‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 88 sur 157 · IS · texte numérisé non relu

IS

Guillaume II

* Guillaume-Maurice

hérite en 1693 de

Braunfels

Frédéric

devient prince en 1 742

et continue la maison.

HUNGEN

* Reinhard 1592-1630

Maurice 1630-78

En 1620, d'après Leitzmann, les comtes de Solms-Braunfels ouvrirent à Butzbach un atelier monétaire, qui eut une durée éphémère. On possède des ausbeutethaler haippés en commun en 1623 et 1625 par Guillaume! et Reinhard avec l'argent des mines de Hungen. Ces pièces portent à Tavers trois heaumes et, au-dessous, le nom de la mine : HOINGEN ; la légende circulaire est : MO. NO. EX PR\mitiis SOLtnensibus yf\LHelmi ET REINH^rrf/ CQmitum SOLmensium pRatrum. Au revers figurent l'aigle et le nom de Ferdinand II.

Le monnayage fut repris par Guillaume-Maurice, qui s'intitulesur ses espèces : gra/^u Solms Greiffenstein, herr \u Mûns^enberg, Wildenfels und Sonnewald, Les pièces divisionnaires portent qu'elles sont émises: NACH DEM FRANCF- SCHLVS, c'est-à-dire suivant la convention conclue à Francfort-sur-le-Mein, entre cette ville, la Hesse-Darmstadt, Mayence, Trêves et le Palatinat.

SoLMS-LiCH. — La ligne de Solms-Lich fut fondée au commencement du xv« siècle, par Jean, second fils d'Otton de Solms; c'est d'elle que se détachèrent celles de Laubach et deHohensolms. Elle s'éteignit au commencement du xviii^ siècle.

Les Solms-Lich possédaient une partie du comté de Solms et une partie de la seigneurie de Mûnzenberg. Voici leur généalogie à partir du milieu du xvi« siècle:

Reinhard I I 544-62

• Ernest I 1562-90

•Eberhard 1 562-1594

• Hermann- Adolphe

de Hohen-Solms

1 1 Reinhard II Georges

ti596 Eberhard

• Ernest II ti6i9

Otton ti592

•Philippe

ti63t

•Otton-Sébastien •Louis-Christophe ti640 fi650

Hermann-Adolphe-Maurice 1650-1718

Les trois fils de Reinhard I, Ernest, Eberhard et Hermann- Adolphe, frappèrent en commun des pièces portant ER. EB. HE- AD- Comités SOlmenses Oomini \n fAln^^nberg Et SOHnewald. On possède ensuite des monnaies d'Ernest II et d'autres de Philippe, frappées soit en son nom seul, soit en commun avec ses deux neveux, Otton-Sébastien et Louis-Christophe.

Solms-Laubach. — Cette branche possédait la ville de Laubach, Utphe et les cinq quarante-huitièmes deMûnzenberg. Elle fut formée par Otton, fils cadet de Philippe de Solms-Lich (i 477-1 544) qui mourut avant son père en 1 522. Son fils, Frédéric-Magnus (i 544-61) eut pour successeur en ligne directe :

Jean-Georges, 1 561-1600. •Albert-Otton II, 1610-56.

Albert-Otton I, 1600-10. Charles-Otton, 1656-76.

A la mort de ce dernier, Laubach passa à Jean-Frédéric (1632-96), second fils de Jean-Georges de Solms-Baruth, qui le transmit à son fils aîné:

Frédéric-Ernest, 1 696- 1723.

• Chrétien- Auguste, 1723-84.

Frédéric, 1784-1822.

Le premier comte de Solms-Laubach dont il existe des monnaies, Albert-Otton II, monta sur le trône, encore mineur. On a de lui des rta/er5 portant : TVTorej? kL^erti OlJonis COiA, IN SOLMS DIM- WES.

Chrétien-Auguste, qui fut en son temps un personnage considérable de la noblesse wetteravienne, possède une série nombreuse et très intéressante; presque toutes ses monnaies, conformes au pied de Convention, commémorent un fait intéressant l'histoire de sa maison. Nous citerons, par exemple :

1738. Son premier mariage avec Elisabeth- Amélie-Wilhelmine d'Isenbourg.

1748. Mort de cette comtesse.

1754. Mort de sa troisième femme, Dorothée- Wilhelmine de Boetticher.

1767. Mariage de son fils et héritier présomptif avec la fille du prince d'Isenbourg.

1767. Douzième anniversaire de ses fonctions de directeur du banc de Wetteravie.

1768. Mise en exploitation de la saline de Christianswerk à Trayss. 1768. Mort de son neveu Charles-Chrétien-Frédéric.

1770. Vue du château de chasse de Sorgenlos ou Sans-Soud. 1770. Buste d'Otton de Solms, tige de la ligne de Laubach.

Quelques monnaies sans date portent une vue de la ville de Laubach. La devise personnelle de Chrétien-Auguste est: RECTE FACIENDO NEMINEM TIMEAS ; elle figure notamment sur les ducats d'or que le comte fit frapper en 1761 dans Tatelier de Hanau. D'autres de ses monnaies, notamment son thaler jubilaire de 1767, furent frappées à Wertheim.

SoLMS-RoEDELHEiM. — Cette ligne fut formée par le fils aîné de Jean- Georges de Solms-Baruth; elle possédait les villes de Roedelheim et d'Assenheim. Le seul de ses membres qui ait monnayé est son fondateur, Jean- Auguste (1632-80). Ses gulden d'argent portent son buste et sa devise : PER ANGVSTA AD AVGVSTA. jeu de mots sur son nom.

SoLMs-HoHENSOLMs. — Le fondateur de cette branche fut Hermann- Adolphe, second fils de Reinhard I de Solms-Lich. Ses descendants existent encore. L'un d'eux, Frédéric-Guillaume, hérita des terres de Solms- Lich après l'extinction de cette ligne :

* Hermann- Adolphe, 1 562-1601. * Louis, 1665- 1707.

•Philippe-Reinhard I,. 1601-36. Frédéric-Guillaume, 1707-44.

Philippe-Reinhard II, 1636-65.

Nous avons rappelé plus haut les monnaies que Hermann -Adolphe a signées avec ses frères aînés. Son nom apparaît seul sur un certain nombre de pièces. Philippe-Reinhard I joua un rôle assez marquant dans la guerre de Trente- Ans ; en 1627, au siège de Wolfenbuttel, il frappa comme statthalter royal de Danemark des monnaies obsidionales, surnommées hahnreithaler^ avec les métaux précieux de Frédéric-Ulrich, duc de Brunswick.

