, 2, à l’étoile de ... au point du chef, lvcent omnia eide.

Jean de Villers, 1601-02, 1607-08. De gueules à la fasce d’argent accompagnée en chef de deux étoiles du même, in spem contra spem.

Jean Bertrand de Saint-Jure, 1602, 1608-09. D’argent à deux flammes d’or posées en chevron, au chef d’argent chargé d’une croix alaisée de gueules et d’agur. espoir et poevr. Nicolas Maguin, 1602-04, 1609-10, 16 1 5-18. D’aiur à six molettes d’or posées 2 et 1. crains diev et fais ivsti(céj).

Charles Sartorius, 1606-07. D'agir à la fasce d’or chargée d’un double vol de sable et accompagnée de trois besans d’argent, deux en chef, un en pointe, firma solo radix. Abraham Fabert, 1610-14, 1618-20, 1624-25, \ 6^2 D’agir à l’Hercule de carnation couvert d’une peau de lion d’or, se soutenant du bras dextre sur une massue du même, accosté de huit grenades d’or, labor omnia vincit ou a la vertv rien nest inaccessible.

Jean-Baptiste de Villers, 1620-24, 1626-30, 1631-32. Ecartelé, aux i et 4 de Villers: aux 2 et 9, d’agir à la bande d’or chargée d’une tour de sable entre deux coquilles du même, qui est Mondelange. legibvs et armis.

Isaac Bague, 1630-31. De ... aux trois bagues entrelacées de ... au chef de ... à la croix tréjlée au pied fiché de ... accostée de deux croise! tes. mancvpio et nexv (fig. 210). Philippe Praillon, 1633-37, 1639-40, Mêmes armes que Jacques Praillon. endvrer povr dvrer.

Adrien de Bonnefoi, 1640-41. D’agir au dextrochère et au senestrochcre de carnation, vêtus et gaulés d’or, tenant une épée en pal d’argent emmanchée d’or, accostée en chef de deux mains de carnation posées en chevron, elle est en bonne mains et non facile

EXCIDET.

Les pièces d’Adrien de Bonnefoi sont les dernières qui puissent être considérées comme monnaies ou simulacres de m.onnaies. Les person-

l’empire d’allemagne

nages qui occupèrent après lui, à Metz, la première magistrature municipale continuèrent toutefois Tusage de célébrer leur avènement par des jetons à leurs armes.

§ III. — Cercle de Westphalie.

Les pays du cercle de Westphalie se trouvaient compris entre les Pays-Bas, la mer du Nord et les cercles de Basse-Saxe, du Haut et du Bas-Rhin, mais ils ne formaient pas une région compacte. Un tronçon, complètement isolé, était formé par l’archevêché de Cambrai. La direction du cercle appartenait à l’évêque de Munster et aux ducs de Clèves et de Juliers, l’électeur de Brandebourg et l’électeur palatin. Les kreistage se tenaient habituellement à Cologne.

a). — Evêché de Munster

L’évêché de Munster, Monasterium, était placé sous le vocable de saint Paul. Son territoire était compris entre la principauté d’Ostfrise, les comtés d’Oldenbourg, de Diepholz, de Tecklenbourg, de Ravensberg, de la Mark, l’évêché d’Osnabruck, les duchés de Westphalie, de Clèves et de Gueldre. Les armes épiscopales étaient : de gueules aux trois fasces d’or.

* Conrad II de Ritberg, 1497-1508 (Osnabrück).

*Éric I de Saxe-Lauenbourg, 1508-1522 (Hildesheim).

* Frédéric III de Wied, 1522-1532.

Éric II de Brunswick, 1532 (Osnabrück, Paderborn).

^François de Waldeck, 1532-1553 (Minden, Osnabrück).

Guillaume II Ketceler, 1553-1557.

Bernard de Raesfeld, 1557-1566.

*Jean IV de Hoye, 1566-1574 (Osnabrück, Paderborn).

Jean-Guillaume, duc de Juliers, 1574-1585.

Ernest de Bavière, 1585-1612 (Freisingue, Hildesheim, Liège, Cologne).

*Ferdinand I de Bavière, 1612-1650 (Liège, Hildesheim, Cologne, Paderborn).

*Siège vacant, 1650.

* Christophe-Bernard de Galen, 1650-1678.

Ferdinand II de Furstenberg, 1678-1683.

* Siège vacant, 1683.

I. H, Grote, Die Mïuisterschen Münien des Mittelalters, dans les Milnistiidien, t. I, p. 280 et suiv. — Niesert, Beitrlige gur Münd^unde des Hochstifts Münster, Munster, 1838-41, 2 vol. in-8, — J. Weingârtner, Beschreihung der Kupfer-Münien IVestfalens, t. I, Paderborn, 1872, p. 24 et suiv.

Maximilien-Henri de Bavière, 1683-1688 (Liège, Cologne, Hildesheim).

* Siège vacant, 1688.

* Frédéric-Chrétien de Plettenberg, 1688-1706.

* Siège vacant, 1706.

* François-Arnould Wolf de Metternich, 1706-1718 (Paderborn).

Siège vacant, 1719.

*Clément-Auguste de Bavière, 1719-1761 (Paderborn, Cologne, Hildesheim, Osnabrück).

*Maximilien-Frédéric de Kônigseck-Rotenfels, 1761-1784 (Cologne).

Maximilien-d’ Autriche, 1784-1801 .

* Siège vacant, 1801.

Le recueil d’Arend donne les dessins de tJialers de Conrad II et d’Eric limais, comme l’a démontré Grote, ces dessins sont de simples agrandissements de ceux du florin d’or. La transition du moyen âge à l’époque moderne s’effectue toutefois à Munster sous le second de ces évêques, dont on connaît le florin d’or, le quart de thaler^ le schillings le demischilling, le tiers et le schilling, et enfin le hohlpfenning uniface. Le thaler n’apparaît que sous François de Waldeck et Ton possède l’ordonnance du avril 13 34 qui en prescrivit l’émission; son type se compose des elîîgies accolées des saints Pierre et Paul, d’abord en pied, puis en buste, et au revers de l’écu de l’évêque.

Sous Jean IV, les plus grandes espèces d’argent portent saint Paul debout tenant l’épée et le livre : SANCT ■ PAVLVS APOST ■ PATRON • IVIONASTER. L’i mage du patron de Munster, diversement rendue, est conservée sur les monnaies de la plupart de ses successeurs. En 1661, sous Christophe-Bernard, la prise de Munster par Févêque donna lieu à l’émission de thalers commémoratifs. Les derniers thalers épiscopaux furent frappés sous Maximilien-Frédéric, conformément au pied de convention. En 1703, Frédéric-Chrétien commença la fabrication de monnaies divisionnaires de cuivre pur.

Pendant la vacance du siège en 1630, le chapitre de Munster, administrant le temporel, frappa pour la première fois des thalers. La dernière émission de ce genre eut lieu en 1801. Ces monnaies, d’une exécution soignée, portent l’image de saint Paul, le buste de l’empereur régnant, une vue de l’église métropolitaine, ou enfin l’effigie en pied de Charlemagne, son fondateur.

b), — Chapitre de Munster.

Indépendamment des monnaies qu’il faisait frapper comme administrateur de l’évèché pendant les vacances du siège, le chapitre de saint Paul de Munster émit des monnaies de cuivre. Dès la fin du xvH et pendant les deux premiers tiers du xviF siècle, les chanoines se servirent de mé-

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reaux pour les relations particulières de leurcommunauté. A partir de 1 66 1 et jusqu’en 1762, ils mirent en circulation de véritables monnaiesdivisionnaires. Le type se compose de l’effigie de face de saint Paul et d’un chiffre indiquant la valeur de I, II, III, IV, ou VI pfennigs. La légende se compose des mots MON • CATHE ■ ECCL • MONAS • et du millésime.

c). — Villes de V évêché de Munster.

Dix villes dépendant de l’évêché de Munster ont émis, du consentement des évêques, des monnaies locales, qui consistent en pièces de cuivre d’un même aspect valant de un heller à trois schillings. Les seules dérogations à cette règle sont le monnayage de la métropole, en 1534, pendant qu’elle obéissait aux Anabaptistes, et en 1660 lors du siège qu’elle soutint contre Christophe-Bernard de Galen. Nous passerons rapidement en revue la numismatique de ces diverses localités.

Alen. — Les plus anciennes pièces datées sont de 1584, les plus récentes, de 1610. Le type se compose des armes parlantes de la ville, une anguille {aal en allemand) ailée et couronnée, posée en pal : STADT ALEN.

Beckum. — Les émissions sont comprises entre 1574 et 1622. Type formé des armes locales : trois ruisseaux (bâche) ou cotices ondées posées en bande. Légende: STADT BECKEM.

Bochold. — Le 1 5 juin 1615, l’évêque Ferdinand accorda à cette ville le droit de frapper delà monnaie de cuivre. Il y en eut sept émissions de 1616 à 1761. Les armes de Bochold, figurées sur ces pièces, sont un hêtre arraché, feuillu de 17 feuilles, avec la fasce de Munster brochant sur le tout. Légende: STADT BOCHOLT.

CoESFELD. — Cette ville, la plus importante de l’évêché après la métropole, monnaya pour la première fois en 1578; les émissions, très nombreuses et très abondantes, reprirent de 1608 à 1715; une dernière fabrication eut lieu en 1765. Les armes de Coesfeld sont une tête de taureau, couronnée, de face. Légende: STADT COSVELT ou COS- VELDT.

Dulmen. — Cette ville fit quatre émissions en 1590, 1 609, 1 622 et 1 62 5 . Ses armes se composent d’une croix à branches trifoliées. Légende :

STADT DVLMAN.

Haltern. — On ne connaît de monnaies que pour les années 1595 et 1624. Les armes locales sont un licol (halfter) noué. Légende : STADT HALTEREN.

Munster. — En 1534, les adeptes des doctrines anabaptistes, excités par les prédications de deux fanatiques venus de Hollande, Jean Matijs-

zoon, de Haarlem, et Jean Beukelszoon, de Leyde, s’emparèrent du pouvoir après avoir chassé les habitants qui ne partageaient pas leur croyance. Jean Beukelszoon fut nommé roi de la nouvelle Sion et empereur de toute la terre. L evêque François de Waldeck assiégea les Anabaptistes et l’insurrection fut étouffée. On possède toute une série de pièces monétiformes, thalers et demi-thalers, rappelant l’épisode des Anabaptistes. Le plus grand nombre d’entre elles sont des restitutions postérieures; quelques-unes de ces pièces paraissent contemporaines des événements et sont considérées comme une sorte de monnaie obsidionale (fig. 211); leur type, purement épigraphique, se compose de versets de la bible et de professions de foi écrites en bas allemand.

