L EMPIRE D ALLEMAGNE
Auguste choisit comme devise: DURA ■ PATI ■ VIRTUS. thalers sont nombreux et la série qu'on en possède se termine en 1656 par un Jules- Henri est le premier duc de Lauenbourg qui ait frappé des monnaies d'or, des ducats aux millésimes de 1657 à 1662, mais on n'a de lui aucune autre espèce. Les émissions redevinrent actives sous Jules-François, dont les thalei's et les gulden portent cette sentence morale: THV • RECHT • SCHEV ■ NIEMAND, agis avec droiture et ne crains personne.
Avec ce duc s’éteignit en 1689 la maison de Saxe-Lauenbourg. Georges-Guillaume de Brunswick-Lunebourg-Celle mit la main sur ses possessions et y fut formellement reconnu en 1702. Il existe de lui quelques pièces de 4 schillings, frappées en 1704 dans l’atelier de Gelle, spécialement pour le duché de Lauenbourg. Sous Georges II eut lieu une nouvelle émission de monnaies particulières; elle consista en gulden d’argent et en un grand nombre de pièces divisionnaires datées de 1758 à 17)0 : le nom du souverain n'est pas mentionné dans leurs légendes, mais l'inscription MONETA NOVA LAUENBURGICA indique le pays où les pièces devaient circuler.
i). — Evêché de Luheck L
Le territoire de l'évêché de Lubeck était enclavé dans ceux de la ville impériale de ce nom et du duché de Holstein. Les patrons de cette église étaient saint Jean-Baptiste et saint Nicolas. Les évêques résidaient à Lutin. Les armes de l'évêché étaient: d’azur à la croix d’ or surmontée dé une mitre du même.
Le monnayage recommença dans l'évêché de Lubeck, dans la seconde moitié du xvi^ siècle, avec l’introduction du protestantisme, et fut continué avec quelques interruptions jusqu'en 1776. Il est toutefois difficile de dire si les pièces de certains évêques ont été frappées spécialement pour Lubeck, ou pour un des autres évêchés dont ils cumulaient parfois la possession :
*Eberhard II de Holle, 1 561-86 (Verden). * Auguste-Frédéric de Holstein-Gottorf,
* Jean-Adolphe de Holstein-Gottorf, 1586- 1666-1705.
1607 (Brême, Verden). * Chrétien-Auguste de Holstein-Gottorf.
* Jean-Frédéric de Holstein-Gottorf, 1607- 1706-26.
1634 (Brême, Verden). Charles de Holstein-Gottorf, 1726-27.
Jean de Holstein-Gottorf, 1634-55. * Vacance du siège épiscopal, 1727.
Jean-Georges de Holstein-Gottorf, 1655. Adolphe-Frédéric, roi de Suède, 1727-50.
Chrétien-Albert de Holstein-Gottorf, * Frédéric-Auguste de Holstein-Gottorf,
I. Cf. \3i Xumismatische Zeitung de. Feitzmann, 1863, p. 156 et suiv.
Les évêques de Lubeck suivaient le système monétaire des villes hanséatiques, sur lequel le système portugais exerça une si grande influence. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le plus ancien thaler décrit par Schulten-Rechberg, et qui fut frappé en 1593 par Jean-Adolphe, reproduise au revers le type des pièces portugaises: une grande croix entourée d’une double légende, comprenant d’abord les titres épiscopaux, et en second lieu les mots: NACH ■ POKTVGALlSc/?cm SCHROT Snd KORN. Sur d’autres monnaies de Jean- Adolphe, qui ne sortent pas de la donnée générale des types allemands contemporains et qui portent, par conséquent, le buste et les armes, nous trouvons la devise de l’évêque : VIVIT POST FVNERA VIRTVS. La devise d’Auguste-Frédéric était : A • DEO • SORSQ • SALVSQ ■ MEA. La vacance du siège épiscopal, en 1727, donna lieu à l’émission par le chapitre d’un thaler au buste de l’empereur Charles VI ; le revers porte les armes du chapitre et, audessous de celles-ci, le petit écusson du doyen Jean de Wickede.
i). — Évêché et principauté de Rat^ehourg.
L’évêché de Ratzebourg s’étendait, au sud de Lubeck, entre les pays de Saxe-Lauenbourg et de Mecklembourg-Schwérin. L’évêque, episcopus raceburgensis, résidait à Schonberg. Les patrons de l’évêché étaient la sainte Vierge et saint Jean l’Evangéliste. Les armes étaient: parti, au d’or à la crosse d’agur, au 2^ d’or à la tour d’agur, la tour couverte d’un toit pointu. Voici la liste des évêques depuis le commencement du xvi^ siècle :
Henri III Bergmeier, 15 11-24. Charles duc de Mecklembourg, adminis-
Georges de Blumeiithal, 1524-50. trateur, 1592-1610.
Christophe I von der Schulenburg, 1550- * Auguste de Brunswick-Lunebourg, 1610- 1554. 1636.
*ChristopheII de Mecklembourg, 1554-92. * Gustave-Adolphe de Mecklembourg, 1636-
En 1648, à la paix de Westphalie, l’évêché fut sécularisé et transformé en principauté au profit des ducs de Mecklembourg-Schwérin; en 1701 cette principauté passa aux ducs de Mecklembourg-Strélitz.
En 1581, Christophe II établit un atelier à Schonberg et y frappa des thalers conformes aux lois de l’empire. En 1641, une nouvelle officine fut créée à Ratzebourg par Auguste de Brunswick, qui y émit des ducals d’or, des thalers avec leurs divisions et leurs multiples. Leitzmann assure que cet atelier travailla jusqu’en 1678. En 1686, il y avait dans le Domhof de Ratzebourg une heckenmünc^e qui mettait en
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circulation de menues monnaies de bas aloi et que le duc de Brunswick vint détruire à main armée.
k). — Comté de Régens tein.
Ce comté, situé aux environs de Halberstadt, avait pour armes : d’or (puis d’argent) à la ramure de cerf à cinq andoiiillers de gueules. Au xvi^ siècle, avec Ulric de Régenstein, commence une série monétaire qui se poursuit jusqu’à l’extinction de sa maison. Les comtes monnayèrent fréquemment en commun, c’est pourquoi nous donnons ici le tableau généalogique de leur famille :
* Ulric IX, 1 529-51.
* Gaspard-Ulric, abbé de Michaelstein.
*Jean-Ernest,
Après la mort de Jean-Ernest, le duc de Brunswick prit possession de son héritage comme fief vacant, et l’atelier comtal de Blankenbourg fut supprimé.
1). — Comté de Rant:(au.
En 1649, Erédéric III, duc de Holstein-Gottorf, vendit au statthalter royal de Danemark, Chrétien de Rantzau, la seigneurie de Barmstedt, située au sud du Holstein. L’empereur Eerdinand III confirma cette cession, éleva Chrétien au rang de comte d’empire et fit de la terre de Barmstedt le comté immédiat de Rantzau.
Chrétien de Rantzau (1650-63) et son fils Dethlef (1663-97) frappèrent, de 1655 à 1668, des ducats d’or, des thalers et demi-thalers d’argent, à leur buste et à leurs armes. Ils s’intitulaient : Sacri Romani imperii cornes in Rantgau et Loewenholm, dominus in Breitenhurg. Leurs armes étaient: écartelé, aux et 4^ parti d’argent et de gueules, qui est Rantzau, aux 2^ et 3^ d’or à la bande de sable cotoyée de douge losanges du même, qui est burgraviat de Leissnig; sur le tout un écusson d’agur au lion d’or couronné du même et lampassé de gueules, qui est seigneurie de Pénik. La devise habituelle est: RECTE -FACIENDO NE- MINEM TIMEAS.
* Ernest I, * Botbo,
* Martin, Ernest II, 1581-97. fi594.
Le petit-fils de Chrétien de Rantzau fut tué en 1721 par son frère. Le roi de Danemark fit incarcérer le fratricide et confisqua en 1726 tous ses biens.
m). — Seigneurie de Crottorf.
Sébastien de Hatzfeld (i 569-163 1), fils unique de Guillaume de Hatzfeld et de Catherine de Selbach, héritière des seigneuries de Crottorf et de Zeppenfeld, se trouvait, à la fin du xvi*^ siècle, sans doute à la suite d’une concession impériale, en possession du droit monétaire. Il existe de lui des thalers frappés en 1597 avec la mention de l’empereur Rodolphe II; ils portent à l’avers le buste de Sébastien de Hatzfeld et au revers ses armes tenues par les images en pied de l’Honneur et de la Vertu : HONOS ET VIRTVS.
Sébastien de Hatzfeld eut deux fils, Melchior et Hermann, que nous retrouverons plus loin, comme comtes de Gleichen, dans le cercle de Haute-Saxe.
n). — Ville impériale de Lubeck^.
L’histoire monétaire de la ville hanséatique de Lubeck, dont le commerce était si étendu, est d’une importance capitale pour l’histoiré économique du Nord de l’Europe, notamment du Danemark. Nous ne pouvons malheureusement entrer ici dans les détails d’un exposé dont le résumé est difficile à faire, et nous devons nous borner à noter quelques dates essentielles, à donner sur les types de superficielles indications.