Louis prend sur ses espèces la devise: HERR NACH DEINEM WIL- LEN. Les pièces divisionnaires sont frappées: NACH DEN FVNF STAENDEN.

t). — Principauté de WaldeckK

Le comté de Waldeck, au nord du cercle du Haut- Rhin, entre la Westphalie, la Hesse et Tévêché de Paderborn, comprenait, sur une étendue d'environ vingt lieues carrées, sa capitale, Corbach, et les villes d'Arolsen, Waldeck, Niederwildungen. En 1625, le comté de Pyrmont, autrefois détaché des possessions de la maison de Waldeck, lui retourna. Le 6 janvier 1712, Frédéric-Antoine-Ulrich, comte de Waldeck, fut élevé au rang de prince de l'Empire. Les armes de Waldeck sont: d'or à rétoile à huit rais de sable.

La famille de Waldeck se divisa en plusieurs lignes dans le cours du x\^ siècle et du xvi«. Voici un court tableau généalogique qui indique les divers comtes dont il existe des monnaies :

Wolrath I, 1442-7$

WiLDUNGEN

• Gunther 1S74-1585

Guillaume-Ernest 1585-98

ElSEKBERG

Wolrath II

•Josîas

♦Wolrath III 1578-87

• Wolrath IV

• Guillaume-Ernest

• Chrétien

Philippe-Thierry * Jean -Wolrath- * Georges-Frédéric * Philippe

Wolrath V 1643-64

Morten

•Jean 1638-68

• Chrétien- Louis

Frédéric-Antoine-Ulrich

* Charles-Auguste-Frédéric 1728-63

♦ Frédéric

I. J. Weingàrtner, Beschreihung der Kup/er-Mûn^en Westfdlens. Paderborn, 1872-75, in-80, p. 251.

Plusieurs membres de la maison de Waldeck monnayèrent en commun et signèrent conjointement leurs espèces. Nous citerons ainsi : Jo si as et son frère Wolrath III, — Guillaume-Ernest et ses frères, Wolrath IV et Chrétien, — Wolrath IV et son frère Chrétien, après la mort de Guillaume-Ernest, — Wolrath IV et ses neveux, Philippe et Jean, fils de Chrétien, — Georges-Frédéric et son frère, Jean-Wolrath. Ladevise,PALMASVB PONDERE CRESCIT. inscrite sur les pièces de ces derniers, est l'explication de Tallégorie représentée au revers : un palmier chargé d'une grosse pierre.

Chrétien-Louis épousa en 1658 Anne-Élisabeth de Ribeaupierre, qui lui apporta la moitié de cette seigneurie ; il s'intitule sur ses monnaies : graf ![u Waldeck, Pyrmont und Rappolstein, herr ^u Hoheneck und Geroldseck-am-Wassigen. Sous Charles-Auguste-Frédéric, dont il existe des cari d'or et des demi-carl d'or, la devise inscrite sur les espèces est habituellement: ARDVA AD GLORIAM VIA. Sous Frédéric, la devise est: VIRTVTE VIAM DIMETIAR.

De 1 587 à i6j8, les comtes de Waldeck eurent un atelier monétaire à Niederwildungen. En 1 752, Charles- Auguste- Frédéric ouvrit à Arolsen une forge qui exista jusqu'en 1842.

u). — Cotnié de Koenigstein '.

Deux tronçons de territoire, situés en Wetteravie, formaient le comté de Koenigstein qui avait pour armes : dor au lion de sable lampassé de gueules. Au xv« siècle, ce comté appartenait à la maison d'Eppstein.

En 1 504, Eberhard IVd'Eppstein (1481-1 5 5 5) avait, d'après Leitzmann, hérité de Catherine, fille de Philippe de Weinsberg, le fermage des monnaies impériales de Francfort-sur-le-Mein, Nordlingen et Bâle, qui avait été donné en 143 1 à Conrad de Weinsberg par le roi Sigismond. Le comte Eberhard IV eut un monnayage très actif, surtout à partir de 1515. Ses pièces portent: EBERHARD COM IN- KVNGSTEIN. et les noms des empereurs Maximilien I ou Charles-Quint.

Après la mort d'Eberhard IV d'Eppstein, le comté passa successivement à ses neveux Louis (1544-74) et Christophe de Stolberg (1 574-81). Le premier continua le monnayage.

En 1581, rélecteur de Mayence s'empara du territoire comtal, et en 1 590 la maison de Stolberg fut contrainte de renoncer à la plupart des possessions qui lui venait de la maison d'Eppstein.

I . P. Joseph, Die kônigsieinische Mûnistàtten Kônigstein, Urseî, Weriheim und Frankfurt am Main. Francfort, in-8. — Appel, Repertorium, etc., t. III, p. 452.

lyS PREMIÈRE PARTIE

v). — Comté de Haut-Isenhourg K

Le comté de Haut-Isenbourg formait deux tronçons principaux, dont l'un s'étendait en Wetteravie, au sud de la Hesse, et l'autre sur la rive gauche du Mein, non loin de Francfort. Ses armes étaient d'argent aux deuxfasces de sable.

La maison comtale du Haut-Isenbourg était divisée en plusieurs branches, dont une seule, celle de Budingen-Birstein, exerça le droit de battre monnaie. Wolfgang-Ernest (i 596-163 3), dans les domaines duquel une mine d'argent venait d'être découverte, obtint en 1618 le droit d'ouvrir un atelier à Budingen; il y frappa cette même année des ausbeutethaler et quelques monnaies divisionnaires avec mention de l'empereur Mathias. L'écusson d'Isenbourg et l'aigle impériale forment le type de ces monnaies. Sur le thaler on lit, à l'avers, autour de l'écu :

WOLFGANGO ERNESTOYSENBVRGI ET BVDING/E COMITI DONVM DEI EX FODINIS PROPE HEILER. En 1619, on frappa un ducat à:oT\ le monnayage de l'argent continua en 1620 et en 1623.