Fig. 21 I

En i$6o, la ville de Munster fit, sans doute du consentement de l’évêque, une émission de monnaies de cuivre valant de un à dQux.pfennigs, et portant les armes de Munster à la fasce. D’autres émissions eurent lieu en 1 581 et 1602 ; la plus forte pièce émise est de trois schillings ; celle de 1602 porte, outre le STADT MVNSTER habituel, la légende : QVI DAT PAVPERI NON INDIGEBIT. Une contestation survenue entre l’évêque et la ville, en 1660, au sujet de leurs droits réciproques, s’envenima au point que les partis en vinrent aux mains. Munster fut assiégée par l’armée de son prince. Pendant le blocus, les magistrats firent frapper des obsidionales carrées et unifaces d’or et d’argent et des pièces de cuivre portant l’écu de la cité. Les pièces d’or et d’argent ont la légende : MONAST: WESTPH : OBSESSVM. i6éo. La ville se rendit le 26 mars 1661 et conserva quelques-uns de ses privilèges. En 1740, 1750 et 1758, Munster frappa encore quelques monnaies de cuivre à ses armes.

Rheine. — Cette ville frappe des pièces de cuivre en 1602. Elles portent son nom, STADT REINE, et les plus grandes, ses armes, à la fasce chargée de trois étoiles et accompagnée en pointe de trois R, initiales de la devise municipale : Rlieine richtet Redit.

Warendorf. — Les monnaies de cette localité sont connues pour quatre années : 1 574, i ;94, 1 6 i 3 et 1690. Elles portent les armes locales chargées

l’empire d’allemagne

d’une herse et parfois tenues par Saint-Laurent, patron de la ville. Légendes : MO CIVITATIS WARENDORP ou STADT WARENDORP.

Werne. — On possède des monnaies de cette ville, STADT WERNE aux millésimes de 1602 et 1610. Les armes de la ville portent une fasce.

d). — Evêché de Paderborn.

L'évêché de Paderborn, episcopatiis paderbornensis, avait pour patron saint Liboire. Son territoire s’étendait entre le comté de Lippe, l’abbaye de Corvei, le landgraviat de Hesse-Cassel, le comté de Waldeck, le duché de Westphalie et le comté de Ritberg. Ses armes étaient : d’or à la croix de gueules. L’évêché fut sécularisé en 1803.

Le monnavage de Paderborn, arrêté depuis le commencement du xv^ siècle, reprit à partir de la fin du xvi^ sous les évêques suivants :

* Thierry de Furstenberg, 1585-1618.

* Ferdinand I de Bavière, 1618-1650 (Liège, Munster, Hildesheim, Cologne).

* Thierry- Adolphe von der Recke, 1650-1661.

* Ferdinand II de Furstenberg, 1661-1683.

* Siège vacant, 1683.

* Hermann-Werner Wolf de Metternich, 1683-1704.

* François- Arnould Wolf de Metternich, 1704-1718 (Munster).

* Siège vacant, 1719.

* Clément- Auguste de Bavière, 1719-1761 (Munster, Cologne, Hildesheim,

Osnabrück).

* Siège vacant, 1761-1762.

* Guillaume-Antoine von der Asseburg, 1762-1782.

* Frédéric-Guillaume de Westphalie, 1782-1789 (Hildesheim).

La série de Paderborn est riche et comprend des thalers pour chaque épiscopat. Leur type, lorsqu’il n’est pas strictement conforme aux règlements impériaux, comprend le buste de l’évêque, l’effigie de saint Llboire, celle de la Vierge, celle de saint Meinulphe, S. MEINVLFVS DIACONVS PADERBORNENSIS, sous Ferdinand II, enfin celle de saint Antoine de Padoue, sous Hermann-Werner. Quelques thalers portent les devises personnelles des évêques; on trouve ainsi : IVDICIVM ME- LIVS POSTERITATIS ERIT sous Thierry, FORTITER • RECTE ■ PIE sous Thierry-Adolphe, SVAVITER ET FORTITER ou EYKAIPni AKAIPni sous Ferdinand II, PROVIDE ET IVSTE sous Hermann- Werner, PRO LEGE ET GREGE sous François-Arnould, IVSTE ET CONSTANTER sous Guillaume-Antoine.

Ferdinand I introduisit la frappe des monnaies de cuivre pur dont les émissions devinrent plus nombreuses sous ses successeurs. En 1683, le chapitre profita de la vacance du siège pour forger des thalers \ leur type

se compose des images de saint Liboire et de saint Charlemagne, fondateur du diocèse. Les pièces d’argent frappées dans les mêmes circonstances, en 1719 et 1761, rentrent davantage dans la catégorie des médailles commémoratives, mais en 1761 il y eut des pièces de cuivre :

MON • CATHED • PADERPORN SEDE VACANTE.

e). — Chapitre de Paderhorn.

Comme à Munster, le chapitre métropolitain de Paderborn s’était fait reconnaître le droit de frapper, sous les évêques, des menues monnaies de cuivre de XII, VI, IIII, III et I pfennig. Ces émissions ne sont connues toutefois que pour les années 1617 et 1618. La légende de ces pièces est: CAPITVLVM PADERBO.

f). — Villes de l’èvêchè de Paderhorn.

Deux villes comprises dans les domaines épiscopaux de Paderborn exercèrent au xvii*^ siècle le droit d’émettre des espèces de cuivre :

Paderborn. — Les pièces de cette ville, STADT PADERBORN, furent frappées en 1605 et 1622; elles portent les armes de la ville, qui sont : coupé au d’or à la croix de gueules (évêché), au 2^ d’or aux quatre fasces de gueules.

Warburg. — En 1622, Ferdinand I de Bavière, pour aider la ville de Warburg à se remettre des pertes qu’elle avait subies pendant la guerre l’autorisa à frapper pour la valeur de 4,000 thalers de monnaies de cuivre. Les monnaies de Warburg, pièces de I, III et IV pfennigs, portent la double fleur de lis des armes de la ville entourée de STADT WARBVRG ; quelques-unes ont au revers le nom de l’évêque. L’émission paraît avoir été arrêtée après 1623.

g). — Èvêchè d' Osnabrück '.

L’Evêché d’Osnabruck, episc . osnabrugensis , au sud de celui de Munster, était placé sous le vocable de saint Pierre. Ses armes étaient: d'argent à la roue de gueules. Voici la chronologie des évêques :

* Conrad IV de Ritberg, 1482-1508 (Munster).

*Éric II de Brunswick-Grubenhagen, 1508-1532 (Paderborn).

* François de Waldeck, 1532-1553 (Minden, Munster).

I. Grote, Osnabrück’ sche Gcld-und Mün^cschichte im Mitielalter, dans les Mïui\stiidien, t. IV, 1865.

l’empire d’ ALLEMAGNE

Jean IV de Hoye, 1553-1574 (Munster, Paderborn).

Henri III de Saxe-Lauenbourg, 1574-1585 (Brême, Paderborn).

Guillaume de Schenking, 1585.

Bernard de Waldeck, 1585-1591.

Philippe-Sigismond, de Brunswick-Lunebourg, 1591-1623 (Verden).

Eitel-Frédéric de Hohenzollern, 1623-1625.

* François Guillaume de Wartenberg, 1625-1633.

* Occupation suédoise, 1633-1650.

* François-Guillaume, rétabli, 1650-1661.

*Frnest- Auguste I de Brunswick-Lunebourg, 1662-1698.

* Siège vacant, 1698.

* Charles de Lorraine, 1698-1715 (Olmutz, Trêves).

* Siège vacant, 1715.

* Ernest-Auguste II de Brunswick-Lunebourg, 1716-1728.

Clément- Auguste de Bavière, 1728-1761 (Munster, Paderborn, Cologne, Hildesheim).

* Frédéric d’York, 1764-1802.

Le thaler ïdiii son apparition à Osnabrück sous Eric II, en 1 5 24et 1 525; son type se compose des armes épiscopales et de Limage de saint Pierre; la légende du revers est: VERBVM DE! ou DN! MANET ÎN ETERN’.Sur les schillings et quelques-unes de leurs divisions, également empreintes de Limage du Prince des apôtres, on lit: TIBi ME 9M’DO PE’, tibi me commendo Petre l Eric frappa ses espèces dans deux ateliers ; le nom d,e celui d’Osnabruck figure sur ses florins d’or; celui de Widenbruck, sur quelques huitièmes de schilling.

Sous le successeur d’Éric II, Limage de saint Pierre reste le motif ordinaire des pièces d’Osnabruck, puis le monnayage cesse pour ne reprendre qu’en 1631, sous Erançois-Guillaume, dont les thalers portent le buste. En 1633, Osnabrück assiégée par les Suédois frappa des obsidionales unifaces, carrées en argent; elles sont marquées d’un poinçon rond, sans légende, avec Limage de saint Pierre tenant Lécusson de l’évêque entre les deux parties du millésime.

Aussitôt après la prise de la ville, les Suédois firent frapper des thalers et demi-thalers en mémoire du roi Gustave-Adolphe, tué le 6 novembre 1632 à la bataille de Lutzen. Ces pièces sont empreintes de son buste; elles ont la légende: GVSTA ■ ADOL- MAGN ■ D • G • SVE • GOT • W • REX AVGVSr ÆTATIS SVÆ 38 — DVX GLORIOS’ • PI’ • HEROS TRIVMPHATOR FELIX.

Pendant qu’il se trouvait dépouillé de l’évêché d’Osnabruck, François-Guillaume fit émettre, probablement dans l’atelier de Munster, quelques espèces. En 1650, il rentra en possession de son siège, mais il ne paraît avoir rouvert sa Monnaie qu’en 1656, pour ne plus émettre que des espèces divisionnaires.

Ernest-Auguste I reprit la fabrication de pièces plus fortes. Ses thalers portent la devise SOLA BONA QVÆ HONESTA, qui se retrouve sur les gutegroscheii et les pièces de un schilling et demi, associée à l’inscription bas-allemande : F • OSNABRVG LAN DT MVNT. Le monnayage épiscopal fut arrêté sous Ernest- Auguste II en 1725. En 1766 quelques pièces de billon del, III, IV, VI, et 'ILW pfennigs furent frappées à Clausthal, dans le Harz, pour l’évêché d’Osnabruck.

Pendant les vacances du siège épiscopal en 1698 et 1715 le chapitre métropolitain fit frapper des thalers. Celui de 1698 représente à l’avers la cathédrale surmontée de vingt-cinq étoiles, les vingt-cinq chanoines composant l’assemblée capitulaire.

h). — Chapitre d’Osnahrück.