En 1502, les villes de Lubeck, Hambourg, Lunebourg et Wismar, renouvelant des alliances monétaires antérieures, décidèrent d’abandonner l’étalon d’or et de frapper de fortes pièces d’argent à l’imitation des guldengroschen. Le type de ces pièces, en ce qui concerne Lubeck, se compose de l’aigle d’empire et de l’image en pied de saint Jean- Baptiste, patron de la ville, dans une épicycloïde; à ses pieds figure l’écusson municipal : coî^7?è Les légendes sont: MO-
NETA. NOVA : LVBICENSIS- 1502, et SANCT’ • lOHANNES ■ BAPTIST ; elles sont encore écrites en lettres gothiques. Il existe des divisions de ces guldengroschen.
En 1515, les quatre villes alliées décidèrent de frapper des marks d’ar-
I. H.-C. Dittmcr, Geschichtliche Darstelliing der Miïn^fusse von den :(u Lübeck vorgekommenen mid lheils noch vorkommenden grobern Silbermünien. Lubeck, 1845, —
J. -H. Schnobcl, Lubeckisches Miïn:(^ iiml Medailleii-Kabinet. Lubeck, 1790, in-8.
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gent taillés à 12 au marc de Cologne et à 14 1/4 loths d’argent comme aloi. La taille et le titre furent légèrement modifiés dans la suite, mais cette monnaie nouvelle obtint dans la circulation un accueil favorable Ces marks portent à l’avers l’aigle à deux têtes et la légende : MONETA- NOVA-LVBICENSÎS, suivie du millésime; le revers donne les écussons des villes de Hambourg, Lunebourg et Wismar, placés en tréfeuille autour d’un écu de Lubeck plus petit ; l’inscription est : ST ATVS ■ SVi ARCE ■ En même temps que les marks, il y eut des demi-marks et des tiers de marks. Ces nouvelles monnaies, mieux appropriées aux habitudes de compte des villes hanséatiques du Nord, étaient destinées à remplacer dans les transactions le guldengroschen et le florùi d’or rhénan.
L’ordonnance de Charles-Quint promulguée en 1 5 24 à Esslingen n’eut aucune influence sur le système monétaire de Lubeck. En 1528, cette ville frappa ses premiers thalers, émis au début pour 24 schillings. L’abaissement successif de l’aloi des menues monnaies amena dans leur rapport avec le thaler des modifications parfois mentionnées sur les espèces. Un thaler de 1568 porte l’indication numérale: 27-6 qui signifie : 27 schillings 6 pfennigs. Les types monétaires de Lubeck se bornent généralement à l’image de saint Jean, à l’écu de la ville et à ceux des villes alliées, à l’aigle d’empire, à l’effigie de l’empereur; comme détail accessoire, nous trouvons sur un certain nombre de pièces l’emblème héraldique des bourgmestres et, à partir de 1602, leur écusson.
A la fin du xvii^ siècle, Lubeck n’admit pas le pied de Leipzig, et l’on créa en 1691 un pied local suivant lequel le marc d’argent fin était évalué à 1 1 1/5 thalers ou 34 marks argent courant de Lubeck.
o). — Ville impériale de Hambourg L
L’histoire monétaire de Hambourg marcha, au début des temps modernes, de pair avec celle de Lubeck. La patronne de la cité est la Vierge, et c’est son image que nous trouvons sur les plus anciennes pièces d’argent de poids fort, frappées depuis i ^05 ; la devise inscrite sur les pièces de cette époque est : SPES • NOSTR • VIRGO • MAR’.
En 1 5 5 3, commence à Hambourg une émission très nombreuse de monnaies d’or et d’argent de diverses espèces. Les thalers portent à
I. O.-C. Gaedechens, Hamburgische Mün^en und Medaillen. Hambourg, 1850-54, 2 vol. in-4. — Langermann, Hamburgisches Mimi-uiid Medailknvergnügen. Nouv. édit, Hambourg, 1802, in-4.
Tavers les armes de la ville : un mur d’enceinte à trois tours, celle du milieu percée d’une porte pourvue d’une herse, au revers l’image de la Vierge accompagnée des mots: FIAT ■ MIHI • SECVNDVM • VERBV’TVV’. Parmi les pièces d’or hambourgeoises, nous accorderons une mention particulière aux portugaldser, pièces copiées des crusades portugaises et valant respectivement dix ducats, cinq ducats et deux ducats et demi. Les portugaldser hambourgeois portent d’un côté les armes de Hambourg, entourées d’une double légende: MONETA • NOVA- AVREA ■ CIVITATIS- HAMBVRGENSIS, et: NACH • PORTVGAUS ■ SCHROT ■ VND • KORN ; l’autre côté porte une grande croix entourée des mots: |N • XPO • CRV- CIFIXO - PENDIT -SALVS-NRA.
En 1 572, Hambourg résolut de frapper des espèces en conformité avec l’ordonnance impériale de 15^9. Par la même occasion, le type delà Vierge disparut pour faire place à l’aigle d’empire et aux nouvelles armes de la ville : de gueules, au château à trois tours d’argent. L’écu des comtes de Holstein, qui avait été conservé jusque-là sur certaines espèces hambourgeoises, est aussi définitivement omis. C’est une étape vers l’affranchissement complet de Hambourg, qui en 1618 fut reconnue ville impériale, malgré les protestations de ses anciens maîtres.
Dans la seconde moitié du xviP siècle, l’adoption dans certains états du Nord de l’Allemagne du pied de Zinna exerça son influence sur le monnayage de Hambourg, mais en 1725 cette ville se fixa un pied monétaire spécial.
p). — Ville impériale de Brême ' .
En 1541, Charles-Quint donna à la ville de Brême le droit de battre monnaie et fixa le type suivant lequel les espèces municipales devaient être frappées. Dès 1542, parurent des florins d’or et des thalers portant d’un côté l’écu de la ville : de gueules à la clef antique d’argent posée en bande, de l’autre l’aigle d’empire. Toutes les pièces frappées dans la suite continuèrent à porter la clef sur une de leurs faces.
q). — Ville de Stade
La série monétaire de cette ville, commencée à la fin du xv^ siècle, se poursuit jusqu’en 1689.
1. H. Jungk, Die hremischcn Miïrn^en. Brême, 1875, gr. in-8, — J.-Ph. Cassel, Vollstümhpes hremisches Münicahinel. Brême, 1772-73, 2 vol. in-8.
2. M. Bahrfeldt, Die Miin:(ender Stadt Stade, dans la N iiniismatische Zeitschrift, 1879.
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Stade portait une clef dans ses armes ; celles-ci forment le type habituel des monnaies municipales. Le patron de Stade est saint Pierre; son effigie figure sur quelques espèces.
r). — Ville de Lunehourg ' .
Nous avons parlé précédemment des alliances monétaires conclues entre les villes de Lubeck, Hambourg, Wismar et Lunebourg. Cette dernière ville eut un monnayage assez actif, qui se poursuivit avec quelques interruptions jusqu’en 1757.
Le type des monnaies de Lunebourg, au xvi^ siècle, est très remarquable; l’avers porte les armes de la ville: un mur d’enceinte à trois tours, celle du milieu percée d’une porte dans laquelle est placé un écu au lion penché ; le revers est occupé par un croissant à figure humaine entouré de la légende: VISITAVIT • NOS • ORIENS • EX • ALTO. Au xvii" siècle, ce croissant fait place à l’aigle d’empire, et le nom de l’empereur régnant est substitué le plus souvent à l’ancienne devise.
A partir du milieu du même siècle, Lunebourg cessa d’avoir un atelier monétaire particulier. Son numéraire fut fabriqué dans des monnaies voisines, telle que celle des ducs de Brunswick à Celle.
s). — Ville impériale de Goslar 2,
Le commencement de l’époque moderne dans le monnayage de Goslar peut être fixé à l’année 1505, avec l’apparition des mariengroscheji. Le premier ^/za/er est de 1542, et vingt ans plus tard, environ, commence l’émission florins d’or. Le monnayage municipal cesse en 1764.
Le type particulier à Goslar pour ses fortes monnaies est, indépendamment de l’aigle de ses armes, la Vierge debout dans une gloire. Un certain nombre de pièces de cette ville obtinrent un grand succès dans la circulation et furent copiées jusque dans les Pays-Bas L
t). — Ville impériale de Muhlhausen.
En 1 5 19, la ville de Muhlhausen frappa des pfe?i?îings, en 1525 des
1. M. Bahrfeldt, Die Mün:(e7i der Stadt Lüneburg, dans les Berliner Blàtter de Weyl de 1883 et 1884. — Le même, Die Miin:(e7i der Stadt Lüneburg von i ^c)c)-i6o2, dans le Nimiism.-sphragist. Anieiger de 1894.
2. H. -Th. Cappe, Beschreibung der Mihpen von Goslar . Dresde, 1860, in-8.
3. On trouvera la description d’un certain nombre de ces imitations dans Hooft van Iddekinge, Des monnaies en guise de jetons. Description de quarante quarts d’écus ayant servi comme jetons au XV L siècle, dans la Revue belge de numism., 1877, p. 203 et suiv.
groschen et en 1534 des heller. Les premiers thalers apparurent en 1574. Les émissions de divers genres de monnaies se succédèrent avec des intervalles jusqu'en 1767.