Wolfgang-Henri (1633-35) ne fit pas usage de ses droits, mais, sous Jean-Louis (1635-85J, nous avons un certain nombre de gulden d'argent et d'albus, frappés de 1670 à 1681 et tous anonymes. Les deux fils de Jean-Louis obtinrent en partage, l'un, Jean-Philippe (1685-1718), la terre d'Offenbach, l'autre, Guillaume-Maurice (1685-1711), la terre de Birstein ; ils monnayèrent en commun en 1693 et 1694. Les pièces qu'ils nous ont laissées sont des thaler s, des gulden, des pièces de i ikreu- {ers et de 2 albus; les deux premières portent la mention de l'empereur Léopold I ; les deux dernières ont la légende déjà connue de nos lecteurs: NACH DEM SCHLVS DER V STiCND. Les monnaies des fils de Jean- Louis sont les dernières dont nous ayons à parler pour Isenbourg dans cette partie de notre livre.

w). — Comté de Linange^Westerbourg^,

Au xw^ siècle, Reinhard IV, comte de Westerbourg, épousa Marguerite, héritière d'une partie du comté de Linange (en allemand Leiningen), entre Worms et Kaiserslautern. Leurs descendants prirent le titre de comtes

1. H. Grote, Die Mûn:(en and Medaiîlen des Hanses Isettburg, dans les Mûtt^studien, t. VII, p. 173 et suiv.

2. P. Joseph, Die Mûn:(en des gràflichen und fûrstîichen Hanses Leiningen, dans la Numismatische Zeitschrift, 1884, p. 109 et suiv.

de Linange et de Westerbourg. Au milieu du xvi« siècle, cette maison se divisa en trois branches, dont deux intéressent la numismatique :

Conon III, IS22-57

LlKAKGE SCHAUMBOURG

Philippe, 1557-97 Georges, 1557-86

•Louis, 1597-1622 j j

^ ^1^ ,^ . •ReinhardVII ♦Christophe

Cette branche sétei- «^ , o^ /

gnit en 1705. ' ^' j ?f

• Georges-Guillaume 1635-95

Cette branche existe

encore.

Louis de Linange obtint le droit monétaire par diplôme impérial du 29 janvier 161 1, mais, dès 1609, il avait organisé un atelier à Grûnstatt. Il frappa des florins d'or, des thalers, des dickpfennigs ou testons et diverses monnaies divisionnaires, en mentionnant, au revers, l'empereur régnant. Son titre est : COM. IN LE\ningen ET Rlxingen DOM. IN yMEsterburg ET SCH^umburg S. R. I. S^mper Uber. Sa devise, inscrite sur quelques monnaies est: DER RECHT GLAVBT lA EWIG LEBT, celui qui bien croit vit dans l'Eternité.

Pour Reinhard VII, nous ne connaissons que des pièces divisionnaires. Son frère Christophe ouvrit un atelier au village de Cramberg, près Schaumbourg, sur la Lahn, et frappa entre autres pièces de nombreuses imitations de monnaies étrangères. Il ajoute parfois à ses titres celui de la seigneurie d'Oberbronn. Georges-Guillaume eut un monnayage très fécond de 1663 à 1686, surtout en 2/3 de thalers et en subdivisions. Ses doubles-albus portent: NACH DEM SCHLVS DER V ST/END. Sa devise personnelle est : SOLI • DEO • GLORIA.

x). — Comté de Linange-Dachsbourg,

Les comtes de Linange-Dachsbourg sont issus du second fils de Frédéric IV de Linange, mort en 1 3 10 et qui avait épousé Jeanne, comtesse de Dachsbourg. Au xvi« siècle, les fils d'Emich IX de Linange formèrent deux branches dont il existe des monnaies.

l8o PREMIÈRE PARTIE

Etnich IX, 1528-41

Jean-Philippe I Emich X

Cliarles-Frédéric-Guillaume •Jean-Louis

prince depuis 1779 ^^ descendants

existent encore.

On connaît un assez grand nombre de monnaies de Jean-Louis, florin d'or, dickpfennig, dreibat^ner, double thaler, thaler, quart de thaler, albus, etc., toutes avec la mention de Ferdinand II. Son monnayage commença en 1619. Jean-Louis s'intitule COM. IN. LEIN. ET. DAGSP. Les émissions de Charles-Frédéric-Guillaume ne commencent qu'en 1804 et appartiennent par conséquent à Tépoque contemporaine.

y). — Comté de fVittgenstein « .

Le comté de Wittgenstein s'étendait à Test de la Hesse. Ses armes étaient : d'argent à deux pals de sable. Les fils de Louis le Vieux de Sayn (i 568-1607), comte de Wittgenstein, formèrent trois lignes. L'aîné, Guillaume, épousa l'héritière de Sayn et devint la souche de la maison de Sayn-Sayn dont nous n'avons pas à nous occuper pour le moment. Le second, Georges, forma la ligne de Sayn-Wittgenstein-Berlebourg , le cadet, Louis, celle de Sayn- Wittgenstein.

Sayn-Wittgenstein-Berlebourg. — Cette ligne obtint, lors du partage, les deux cinquièmes du comté de Wittgenstein, la ville de Berlebourg, la seigneurie de Neumagen, dans le pays de Trêves, et la seigneurie de Hombourg, dans le cercle de Westphalie. Ses membres, dont voici la liste, s'intitulaient : graf j^u Sayn und Wittgenstein, herr ^ Homburg, Vallendar, Neumagen, etc.

•Georges, 1607-1631. Casimir, 1694-1741.

Louis-Casimir, 1631-43. Louis-Ferdinand, 1741-73.

* Georges-Guillaume, 1643-84. Chrétien-Henri, 1773-1800.

Louis-François I, 1684-94.

Les seuls membres de cette ligne dont il existe des monnaies, thalers et pièces divisionnaires, sont Georges et Georges-Guillaume. La devise de ce dernier est VIRTVTE ET LABORE.

I. H. Grote, Die Mûn^en der Grafen von Sayn, dans les Mûn^studien, t. III, 1863, p. 170 et suiv.

L EMPIRE D ALLEMAGNE l8l

Sayn-Wittgenstein. — Cette ligne obtint les trois cinquièmes de Wittgenstein avec le château, la ville de Laasphe,etc., puis la seigneurie de Vallendar dans le pays de Trêves. Ses membres s'intitulaient : graf jçi/ Sayriy Wittgenstein und Hohnstein, herr ^u Homburg, Vallendar, Neumagen, Lohra und Clettenberg.