Le chapitre d’Osnabruck fit frapper en 1605 et 1606, sous l’épiscopat de Philippe-Sigismond de Brunswick, des scheidemünpen de cuivre portant l’effigie à mi-corps de saint Pierre et la légende DOMCAPITEL ZV OS~ NABRVGK. Ln monnayage analogue eut lieu en 1740.

i). — Villes de V évêché d’ Osnabrück.

La métropole et la ville de Widenbruck obtinrent, comme certaines localités des autres principautés et évêchés westphaliens, le privilège de pourvoir aux besoins de la petite circulation métallique, par l’émission de pièces de cuivre.

Osnabrück. — Son monnayage commença en i $60 et se poursuivit avec de fréquentes, mais courtes interruptions, jusqu’en 1805. Le type habituel est l’écu de la ville : d’argent à la roue de sable ; la légende

est : STADT OSNABRVCK.

Widenbruck. — Les premières pièces de cette ville sont de 1 $96, les dernières de 1716. Elles portent la roue de l’évèché d’Osnabruck entourée de MO - CIVI - WIDENBRVGE. Sur les émissions du xviii^ siècle, le nom de la ville est en allemand.

j ). — Évêché de Minden.

L’évèché de Minden, episcopatus mindensis, à l’est de celui d’Osnabruck, avait pour patrons saint Pierre et saint Georges, et pour armoiries : de gueules aux deux clefs d'argent posées en sautoir. Par la paix de Westphalie, en 1648, Minden fut sécularisé et donné au Brandebourg. Les évêques suivants s’y succédèrent depuis le commencement du xvi^ siècle:

* François I de Brunswick-Lunebourg, 1508-1529.

François II de Waldeck, 1530-1553 (Munster, Osnabrück).

l’empire d’allemagne

Jules de Brunswick-Lunebourg, 1553-1554.

* Georges de Brunswick-Lunebourg, 1554-1566 (Brême, Verden).

Hermann de Schauenbourg, 1567-1582.

Henri -Jules de Brunswick-Lunebourg, 1582-1585 (Halberstadt).

* Antoine de Schauenbourg, 1587-1599.

*Chrétiende Brunswick-Lunebourg, 1599-1625.

François-Guillaume de Wartenberg, 1631-1634.

Nous manquons de renseignements bien complets sur la numismatique de Minden. Leitzmann se borne à déclarer qu’il existe des monnaies épiscopales frappées au xvH siècle. Les seuls thalers décrits par Schulthess-Rechberg appartiennent à Georges et sont aux millésimes de 1558, 1562 et 1565; leur type se compose du buste et des armes de l’évêque; la légende du revers mentionne l’atelier de Minden.

En 1634, Minden, assiégée par les Suédois, frappa des monnaies obsidionales, en argent et en cuivre. Quelques-unes sont carrées et unifaces, d’autres rondes et empreintes des deux côtés. Le type comprend l’écusson de Minden et des légendes telles que MINDA OBSESSA et DVRVM TE- LVM NECESSITAS.

Après l’annexion de Minden au Brandebourg la ville resta, au dire de Leitzmann, le siège d’un atelier monétaire jusqu’au xviiE siècle.

k). — Évêché de Verden K

L’évèché de Verden, episcopatus Verdensis, était borné par l’archevêché de Brême, la principauté de Lunebourg et le comté de Hoye. Il était placé sous le vocable de la Vierge. Ses armes étaient : d’argent à la croix latine de sable. La numismatique de Verden est très pauvre. Elle se borne à quelques witten frappés en 1 5 09 et 1 5 1 0, par ChristophedeBrunswick- Lunebourg (1502-1558) comme administrator, ei à quelques pièces de cuivre anonymes, dobhelschilling, grote, halbgrote, schware, etc., frappées en 1621 sous Philippe-Sigismond de Brunswick-Lunebourg (1586-1625). En 1648, à la paix de Westphalie, l’évêché de Verden fut sécularisé et forma une principauté que la Suède tint en fief de l’empire germanique.

1). — Chapitre de Verden.

Le chapitre de Verden monnaya de 1618 à 1621 ; la série des pièces émises comprend des groschen, des doppelgroschen et des grote. L’avers porte un écu écartelé d’une croix et d’une image de la vierge, entouré de

I. Grote, Die Mün^en des Bisthums Verden, dans les Miln-^studien, t. V, 1867, p. 55. — M. Bahrfeldt, Zur Münigeschichte des Bisthums Verden, dans les Nnmism.-sphrag. A)i:g;iger, t. XIX, 1888, pp. 45, 51 et 62.

la légende: MO. NO ■ CAPiTV • VERDE • plus ou moins raccourcie: au revers figure le globe crucifère et généralement le nom de Tempereur Mathias ou de son successeur Ferdinand IL

m). “ Evêché de Liège K

L'évêché de LihgQ^episcopatus leodiensis, à Louest du duché de Juliers, était presque entièrement enclavé dans les Pays-Bas espagnols. Outre l'ancien patrimoine de l'église de Liège, le domaine temporel des évêques comprit le comté de Looz, le marquisat de Franchimont, le comté de Homes et le duché de Bouillon, auquel nous avons consacré un paragraphe spécial (p. 197). Les armes épiscopales étaient: écartelé au de Bouillon, au 2^ d’argent aux trois lions de sinople couronnés d’or, armés et lampassés de gueules, pour Franchimont, au 3^ burelé d’or et de gueules de dix pièces, pour Looz, au 4^ de Homes, sur le tout un écu de gueules au perron d’or, pour Liège. Les évêques s'intitulaient : Dei gratia, episcopus leodiensis, diix bullionensis. Le titre de marchio francimoniensis . dont l’emploi ne fut pas habituel, parut la première fois sur les monnaies en 1 578. Le patron du diocèse est saint Lambert. La série monétaire de Liège est très riche et très complète; elle s’étend, pour l’époque moderne, aux épiscopats suivants :

*Érard de la Mark, 1506-1538.

* Corneille de Berghes, 1538-1544.

* Georges d’Autriche, 1544-1557.

*Robert de Berghes, 1557-1563.

* Gérard de Groesbeck, 1563-1580.

*Ernestde Bavière, 1581-1612 (Freisingue, Hildcsheim, Cologne, Munster).

* Ferdinand de Bavière, 1 6 1 2-1 6 50 (Munster, Hildesheim, Cologne, Paderborn).

* Maximilien-Henri de Bavière, 1650-1688 (Cologne, Hildesheim).

* Siège vacant, 1688.

* Jean-Louis d’Elderen, 1688-1694.

* Siège vacant, 1694.

*Joseph-Clément de Bavière, i69,:.t-i723 (Ratisbonne, Cologne, Hildesheim).

* Siège vacant, 1724.

* Georges-Louis de Berghes, 1724-1743.

* Siège vacant, 1744.

*Jean-Théodore de Bavière, 1744-1763 (Ratisbonne, Freisingue).

* Siège vacant, 1 763 .

Charles d’Oultremont, 1 763-177 1 .

* Siège vacant, 1771.

François-Charles de Vellbrück, 1772-1784.

* Siège vacant, 1 784.

I. J. de Chestret de Haneffe, Numismalique de la principauté de Liège et de ses dépendances (Bouillon, Loos^), depuis leurs aiiiiexions. Bruxelles, 1890, in-4.

l’empire d’ ALLEMAGNE

Constantin-François de Hoensbroeck, 1784-1792.

* Siège vacant, 1792.

La transition du moyen âge à l’époque moderne eut lieu, à Liège, sous Corneille de Berghes, dont les pièces les plus récentes portent des légendes écrites, non plus en lettres gothiques, mais en lettres romaines. L’apparition des thalers ou dalers ne se produisit toutefois que sous Geo rges d’Autriche et leur plus ancien millésime est de 1545; ces monnaies, de fort belle allure, portent l’image de saint Georges soit chevauchant au-dessus du dragon terrassé, soit campé droit, au milieu du champ, vêtu en chevalier antique. Les florins d’or du même évêque reproduisent la figure de son patron debout derrière l’écu d’Autriche et perçant le dragon de sa lance. Le type des autres monnaies d’argent est purement héraldique. En 1552, Georges d’Autriche émit les premières espèces conformes aux lois de l’empire: les armes épiscopales et l’aigle à deux têtes occupent les deux faces de ces nouvelles espèces dont la fabrication fut continuée par Robert de Berghes et ses successeurs.

Ernest de Bavière mit son efhgie sur quelques-unes de ses pièces, et, parfois, sa devise AVDIATVR ALTERA PARS. Les pièces de cuivre de XVI et de XII SOVS portent le perron, symbole des libertés liégeoises. Sous Eerdinand, quelques monnaies de cuivre ont ce même perron accosté des lettres FB, initiales dt Ferdinandiis et de Bavariae ;\q buste du prince continue à occuper l’avers de la plupart des monnaies non conformes aux règlements impériaux, mais après lui aucune pièce n’est plus contresignée par le chef de l’empire.

Toutes les florins d’or, dalers et escalins d’argent, liards de

cuivre, frappés pendant les vacances du siège par ordre du chapitre, MONETA NOVA CAP’Ll • LEOD • SEDEVACANTE, ou DEC^/n^5 ET Q.^Ÿituluni LEOD • SEDE VACANTE, portent le buste mitré de saint Lambert.

Les deux ateliers monétaires principaux de l’évêché de Liège étaient placés à Liège et à Hasselt, capitale de l’ancien comté de Looz; les différents de ces ateliers paraissent être un perron minuscule et une branche de coudrier. D’autres forges furent en activité à Saint-Pierre-lez-Maestricht (1541-42, i6i5j, à Visé (1614-19, 1640), à Dinant (1640) et à Maeseyck (1582 .... 1646, different : un gland j.

n). — Archevêché de Cambrai'^.

L’évêché de Cambrai, episcopatus cameracensis , fut érigé en archevêché

1. P. -Ch. Robert, Numismatique de Cainbrai, Metz, 1861, in-4.

en 1559. Son territoire comprenait la ville de Cambrai, élevée en 1510 au rang de duché, et le comté de Cambrésis dont la localité principale était le Cateau. Complètement détaché des autres États compris dans le cercle de Westphalie, Tévêché était resserré entre le Hainaut, TArtois et la province française de Picardie. Les armes du comté étaient : d’or aux trois lions d’ a!{ur ; ctWcs, du duché: d’or à l’aigle éployée de sable, cerclée, becquée, languée et membrée de gueules, chargée en cœur de l’écusson du comté.