Les armes de Muhlhausen, qui constituent le type monétaire le plus fréquent, sont: d'argent à l’aigle de sable chargée sur chaque aile d’un fer à moulin d’argent. Le nom de la ville est écrit sur les monnaies de la manière suivante : CIVIT ■ IIVIPERIAUS • MOLHVSINÆ ou MVLHV- SINÆ.
u). — Ville impériale de Nordhausen.
La ville de Nordhausen frappa ses premiers thalers en 1536, ses derniers en 1686. Ses monnaies connues consistent en florins d'or, thalers, gulden, doubles gros, gros, et quelques monnaies divisionnaires.
Les armes de la ville sont : d’or à l’aigle de sable. La légende habituelle est : MO ■ N • LIB • IMPER ■ CIVITATIS NORTHVSÆ.
v). — Ville de Hanovre V
Le type des menues monnaies de cette ville se compose des armes municipales, une rose à trois feuilles. Sur les florins d'or, les thalers et les autres fortes espèces d'argent, nous trouvons une porte de ville à deux tours, entre lesquelles est placé le lion de Brunswick. Dans la porte est reproduite la rose des armes de Hanovre.
w). — Ville de Goeitingue'^.
Le premier thaler deGoettingue date de 1 $67; les dernières monnaies
municipales sont de 1684. L'initiale du nom de la ville, un G' gothique, est la marque caractéristique du numéraire. Nous donnons ici (fig. 223) la représentation d’un mariengroschen frappé en 1538 par la ville de Goettingue, à l’imitation des pièces de Goslar.
1. Voir la Nnmismalische Zeilnng de Leitzmann, 1841, p. 21 et suiv.
2. Voir la Numisimiiische Zcilwig de Leitzmann, 1841, p. 73 et suiv., et 1843, p. 18-
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x). — Ville d’Ei)uheck K
Le type des pièces de cette ville se rapproche beaucoup de celui des monnaies de Goettingue. C’est aussi l’initiale du nom, un (ff gothique, qui en constitue l’élément habituel. Les monnaies les plus récentes d’Eimbeck sont de 1675.
y) . — Ville de Nordheirn'^.
La série monétaire de cette ville se poursuivit avec des interruptions jusqu’en 1678. Le type des groschen et des menues monnaies est un grand R gothique. Sur les plus fortes espèces nous trouvons une porte de ville à cinq tours, dans l’ouverture de laquelle est placé le lion de Brunswick.
z) . — Ville de Brunswick^.
La ville de Brunswick devint en 1610 le siège d’un des ateliers officiels du cercle de Basse-Saxe ou kreismünysidtte. Son monnayage particulier parait s’être arrêté en 1680. Ses armes, qui figurent sur les espèces, consistent en un lion.
Parmi les monnaies les plus intéressantes de la ville de Brunswick, il convient de citer les thalers de 1^46 qui font allusion à la ligue de Schmalkalde et sont connus des collectionneurs allemands sous le nom de schmalkaldische bundçsthaler. Leur type se compose, à l’avers, du lion de Brunswick, au revers de l’image du Christ sortant du tombeau, avec la légende : VERBVM ■ üOmini Uknet IN ■ /Etanium.
aa). — Ville de HarneliiA.
La ville de Hameln sur le Weser, appelée aussi Quern-Hameln, monnaya depuis le commencement du xvi^ siècle. Ses pièces les plus anciennes sont des hohlpfennigs chargés d’un fer à moulin, armes de la ville. Les premiers thale7's datent de 1544 et les premiers flo- 7'ins d’or de 1638. Le monnayage paraît s’être arrêté en 1672. Notre
1. Voir la Numismatische Zeitung de Leitzniann, 1839, p. 140 et suiv.
2. Voir la Numismatische Zeitung de Leitzmann, 1841, p. 121 et suiv.
3. Voir la Numismatische Zeitung de Leitzmann, 1841, p. 164 et suiv.
4. Voir la Numismatische Zeitung de Leitzmann, 1840, p. 177 et suiv.
figure 224 reproduit un mariengroscheri frappé en 1^45 à Timitation de ceux de Goslar.
ab). — Ville d’Osterode.
La ville d’Osterode n'émit jamais que de menues espèces, dont les plus récentes appartiennent à la kipper^eit.
ac). — Ville de HildesheiniK
Les thalers les plus anciens de cette ville furent frappés dans les premières années de la seconde moitié du xvi^ siècle. Le monnayage prit fin en 1772. Outre les fortes espèces d'argent, la série municipale de Hildesheim comprend des florins d'or et leurs multiples, puis un assez grand nombre de pièces divisionnaires.
Les armes de Hildesheim consistaient en un écu écartelé; en 1528, Charles-Quint y ajouta un chef à l'aigle. Plusieurs monnaies d'or et d'argent, notamment un tJialer de 1605, rappellent cette circonstance et portent à l'avers l'écusson de la cité accompagné de l’inscription : |N-
SlOnia A ■ CARo/o V ■ RO ■ IMP ■ HILD • A° • 028 COLLATA.
ad). — Ville de Magdebour^
Pendant les guerres de religion, lorsqu’en 1 5 50 et 1551 Magdebourg se trouvait assiégée par Maurice de Saxe, le magistrat entreprit de frapper
des monnaies d'or et d’argent (fig. 225) sans y avoir été autorisé par une concession régulière. Celle-ci ne fut obtenue par la ville qu'en 1567, sous le règne de Maximilien IL A partir de cette date, le monnayage municipal comprit un f'g- 225 assez grand nombre de pièces
des trois métaux.
Magdebourg eut beaucoup à souffrir de la guerre de Trente Ans. Pendant le siège qu’elle soutint en 1629 contre les impériaux commandés
1. H. -Th. Cappe, Die Mün^en der Stadt und des Bisthums Hildesheim. Dresde, 1855, in-8.
2. S. Alexi, Die Müngpràgimg der Stadt Magdehurg a. i^goiind iSSi, dans la Zeitschrift für Numismatik de 1887.
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par Wallenstein, elle émit des monnaies obsidionales portant la devise: NECESSITAS- LEGEM • NON ■ HABET, légitime excuse de leur mauvais aloi. Lors de sa prise par Tilly, en 1631, elle fut en grande partie réduite en cendres; un thaler de 1638 célèbre la restauration des quartiers incendiés : MAGDEBURGUM RESTAURATUR ANNO MDCXXXVlll.
Le type habituel des monnaies de Magdebourg se compose à Tavers d’une porte de ville (burg) défendue par deux tours crénelées entre lesquelles apparaît à mi-corps la VucqWq, (magd) : ce sont des armes parlantes.
ae). — Chapitre et ville de Halherstadt K
Le droit monétaire, à Halberstadt, appartenait au chapitre et à la ville depuis la cession qui leur avait été faite en 1363 par l’évêque Louis de Misnie.
Au commencement du xvi^ siècle, après un long chômage de l’atelier, le manque d’espèces provoqua des émissions de grosclien et de pfennigs, dont il existe des variétés de 1 5 1 9 et des années suivantes. Les pièces et notamment les thalers qui portent le nom et les armes du cardinal Albert de Brandebourg, administrateur de Halberstadt (1 5 1 3-45), n’émanent pas directement de son autorité, mais ont été frappées à sa demande par le chapitre.
Dans le cours du xvi^ siècle, le monnayage eut une nouvelle interruption, mais au xvii^, et particulièrement à partir de 1617, les émissions redeviennent abondantes. Le chapitre frappa le plus souvent seul, parfois en communauté avec la ville. Les monnaies qui émanent de la ville seule sont rares.
Le patron de Halberstadt est saint Étienne, S. STEPHAMVS PROTO- MARTfr; c’est son image qui fournit le type habituel. Les armes du chapitre étaient: parti de gueules et d'argent.
af). — Ville de Rostock.
Le monnayage de Rostock commence d’assez bonne heure et se compose, pour la période qui nous occupe, de florins et de ducats d’or, de thalers, de gulden et de menues espèces d’argent et de billon. Les armes de la ville, un griffon ou un écu chargé d’une fasce accompagnée en chef
I. C.-V . ZeY>Qrr\\ck, Die Kapitels und Sedisvacan:(-Münie7t. Halle, 1822, in-4.
d'un griffon rampant, composent le type habituel; sur les pièces divisionnaires le revers est souvent occupé par une croix portant en cœur un R en minuscule gothique.
A diverses reprises, la ville de Rostock émit des thalers commémoratifs, par exemple en 1612, à l'occasion du baptême de Jean-Christophe, fils aîné de Jean-Albert II, duc de Mecklembourg-Gustrow, et en 1616 à l'occasion de la naissance de Charles-Henri, second fils du même duc. Le nom de Rostock figure sur les espèces de la manière suivante : MO NETA NOVA ROSTOCHIENSIS ou CIVITATIS ROSTOCHIENSIS.
ag). — Ville de Wismar.
Les armes delà ville hanséatique de Wismar étaient: parti au premier d'une demi-tête de taureau couronnée de face, au second fasce de quatre pièces. Le patron de la ville était saint Laurent, qui partage avec l'écusson de Wismar les honneurs de l'empreinte monétaire.
La ville de Wismar passa de fréquentes conventions monétaires avec Lubeck, Hambourg et Lunebourg, notamment en 1 502 pour la frappe des marks d'argent. A partir de la fin du xvii^^ siècle, la décadence du commerce amena celle du monnayage, et Wismar cessa d'avoir un atelier particulier; elle faisait frapper ses espèces à Lubeck ou à Rostock.