•Louis, 1607-1634. Hohnstein, 1657-1701.

•Jean, 1634-57. Auguste, 1701-35.

•Louis-Chrétien, à Vallendar, 1657-81. Frédéric, 1735-56.

•Gustave, son frère, à Wittgenstein et Jean-Louis, 1756-96.

Les membres de cette ligne, au xvii^ siècle, ont laissé des monnaies d'oret d'argent. Jean prend pour devise: NVLLVM SIMVLATVM DIV- TVRNVM TANDEM; Louis-Chrétien adopte: CVM DEO ET LA- BORE ; enfin Gustave met sur ses pièces : VT PRESSA PALM', TAN- DEM FORTVNA OBSTETRICE. AD PALMAM PRESSA LAETI(w5) RESVRGO. PIE ET CAVTE ou A SOLO lEHOVA SAPIENTIA VERA.

z). — Seigneurie de Bret:(enheim,

Cette terre, située au nord de Creuznach, était un fief de Cologne. L'électeur palatin, Charles-Théodore, en fit l'acquisition pour la donner à son fils naturel, Charles-Auguste, qu'il avait eu de Joséphine Seiffert, danseuse du théâtre de Mannheim. En 1789, l'empereur Joseph II éleva le seigneur de Bretzenheim au rang de prince de l'empire. L'année suivante, Charles-Auguste fit frapper à latelier de Mannheim quelques monnaies à son buste et à ses armes, ducats, thalers, gulden et demigulden, pièces de 20 et de 10 kreu^er, conformes au pied de convention. Il s'y intitule: Dei gratia sacri romani imper ii pr inceps de Breti^enheim.

La principauté de Bretzenheim portait : d'or au 45 bretj^el » d*or. Son existence éphémère finit à la paix de Lunéville et, en 1810, elle fut comprise dans le département français de Rhin-et-Moselle.

aa). — Comté de Hanau-MuriT^enberg K

Le comté de Hanau, au nord de Francfort, et presque tout entier sur la rive droite du Mein, comprenait la ville de Hanau et diverses localités telles que Babenhausen, Ortenberg, Schluchteren, etc. La ville de Mûnzenberg était indivise entre le comté de Hanau et le comté de Solms.

I. R. Suchîer, Die Mûm^meister in Hanau, dans les Berîiner Mûn:(blaetUr, de A. Wcyl, 4« année, n*» 36-37, aoùt-sept. 1883, p. 373.

Les armes de Hanau étaient : chevronné d*or et de gueules de six pièces; celles de Mûnzenberg : coupé de gueules et d'or.

Après la mort de Reinhard II de Hanau, en 1452, le comté fut partagé entre ses deux fils, Reinhard III, souche de la ligne de Hanau-Mûnzenberg, et Philippe I, qui obtint Babenhausen et forma la ligne cadette de Hanau-Lichtenberg. Voici quels furent les successeurs de Reinhard III:

Philippe II, I4$3-IS00.

Reinhard IV, 1500-12.

Philippe III, 1512-29.

Philippe IV, 1529-61.

• Philippe-Louis 1 , 1561 -80.

* Philippe-Louis II, 1580-16x2.

* Catherine-Belgîca de Nassau, veuve du

précédent, tutrice, 16x2-23.

* Philippe-Maurice, 1 6 x 2-38.

Philippe-Louis, x 638-41.

Jean-Emest, 1641-42.

Les Hanau-Mûnzenberg s'éteignirent en 1642 et Frédéric-Casimir de Hanau-Lichtenberg hérita de la plus grande partie de leurs possessions L'année suivante, il conclut, avec les landgraves de Hesse, un accord aux termes duquel ceux-ci devaient hériter des domaines de la maison de Hanau, si elle s'éteignait. Les représentants de cette nouvelle famille sont :

• Frédéric-Casimir, 1 642-8 5 .

•Philippe-Reinhard, 1685-17x2.

* Jean Reinhard, 1712-36.

A la mort de celui-ci, Hanau et Mûnzenberg passèrent à la maison de Hesse-Cassel . Le landgrave Frédéric I renonça à ces nouveaux domaines en faveur de son fils Guillaume, qui fut comte de Hanau de 1736 à 17$ i. A cette date, il succéda à son père en Hesse sous le nom de Guillaume VIII ; il mourut en 1760. Par ses dispositions testamentaires, il avait décidé que le comté de Hanau passerait à son petit-fils Guillaume; après 1 avènement de celui-ci au landgraviat sous le nom de Guillaume IX, le comté de Hanau-Mûnzenberg et la Hesse-Cassel restèrent réunis.

Le monnayage de Hanau-Mûnzenberg commence sous Philippe- Louis I. Pendant la minorité de Philippe-Maurice, sa mère et tutrice, Catherine d'Orange-Nassau, signe de nombreuses espèces: MO- NETA NOVA CATHarinae BELgicae PRincipissae WRAH /ûeTVTRICIS HAN^u-MymZ^nbergiae. La plupart des monnaies au nom de Philippe-Maurice rappellent égalementsaminorité; elles portent au revers MONETA NOVA TVTEL^ HANOVIC^. Pour la majorité du comte, le monnayage fut très restreint; notre fig. 188 représente le Ma/er frappé à cette époque.

Les émissions de Hanau-Mûnzenberg, interrompues pendant un quart de siècle, ne reprirent que lorsque les possessions comtales eurent passé à Frédéric-Casimir de Hanau-Lichtenberg. Sa titulature com-

l'empire D'ALLEMAGNE iSj

p[ètetst: cornes Hanoviae, Rhinecîi,Biponti,dominus munti^enbergensts, lichtenbergensis, acksensteinensis, marescallus et advocatus argentinensis. Sur un de ses thalers, il met la devise: PAX ET IVSTITIA EXOSCVLENTVR SESE. Quelques thalers de Philippe Reinhard représentent une vue de la ville de Hanau.