Le monnayage cambrésien, arrêté à la fin du xv^ siècle, reprit son activité sous Maximilien de Berghes (1556-1 570), dont les monnaies se divisent en deux groupes chronologiques suivant qu'elles lui attribuent le titre d'évêque ou celui d'archevêque. A un autre point de vue, nous avons à distinguer les monnaies autonomes de celles qui sont conformes aux lois de l’empire. Les pièces autonomes de l’évêque Maximilien sont en argent, des thalers, demi-thalers, quarts de thalers, pièces de cinq patards, de cinq gros ou de deux patards et demi, d’un patard; en billon, des liards et des gigots ; en cuivre, des mittes. Le type de ces diverses monnaies

est emprunté soit à l’héraldique, soit à l’iconographie de saint Maximilien (fig. 212)1 lesmonnaies divisionnaires ontgénéralement au revers une croix diversement ornée et la devise NEC CITO NEC TEMERE. La série autonome et archiépiscopale débute par un écu d’or visiblement inspiré par ceux de France ; la légende est, du côté de la croix, |N HOC SOLO GLORIA. Sur le thaler et le demi-thaler, saint Maximilien prend une attitude nouvelle et tient une croix et un livre. Les émissions conformes aux lois de l’empire comprennent des florins d'or, des thalers et leurs fractions ; elles s’étendent aux règnes de Ferdinand I et de Maximilien.

Louis de Berlaimont (i 570-1 596), élu à la mort de Maximilien de Berghes par l’influence du duc d’Albe, gouverneur des Pays-Bas espagnols, fut très limité dans la fabrication de ses pièces autonomes. Elles

l’empire d’allemagne

consistent en deniers, doubles et sextuples deniers de cuivre pur, présentant constamment d’un côté Técu de famille de l’archevêque, de l’autre, soit une croix, soitl’écu du comté de Cambrésis. Les monnaies frappées selon les règlements impériaux portent les noms de Maximilien II et de Rodolphe II; notre figure 213 représente le comme spécimen

de cette série.

En 1379, le baron d’Inchy, gouverneur de la citadelle de Cambrai, trahit l’Espagne et remit la ville au duc d’Alençon.

L’évêque Louis s’enfuit à Mons. Bientôt une armée espagnole investit Cambrai, mais elle dut se retirer avant d’avoir pris la ville. Pendant le siège, le baron d’Inchy frappa des obsidionales carrées en argent et en cuivre. Les premières portent l’écu de Erance couronné, avec la légende FRANCISCO PROTECTORE. Les pièces de cuivre ont les armes de la ville et le mot CAMBRAY. Après la mort de François d’Alençon, Cambrai fut donné par Henri III à Catherine de Médicis, qui en laissa le gouvernement à Jean de Montluc de Balagny. Après la mort de la reine-mère, celui-ci se rendit en quelque sorte indépendant et sut se faire reconnaître comme prince héréditaire par Henri IV. Dès 1588, Balagny frappa à Cambrai des pièces de cuivre sur lesquelles on lit invariablement la légende DENIERS MONNOIE DE CAMBRAI, En 1595, Cambrai fut reconquis par les Espagnols après un siège de deux mois pendant lequel de nouvelles monnaies obsidionales furent émises. Elles sont en cuivre jaune ou rouge, de forme carrée avec angles coupés et portent les armes de France entourées de : HENRICO PROTECTORE'.

o). — Abbaye de Corvei 2.

Les possessions de l’abbaye de Corvei, situées entre le comté de Lippe, l’évêché de Paderborn, les principautés de Wolfenbuttel et de Calenberg, avaient une étendue d’environ cinq lieues carrées. En 1783, Corvei fut érigée en évêché; elle fut médiatisée en 1803. Le patron était saint Vit, les armes : coupé d’or et de gueules. Voici la liste des abbés pendant les temps modernes :

1. L. Dancoisne, Nouveaux documents sur les monnaies obsidionales de Cambrai, dans V Annuaire de la Soc. franç. de numism., t. VI, 1882, p. 248.

2. J. Weingàrtner, Die Gold- iind Silber-Mïinien der Ablei Corvei. Munster, 1883, in-8.

* François Ketteler, 1504-1547.

* Gaspard I de Hoersel, 1 547-1 555.

* Reinhard II de Bocholz, 1555-1585.

*Théodorede Béringhausen, 1585-1616. *Henri V d’Aschenbrok, 1616-1621.

* Jean-Christophe de Brambach, admi-

nistrateur, 1621-24, abbé, 1624-38.

*Arnould IV de Waldois, 1638-1661.

Christophe-Bernard de Galen, 1661-78.

* Christophe de Bellinghausen, 1678-96.

* Florentin von der Velde, 1696-1714.

* Maximilien de Horrich, 1714-1721.

* Charles de Plittersdorf, 1722-1737.

*GasparII de Boesclager, 1737-1758.

* Philippe de Spiegel de Diesenberge,

* Théodore de Brabeck, 1776-1794.

Ferdinand de Lunick, 1794-1802.

Après un siècle et demi d’interruption, le monnayage fut repris par François Ketteler, qui ouvrit en 1 541 un atelier à Hœxter en communauté avec cette ville. Le nom de Fabbé ne figure que sur les thalers. Les monnaies divisionnaires, ;72<2rfe;zgT05c/?e;z et kôrtlinge, portent seulement MONETA-NOVA-ÎCIVITArHOXER. Les types se composent des armes, de l'effigie de saint Vit ou de la Vierge, celle-ci entourée de la légende GAVDE DEI GENITRIX MARIA. Le monnayage continua dans ces conditions sous Gaspard I, et jusqu'en 1 566, sous Reinhard 1 1.

Vers 1607, Théodore de Béringhausen recommença les émissions, mais ses pièces ne portèrent plus la marque d’une participation de la ville de Hœxter. Il en fut de même de celles de ses successeurs. Pendant

l’administration de Jean Christophe, avant son élévation à la dignité abbatiale, les monnaies sont anonymes et portent simplement MONETA NOVA ABB- CO RB. Arnould IV frappa en 1642 le premier ducat d’or de Corvei. Le type habituel des monnaies abbatiales se compose des armes ou de l’effigie de saint Vit. Christophe de Bellinghausen mit son buste sur ses gulden d’argent et inscrivit une des devises CANDORE ET AMORE ou IN DOMINE CONFIDOsur la plupartde sespièces. Quelques monnaies de Philippe de Spiegel ont également sa devise: lUSTITlA ET PRUDENTIA. Le dernier abbé qui fit usage de ses droits monétaires, Théodore de Brabeck, se borna à émettre en 1787 des menues espèces de cuivre.

p). — Ahhaye de ÎVerdeiiK

L’abbaye deWerden, abbatia werdenensis , de l’ordre de saint Benoît, avait saint Ludger pour patron. Ses armes, assez indécises, sont généralement d' a^u7' à la croix d'argent, à récusson de gueules chargé de deux crosses d'or en sautoir brochant sur le tout ; parfois l’écusson est omis et les crosses brochent sur la croix. Les abbés de Werden, qui

I. H. Crote, Die Mün:yn der Ahtei Werden, dans les Mün^studien, t, III, p. 427 et

suiv.

l’empire d’allemagne

gouvernaient également Tabbaye de Helmstedt en Saxe, s’intitulaient : soit Reverendus Dominus.... abbas werdinensis et helmstadiensis, soit Dei gratia abbas, etc. Leur monnayage reprit à la fin du xvi^ siècle et s’étendit aux règnes suivants :

*Henri III Duden, 1573-1601.

*ConradII Kloet, 1601-1614.

* Hugues Prentàus, 1614-1646.

* Henri IV Dücker, 1646-1667.

* Adolphe IV de Borken, 1667-1670.

* Ferdinand d’Erwitte, 1670-1705.

Célestin de Geismar, 1707-1719.

* Théodore Thier, 1719-1728.

Simon de Bischoping, 1728.

* Benoit de Geismar, 1728-1757.

* Anselme Sonius, 1757-1774.

Le type des monnaies de l’abbaye de Werden se compose de ses armes écartelées, des armes personnelles des abbés, du buste de profil de l’abbé et de l'image du patron ou de Taigle d'empire. Henri IV, le seul qui frappa des ducats d’or, mit sa devise : DVR! PATIENTIA VICTRIX sur quelques-uns de ses thalers.

q). — Abbaye d’Essen '.

Le petit territoire de l’abbaye de femmes d'Essen^ abbatia esseîidie?isis, s’étendait au nord de celui de Werden, entre les pays de la Mark, de Berg et de Clèves. Après une interruption de près de deux siècles, le monnayage d’Essen reprit dans la seconde moitié du xviH :

*Anne Salomé I de Salm, 1646-1688. Bernardine d’Ostfrise, 1691-1726.

* Anne Salomé II de Manderscheid, 1688, * Françoise-Christine de Sulzbach, 1726-

Les pièces d’An ne-Salomé I comprennent des thalers et des espèces divisionnaires frappées, soit suivant un système local, soit suivant le système de Cologne. Le type des monnaies se compose du buste de l’abbesse ou de l’empereur Léopold, des armes, de l’image de la Vierge. Un thaler de 1680, au buste impérial, porte au revers une vue de la ville d’Essen, surmontée de deux guerriers combattant et des effigies des saints Cosme et Damien dans les nuages ; la légende circulaire forme un chronogramme: qVos: s: engeLbertVs: tVetVr: Vos: ss : cosMa : et: Da : foVete.

Les seules pièces frappées par An ne-Salomé II sont un sixième de thaler à l'image de la Vierge et un fettmanchen^ l’un et l’autre au millésime de 1691. Pour Erançoise-Ghristine, nous n’avons à rappeler qu’un ducat d’or de 1754 où figure également la Vierge, dans une gloire, avec cette légende affirmant l’immaculée Conception : MACVLA NON EST IN TE.

I. H. Grote, Die Münien der Abtei Essen, dans les Mimisludien, t. III, p. 460.

r). — Abbaye de Thorn i .

L'abbaye de dames nobles de Thorn était située au nord de Tévêché de Liège. Elle était placée sous le vocable de la Vierge. Le monnayage abbatial, arrêté pendant de longs siècles, recommença sous Marguerite de Bréderode ( 1 5 3 i-i 577), dont les espèces sont nombreuses ; en or, elle frappa des ducats au buste impérial ou à la Vierge, et de curieuses imitations des angelots d’Angleterre; en argent, des thaler's ex demi-thalers conformes aux prescriptions impériales, des thalers d'un type local représentant à l’avers le buste de la Vierge, au revers celui de saint Michel, tenant chacun un écusson, diverses pièces divisionnaires qui reproduisent des types étrangers.