En 171 5, la ville, assiégée par les Danois, émit des monnaies de nécessité.
§. VI. — Cercle de Haute-Saxe.
Le cercle de Haute-Saxe était situé entre les cercles du Haut et du Bas- Rhin, de Franconie et de Basse-Saxe, la mer baltique, les margraviats de Haute et de Basse-Lusace, les royaumes de Pologne et de Bohême. Comme étendue, ce cercle venait immédiatement après celui d'Autriche et occupait ainsi le second rang dans les dix grandes divisions de l'empire. Le directeur du cercle était l'électeur de Saxe, et c'était dans sa résidence de Dresde que se trouvait également la chancellerie. Les kreistage se tenaient principalement à Leipzig; le dernier est de 1683, ce qui témoigne du relâchement du lien par lequel la création des cercles avait rattaché entre eux les divers états voisins. En 1^71, les villes de Leipzig, Berlin, Stettin et Saalfeld avaient été déclarées kreismün^stdtten ou sièges des ateliers monétaires officiels du cercle.
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a). — Duché de Saxe et possessions de la maison de Saxe^.
D’après le partage fait en 148^ entre les deux fils de Frédéric II le Bon, Ernest eut le duché de Saxe et Félectorat, le sud de la Thuringe et le nord de la Misnie; Albert obtint le sud de la Misnie et le nord de la Thuringe,
La ligne ernestine ne resta que jusqu’en 1 547 en possession de l’électorat. A la suite de la guerre de Schmalkalde, cette dignité fut enlevée par Charles-Quint à Jean-Frédéric, en même temps que le duché de Saxe, et donnée au duc Maurice, delà ligne albertine. En 1806, les états de cette ligne furent érigés en royaume par Napoléon I.
De toutes les maisons souveraines de l’Allemagne, la maison de Saxe est celle qui a la généalogie la plus compliquée. Sa numismatique semble un écheveau inextricable, par suite de cette circonstance que plusieurs princes souvent homonymes, frères, oncles, neveux, cousins, s’entendent pour frapper un numéraire commun. Nous avons déjà constaté de ces associations de famille dans plusieurs autres maisons souveraines, mais ce qui est ailleurs une exception constitue pour ainsi dire la règle dans la maison de Saxe. Nous voyons jusqu’à huit personnages signer à la fois les monnaies et leurs huit portraits y figurer en même temps.
Le tableau suivant indique la manière dont les diverses branches, de la famille ducale se rattachent les unes aux autres. On le consultera utilement pour l’intelligence de ce qui suit 2:
1. La numismatique de la Saxe possède une bibliographie considérable. Nous nous bornons à mentionner les ouvrages les plus importants : W.-E. Tentzel, Saxonia immismatica lineae Ernestinae et lineae Alhertinae. Dresde et Francfort, 1705-14, 4 vol. in-4. — J--G. Bôhme, Sàchsisches Groschm-Cahinet. Leipzig et Zullichau, 1765-69, 2 vol. in-8. — J. -G. Bidermann, Churfürstliche Sâchsische Begràbniss und Gedàchtnissmünien. Dresde, 1764, in-4. — K.-W. Dassdorf, Numismatisch-hisforischer Leitfaden giir Uehersicht der Sàchsischen Geschichte. Dresde, 1801, in-8. — A.-M. Engelhard, Friedrich-Christian Chiirfiirst von Sachsen. Ein hiographischer Entwiirf nehst Beschreihung der Mün:(en und Medaillen. Dresde, 1828, in-4. — J--G. Baumgarten, Historisch, genealogisch, chronologisch, kritisches Verxeichniss aller bekannten ducatenjôrmigen Goldrnünien der Albertinischen Haiiptlinie des uralten sàchsischen Hanses. Dresde, 1812, in-8; supplément, Dresde, i8i6, in-8. — J. et A. Erbstein, Erôrterungen auf dem Gebiete der sàchsischen Mïur^- und Medaillen Geschichte. Dresde, 1888 et 1890, 2 parties in-8. — L. Grobe, Die Mün^en des Her^ogthums Sachsen-Meiningen. Meiningen, 1891, in-4.
2. Les branches de la maison de Saxe dont le nom est suivi d’un astérisque existent encore.
Ligne ernestine.
Vieux Gotha.
Cobourg.
Saxe.
Ligne albertine.
Weissenfels. Mersebourg. Zeitz.
Vieux V eimar.
Vieux
Vieil
Cobourg. Eisenach.
Vieil
Moyen
Altenbourg. Weimar.
Nouveau Eisenach. Nouveau Weimar. Gotha.
Eisenach. léna.
Eisenach. léna.
Oq
CO
cr
Les armes de Saxe sont: burelé de sable et d'or de dix pièces^ an crancelin de simple brochant sur le tout: mais les diverses branches de la maison ducale écartelèrent leur blason des armes particulières des nombreuses terres formant leurs possessions ou ayant appartenu à leurs ancêtres. Nous ne pouvons entrer ici dans tous ces détails héraldiques.
L’électeur de Saxe était vicaire héréditaire de l’empire pour le pays de droit saxon et partageait avec les électeurs palatin et de Bavière le gouvernement de l’empire pendant les vacances du trône. Comme vicaire, il prenait pour armes une aigle à deux têtes sans couronne, avec l’écu de sa charge dé archimaréchal brochant sur le tout.
Lignt ernestine.
Ligne ernestine jusqu’à la mort de Jean-Frédéric. — Les débuts de la fabrication des fortes espèces d’argent qui marquent le commencement de la numismatique moderne, remontent au règne de Frédéric 111 le Sage (1486-1525), fils d’Ernest. Ses monnaies présentent les groupes suivants :
l’empire d’allemagxë
a) celles qu’il frappa en commun avec son oncle Albert et son frère Jean (1486-1500).
b) celles qu’il frappa en commun avec son cousin Georges, fils d’Albert, et son frère Jean.
c) celles sur lesquelles il apparaît seul. Celles-ci lui donnent jusqu’en 1519 le titre âi imper a lociim tenens generalis.
Frédéric III. le protecteur de Luther, mourut en 1525 sans avoir été marié: son frère Jean le Constant (1525-52)10! succéda dans l’électorat. Jusqu’en 15^0, il monnaya en commun avec Georges, de la ligne albertine: de 1530 à 1552 ses pièces portent son nom seul.
Le règne de Jean-Frédéric le Magnanime (i 5 52-54) fut troublé par sa lutte contre Charles-Quint, qui se termina en 1547 parla bataille de Muhlberg, où l’électeur de Saxe fut fait prisonnier. Sa captivité fut de cinq ans: pour en sortir, il fut obligé en 1 552 de renoncer à l’électorat et à presque tous ses états. Le monnayage de Jean-Frédéric reflète naturellement les incidents de son règne. De 1532 à 1547, le duc porte, comme ses prédécesseurs, le titre ^'électeur: il frappa ses espèces en commun avec des parents ou des alliés :
a) en commun avec le duc Georges, de la ligne albertine (1532-39).
b) en commun avec Henri le Débonnaire, de la même ligne (1539-41).
c) en commun avec Henri le Débonnaire, et avec son demi-frère, Jean-Ernest de Cobourg (1540).
d) en commun avec ivlaurice, de la ligne albertine, et Jean-Ernest de Cobourg (1541).
e) en commun avec Maurice, de la ligne albertine (1542-47).
f) en commun avec Philippe, landgrave de Hesse, son allié de la ligue de Schnialkalde (1542-47). Notre figure 226 représente un thaler ào. cette série.
Pendant la captivité de Jean-Frédéric (1 547-52), les monnaies furent au nom de ses fils: MONE • FILIOR • lOAN • FRID ■ SENIORIS • DV • SAX, et. par une dérision cruelle, elles portent le nom et l’effigie de Pempereur Charles-Quint. Lorqu’il eut recouvré la liberté, le duc de Saxe fut autorisé à prendre le titre électeur né: 10 • F RIDER- SENIOR-
292 PREMIÈRE partie '
NATVS • ELECTOR- SAX ; le nom de Charles-Quint continua à figurer sur les espèces.
Vieux-Gotha. — Jean-Frédéric II (1 5 $4-é7)-, le fils aîné du vaincu de Mühlberg, hérita de sa haine contre Tempereur. Maximilien II le 'mit au ban de Tempire, et le duc, fait prisonnier en 1 567, termina ses jours en Autriche après vingt-huit ans de captivité. Ses biens, attribués d'abord à son frère Jean-Guillaume, furent rendus en 1570 à ses enfants.
Les monnaies de Jean-Frédéric II comprennent trois catégories :
a) celles qui sont émises en commun avec ses deux frères, Jean-Guillaume de Weimar et Jean-Frédéric III.
b) celles qui sont émises en commun avec Jean-Guillaume. Leur frère, Jean-Frédéric III, était mort sans postérité en 1565.
c) celles qui portent le nom de Jean-Frédéric II seul.
Lors de la restitution faite aux enfants de Jean-Frédéric II des biens de leur père, Faîné, Jean-Casimir (i 570-1633), obtint le duché de Cobourg. Il monnaya soit seul, soit avec son frère Jean-Ernest d'Eisenach, qui lui succéda en 1633 dans l’ensemble des possessions de leur branche et mourut à son tour en 1638.