Guillaume(VIIl)de Hesse fit frapper à Hanau dès i?}?. Les premières pièces émises par lui furenldest/ucu/s d'or, suivis jusqu'en 1757 de monnaies d'argent et de cuivre. En 1754, un specieslfialer ^ont la mention: SILBER AVSBIEBER, argent des mines de Bieber. Gui llaume(lX) régna du i*^ février 1760 au 1 î octobre 1764, sous la tutelle de sa mère Marie d'Angleterre. Celle-ci profita de son administration pour frapper en son nom; elle s'intitule: Maria Dei gratta landgraviaHassiae, nota principissa Magnae Britanniae, Franciae et Hiberniae, tutrixet comitatus Hanoviae administratrix.Sespièces, conventionsthaleretdivisions, portent les millésimes de 176; et 1764. A partir de i7(S{, le monnayage fut au nom du jeune prince. En 1769, les thalers portent: EX VISCERIBVS FODIN/E BIEBER, et une mention analogue se retrouve jusqu'en iSoi.

ab), — ComU dt Hanau-Lichtinberg ■ .

La seigneurie de Lichtenberg s'étendait en Basse-Alsace et était répartie en plusieurs tronçons. Ses armes étaient : d'argent au lion de

I, A. Engel et E. Lehr, Numismatique dt VAlsace. Paris, 1887, in-4, p. 91. — E. Munti!, L'atelier monitaire des (amies de Hanan-Lichlenbtrg à tfcerlh, dansla Revutarchiologique, 187}, nouv. série, t. XXV, p. 166. — R. Suchier, Die Mùnistàllen uni Mia^mtister in HanaU'Lkhtenbtrg, dans les Berliner Mùn^blàtter de A. Weyl, ;• année, D. 46, juin 1884.

sable, à la bordure de gueules. En 1368, les seigneurs avaient obtenu le droit de battre monnaie, mais ils ne paraissent pas en avoir fait usage. En 1480, le mariage d'Anne de Lichtenberg avec Philippe I^^, fils de Reinhard II de Hanau, fit passer la moitié de la seigneurie dans cette maison. En 1 560, Philippe IV obtint Tautre moitié. En 1 570, les possessions de Hanau-Lichtenberg s'accrurent des domaines de la maison de Deux-Ponts-Bitche, y compris la seigneurie d'Ochsenstein '. En 1587, Philippe IV et son fils Philippe V, qui administrait le pays au nom de son père infirme, annoncèrent au mûruiprobationstag de Worms leur intention de monnayer et ils organisèrent la même année un atelier à Woerth-sur-Sauer. Bien que Philippe V n'ait succédé qu'en 1590 à son père, dès la création de l'officine les produits qui en sortirent portèrent son titre: Philippus cornes à Hanaw, dominus in Litchtenstein et Ochsenstein. Les thalers onilt buste cuirassé adroite et, au revers, l'écu de Hanau-Lichtenberg-Ochsenstein, avec la devise DEVS DAT CVI VVLT ; les pièces divisionnaires ont le même écu et l'aigle d'empire.

Jean-Reinhard I (i 599-162$) eut, de 161 1 à 1629, un second atelier à Babenhausen. Son monnayage, très actif, comprit des doubles et des simples ducats d'or et une grande série de pièces d'argent. Ce comte s'intitule cornes in Hanau et Zweibrûcken, dominus in Lichtenberg et Ochsenstein, marescallus et advocatus argentinensis. Philippe-Wolfgang (162J-1641) prit l'administration de ses états à une époque fort troublée et émit très peu d'espèces; en 1632, son atelier de Woerth fut détruit et son monnayage prit fin.

Quelques mois après son avènement, Frédéric-Casimir (1641- 1685) hérita des domaines de la branche de Hanau-Mûnzenberg. En 1659, il créa un atelier monétaire, pour ses domaines alsaciens, à Bouxwiller. Nous avons parlé de ses monnaies et de celles de ses successeurs au paragraphe précédent.

A la mort de Jean-Reinhard, devenu comte de Hanau-Mûnzenberg en 1736, la seigneurie et le titre de Hanau-Lichtenberg passèrent, conformément à ses dispositions testamentaires, à son petit-fils Louis, héritier présomptif de Hesse-Darmstadt. En 1768, ce prince devint landgrave sous le nom de Louis IX et réunit Hanau-Lichtenberg à ses domaines hessois. De 1757 a 1760, Louis de Hesse-Darmstadt fit monnayer, dans ses possessions alsaciennes, à Bouxwiller où il avait sa résidence. Ses émissions se bornèrent toutefois à des espèces divisionnaires dont la plus forte ne dépasse pas la valeur d'un sixième de thaler,

I. Ochsenstein portait: de gueules à deux fasces d'argent; Bitche portait : de gueules à la bordure d'or.

l'empire d'allemagne i8s

ac). — Lanàgrmiiat dt Haute-Alsace '.

Situé à l'est du duché de Lorraine et du comté de Montbélîard, le landgraviat de Haute-Alsace comprenait les villes dEnsisheim, de Sennheim ou Sernay, de Thann.la seigneurie deBelfort, le comtéde Ferrette et d'autres territoires sur la rive gauche du Rhin. Ses armes étaient: de gueules à la bande d'or accompagnée de six couronnes du même, posées parallèlement à la bande, trois enchefet trois enpointe. Le landgraviat de Haute-Alsace appartenait à la maison de Habsbourg et portait généralement dans rénumération des biens territoriaux de cette maison, le nom de Vor/anrfe ou, dans les textes latins, celui à,e provinciae anteriores, par opposition à l'Autriche et au Tyrol.

Les armes de Haute-Alsace figurent sur quelques thalers de l'archiduc Sigismond (i4}9-i496), frappés en [484 et i486. Sous Ferdinand 1, possesseur des Vorlande depuis 1 (îî jusqu'à sa mort, plusieurs guldenthaler, demi-guldenthaler et ^ehener portent le titre de LANDALSAT., mais on ne sait si ces pièces furent frappées à Thann ou dans l'atelier

tyrolien de Hall. Les landgraves, dit M. Lehr, n'ont guère marqué leur passage dans l'histoire monétaire du pays que pendant un demi-siècle, de 1 584, date de l'ouverture de l'atelier d'Ensisheim à l'invasion suédoise. Le commencement du monnayage alsacien nous reporte ainsi au règne de l'archiduc Ferdinand (1564-1595), dont les espèces et surtout les plus grandes, furent émises en abondance. 11 existe à son effigie des thalers doubles {fig. 189) et simples, des quarts de thaler, des pièces