Après Marguerite de Brederode, l’atelier de Thorn entra de nouveau en chômage, mais Anne de la Mark (1604-1631) frappa quelques doubles thalers, plusieurs espèces de billon et un très grand nombre de monnaies de cuivre. Notre figure 214 représente les armes de cette abbesse telles qh’elles se trouvent sur son double thaler de 1614.

s). — Abbaye et ville de Herford^.

L’abbaye de femmes de Herford, dans la ville de ce nom, ne possédait pas de territoire particulier; elle n'admettait dans son sein que des dames ayant au moins le titre de comtesse. Les armes de l’abbaye et de la ville étaient d’argent à la fasce de gueules.

Le monnayage, arrêté à la fin du xiv^ siècle, reprit sous Anne II de Limbourg (i 520-1 565), en communauté avec la ville, et comprit des thalers, detni-thalers, tiers de thalers, mariengroschen, pièces de 4 pfennigs, dreier, et pfennigs. La pièce datée la plus ancienne est de 1^45. Le type se compose généralement d’un écu écartelé de Limbourg et de Herford; les légendes sont MONE-DOMIN-ET CIVITA-HER- VORDIE et, au revers des plus grandes pièces, VICIT LEO DE TRIBV IVDA. La fabrication continua sous l’abbesse Marguerite de Lippe

1. P. O. van der Chys, De munten der lecnen van de voormalige hertogdommen Brahand en Lirnburg. Haarlem, 1862, in-4, p. 184 et suiv. — J. Wolters, Notice historique sur V ancien chapitre impérial de chanoinesses à Thorn. Gand, 1850, in-8. — V'c B. de Jonglie, Description de quelques monnaies inédites d’ Anne de la Ma?'];, abbesse de TJjorn, dans la Rev. belge de numisni., 1891, p. 288 et suiv.

2. H. Grote, Die München von Herford, dans les Mïin:^studien, t, VIII, 1877, p. 391.

l’empire d’allemagne

(1565-1578), mais paraît s’être borné à un demi-thaler do, 1565 et à un mariengroschen non daté; l’avers porte un écu écartelé de Lippe, Herford et Schwalenberg, entouré de MONE-NO-ABBATIS-ET-CIV- HERV.

En 1636, la ville de Herford fît frapper des monnaies de cuivre à ses armes et, en 1637, elle se fît octroyer par l’empereur le droit de monnayage pour son compte sans l’intervention de l’abbesse. Les émissions municipales comprirent, en 1638, 1640 et 1646, des monnaies d’argent, en 1641 des ducats d’or, en 1670 des pièces de cuivre. Ces dernières portent au revers le sceptre de l’électeur de Brandebourg, qui depuis 1647 avait pris possession de Herford, après l’extinction de la maison de Juliers.

u). — Ahhayes de Stavdot et de MaJmedyK

Ces deux abbayes, situées à l’est du pays de Liège, étaient gouvernées par un seul abbé. Leur territoire comprenait le comté de Logne. Stavelot fait aujourd’hui partie de la Belgique et Malmédy appartient à la Prusse, bien que la localité soit wallonne par le langage et les mœurs. Les armes de Stavelot étaient : d’argent au loup contourné au natureL hâté, portant deux paniers de pierres, tenant une crosse posée en bande, et passant sur un tertre de sinople devant un arbre du même ; ctWes, de Malmédy: d’or au dragon croup ant de sinople; enfin, celles du comté de Logne : d’azur à la tête de Méduse au natureL

En 1 567, l’abbé Christophe de Manderscheidt (1549-1576) ouvrit un atelier à Horion en Hesbaye, mais dès cette année, cédant aux réclamations des Liégeois, il le transporta à Poulseur, au comté de Logne, où la fabrication durait encore en 1571. Ses émissions comprirent des florins d’or, des thalers et diverses fractions. Toutes ces monnaies sont conformes à la loi de l’empire. Au revers de quelques pièces figure la devise: ADIVVA ME DEVS.

Après Christophe, le monnayage prit fin. En 1 585 et 1 586, Ernest d e Bavière (1581-1612), évêque de Liège, que les moines avaient choisi comme administrateur, administrator stabuliensis, cornes longiensis, frappa à Stavelot des pièces de cuivre de xii sols, portant son buste et ses armes avec sa devise : AVDIATVR ALTERA PARS. Ferdinand de Bavière (1612-1650) émit à Stavelot, dès la deuxième année de sa prélature, diverses menues espèces d’argent, de billon et de cuivre ; puis en 1643, il créa à Louveigné, dans le comté de Logne, une forge qui mit en

I. J. de Chestret, Numismatique de la principauté de Stavelot et de Malmédy, dans la Revue belge de numisni., 1892.

circulation une énorme quantité de liards. On n’a retrouvé aucune monnaie des successeurs de Ferdinand.

v). — Duché de Gueldre ' .

Le duché de Gueldre était réuni depuis 1473 aux Pays-Bas bourguignons, lorsqu’en 1492 Charles d’Egmond se fit proclamer duc à Nimègue et reçut le serment de fidélité d’un grand nombre de seigneurs. Son règne fut marqué par sa lutte incessante contre Philippe-le-Beau et Charles-Quint et son monnayage est le reflet fidèle de cette instabilité politique. M. Roest, qui vient de consacrer à la numismatique de Charles d’Egmont une étude très bien faite, ne relève pas moins de vingt-six ordonnances monétaires émanant de ce duc. La plupart des espèces frappées ^florins d’or ou pièces d’argent, se rattachent encore par leur forme et leur aspect, par leur type et l’alphabet gothique employé pour les légendes, à celles des précédents règnes ; mais l’émission de quelques testons, et, en 1538, d’une pièce du module du thaler, vient nous annoncer le monnayage moderne. Cette dernière pièce, de très noble allure, porte l’image équestre du duc galopant l’épée levée et les deux écus heaumés et lambrequinés, penchés l’un vers l’autre, de Cueldre et de Zutphen ; la légende du revers est : DISCERNE CkWsam MEcim domine GEN^^>5 NO^ Sur les pièces divisionnaires, les devises les plus

fréquentes sont également des appels à la justice de Dieu : IN EQVITATE TVA VIVIFICASTI ME. FIAT MISERICORDIA TVA DNE, EQVITAS IVDICIA TVA DOM, etc. Les ateliers ducaux en activité sous Charles d’Egmont étaient placés à Nimègue, à Zutphen et peut-être à Bommel,

Le 27 janvier 1338, Charles céda ses états à Cuillaume le Riche, fils de Jean III duc de Clèves, de Berg et de Juliers. En 1 343, vaincu par Charles-Quint, Cuillaume dut lui abandonner la Cueldre, qui fut réunie aux Pays-Bas espagnols. On possède de lui quelques tJialers et quarts de thalers, à son buste sa; devise est IN DEO SPES MEA^

w). — Villes de la Gueldre'^.

Sans parler de la cité impériale de Nimègue, à laquelle nous consacrons

1. Van der Chys. De miinten der voormalige graven en hertogen van Gelderland. Haarlem, 1852, in-4. — Roest, Essai de classification des monnaies du comté, puis duché de Gueldre, 4^ article, dans la Revue belge de numisni., 1892, p. 394 et suiv.

2. Voir, pour la suite de l’histoire monétaire de la Gueldre, notre chapitre troisième, p. 57 et suiv.

3. P. O. van der Chys, De munten der voormalige heeren en steden van Gelderland. Haarlem, 1853, in-8.

l’empire d’allemagne

plus loin un paragraphe, quatre villes de la Gueldre monnayèrent pour leur compte, par suite d'une concession ou d'une tolérance du duc. Ce furent Ruremonde, Arnhem, Zutphen et Bommel:

Rurernonde. — Cette ville, située au confluent de la Roer et de la Meuse, obtint en 1505 le renouvellement de l'autorisation qui lui avait été donnée en 1472 par le duc Arnould, de frapper de menues espèces. En M 2 5 , la permission fut étendue à toutes les monnaies d’argent et aux espèces d'or, sous la condition que les pièces à émettre fussent pourvues des armes de la ville ou d'un autre signe bien déterminé de nature à éviter toutes confusion avec les monnaies ducales. Le monnayage municipal de Ruremonde se poursuivit après la réunion de la Cueldre aux Pays-Bas espagnols. Les armes de la ville étaient : coupé, au d’azur au lion d’or lampassé de gueules, au 2^ d’argent à la fleur de lis de gueules.

Arnhem. — L'origine du monnayage municipal d'Arnhem doit être cherchée dans un octroi fait à cette ville de battre de menues espèces pour aider à l'achèvement de l'église de Saint-Eusèbe, vers le milieu du xv^ siècle. L'émission de ces pièces continua jusque sous Philippe II d'Espagne ; leur type, toujours héraldique, se compose des armes de la ville, une aigle à deux têtes, ou de celles du duché de Cueldre.

Zutphen. — Cette ville avait frappé des pièces divisionnaires pendant la minorité de Charles d’Egmont. Au milieu du xvL siècle, elle voulut ressaisir le droit de battre monnaie, mais la Chambre impériale de Spire s'y opposa. Le magistrat de Zutphen protesta contre cette décision auprès de la duchesse de Parme, régente des Pays-Bas espagnols (1563); ce ne fut toutefois qu’après la révolution contre l'Espagne que le monnayage local reprit. Après une émission temporaire en 1 582, l’atelier fut restauré en 1604.

Les monnaies de Zutphen ont généralement les armes de cette ville : coupé, au 7^^ d’azur au lion d’or lampassé de gueules, au 2^ d’argent à la croix ancrée de gueules. Les légendes comprennent parfois la devise: FATA VIAM INVENIENT.

Bommel. — Cette ville frappa monnaie à la fin du xv^ siècle et pendant une partie du xvi^. En 1 562, elle émit un leempendaalder d’argent, et en 1599, elle frappa des monnaies obsidionales dont nous avons parlé page 95.

x). — Duchés de Clèves, Juliers et Berg et leurs dépendances.

Jean, fils de Jean II duc de Clèves et comte de la Mark, épousa Marie, héritière de Juliers, Berg et Ravensberg. Dès le début du xvi^ siècle, la

maison de Clèves-La Mark se trouva ainsi en possession d’un territoire des plus étendus, comprenant les seigneuries suivantes :

1 . Le comté de la Mark, sur les rives de la Roer, au sud de Dortmund et de Munster, qui comprenait les villes d’Altena, de Hamm et de Soest. Ses armes étaient d'or à la fasce échiquetèe de gueules et d'argent, à trois rangées.

2. Le duché de Clèves, situé à l’est de la Gueldre et comprenant Clèves, Emmerich, Huissen, Wesel, etc. Il portait : de gueules au rais d’escarboucle d'or.