Vieux-Weimar. — Jean-Guillaume de Weimar(i5 54-73), second fils de l’électeur Jean-Frédéric I, régna d’abord en commun avec ses frères. De 1567 à 1570, après la mise au ban de l’empire de Jean-Frédéric II, il posséda seul tous les biens de la ligne ernestine.
Jean-Guillaume mourut en 1 573, laissant deux fils, Frédéric-Guillaume I,qui forma la branche de Vieil-Altenbourg, et Jean, qui poursuivit celle de Weimar. Jusqu’à la mort de l’aîné, survenue en 1602, ils gouvernèrent et monnayèrent en commun.
Vieil-Altenbourg. — Les quatre fils de Frédéric-Guillaume I, Jean- Philippe, Frédéric, Jean-Guillaume et Frédéric-Guillaume II, régnèrent et monnayèrent généralement en commun de 1603 à 1625 ; un thaler de 1612 à la devise: DISCORDIA PRÆCVRSOR RVINÆ. est l’écho des sentiments qu’ils professaient. En 1625, Frédéric mourut; les trois survivants continuèrent leur alliance; en 1632, Jean-Guillaume mourut à son tour; en 1639, Jean-Philippe les suivit, laissant à Frédéric- Guillaume II la possession de tout le patrimoine et la signature exclusive des espèces. Il mourut en 1669 laissant un fils, Frédéric-Guillaume 1 1 1, avec lequel la branche de Vieil-Altenbourg s’éteignit en 1672. Ce dernier n’a eu qu’un monnayage très restreint.
l’empire d’allemagne
Moyen- Weimar. — Jean, second fils de Jean-Guillaume de Weimar, régna seul sur Weimar après la mort de son frère aîné Frédéric-Guillaume I d’Altenbourg, c’est-à-dire de 1602 à 1605. Son numéraire porte alors son buste et son nom seuls.
Jean laissa huit fils, dont voici l’énumération dans l’ordre de leur décès: Frédéric-Guillaume (f 1619), Frédéric (f 1622), Jean- Ernest I (7 1626), Jean- Frédéric (j 1626), Bernard (7 1639), Albert (71644), Guillaume (f 1662) et Ernest le Débonnaire (f 1672). Mineurs à la mort de leur père, les huit enfants furent placés sous la tutelle de l’électeur de Saxe; en 1615, l’aîné, Jean-Ernest I, atteignit sa majorité et devint le tuteur de ses cadets. Longtemps les fils de Jean de Weimar régnèrent en commun. Les monnaies frappées avant 1619, date de la mort de Guillaume, portent leurs huit bustes, le plus souvent posés de face, quatre à l’avers et quatre au revers.
En 1640, les trois survivants procédèrent au partage de leur patrimoine. Guillaume obtint Weimar, Ernest le Débonnaire eut Gotha, Albert eut Eisenach. Celui-ci étant mort sans enfants, ses biens vinrent en 1644 grossir la part de ses frères.
Nouveau-Weimar. — La série monétaire de Guillaume (1640-62) présente une suite particulièrement intéressante de thalers commémoratifs: le moindre événement de famille lui sert de prétexte pour l’émission d’un souvenir métallique à valeur échangeable. En 1659, sont les obsèques de son fils Jean-Guillaume; en 1650 c’est la fête organisée à Weimar pour célébrer la paix de Westphalie, en 1652, la reconstruction du château de Weimar qu’un incendie avait anéanti, en 1654, l’élévation de son fils Bernard au rectorat de l’université d’Iéna, etc., etc.
Guillaume eut quatre fils, qui laissèrent d’abord à leur aîné, Jean- Ernest (1662-85), le soin du gouvernement. En 1672, les trois survivants firent le partage de leurs états communs; l’aîné eut Weimar, Jean-Georges I eut Eisenach, et Bernard eut léna. Les monnaies de Jean-Ernest portent sa devise: PRUDENTER ET CONSTANTER, parfois accompagnée des figures allégoriques de la Prudence et de la Constance.
Voici la liste des successeurs de ce prince dans le duché de Saxe- WVimar :
* Guillaume-Ernest, 1683-1782. * Charles-Auguste, 1758 — grand duc en
Ernest- Auguste, 1728-48. 1815-1828.
* Ernest-Auguste-Constantin, 1748-58.
Eisenach. — Jean-Georges I, fils de Guillaume de Weimar, obtint Eisenach lors du partage fait en 1672 avec ses frères. Son fils Jean-
Georges II (1686-98) lui succéda; la devise de celui-ci est: PIETATE ET IVSTITIA.
léna. — Dans le partage de 1672. léna fut attribué à Bernard (1672- 1678). On a de lui diverses monnaies portant son buste, ses armes et sa devise : DEO DUCE COMITE FORTUNA. A sa mort, ses états passèrent à son fils Jean-Guillaume, qui mourut à son tour en 1690, sans avoir atteint sa majorité. Ses états furent partagés entre les branches de Weimar et d’Eisenach.
Nouveau-Gotha. — Ernest le Débonnaire, fils de Jean de Weimar, obtint Gotha lors du partage de 1640; ses monnaies comprennent, comme celles de son frère Guillaume de Weimar, une intéressante série de pièces commémoratives, auxquelles viennent s en ajouter d’autres qui constituent de véritables actes de foi. Un thaler de 1668, connu dans les nomenclatures numismatiques allemandes sous les noms de catechismusthaler ou glaubensthaler^ énumère dans ses légendes les propriétés de Dieu; un autre, émis en 1672, communément appelé seligkeitsthaler ^ porte des préceptes religieux débutant par ces mots : SIEH DEINE-SEEUGKEIT-STEHT- FEST- U INSWATERS- LIEBE, etc.
Frédéric I commença à régner au nom de son père en 1673 et lui succéda en 1675. Il avait plusieurs frères mineurs, avec lesquels il partagea en 1680, et qui furent les fondateurs des lignes de Cobourg, Meiningen, Rômhild, Eisenberg, Hildburghausen et Saalfeld. Frédéric I continua la maison de Gotha :
^Frédéric II, 1691-1732. * Ernest II, 1772-1804.
* Frédéric III, 1732-72.
Ces divers ducs de Saxe-Gotha eurent, comme le chef de leur branche, un monnayage intéressant dans lequel les pièces à caractère jubilaire ou commémoratif abondent. Le thaler frappé par Frédéric II représente son buste et ceux de ses sept fils.
Cobourg. — Dans le partage de 1680, Cobourg échut à Albert. Il ouvrit un atelier monétaire dans sa résidence. On possède de lui plusieurs monnaies où figure sa devise française : POINT DE COURONNE SANS PEINE. Les types se composent de son buste, de ses armes ou de son chiffre, les lettres A • D . S conjuguées. Albert devint en 1684 chevalier de l’ordre danois de l’Éléphant blanc; le collier de cet ordre orne dès lors toujours son buste. Il mourut sans héritiers directs en 1699.
l’empire d’allemagne
Meiningen. — Cette terre fut donnée en 1680 à Bernard, troisième fils d’Ernest le Débonnaire. Son monnayage comprit des espèces nombreuses en or, en argent et en billon, depuis \q ducat dM meininger Jieller. Ses devises sont : In vulneribus Christi t7'iumpho, Nil nisi prudenter, Nil est mortale quod opto, ou enfin: Turris fortissima nomen Domini. Bernard mourut en 1706.
Ernest-Louis I (1706-24) frappa ses espèces à Cobourg et à Meiningen, mais elles sont moins nombreuses que celles de son père et l’émission des véritables monnaies courantes s’arrêta après 1714. Le monnayage reprit en 1738 sous E rédéric-Charles (1729-43) et continua sous ses successeurs, mais en ne comprenant souvent que de menues espèces :
Frédéric-Guillaume et Antoine-Ulric, * Charlotte-Amélie de Hesse, tutrice, 1 763- 1743-46. 95.
* Antoine-Ulric seul, 1746-63. *Charles, 1775-82.
* Georges I, 1782-1803.
Rômhild. — Henri obtint Rômhild dans le partage de 1680. II mourut sans héritiers en 1710 et ses domaines retournèrent à ses frères. La devise qui figure sur ses monnaies est SI ■ DEUS • PRO • NOBIS • QUISCONTRANOS.
FAsenberg. — Le cinquième fils d’Ernest le Débonnaire, Chrétien, reçut Eisenberg. Il mourut sans héritiers mâles en 1707. Quelques rares monnaies rappellent son souvenir.
Hildburghausen. — Ernest, qui dans le partage de 1680 eut Hildburghausen, fut le créateur d’une branche encore florissante aujourd’hui. On possède des monnaies de ce duc et de ses successeurs :
Ernest-Frédéric I, 1715-24. * Ernest-Frédéric-Charles, 1745-80.
Ernest-Frédéric II, 1724-45. Frédéric, 1780-1834.
Saalfeld, puis Cobourg. — Jean -Ernest, le plus jeune fils d’Ernest de Gotha, obtint Saalfeld lors du partage de 1680. Après la mort de son frère Albert de Cobourg, en 1699, la succession de celui-ci donna lieu à de longs différends, qui furent apaisés, en 1735, une transaction à la suite de laquelle Cobourg échut à la branche de Saalfeld, depuis lors appelée branche de Cobourg :
* Jean-Ernest, 1680-1729. * François-Josias seul, 1745-64.