I. A, Engelet E. Lehr. Numismatique de TAIioa. Paris, 1887, 111-4, P- IS «suiv.

l86 PREMIÈRE PARTIE

de 3 et de 2 kreu^er, des doppelvierer et des vierer. Les monnaies frappées à Ensisheîm par l'archiduc Ferdinand se distinguent de celles qui ont été frappées en Tyrol par les deux particularités suivantes : lëcusson du landgraviat de Haute-Alsace est placé, au revers, en cœur sur les armes principales, et la titulature du prince se termine par LkHDgravius kLS<^tiae CO^we^ ^^Kretae ou PHIR^^^*

La mort de Tarchiduc Ferdinand suscita d'ardentes compétitions entre ses héritiers. De 1 59s à 1602, on ne battit monnaie au nom d'aucun des prétendants. De 1602 à 1613, un an après la mort de Rodolphe 1 1, on monnaya au nom de cet empereur, comme représentant de l'ensemble de la maison d'Autriche. Les légendes font part de la situation indivise où se trouvaient les Vorlande : RVDOLPHVSII DGROM-IMP -SEM • AVG • GER • HVN • BOH • REX • NECNON ARCHIDYCES AVS • D • BVR • LÂNDGALSCOMFER.

En 161 2, par l'entente commune des princes co-propriétaires, l'archiduc Maximilien (161 2- 161 8) devint souverain effectif de la Haute-Alsace. L'atelier d'Ensisheim frappa à partir de 1Ô14 de nombreuses espèces à son nom.

La mort de Maximilien remit le landgraviat dans sa situation de pays indivis. Ses héritiers confièrent le gouvernement des Vorlande et du Tyrol à l'un d'eux, l'archiduc Léopold, évêque de Strasbourg et de Passau, administrateur des abbayes de Murbach et de Lure. Le monnayage de Léopold commença en 1620; les pièces émises à cette époque portent: LEOPOLDVS D- G ET ARCHIDYCES AVST- DVC. BVR. ET STIR. CARIN. CARN. LAND. ALS. L'un des copropriétaires, l'empereur Mathias, étant mort, son successeur, Ferdinand II, confirma en 1621 l'archiduc Léopold dans ses fonctions de gouverneur, mais il crut devoir affirmer ses propres droits en faisant monnayer à son effigie des pièces ayant en légende la même formule que celles de Rodolphe II. Ce monnayage dura jusqu'en 1623. Les pièces frappées concurremment par l'archiduc Léopold ont : LEOPOLDVS D- G. ARCHIDVX AVST. DVX BR. ET cœtera SkCrae C/ESareae Majestatis ET RELIQVori/m ARCHIDt^cum GVBERNATor PLENw^ ET COM. TIR, LAND. ALS. Cette formule subsista jusqu'en 1625.

Léopold s'était fait représenter sur toutes les monnaies qui précèdent, en buste, revêtu du camail, c'est-à-dire en habits religieux. En 1625, l'archiduc quitta les ordres et se maria. La même année, il devint comte souverain du Tyrol et ses écus alsaciens de 1626 portent ce nouveau titre en omettant sa qualité de gouverneur. L'année suivante l'omission fut réparée et, jusqu'en i6j i, Léopold se qualifie de SAC^^^ C/ES^reae lAkjcstatis ANTERïorum ?ROS\WZicLrum PLENw* Q^^ernator. En

l'empire d'Allemagne 187

1631, devenu également souverain de ces territoires, il s'intitule enfin DVX BVRG. LAND. ALS. CO. FER. Cette légende fut conservée, en même temps que le buste de Léopold, jusqu'en 1634, deux ans après sa mort; cette dernière émission se termina à Brisach, où, par suite de la guerre, Tatelier d'Ensisheim avait été transféré.

En 1648, le traité de Westphalie mit définitivement fin à la domination autrichienne dans la Haute-Alsace.

ad). — Baronnie de Montjoie • .

La baronnie de Montjoie, en allemand Froberg, était située dans la Haute-Alsace, sur les confins de la Franche-Comté et de la Suisse. Ses armes étaient : de gueules à la clef d'argent posée en pal.

Les seigneurs de Montjoie ne sont pas nominalement désignés sur les seules petites monnaies de billon que Ton possède d'eux et qui portent, comme indication d'origine MON-ETA-FRO-BER ou MO- NO-FRO- BE. Ces espèces furent décriées le 18 juillet 1 554, au nom de l'empereur Charles-Quint, par le parlement de Dôle.

aej. — Seigneurie de Ribeaupierre 2.

La seigneurie de Ribeaupierre, en allemand Rappolstein, près de Colmar, portait: d'argent à trois écussons de gueules. En 15JO, Charles- Quint accorda aux seigneurs le droit de monnayer à leur coin et d'ouvrir un atelier dans leurs terres, mais ils paraissent n'avoir jamais usé d'une manière sérieuse de leur prérogative. Le seul souvenir matériel qui nous en reste est un florin d'argent frappé en 1 564, par Égénolp he,au nom de l'empereur Ferdinand: l'avers porte MO- NO- EGENOLPHI-D-IN RV- PESPOL autour d'un écu écartelé de Hoheneck et de Géroldseck-am- Wasichen ?, avec Ribeaupierre sur le tout. De nouvelles tentatives de monnayage eurent lieu en 1 596 et en 1619, mais elles échouèrent devant Topposition de l'archiduc-landgrave et de la confédération de la rappenmûn^,

1. P. Joseph, Une monnaie itiédite de Montjoie, dans le BuîL mens, de numism. et d'archioL, t. VI, 1886-90, p. 97.

2. A. Engel, Documents pour servir à la numismatique de V Alsace, no 6, dans la Revue ^Alsace, nouv. sér., t. VII, 1878, p. 479.

3 . Hoheneck a pour armes : d'argent à trois têtes de corbeau arraclxes de sable et couronnées d'or. Géroldseck porte : d'argent billeté d'a:^ur au lion de gueutes, armé, lampassé et couronné d'or.

En r6s8, la seigneurie de Ribeaupierre passa avec Hohenecket Géroldseck à la maison de Waldeck, par le mariage d'Anne-Elisabeth de Ribeaupierre avec Chrétien-Louis, comte de Waldeck (164J-1706). Celui-ci et ses descendants prirent sur leurs monnaies les titres et les armes de ces diverses seigneuries.

af) . — DucMs de Lorraine et de Bar 1 .