3. Le comté de Ravensberg, à l’est de l’évêché de Munster, dont la capitale était Bieleveld et l’une des villes principales, Herford. Ce comté avait pour armes : d’argent à trois chevrons de gueules.

4. Le duché de Juliers, situé à Lest d’Aix-la-Chapelle, avec les villes de Juliers, de Duren, etc. Ce duché portait: d’or au lion contourné de sable.

5. Le duché de Berg, au sud du pays de Clèves. Sa capitale était Dusseldorf et ses localités importantes, Barmen, Elberfeld, Mulheim, etc. Les armes de Berg étaient : d'or au lion contourné de gueules, lampassé d'azur.

Voici quels furent les souverains de ces diverses contrées jusqu’à l’extinction de la maison ducale :

Dans les premières années du xvi^ siècle, le numéraire des duchés de Clèves, de Juliers et de leurs dépendances, se composait encore exclusiment de florins d’or rhénans et de monnaies d’argent et de billon à flan mince. La grande monnaie d’argent fait son apparition dans les pays de Juliers et de Berg sous Jean III; un tJialer de 1513 porte, autour de l’image équestre du jeune duc, son nom et ses titres, qui méritent d’ètre transcrits: lOHS. SENIORA FILIV^ Oiicis CL\'^iae DVX \^[iaci Z lAOntiuni Cornes \^arcae ; au revers, l’écu aux cinq quartiers broche sur une grande croix feuillue qui coupe la légende : PRVDENTIA RERVM EXITVS METITVR; l’alphabet employé est encore l’alphabet gothique.

Guillaume V eut à soutenir en 1543 contre Charles-Quint une guerre malheureuse pour la succession au duché de Gueldre. Pendant la lutte, manquant de numéraire, on émit dans le pays de Juliers des monnaies de nécessité carrées et unifacesen argent; elles sont empreintes

Clèves-La Mark.

’^'Jean II, 1481-1521.

Juliers-Berg.

* Guillaume VIII, 1475-1511.

*Jean III le Pacifique, 1511-1521-1539.

* Guillaume V le Riche, 1539-1592.

* Jean-Guillaume le Bon, 1592-1609.

l’empire d’allemagne

d’un poinçon portant l’écu au lion accosté des chiffres 4-3, indiquant le millésime. Après sa réconciliation avec l’empereur, Guillaume V eut un monnayage très actif ; ses tlialers^ frappés en abondance, portent son buste et ses armes. La légende du revers est parfois CHRISTVS SPES VNA SALVTIS, mais plus souvent les inscriptions sont uniquement formées par une énumération de titres. Il en est de même sous Jean- Guillaume, dont la devise était : DEVS REFVGIVM MEVIVI.

Nous manquons d’indications précises sur les ateliers monétaires des régions qui nous occupent; ils paraissent avoir été établis à Juliers, dans le duché de ce nom ; à Mulheim, dans celui de Berg ; à Herford, dans le comté de Ravensberg; à Clèves, Emmerich et Huissen dans celui de Clèves ; à Altena, Hamm et Soest, dans celui de la Mark. Plusieurs de ces ateliers, notamment les quatre derniers, eurent un caractère municipal et bornèrent leurs émissions à des menues espèces de cuivre.

La mort de Jean-Guillaume fut une source de guerres en Allemagne. On vit jusqu’à sept compétiteurs se disputer sa succession ; les deux principaux furent son neveu Jean-Sigismond, margrave de Brandebourg, et son beau-frère Philippe-Louis, comte palatin de Neubourg. Ils convinrent de se mettre en possession de l’héritage, de soumettre leur différend à des arbitres et, en attendant, de gouverner en commun, sous le nom de princes possesseurs, les pays contestés. Cet arrangement déplut à l’empereur Rodolphe II qui, sous le prétexte d’établir un séquestre, s’empara de la ville de Juliers.

Les deux prétendants alliés eurent recours à la force et une armée néerlandaise, venue à leur aide, mit le siège devant Juliers. La ville se rendit le septembre 1610, après un mois de résistance. Pendant l’investissement, le commandant impérial Jean von Rauschenberg improvisa, pour le payement de ses troupes, une monnaie obsidionale faite de morceaux de vaisselle d’argent découpés et poinçonnés de ses initiales |. V. R. (hg- 21 5) : ces pièces ont les formes les plus irrégulières et les plus bizarres ; tantôt c’est le manche d’une cuillère, tantôt le bord ou le fond d’une assiette ou d’un plat, qui à servi à recevoir l’empreinte. 215

Les princes possesseurs (1609-1624), maîtres du pays, frappèrent en commun des pièces portant comme légende MO. AR. FOSSidc^itiu^^i PRINaÿz^m IVLI-CLI-ET-MONT ; mais le bon accord ne se maintint pas longtemps entre eux et la guerre reprit de plus belle. Le comte palatin de Neubourg, prince catholique, obtint le secours de l’Espagne contre

le margrave de Brandebourg, prince protestant. En 1621, Juliers fut de nouveau assiégée, cette fois par l’armée espagnole de Spinola; réduite par la famine, elle capitula le 22 janvier 1622. De nouvelles obsidionales rappellent ce siège. Elles portent un poinçon rond au monogramme de Frédéric Pythaan, commandant de la place, accosté de 16-21 et des mots IN GVLf^ à Juliers assiégée. En 1624 la paix fut conclue

par un partage. Jean-Sigismond obtint Clèves, la Mark et Ravensberg; Philippe-Louis reçut Berg, Juliers et Ravenstein.

Grèves, la Mark et Ravensberg. — Les souverains de la maison de Brandebourg firent frapper quelques monnaies spéciales pour leurs nouvelles possessions rhénanes. Dans l’ancien comté de la Mark, les villes de Hamm et de Soest, SVSATENSIS, continuèrent à émettre leurs espèces de cuivre locales ; elles portent les armoiries de chaque ville ’. La paix de Lunéville, en 1801, annexa la partie occidentale du pays de Clèves au département français de la Roer. En 1806, la partie orientale et le comté de la Mark passèrent au duché de Berg, nouvellement créé en faveur de Joachim Murat; le comté de Ravensberg fut joint au royaume de Westphalie.

Berg et Juliers. — Le monnayage des comtes palatins de Neubourg, dans leurs duchés rhénans, qui eut lieu au xviL siècle à Dusseldorf, présente quelques particularités intéressantes. Nous citerons, par exemple, les ausbeutemün^en de 2/5 de thaler que Charles-Philippe (1716-1742} frappa en 1738; elles portent la légende: DEUS SERVET METALLI FODINAS MONTENSES. Sous Charles-Théodore (1742- 1799} de nouvelles monnaies furent émises, de 1748 a 1758, avec l’argent des mines du pays de Berg: elles portent l’indication de la mine de Wildberg. Le duché de Juliers entra en 1801 dans la formation du département français de la Roer et Berg fut enlevé en 1806 à la Bavière en échange d’Ansbach.

y). — Principauté de Nassau^.

Les possessions de la ligne ottonienne de la maison de Nassau étaient situées entre l’archevêché de Trêves, le comté de Sayn, le comté de Wied, le comté de Solms, le landgraviat de Hesse-Darmstadt, le comté

1 . Les armes de Hamm sont les mômes que celles du comté de la Mark ; celles de Soest consistent en une clef posée en pal. — Cf. Weingartner, Beschreihung der Kiipfer-Mïmicn Westfalens, p. 158 et suiv.

2. J. Isenbeck, Das Jiassaiiische Mïmagvescn .II. TJjeil (ijoa bis iSoo), dans les Annakn des nass. Allerlhumsvereins, t. XVIII, 1883-84, p. 145 et suiv.

de Wittgenstein et le duché de Westphalie. Les comtes, puis princes de Nassau avaient pour armes : d’a^iir semé de billettes d'or, au lion du même, armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout.

Au commencement du xvii^ siècle, la maison de Nassau se divisa en quatre branches issues des quatre fils de Jean I le Vieux (i ^ 59-1606). Il y eut dès lors à distinguer les comtes de Nassau-Siegen, ceux de Nassau- Dillenbourg, ceux de Nassau-Dietz, ceux de Nassau-Hadamar. Tous obtinrent successivement le rang princier entre les années 1650 et 1664. En 1681, les cinq princes des quatre lignes ouvrirent un atelier à Herborn pour y monnayer en commun ; on possède un thaler à leurs bustes et à leurs noms réunis : lOHAN : FRANC • HENRIC • GUIL • MAUR-HENR : CASIM • FRANC : ALEXAND. — D-G.NASSOVIÆ PRlCIP-COM^Ve^ CATTlMELIBoc/ VlAND^e ET ÜEQiae DOMmi BElLSTe/;G

Les diverses lignes s’éteignirent successivement, sauf celle de Dietz, de sorte qu’en 1759, Guillaume IV Friso de Nassau-Dietz-Orange réunit toutes les possessions territoriales de sa famille. Nous examinerons successivement la numismatique des quatre lignes de la maison de Nassau.

Nassau-Siegen. — Cette branche fut créée par Jean II (1606-1623), fils aîné de Jean I le Vieux. Ses possessions comprenaient la ville de Siegen et divers districts adjacents. Jean II eut deux fils qui firent souche, mais qui possédèrent en commun l’héritage paternel, léguant cet exemple à leurs descendants :

Jean III, 1623-1658, *Jean-François, 1638-1699.

Guillaume-Hyacinthe, 1699-1743 .

Henri, f 1632.

* Guillaume-Maurice, J- 1691. Frédéric-Guillaume I, 7 1722.

Frédéric-Guillaume II, f 1734-

Nassau-Dillenbourg. — Cette ligne fut formée par Georges, second fils de Jean I. Sa résidence était Dillenbourg, ville où fut créé en 1681 un atelier monétaire.

Georges 1606-1623. *FIenri, 1662-1701,

Louis-Henri, 1623-1662, prince depuis Guillaume, 1701- 1724.

1652. Chrétien, 1724-1739.

Indépendamment des sur lesquels le nom d’Henri figure à

côté de ceux de ses cousins, il en existe de lui portant son buste seul et ses armes.

Nassau-Dietz. — La branche de Nassau-Dietz eut pour auteur Ernest Casimir, troisième fils de Jean I. En voici la chronologie;

Ernest-Casimir, 1606-1632. * Henri-Casimir II, 1664-1696.

Henri-Casimir I, 1632-1640. Jean-Guillaume Friso, 1696-1711.

Guillaume-Frédéric, 1640-1664, prince Guillaume IV Friso, 1711-1751. depuis 1652. Guillaume V, 1751-1806.

Les comtes de Nassau-Dietz possédaient dans la seigneurie de Beilstein (voir p. 149) un atelier monétaire qui fut transféré à Dietz en 1692.