Chrétien-Ernest et François-Josias, 1729- * Ernest-Frédéric, 1764-1800.
Ligne alberîîne.
Ligne albertine jusqu’à Maurice. — Le monnayage du fondateur de cette ligne, Albert le Courageux (148^-1 500), second fils de Frédéric II le Bon, clôt la numismatique médiévale de la Saxe', mais les thalers n’apparaissent que sous Georges le Barbu (1500-1539). En 1 5 34 ce prince édicta, en même temps que son cousin l’électeur Jean- Frédéric, un nouveau règlement des monnaies. Georges mourut sans enfants, laissant ses états à son frère Henri le Pieux (i 5 39-1 541).
Ligne électorale. — En 1547, Maurice (i 541-15 5 3), fils d’Henri le Pieux, obtint de Charles-Quint l’électorat de Saxe, après que Jean- Erédéric, de la ligne ernestine, en eut été dépouillé. Plus tard, Maurice abandonna le parti de l’empereur et prit les armes contre lui. Une ordonnance vint compléter en 1549 les améliorations apportées en 1534 au régime monétaire de la Saxe. Les émissions monétaires de l’électeur Maurice furent importantes, et, à côté des monnaies normales, dans plusieurs ateliers tels qu’Annaberg, Buchholz, Freiberg, viennent prendre place de curieuses obsidionales, frappées en 1 547 à Leipzig, investie par Jean-Frédéric de Saxe; ces pièces, carrées, en or et en argent, portent les lettres : M • H • Z • S • L, Moritg, Hergog gu Sachsen. Leipgig.
Après Maurice, les princes suivants continuèrent la ligne électorale de Saxe :
* Auguste, 1553-86.
* Chrétien I, 1586 91.
* Chrétien II, Jean-Georges I et Auguste :
*a) sous tutelle, 1591-1601.
*b) Chrétien II, majeur, et ses frères, 1601-11.
* Jean-Georges I ;
*a) en commun avec son frère Auguste, 1611-15.
*b) seul, 1615-56.
* Jean-Georges II, 1656-80.
*Jean-Georges III, 1680-91.
*Jean-Georges IV, 1691-94.
* Frédéric- Auguste I, 1694-1733, roi de Pologne à partir de 1697.
* Frédéric-Auguste II, 1733-63, roi de Pologne.
* Frédéric-Chrétien, 1763.
* Frédéric III, 1763-1827, roi de Saxe à partir de 1806.
*a) Minorité sous la tutelle de Xavier, 1763-68.
*b) Majorité.
I. Voyez p. 233 les monnaies frappées antérieurement à 1515 par les ducs de Saxe
de la limie albertine, comme frouverneurs de la Frise.
l’empire d’allemagne
En 1 5565 rélecteur Augus te décida la suppression de tous les ateliers de son pays et la centralisation du monnayage à Dresde. En 1571, il adhéra au pied monétaire de Tempire et les thalers furent dorénavant taillés à 9 pièces au marc. Au commencement du xvii'^ siècle^ la Saxe, plus peut-être que les autres parties de l’Allemagne, fut envahie par les monnaies illégales de bas aloi qui valurent à cette période de l’histoire monétaire le nom de kipper^eit. L’électeur Jean-Georges I mit fin à cette situation déplorable en 1623 par des mesures énergiques. En 1667, Jean-Georges 11 s’entendit avec l’électeur de Brandebourg pour établir le pied de Zinna, auquel succéda en 1690 sous Jean-Georges III le pied de Leipzig. Nous avons parlé avec quelque détail de ces systèmes dans le premier paragraphe du présent chapitre. En 1763, la Saxe adhéra au pied de convention.
Saxe-Weissenfels. — Cette branche fut fondée par Auguste, second fils de l’électeur Jean-Georges I. Il mourut en 1680 et eut pour successeurs :
*Jean-Adolphe I, 1680-97. *Chrétien, 1712-36.
* Jean-Georges, 1697-1712.
Les monuments monétaires des ducs de Saxe-Weissenfels consistent plutôt en thalers commémoratifs qu’en espèces destinées à une circulation effective, tels par exemple le tlialer rappelant la construction de l’église du château de Weissenfels en 1663, plusieurs sterbethaler, etc.
Saxe-Zeitz. — Maurice, quatrième fils de l’électeur Jean-Georges I, obtint l’administration de l’ancien évêché de Naumbourg-Zeitz; il mourut en 1681, et eut pour successeur son fils Maurice-Guillaume (1681-1718). Un thaler commémoratif de 1667 rappelle la reconstruction du château de Zeitz.
b). — Margraviat électoral de Brandehoiirg.
Le margraviat de Brandebourg était situé entre la Saxe, la Lusace et la Silésie au sud, la Pologne à l’est, la Poméranie et le Mecklembourg au nord, et l’archevêché de Magdebourg à l’ouest; on le divisait en deux grandes marches : la marche électorale ou Kurmark, et la nouvelle marche ou Neumark.
Les margraves de la première moitié du xvi^ siècle ne prennent sur leurs monnaies que le titre de : marchio brandenhurgensis^ auquel s’ajoute parfois la qualification de sacri romani imperii princeps elcctor. Dans la suite, latitulature des margraves devint beaucoup plus compli-
quée ; ils se parent de leur titre d’archichambellan de l’empire et énumèrent leurs nouvelles possessions, les duchés de Prusse, de Juliers, de Berg, de Clèves, de Poméranie, de Silésie, etc. Les quartiers du blason margravial deviennent aussi de plus en plus nombreux. Nous nous bornerons à rappeler ici lecu du Brandebourg: d’argent à l’aigle de gueules^ becquée, membrée et couronnée d’or, chaque aile chargée d’un demi-cercle tréflé du même: souvent l’aigle est chargée de l’écu d’archichambellan de l’empire: d’azur au sceptre d'or posé en pal.
Voici la liste des margraves de Brandebourg depuis le commencement du xvi^ siècle jusqu’à la création du royaume de Prusse en 1701 :
*Joachim I, 1499-1535.
* Joachim II, 1535-71.
*Jean-Georges, 1571-98.
* Joachim-Frédéric, 1598-1608.
*Jean-Sigismond, 1608-19.
* Georges-Guillaume, 1 6 1 9-40.
* Frédéric-Guillaume, le Grand Électeur,
* Frédéric III, 1688, — roi de Prusse en
Fi^. 226'
J oachi m I monnaie tantôt avec son frère Albert (i 499-1 5 1 tantôt
seul. Dans toute la première partie de son règne, les groschen frappés à Angermünde. Brandebourg, Francfort-sur-l’Oder , Kyritz, Stendal, Crossen et Berlin restent la monnaie d’argent la plus forte. En 1521 apparaissent les premiers thalers. dont le type se compose, à l’avers du buste du margrave, coiffé du bonnet d’électeur et tenant le sceptre, au revers de l’écu écartelé. Les caractères des légendes sont encore de forme gothique.
Joachim II continua l’émission des thalers sur lesquels, à partir de 1551, figure le nom de l’empereur. Les noms des ateliers inscrits jusqu’alors sur la plupart des espèces disparaissent vers cette époque. Jea n-Georges frappa les premiers d’or à 23 carats 8 grains de
fin et à 67 au marc de Cologne.
Notre figure 226^ représente un double ducat, frappé en 1604 par
I. A. Wcyl, Die Paul HcnchcV sche Sammhtu^ hrandenhurg-preiissischer Mün^en und MedaiUen . ViCxYm, 1876, in-S. — P. von Arnim, Von Tljaleni des chiirf. Brandenhurg, und Jïdnigl. Prcitssischen regicrenden Ilauses. Berlin, 1788, in-8. — Le même, Von Diicaten des c]}ui brandcnbiiigischen und koniglich-preitssiscbcn Hanses. Berlin, 1796, in-8.
Joachim-Frédéric. Les légendes sont écrites en latin jusque sous Georges - Guillaume , avec lequel se montrent pour la première fois les inscriptions en langue allemande et les abréviations qui vont se multiplier sur les monnaies de la kipper- \eit. Le double ducat frappé
en 1620 à Berlin par le Fig. 227
maître Liborius Müller,
dont il porte les initiales, est un beau spécimen du monnayage brandebourgeois de cette époque (fig. 227).
c). — Margraviat de Brandehourg-Custrin.
Le fils cadet de Joachim I de Brandebourg, Jean (i$5G7 0î obtint, comme part de l’héritage paternel, la nouvelle Marche. Il fixa sa résidence à Custrin, au confluent de l’Oder et de la Warta, et fit frapper de 1545 à 1562 diverses monnaies d’argent et de billon, depuis le thalet' jusqu’au heller. La devise de Jean de Brandebourg-Custrin était: |N • SILENCIO -ET • SPE • FORTITVDO ■ MEA.
d).. — Villes du Brandebourg.
On possède des monnaies particulières à plusieurs villes du Brandebourg. Au xiv^ siècle, les bourgeois de Berlin avaient acheté du margrave Otton le droit de frapper des pfennigs. En 1540, la ville, apparemment dans le but de remédier au manque de menue monnaie, se souvint de son privilège et fit battre jusqu’en 1 $42 des hohlmün^en à ses armes, l’ours et l’aigle.