Le système monétaire comprenait en Lorraine, à la fin du moyen âge, une monnaie de compte, le franc, qui se divisait en douze gros i seize deniers. Les monnaies réelles étaient \e florin d'or circulant pour 24 gros, le demi-florin d'or, {e double gros, \e gros, \e demi-gros, \e quart de gros, \e petit blanc At six deniers, le demi-blanc, le double denier, le denier, et enfin la maille.

Par une malheureuse coïncidence, les documents écrits relatifs aux monnaies du duc René II (i47)-i;o8) font défaut précisément pour l'époque où parut la première forte monnaie d'argent, qui est en même

Fig. I>0

temps la plus ancienne pièce datée (1488). C'est un écu que nous reproduisons sous notre figure 190. Son type est très remarquable. On peut admettre, au surplus, qu'il s'agit plutôt ici d'un essai que d'une monnaie réellement mise en cours. Un demi-êcu frappé dans des conditions analogues porte l'écu ducal couronné et, au revers, la croix de Lorraine accostée du chiffre de René II et entourée de l'invocation pieuse: SALVE- CRVXPRECIOSA.

I . F. de Saulcy, Recherclxs sur les monnaies des ducs Ixriditaires de Lorraine. Mec, 1841, in-4. — H. Lepage, Noies et documcnis sur Us graveurs de monnaies et médailles ei h fabrication des monnaies des ducs dt Lorraine depuis la fin du XV» s'Uck. Nancy, 187S.

Les comptes de la Monnaie de Nancy, de à 1499-1 joo, mentionnent pour la première fois la fabrication des testons, taillés à raison de 14 et trois quarts au marc etde 1 1 deniers d'aloi. Ces pièces furentémisespour Sgros.Leprofil couronnéduducoccupel'avers; lerevers est réservé àson écusson avec la légende qui figure sur l'ecu de 1488: ADIVVA NOS DEVSSALVTARISNOSTER. Le type des groi et des doubles gros est, à l'avers, l'écusson, au revers, un dextrochère armé d'une épée et issant de nuages, accompagné de la devise: FECIT POTENTIAM IN BRACHIO SVO. C'est l'emblème que René II avait fait peindre sur sa bannière pendant sa lutte contre Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Sur les menues espèces, les motifs d'ornementation ne s'écanent pas de l'écusson de l'épée en pal, de la croix ou de la croix de Lorraine. L'écusson est tantôt simple : d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent, tantôt parti de Lorraine et de Bar, tantôt enfin écartelé aux nombreux quartiers de la maison de Lorraine-Anjou.

Antoine {1508-1544}, dont les testons, les doubles gros (fig. 191), les gros et la plupart des espèces inférieures reproduisent les types en usage sous son prédécesseur, fit une nouvelle tentative pour l'émissiond'ecKs ou tallars d'argent. Les uns portent son image à cheval, galopant à droite et tenant l'épée haute, les autres ont son buste de profil à gauche, couvert de son armure et tenant dans la main droite l'épée levée. Le revers, dépourvu de légende, montre l'écu de Lorraine entouré de ceux qui forment les quartiers des armes personnelles d'Antoine : Hongrie, Naples, Jérusalem, Aragon, Anjou, Bar, Vaudémonl et Blamont. Sur un demi-écu, le duc est gravé à mi-corps, vu de trois quarts et tenant toujours son épée nue devant lui ; au revers un écusson heaume et emmantelé est entouré de : MONETA NANCEI. Malgré cette inscription formelle, ces belles monnaies circulèrent peu et la plus forte monnaie lorraine d'argent continua à être le teston, frappé en abondance à partir de I { 1 2. Au règne d'Antoine se rattachent deux curieuses pièces, écu et demi-écu d'argent au nom et aux armes de la duchesse Renée de Bourbon. Madai suppose qu'elles furent forgées en i>i; pendant l'expédition du duc de Lorraine contre les Protestants, lorsqu'en l'absence de son époux Renée exerçait les fonctions de régente. François I ([j44-4{) continua l'émission des testons pendant son

règne éphémère. En 1545, il adjoignit à ses armes les quartiers de Gueldre-Zutphen pour constater ses droits sur ce duché, dont il prétendait hériter du chef de son aïeule Philippe de Gueldre.

Charles III avait moins de trois ans à la mort de son père. Il fut placé sous la régence de sa mère, Christine de Danemark, et de son oncle. Nicolas de Vaudémont (1(45-55), Celui-ci frappa des to/on* à son effigie et des monnaies divisionnaires à son nom ; il s'intitule : NiCO. C. VAVDE- ADM, LOTH. B. CharlesIII devint majeur en iîsj. Il gouverna jusqu'en i<5o3. Ses monnaies courantes, parmi lesquelles nous pouvons énumérer, cette fois, l'ecu ou tallar d'argent, et qui, presque toutes, portent son effigie, permettent de suivre pas à pas les modifications apportées par l'âge dans les traits du souverain depuis l'adolescence jusqu'à la vieillesse. Notre figure 192 donne le quadruple ducat de [587; CharlesIII était alors dans sa qua- ^'^' '" rante-cinquième année.

Parmi les monnaies sans effigie, nous citerons spécialement pour l'or la double pistole, [npisto/e et la demi-pistole (fig. i9î)î frappées en 1 587. La légende de toutes ces pièces est DA MIHI VIRTVTEHA CONTRA HOSTES TVOS. allusion à la lutte du duc de Lorraine contre les Protestants,

D'Henri ([608-34) nous n'avons pas de monnaies d'argent supérieures au teston: sesjlorins d'or émis en grand nombre portent l'image en pied de saint Nicolas et le champ armorié de Lorraine, comme ceux de René II.

Après la mort d'Henri, le duché passa à sa fîlle Nicole, qui avait épousé son cousin, Charles IV, fils de François 11, comte de Vaudémont, Les deux époux (1624-25) frappèrent monnaie en commun, et leurs testons représentent leurs bustes conjugués ; mais en 1625, la conduite arrogante de Nicole provoqua une séparation et François 11 réclama le duché comme héritier mâle d'Henri. Les états assemblés à Nancy déposèrent Nicole en faveur du comte de Vaudémont, qui abdiqua aussitôt en faveur de son fils. Charles IV se trouva ainsi duc de son chef, alors qu'il ne l'était auparavant que du chef de sa femme.