Nassau-Hadamar. — Cette ligne, issue du quatrième fils de Jean I, n’eut que trois représentants :

Jean-Louis, 1606-1653, prince depuis Maurice-Henri, 1653-1679.

1650. * François-Alexandre, 1679-1711.

Elle ne paraît pas avoir eu de monnayage particulier, mais l’un de ses membres signe avec ses cousins des autres lignes les thalers de 1681 dont nous avons parlé plus haut.

z). — Comté de SaynK

Le comté de Sayn touchait, au nord au duché de Berg, à l’est aux pays de Nassau, au sud aux comtés de Westerbourg et de Wied, à l’ouest à l’archevêché de Cologne. Voici la chronologie des comtes de Sayn qui avaient pour blason : de gueules au léopard lionné d'or la queue fourchue.

Jean IV, 1498-1529. Adolphe, 1560-1568.

Jean V, 1529-60. * Henri IV, 1568-1606.

A la mort d’Henri IV, Louis le Vieux, comte de Wittgenstein, hérita du comté de Sayn, qui formait le domaine de la branche aînée de sa maison. Son fils aîné, Guillaume III, créa une nouvelle dynastie, désignée par les généalogistes sous le nom de ligne de Sayn-Sayn.

En 1570, Henri IV, son frère Hermann et leur oncle Sébastien se firent renouveler par l’empereur leurs privilèges monétaires, et en 1585 Henri IV se les fit de nouveau confirmer. En sa qualité de possesseur de mines argentifères, le comte de Sayn demanda au cercle de Westphalie l’autorisation d’ouvrir un atelier ; elle lui fut refusée, mais on lui permit de faire battre monnaie à son nom dans l’atelier de Juliers; de plus, la permission fut restreinte aux Jlorins d’or et doir^thalers. Il existe des Jlorins de 1 592 et des thalers de 1 590.

La ligne de Sayn-Sayn, issue de Guillaume III (1606-1623), paraît ne pas avoir monnayé. Elle s’éteignit avec Ernest (1623-1641) qui ne laissa que des filles. L’aînée, Ernestine, eut Hachenbourg qui passa par deux

I. H. Grote, Die Münien der Grafen von Sayn, dans les Mün:(S tudieu, t. III, 1863, p. 1 5 5 et suiv.

l’empire d’allemagne

mariages successifs aux burgraves de Kirchberg; la cadette, Jeannette, obtint Altenkirchen et épousa Jean-Georges de Saxe-Eisenach.

Sayn-Sayn-Hachenbourg.— On possède des ausbeutethaler commémoratifs de la mort de George s-F rédéricde Kirchberg (171 5-1749).

Sayn-Sayn-Altenkirchen. — Jean-Guillaume de Saxe-Eisenach fit frapper en 1692 et Tannée suivante des gulden d’argent, quarts de gulden et pièces de 15 kreu\ers. En 1741, la seigneurie passa par héritage à Charles-Guillaume-Frédéric de Brandebourg-A n sbach (1741-1757), qui frappa en 1750 des ausbeutethaler avec le métal de la mine de Fischbach, en 1755, des conventionsthaler et à partir de 1751 diverses monnaies divisionnaires. Le monnayage fut continué en 1758 et en 1764 par son fils Alexandre (1757-1803).

aa). — Gouvernement de Frise K

En 1498, Maximilien d'Autriche, administrant la Hollande comme père et tuteur de son fils Philippe-le-Beau, donna la Frise à Albert, duc de Saxe et de Misnie (1498-1 500), à charge par lui de se faire accepter comme gouverneur par les Frisons. Parmi les droits que le clergé, la noblesse et les villes du Westergo reconnurent à Albert, se trouvait le droit de battre monnaie : « oeck te munten goldt ende silver. » L’atelier fut établi à Sneek. Dès 1498, le gouverneur y fit ouvrer diverses pièces d’argent, notamment des tlialers portant d’un côté ses armes sur une croix feuillue, de l’autre un écu à Taigle d’empire couronné et soutenu par deux lions. Ce type reparaît sur quelques monnaies divisionnaires. Les légendes sont: ALBERTVS DVX SAXONIE GVB- FRISIE, et DEI GRATIA REGES REGNA/^T.

A la mort d’Albert, survenue en 1500, ses deux fils, Georges et Henri, lui succédèrent en Frise et frappèrent des florins d’or en commun ; puis, après 1 504, le nom de Georges parut seul sur les espèces, frappées à cette époque à Leeuwarden. En 1515, le duc de Saxe, renonçant à se maintenir en Frise, céda ses droits à Charles Quint comme comte de Hollande.

ab.). — Comté d’Ostfrise.

Le comté d’Ostfrise était compris entre la mer du Nord, la seigneurie d’Iever, le comté d’Oldenbourg, Tévèché de Munster, le pays de Groningue et le golfe du Dollart. Ses armes étaient : de sable à la harpie

I. P. O. van der Chys, De munten van Fricsland, Groningen en Drenthe. Haarlem, 1855, in-4, p. 128 et suiv.

d’or couronnée et accompagnée de quatre étoiles du même. Ses souverains prenaient le titre de : cornes etdominus Phrisiae orientalis auquel

ils ajoutent, au xvii^ siècle, ceux de : W ittmund ; voici leur chronologie :

* Edzard I, 1491-1528.

* Enno II, I p8-i 540.

* Edzard II avec ses frères Christophe et

Jean II, 1540-1566.

* Edzard II avec son frère Jean II, 1566-

* Edzard II, seul, après la mort de ses

frères, 1591-1599.

Enno III, 1599-1625.

Rodolphe-Chrétien, 1625-1628.

“^UlricII, 1628-1648.

dominus in Esens, Stedesdorf et

*Julienne de Hesse, sa veuve, tutrice de leur fils mineur, Enno-Louis.

Enno-Louis, 1648-1660, prince depuis

* Georges-Chrétien, 1660-1665, prince

depuis 1662.

* Christine-Charlotte de Wurtemberg,

sa veuve, tutrice de leur fils mineur, Chrétien-Eberhard, 1665-1690.

* Chrétien-Eberhard, 1665-1708.

* Georges-Albert, 1708-1734.

Charles-Edzard, 1734-1744.

Les monnaies de l'Ostfrise forment une très belle série. Sous Enno II, les légendes cessent d’ètre écrites en lettres gothiques et, comme plus fortes monnaies, nous avons à signaler des florins d’or et des quarts de thaler. Le thaler commence pendant la première partie du règne d’ Edzard II, lorsqu’il gouvernait le comté en commun avec ses deux frères. La légende habituelle des monnaies de EOstfrise, abstraction faite du nom des comtes et de la mention impériale, est: DA PACEM DOMINE IN DIEBVS La tutrice Christine-Charlotte, dont

il existe des thalers à son buste, prend pour devise CHARITATE ET CANDORE, et son fils, |N DEO SPES MEA. L’atelier monétaire des comtes et princes d’Ostfrise était situé à Norden. En 1744, après la mort de Charles-Edzard, le roi de Prusse Frédéric II prit possession de la principauté qui, pendant toute la durée^ de la domination prussienne, continua à avoir des monnaies divisionnaires spéciales. En 1806, Napoléon I réunit l’Ostfrise au royaume de Hollande.

ac). — Seigneurie tV lever K

La seigneurie d’Iever était comprise entre la mer du Nord, la seigneurie de Kniphausen et les comtés d'Oldenbourg et d'Ostfrise. Ses armes étaient: d’or au lion d'or couronné du même. Au xvP siècle, elle fut gouvernée par les personnages suivants :

Edo Wimken II, 1468-1511. * Marie, 15 17-1575.

Christophe, 1511-1517.

I. J. Merzdorf, Die Mün:^cn iind Medaillcii Jcverlands, Oldenbourg, 1860, in-8,

l’empire d’allemagne

En 1532, Marie, pour se soustraire aux entreprises du comte d’Ostfrise, reconnut la suzeraineté de l’empereur Charles-Quint comme duc de Brabant. A sa mort, la terre d’Iever passa, conformément à ses dispositions testamentaires, au comte d’Oldenbourg. On possède un grand nombre de monnaies de Marie d’Iever, parmi lesquelles quelques ducats; mais ses émissions consistèrent principalement en thaler^s de divers types: le judocusthaler, représentant d’un côté le lion d’Iever debout et de l’autre saint Josse, SANCTVS IVDOCVS MARTIR, debout, tenant un drapeau et une épée, le thaler mit dem Dornenkran^e, portant à l’avers l’écu échancré au lion et au revers la couronne d’épines, le thalei'' mit der Burg, où le revers porte un château à trois tours, le heilandstJialer au type de la Résurrection, le thaler représentant Daniel dans la fosse aux lions, enfin le thaler à la croix fleurdelisée chargée en cœur de l’écu d’Iever. Outre ces fortes pièces, elle frappa en abondance des pièces divisionnaires, qu’on trouvera décrites pour la plupart dans le travail de M. Merzdorf. Le nom et les titres de Marie d’Iever sont généralement écrits en langue bas-allemande : MARIA Oeborne Oochter \nd ^raülein TO \ EVER Rystringe?i OStringen ytAngerland.

Le comté d’Iever n’eut pas de monnaies spéciales pendant sa réunion à l’Oldenbourg. Après la mort d’Antoine-Gunther en 1667, la terre passa à son neveu :

Jean d’Anhalt-Zerbst, 1667,

* Charles-Guillaume, 1667-1718.

Jean-xAuguste, 1718-1742.

* Jean-Louis et Chrétien-Auguste, 1742-

Chrétien Auguste, 1746-1747.

Jeanne-Élisabeth de Holstein, tutrice,

* Frédéric-Auguste, 1747-1793.

* Frédérique-Auguste - Sophie d’Anhalt-

Bernbourg, veuve du précédent, gouvernante d’Iever pour le compte de la Russie, 1793-1807.