Pendant l’anarchie de \si kippergeit et spécialement pendant les années 1621 et 1622, un grand nombre de villes émirent des monnaies divisionnaires. Nous citerons Berlin, Beeskow, Brandebourg, Cottbus, Custrin, Drossen, Guben et Neu-Ruppin. Les pièces, en cuivre saucé, le plus souvent unifaces, portent les armes des villes et parfois un millésime et des initiales telles que S-C, pour Stadt Cottbus, etc.
e). — Comté de Gleichen.
Le comté de Gleichen était situé au sud de Gotha. En 1659, une partie de ce comté, qui appartenait à l’électeur de Mayence, fut donnée
par celui-ci à Melchiorde Hatzfeld. En 1641, ce seigneur fut élevé, en même temps que son frère Hermann, au rang de comte d’empire, et en 1654, Ferdinand III leur accorda le droit de frapper monnaie d’or et d’argent.
Melchior mourut en 1658; Hermann le suivit dans la tombe en 1677, Sur leurs monnaies l’un et l’autre s’intitulent comtes de Gleichen et seigneurs de Crottorf, terre située en Basse-Saxe, qu’ils avaient héritée de leur père, Sébastien de Hatzfeld.
f). — Duché de Poméranie.
La Poméranie était comprise entre la mer Baltique, le royaume de Pologne, le margraviat de Brandebourg et le duché de Mecklembourg- Gustrow. Les armes du duché : d’argent an griffon de gueules couronné d’or^ étaient généralement écartelées de celles de Rügen : coupé d’or au lion naissant de sable, couronné de gueules, la queue fourchée, et d’ aqur à cinq carreaux de gueules, entassés en pyramide, de celles de Putbus : d’or à l’aigle naissant d’argent, et enfin de celles de Pomérélie: d’azur au griffon de gueules. Les souverains de ce pays prenaient les titres de : Del gratia dux Stetini, Pomeraniae, Cassubiorum et Vandaloriim.
Au commencement du xvi^^ siècle, la maison ducale se divisa en plusieurs branches entre les descendants de Bogislas X :
*Bogislas X, 1474-1523.
WOLGAST. StETTIN.
Georges I, 1523-31. Barnim X,
Philippe I, I 53 1-60.
Ernest-Louis, Barth. Rugenwalde. Stettin.
1560-92. Bogislas XIII, Barnim XII, * Jean Frédéric,
* Philippe-Jules,
* Philippe II, * hrançois I, Bogislas XIV,
On possède des ducs de Poméranie une série monétaire assez nombreuse. En 1498, Bogislas X obtint de hempercur Maximilien I le droit de frapper dc's florins d’or sur le pied des florins d’or du Rhin.
l’empire d’allemagne
En 1637, la maison ducale s’éteignit avec Bogislas XIV. La paix de Westphalie partagea le pays entre le Brandebourg et la Suède, qui obtint toute la Poméranie antérieure et Pile de Rügen. Les rois de Suède conservèrent au duché ses monnaies particulières frappées dans les ateliers de Stettin et de Stralsund. On possède ainsi des monnaies poméraniennes des souverains suédois suivants :
* Christine, 1637-54.
* Charles-Gustave, 1654-60.
Charles XI, 1660-97.
*Charles XII, 1697-1718.
Ulrique-Éléonore, 1718-20.
Les conquêtes successives de toutes les possessions suédoises ei
Frédéric, 1720-51.
* Adolphe-Frédéric, 175 1-7 1.
Gustave III, 1771-92.
Gustave IV, 1792-1809.
la Prusse absorbèrent avec le temps Poméranie.
g). — Principauté d’Anhalt.
Cette principauté était située au sud de Magdebourg et d’Halberstadt, entre l’électorat de Saxe, les comtés de Mansfeld et de Stolberg et la principauté de Blankenbourg. Ses armes étaient particulières : parti, au d’argent à la demi--aigle de gueules, becquée et niembrée d’or, mouvant du parti, au 2"^^ burelé de sable et d’or. Les princes s’intitulaient habituellement princes d’Anhalt, ducs de Saxe, d’Angrie et de Westphalie, comtes d’Ascanie, seigneurs de Bernbourg et de Zerbst.
A la fin du xv*^ siècle, la maison d’Anhalt se divisa en plusieurs branches, qui usèrent du droit de battre monnaie :
Georges, f 1474.
Ernest,
Zerbst.
Jean IV, 1516-51
Joachim Ernest, 1551-86, maître de toute la principauté de 1 570 à 1586.
Dessau.
Bernbourg.
Plôtzkau.
Jean
Côthen.
Zerbst.
Jean Georges I,
Chrétien I,
Auguste,
Ernest,
Louis,
Rodolphe,
Plôtzgau.
Georges III, 1516-53.
Dess AU.
Joachim, 1516-61.
Waldemar,-|-i5o8.
CÔTHEN.
Wolfgang.
Charles, Bernard VII, 1551-61. 1551-70*
Maison d’Anhalt avant le partage de 1605. — La maison d’Anhalt avait obtenu en 1503 de l’empereur Maximilien I le droit de battre monnaie d'or. Les premiers thalers se montrent en 1539 et portent réunis les quatre bustes des fils d’Ernest et de leur cousin Wolfgang. Jusqu’en i6o3 les princes d’Anhalt régnèrent en commun. D’autres pièces portent les bustes conjugués des fils de Jean IV.
De 1 570 à 1 586, J oachi m- Ernest fut seul maître de la principauté. A sa mort, ses fils continuèrent les traditions de la famille : ils régnèrent et monnayèrent en commun; mais en 1603, les cinq survivants procédèrent à un partage de leurs biens et fondèrent les lignes particulières que nous allons successivement examiner. Jusqu’à la fin du xvii^ siècle il y eut, toutefois, certaines monnaies communes à des membres des diverses lignes. Les participants ne sont pas nominalement désignés sur ces pièces, qui portent des légendes dans le genre de celles-ci : MONe^a PRINa>z/m IN ANHALT COUitum ASCANIAE FRATRUM, ou MO- NETA NOVA PRINC^ÿ^^/^z ANHALTINOR^^m.
Anhalt-Dessau. — Le fondateur de cette ligne, qui existe encore aujourd’hui, est Jean-Georges I (i 586-1618). Il eut pour successeurs :
* Jean-Casimir, 1618-60. Léopold-Maximilien, 1747-51.
*Jean-Georges II, 1660-93. Léopold-Frédéric-François, 1751-1817.
Léopold, 1693-1747.
Jean-Casimir ouvrit en 1623, à Dessau, un atelier dans lequel furent émises des pièces divisionnaires de mauvais aloi.
Anhalt-Bernbourg. — Cette ligne, encore florissante, eut pour créateur Chrétien I (1586-1630), second fils de Joachim-Ernest. C’est d’elle que se détachèrent les rameaux d’Anhalt-Harzgerode et d’Anhalt- Schaumbourg. Voici la liste des princes d’Anhalt-Bernbourg.
*ChrétienII, 1630-56. * Victor-Frédéric, 1721-65.
* Victor-Amédée, 1656-1718. * Frédéric- Albert, 1765-96.
Charles-Frédéric, 1718-21. * Alexis-Frédéric-Chrétien, 1796-1834.
Anhalt-Harzgerode. — Un fils cadet de Chrétien I d’Anhalt-Bernbourg, Erédéric { 1630-70), obtint la terre d’Harzgerode, qu’il transmit à son fils Guillaume (1670-1709), mort sans descendance. Cette seigneurie renfermait une mine d’argent, dont le souvenir est rappelé aux numismates par divers ausbeutelhalei'.
Aniialt-Schaumbourg. — Lebbrecht, second fils de Victor-Amédée d’Anhalt-Bernbourg, hérita des terres de Holzapfel et de Schaumbourg,
l’empire d’allemagne
qu’il transmit à son fils Victor-Amédée (1707-72) et à son petit-fils Charles-Louis (1772-1806). Nous avons parlé (p. 242) des monnaies qu’il fit frapper avec l’argent des mines de Holzapfel, dans le cercle de Westphalie.
Anhalt-Plôtzkau. — Auguste, fils de Joachim-Ernest, obtint Plôtzkau sur la Saale, lors du partage de 1603. Ce prince a laissé quelques monnaies. De 1620 à 1623, il exista à Plôtzkau une heckenmïui^e (\u\ émit les pièces de mauvais aloi habituelles à cette époque d’anarchie monétaire.
Anhalt-Côthen. — La terre de Côthen fut attribuée à Louis, lors du partage de 1605. Ce prince la transmit à son fils Guillaume-Louis (16^0- 6$), et, à la mort de celui-ci, décédé sans enfants, elle passa à Lebbrecht, fils d’Auguste d’Anhalt-Plôtzkau. Voici la succession des princes d’Anhalt-Côthen :
Emmanuel, 1669-70. * Auguste-Louis, 1728-55.
Emmanuel-Lebbrecht, 1670-1704. Charles-Georges-Lebbrecht, 1755-89.
Léopold, 1704-28. Auguste, 1789-1812.
Anhalt-Zerbst. — Cette ligne fut formée par Rodolphe, fils de Joachim-Ernest. Ce prince avait épousé Madeleine d’Oldenbourg, héritière d’Iever. Il eut pour successeurs :
*Jean, 1621-67. ses frères Jean-Louis (1742-46), et
* Charles-Guillaume, 1667-1718. * Chrétien-Auguste (1742-47).