Les devises ordinaires des monnaies d’or, d’argent et de billon frappées par Charles-Guillaume sont : IN DOMINO FIDVCIA NOSTRA ou IN DEO FACIEMVS VIRTVTEM. Un ducat aux bustes accolés de Jean-Louis et Chrétien-Auguste fait allusion à leur bonne entente : CONCORDIA FRATRVM. Les monnaies de Frédéric- Auguste et de sa veuve sont frappées conformément au pied de convention. En 1807, lever fut réuni au royaume de Hollande.

ad). — Cojuté d’Oldenbourg U

Le comté d’Oldenbourg, auquel était rattaché le comté de Delmenhorst,

I. J. Merzdorf, Oldenburgs Miin^en und Medaillcn historisch und krüisch heschrieben, Oldenbourg, 1860, in-8,

s'étendait sur les confins du cercle de Basse-Saxe. A l'ouest, il touchait à l'Ostfrise, au sud, au comté de Hoya et au pays de Munster; la mer du Nord en formait la limite septentrionale. Ses armes étaient : d’or aux deux fasces de gueules ; le comté de Delmenhorst portait : d’azur à la croix au pied fiché d’or. Le tableau généalogique suivant donne la maison comtale au xvi^ et au xvii^ siècle :

Jean XIV, 1500-1526

* Jean XV * * Georges * Christophe * Antoine

* Jean XVI 1573-1603

* Antoine-Gunther 1603-1667

Après la mort d'Antoine-Gunther, le duc de Schleswig-Holstein- Ploen hérita du comté d’Oldenbourg; en 1676, celui-ci le céda à Chrétien V, roi de Danemark. En [773, le roi Chrétien VII laissa le pays à Paul-Petrowitz, duc de Holstein-Gottorp, qui, la même année, le donna à Frédéric-Auguste de la branche cadette de Gottorp. En 1776, l’Oldenbourg fut érigé par Joseph II en grand duché :

* Frédéric-Auguste, 1773-1785. * Pierre-Frédéric-Guillaume, 1785-1823.

Les premiers f/z(2/er5 sont de Jean XV, qui régna en communauté avec ses frères Georges, Christophe et Antoine; ils portent leurs armes, le millésime de 1 5 3 5 et la légende: ANTHO ■ lOANES • GEORGI ■ CHRISTH-FRATRES Z COMITES DE OLDENB Z DEL. Depuis 1531, les aînés avaient abandonné au cadet Antoine le gouvernement effectif du comté; celui-ci frappa en son nom seul des florins d’or au cavalier, des tlialers, des mariengroschen, etc., sa devise est DNS. PROJECT. VITE MEE A Qluo TREPlD^^o.

ae). — Comté de Wied.

Le comté de Wied était divisé en deux tronçons, situés l’un sur la rive droite du Rhin, avec la ville de Neuwied, l’autre sur les deux rives de la Lahn. Il comprenait la seigneurie de Runkel. Les armes de Wied étaient : d’or à quatre bandes de gueules et au paon rouant brochant sur le tout ; celles de Runkel : d’argent à deux pals de gueules et au canton d’azur. A la fin du xvii^ siècle, la maison de Wied se divisa en deux lignes : Wied-Runkel et Wied-Neuwied :

L^EMPIRE d’ ALLEMAGNE

Runkel. Neuwied.

Maximijien-Henri, 1698-1706. Frédéric-Guillaume, 1698-1737.

* Jean-Louis-Adolphe, 1706-1762. *Jean-Frédéric-Alexandre, 1737-1791.

* Chrétien-Louis, 1762-1791. Frédéric-Charles, 1791-1802.

Charles-Louis-Frédéric, 1 79 1 - 1 824.

En 1758, Jean- Louis-Adolphe de Wied-Runkel ouvrit à Dierdorf un atelier où il frappa diverses monnaies de billon de i à 1 5 kf'eii^er: mais ce monnayage fut interdit par mandement impérial en 1760. Ces pièces portent son chiffre couronné entouré de GRAF ZV WIED RVNKEL, légende qui se continue au revers par ISENBVRG VND CRIECHINGEN. Le droit monétaire du comte de Wied ne fut pas contesté, mais Fempereur exigea que Fexercice en eût lieu dans un atelier agréé par le cercle de Westphalie. Chrétien-Louis fit également monnayer, et en 1762 il fit frapper avec l’argent tiré de la mine de Weyer, EX FODINIS WEYERIENSIBVS, un aiisbeutethaler commémoratif de son mariage avec Charlotte-Sophie-Augusta de Sayn-Wittgenstein.

Jean-Frédéric-Alexandre de Wied-Neuwied nous a laissé des ducats et des monnaies d’argent et de cuivre. Quelques pièces frappées en 1752 et 1753 portent une vue de la ville de Neuwied.

af). — Comté de Schauenhourg.

Le comté de Schauenhourg était borné par le Hanovre, le duché de Calenberg, l’évêché de Minden et le comté de Lippe. Ses armes étaient : de gueules à un écusson triangulaire coupé d’argent sur gueules, côtoyé

de trois jeuilles d orties d argent u, posés en pairie. Voici la succession bourg :

Otton IV, 1 533-1 576.

* Adolphe XIII, 1576-1601.

* Ernest, 1601-1622, prince depuis 1619.

* Josse-Hermann, 1622-1635.

Otton, 1635-1640.

* Philippe de Lippe, 1640-1681.

ruant avec trois clous du meme :s comtes et princes de Schauen-

Frédéric-Chrétien, 1681-1728.

* Albert-Wolfgang, 1728-1748.

* Guillaume-Frédéric-Ernest, 1748-1777.

* Philippe-Ernest, 1777-1787.

* Georges-Guillaume, 1787, mineur jus-

qu’en 1807.

Le 14 août 1569, l’empereur Maximilien II confirma à Otton IV ses droits monétaires. Le mariage d’Elisabeth de Schauenhourg avec Simon VI de Lippe fit passer le comté dans cette maison ; il fut donné à Philippe, troisième fils de Simon VI, fondateur de la ligne de Lippe- Schauenbourg. En 1647, une partie du comté passa à la Hesse; quelques monnaies de cuivre aux armes parties de Hesse et de Schauenbourg- Lippe furent frappées par Philippe de Lippe et le landgrave Guil-

laume V de Hesse-Cassel, mais après 1648 chacun reprit son monnayage particulier.

En 1608, l’atelier du comté se trouvait à Oldendorf; c’est là que furent frappées les monnaies de bas aloi émises par les comtes de Schauenbourg pendant la kipper^eit. Au milieu du xvii^ siècle, la Monnaie fut établie à Buckebourg.

ag). — Comté de Lippe

Le comté de Lippe, dont le territoire s’était accru d’une partie de celui de Schwalenberg, était borné au nord par le comté de Ravensberg, l’évêché de Minden et le comté de Schauenbourg, à l’est, par les comtés de Calenberg et de Pyrmont et par l’évêché de Paderborn, au sud, par Paderborn, à l’ouest par Ravensberg. Les armes de Lippe étaient : d’argent à la rose de gueules boutonnée et barbée d’or ; celles de Schwalenberg: de gueules à l’étoile à cinq rais d’or supportant une hirondelle (en allemand schwalbe) de sable et d’argent. Les comtes suivants gouvernèrent la Lippe depuis le commencement du xvP siècle jusqu’à la fin du xviiP:

*Simon V, 1511-1536.

Bernard VIII, 1536-1563.

*Simon VI, 1563-1613.

* Simon VII, 1615-1627.

Simon-Louis, 1627-1636.

* Simon-Philippe, 1636-1650.

Jean-Bernard, 1650-1652.

* Hermann-Adolphe, 1652-1666.

* Simon-Henri, 1666-1697.

* Frédéric-Adolphe, 1697-1718.

* Simon-Henri-Adolphe, 1718-1734.

* Simon-Auguste, 1734-1782.

* Louis-Henri-Adolphe, tuteur, 1782-

* Frédéric - Guillaume - Léopold, 1 782-

Simon V prit, le premier, le titre de comte: cornes et nobilis dominus de Lippia. En 1687, Simon-FIenri devint, par son mariage, seigneur de Vianen et d’Ameiden aux Pays-Bas; quelques-uns de ses successeurs ajoutèrent sur leurs monnaies, à leur titre habituel, ceux de: supremus dominus Vianae et Ameidae, burgravius hereditarius Ultrajecti.

Le premier thaler ou guldiner de Lippe fut frappé en 1528, sous Simon V, dont ce fut la seule monnaie; l’avers porte son buste, le revers son écu écartelé de Lippe et de Schwalenberg et timbré d’un heaume. Le monnayage reprit en 1598 sous Simon VI qui, en 1592, s’était fait confirmer ses droits régaliens par l’empereur Rodolphe II ; on

I. H. Grote et L. Hôlzermann, Lippische Gcld-iind Münigcschichle, dans les Mün-stu-^ dieu, t. V, 1867, p. 229 et suiv.

l’empire d’ ALLEMAGNE

a de lui de nombreuses espèces, thalers, fürstejigroschen, mariengroschen, dt'eie?' ei gosier ou demi-pfennigs. Sous Simon VII les monnaies devinrent plus nombreuses encore et comprirent des florins d’or et des pièces de cuivre pur portant parfois le nom de la ville de Detmold :

DITMAL.

Hermann-Adolphe inscrit au revers de ses tlialers et demi-thalers la devise : SPES CONFISA DEO NVNQVAM CONFVSA RECEDIT. Son successeur Simon- Henri utilisa deux légendes personnelles; sur ses pièces les plus anciennes on lit CLEMENTE DEO BONA CONSCIENTIA ; sur plusieurs de celles qui furent frappées à partir de 1685, il y a NEC TEMERE NEC TIMIDE. La devise de Frédéric-Adolphe est IVSTVM ET DECORVMou DECORVM QVOD HONESTVM. Les types, en général dépourvus d’originalité, se bornent à reproduire le buste du souverain, les armes écartelées, la rose de Lippe, une légende ou un monogramme, placés dans le champ.

L’atelier de Simon V fut établi à Lemgo. Simon VI installa sa forge dans les caves de son château de Detmold. Son successeur transféra sa Monnaie à Blomberg, mais la rétablit à Detmold en 1618. Un atelier nouveau fut ouvert en 1724 pour la fabrication d’espèces de cuivre, au château de Brake, mais en 1749, l’outillage fut transporté à Detmold.

ah). — Comté de Bentheim ' .

Le comté de Bentheim était resserré entre l’évêché de Munster et la province néerlandaise d’Overyssel ; ses armes étaient : de gueules à dixneuf hesants d’or posés 4, 4, 4, 4 et 3. K la mort d’Arnould III de Bentheim (1606), ses fils régnèrent d’abord en commun, puis, en 1610, ils procédèrent à un partage; l’aîné, Adolphe, eut Tecklenbourg et Rheda (voir I suivant), le second, Arnould-Josse, eut Bentheim et une partie de Steinfurt. Ernest-Guillaume (1645-1693), fils d’Arnould-Josse, fit frapper des thalers à ses armes et diverses autres monnaies d’argent et de cuivre; ces dernières sont des dûtes analogues à celles des Provinces-Unies.

ai). — Comtés de Tecklenbourg et de Rheda.

Ces deux comtés étaient situés sur les confins de l’évèché de Munster. Tecklenbourg portait: d’argent à trois feuilles de nénuphar de gueules^,

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