*Jean-Auguste (1718-42), en commun avec * Frédéric-Auguste, 1747-93.
h). — Comté, puis principauté de Schwar^ourg i.
La maison de Schwarzbourg portait pour armes : d'apur au lion léopardé d'or, couronrié du même. Elle se divisa au xvi*^ siècle en deux grandes lignes, celle d’Arnstadt-Sondershausen et celle de Rudolstadt, l’une et l’autre encore florissantes aujourd’hui. Les princes suivants régnèrent et monnayèrent avant la division :
*Henri XXXI et Gunther XXXIX, 1493- et Henri XXXIV, 1523-28.
1513. Gunther XL et son frère Henri XXXIV,
* Henri XXXI, seul, 1513-25. 1528-37.
*Gunther XL et ses frères Henri XXXIII * Gunther XL, le Riche, seul, 1537-52.
I. C\nài\t'î, Schward^urgische MiluTcn. Krnstàâil, 1773-80, in-4. — Leitzmann, Beschreibung der gràfiich und fürstlich schwaripurgischen Müns^en, dans la Numismatische Zeitung, 1851, p. 105 et suiv.
L’émission de la forte monnaie d’argent commença sous Henri XXXI, dont il existe un demi-thaler de 1325. Le type de cette pièce se compose à l’avers de l’écu de Schwarzbourg, tenu par un homme et une femme sauvages, au revers, de l’image de saint Martin, à cheval, donnant un morceau de son manteau à un pauvre. Ce type reste celui des premiers thalers. Gunther XL, devenu seul comte de Schwarzbourg, corforma ses monnaies aux édits impériaux en y faisant figurer l’aigle et le nom de Charles-Quint.
Ligne d’Arnstadt-Sondershausen. — Les possessions de cette ligne comprenaient la seigneurie d’Arnstadt, la ville de Sondershausen, une partie du comté de Gleichen et diverses autres terres tenues en fief de la maison de Saxe. Les armes d’Arnstadt étaient : d’or à l’aigle de sable, becquée et membrée d’or ; celles de Sondershausen étaient: d’argent à une ramure de cerf de gueules. La ligne d’Arnstadt-Sondershausen se subdivisa à plusieurs reprises en lignes secondaires, dont nous donnons ici le tableau généalogique : = : /
Gunther XL.
* Gunther XLI le Belliqueux, mort en 1583.
Arnstadt.
Jean-Gunther I, t 1586.
Rudolstadt.
Albert VII, t 1605.
* Gunther XLII, * Antoine- *Jean- *Chrétien- 41643. Henri, Gunther II, Gunther I,
fondateur de la ligne
de Rudolstadt.
Arnstadt.
*Chrétien-Guntber II, 1642-66.
Sondershausen.
*Antoine-Gunther I.
Ebeleben.
* Louis-Gunther.
* Jean-Gunther IV, j |
1666-69. *Chrétien-Guillaume, Arnstadt.
1666-1721, *Antoine-Gunther II,
créé prince en 1697. 1666-1716,
1 créé prince en 1709.
Gunther I, Henri, (Auguste).
* Chrétien Gunther III, 1758-94.
Gunther II, 1794-1835.
Ligne de Rudolstadt. — Cette ligne possédait les villes de Rudols-
l’empire d’allemagne
tadt, de Blankenbourg, de Ronigsée, de Frankenhausen, et diverses terres qu'elle tenait en fief de la Bohême, de la Saxe et de Télectorat de Mayence. En 1711, le comté de Schwarzbourg-Rudolstadt fut élevé au rang de principauté en faveur de Louis-Frédéric I.
Après la mort d’Albert VU, fondateur de la ligne, ses trois fils régnèrent en commun. L’un d’eux, Charles-Gunther, mourut en 1630 et'son frère Albert-Gunther le suivit dans la tombe en 1634. Le survivant hérita de leurs biens et à sa mort laissa le comté à son fils Albert-Antoine (1646-1710), dont voici les successeurs:
Louis-Frédéric I, 1710-18. * Louis-Gunther, 1767-90.
Frédéric- Antoine, 1718-44. * Frédéric-Charles, 1790-93.
* Jean-Frédéric, 1744-67. * Louis-Frédéric II, 1793-1807.
Les comtes de Schwarzbourg monnayèrent fréquemment en commun, et parfois ce monnayage en participation réunit des membres des deux lignes. En 1571, le cercle de Haute-Saxe interdit aux comtes de faire frapper leurs espèces ailleurs que dans l’atelier officiel de Saalfeld. Cette prescription ne fut pas strictement observée, et quand plus tard le cercle voulut tenir la main à l’exécution de sa décision, la maison de Schwarzbourg demanda et obtint de pouvoir fabriquer ses monnaies, non à Saalfeld, mais à Cobourg, Vers 1600, les comtes s’adressèrent à l’atelier d’Erfurt, mais durant la kipper^eit ils ouvrirent de nouveau dans leurs possessions diverses keckenmün\en, à Schwarzbourg, à Kônigsée, à Leutenberg, à Clingen, à Gehren, à Sondershausen, dans le moulin dit Bleckhammer à Friedebourg, etc.
Le monnayage de la ligne de Rudolstadt fut beaucoup moins actif que celui de la ligne d’Arnstadt. Outre les monnaies ordinaires, la série comtale comprend d’intéressants sterbethaler.
i). — Comté de Mansfeld ‘.
Le comté de Mansfeld se composait de fiefs relevant de la Saxe électorale et de l’archevêché de Magdebourg; il comprenait dans son ensemble une vingtaine de lieues carrées, situées au sud de la principauté d’Anhalt et de l’évêché d’Halberstadt, dans la partie orientale du Harz, si abondante en mines d’argent.
Les armes des comtes de Mansfeld étaient : d’argent à sïx losanges de gueules posés 3, 3, aboutés et accolés. Ils écartelaient des fasces
I. I. F. G von Haagen, Beschreibung der thaler des gràflichen und fürstlichen Hauses Mansfeld. Nuremberg, 1758, in-4. — Le môme, Münfbeschreibung des gràfl. und fürstl. Hauses Mansfeld. Nuremberg, 1778, in-4.
de Querfurt, de Taigle d’Arnstein et du lion chargé d'une bande d'Heldrungen. La généalogie et, partant, la numismatique de la maison de Mansfeld sont aussi compliquées que celles de la maison de Saxe. En 1 474, la famille se divisa en deux grandes lignes, appelées Tune vorderortische Unie, VsiUXït hinterortische Unie. Cette dernière s’éteignit en 1666. Les comtes de Manfeld de la vorderortische Unie furent élevés en 1715 à la dignité de princes d’empire, et s’éteignirent à leur tour en 1780. Chaque ligne se divisa en plusieurs branches. (Voyez le tableau généalogique,
Le monnayage en commun, qui était de règle dans la maison de Mansfeld, et auquel participèrent fréquemment des membres de diverses branches, fait de cette numismatique un écheveau, à première vue inextricable, qu’il est dans tous les cas impossible de suivre de près dans un traité général. Parfois cinq personnages, frères et cousins, oncles et neveux, participent à la signature d’une même monnaie. L’exposé de toutes ces combinaisons dépasserait certainement le cadre de ce livre, aussi nous bornerons-nous à donner de la maison de Mansfeld un tableau généalogique sommaire, en marquant d’un astérisque les comtes dont il existe des monnaies individuelles ou collectives.
La série monétaire des Mansfeld est extrêmement riche, mais elle paraît, dans son ensemble, assez monotone, le type se composant uniformément de l’image de saint Georges à cheval terrassant le dragon. Ce saint était le patron de la maison de Mansfeld : SANCTVS GEOR- GIVS PktroJius OOWnoriim DE MkHsfeld, comme l’indiquent de fréquentes inscriptions. Cette image du protecteur attitré des cavaliers a depuis longtemps attaché aux monnaies des Mansfeld une sorte de vertu talismanique qui les a fait adopter comme bijoux.
Les premiers thalers sont de 1521, les premiers florins d’or, de 1597. L’atelier principal du comté était placé à Eisleben. Les membres de V hinterortische Unie avaient créé à Hettstâdt une officine, qui fut interdite en 1572 parle cercle de Haute-Saxe. Pendant la kipper^eit, des ateliers ouverts à Mansfeld et à Eisleben émirent des pièces de bas aloi. Plusieurs comtes de Mansfeld ont inscrit sur leurs monnaies leurs devises personnelles. Nous citerons les plus caractéristiques : BEATVS QVI SPERAVIT IN DOM sous Albert Vil, IN SPE ET SILENTIO FORTITVDO MEA sous Josse, BEY GOTT IST RATH VND THAT sous David, puis sous Henri et sous François-Gundacker, COMMISI DOMINO ET IPSE FACIET sous Henri 11, PATIENTIA VINCIT OMNIA sous Frédéric-Ghristophe, ESPOIR ME CONFORTE sous Jean-Georges II, FORTITER ET CONSTANTER sous Jean-Georges III, ZV GOTT AL- LEIN MEIN HOFFNVNG sous Philippe-Ernest.
VORDERORT. *Albcrt V, 1474-84- Hinterort. * Ernest I, 1474-86.
l’empire d’ ALLEMAGNE
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