Après son abdication, François II se retira dans le comté de Salm dont la moitié lui avait été apportée en dot par sa femme Christine. En i6;o, il ouvrit un atelier monétaire à Badonvillers, Il existe de cette fabrication des écus ou gulden d'argent; FLORENVS AD LEGEM ET

VALOREM IMPERII BA. CV,. et des/estons. François II mourut en i6j2.

Charles IV (1626-7;) continua à son nom seul le monnayage commencé en communauté avec Nicole. En 16(4, sa guerre malheureuse avec Louis XIII lecontraignit d'abdiquer en faveur de son frère Nicolas- François, mais l'abdication ne fut pas reconnue par la France. Nicolas- François se retira à Florence où il fit frapper des lestons, du consentement du grand-duc de Toscane, de 1654 à i6}7. Pendant l'occupation de la Lorraine, Louis Xlll frappa monnaie à Stenay, et l'atelier de Nancy émit des espèces divisionnaires sans nom de duc.

En lûjS, Charles IV rentra en Lorraine et s'empara de Remiremont; il y ouvrit un atelier et y frappa des pistoles, des doubles pistoles et des testons. L'atelier est indiqué sur l'argent par la légende: MONETA NOVA ROMAR" CVSA. En 1659, la place tomba aux mains de la France. La paix des Pyrénées vint rendre à Charles IV ses états, dont il reprit ofHciellement possession en 1661. Le monnayage nancéen recommença, mais fut arrêté, en 1670, par une nouvelle invasion française.

Fig. 19; I^B- 194

Charles IV mourut en \6y^. En 1697, la Lorraine fut restituée à son petit-fils, Léopold , par la paix de Ryswyck, Les émissions au nom de ce duc commencèrent en 1700 et furent très nombreuses. L'ordonnance du 27 juin de cette année décida la frappe en or de léopolds, doubles léopolds et demi-léopolds , en argent de léopolds, demi-léopolds et quarts de léopolds, de même aloi, de même poids et de même valeur que l'or et l'argent français contemporains. La même ordonnance admit en Lorraine le cours des espèces de France, et Louis XIV accorda la même faveur, dans le royaume, aux espèces ducales. A côté des monnaies du système français, Léopold frappa des testons et leurs divisions conformément à l'ancien système lorrain.

Sous FrançoislII (1729-Î7), dernier duc héréditaire de Lorraine et de Bar, les émissions furent très restreintes. En 1729, il y eut une fabrication de pièces de billon de XXX rfen/>ri; en 1756, une autre comprenant des/riinfo/s d'or de 25 livres (fig. 194), des demî-françois d'or, des testons de )( sols et des doitbles-testons de j livres to sols; puis l'atelier de Nancy entra définitivement en chômage.

Stanislas Leczinskt, auquel la Lorraine appartînt de 1737 à 1766, n'exerça jamais le droit de monnaie. En [766, le pays fut annexé à la France.

,ag). — Seigneurii de Finatrangt.

Cette seigneurie, appelée Vinstingen en allemand et située au sudouest de Saarwerden, fut partagée au xv* siècle entre les deux filles de Jean de Fenestrange. Au siècle suivant, une moitié avait passé aux. Rhingraves, l'autre à Guillaume de Dommanin, seigneur de Fontenoy. La fille et héritière de celui-ci, Diane de Dommartin, épousa Charles de Croy, marquis d'Havre, qui fut élevé en 1 594 au rang de prince de l'empire. Après la mort de Charles-Philippe, survenue en 1 6 1 j , sa veuve fit frapper des tiers de thaler portant à l'avers DIANA PRINC ■ S ■ IMP • MARCH. DE HAVRE et un écu panideCroy et de Dommartin-LaMark- Bissipal ; le revers représente l'image équestre de saint Maurice : SANC- TVS MAVRICIVS PATRONVS VINSTIN. En [66;, un descendant du prince de Croy vendit sa part de Fenestrange au duc de Lorraine.

ah). — Principautù de Plmhlourg tt Lixheim '.

En 1621, Phalsbourg et Lixheim furent érigés en principautés par l'empereur Ferdinand II à l'occasion du mariage d'Henriette de Lorraine, sœur du duc de Lorraine Charles IV, avec Louis, baron d'Ancer\ille. Ce prince mourut en 1 6 }0. Pendant son veuvage, qui dura jusqu'en i6îs, Henriette ouvrit à Lixheim un atelier monétaire où elle P frappa des testons, des escalins copiés de

ceux qu'on émettait aux Pays-Bas, des dau^ains, des gros comme ceux de Lorraine, des pièces de deux kreu^er, enfin des doubles tournois de cuivre (fig. rgs). L'atelierde Lixheim est indiqué sur la plupart de ces pièces par la légende MONETA NOVA LIXEI CVSA ou MONETA LIXHENSIS.

1 . Bretagne, Monnait, etc., aux arma de Diane de Dommartin, dame en partie de FetUtrange, dans les Mém. de h Soc. d'arcMoï. lorraine, 1881, p. 262.

2. A. de Barthélémy, î^olice sur les monnaies frappces à Lixhàm-Ia-Fille par Henriette de Lorraine-Vaudèriionl, princesse de Phalsbourg, dans la Revue numismatique, 1846, p. 1B4. — L. Benoit, Numiimaliqut de la Lorraine allemande, dans les Mém. de la Sec. d'archéol. lorraine, 186;, p. 181.

ai). — Principauté de Chdtiau-Stnavlt >.

La terre de Château-Renault passa en i {70 dans la maison de Lorraine-Guise par le mariage d'Henri le Balafré avec Catherine de Clèves qui l'avait reçue de son père, François I, duc de Nevers. Le ij avril 1575, Henri fit rendre par son conseil une sentence par laquelle on déclara qu'il tenait sa seigneurie de Dieu seul et y avait l'autorité souveraine dans toute son étendue, notamment pour « forger monnoie au coin de ses armes ». Le duc de Guise ne paraît pas avoir usé du droit que cette sentence lui reconnaissait. Il fut assassiné en [ j88 ; sa fille et héritière, Louise-Marguerite, venait de naître; en 1605 elle épousa François de Bourbon, prince de Conti, qui la laissa veuve en 1614.

En 1625, Louise-Marguerite de. Lorraine résolut de frapper monnaie et bailla l'exploitation de son droit régalien à un entrepreneur qui ouvrit deux ateliers, l'un à Château-Renault, l'autre à La Tour-à- Glaire. Il était autorisé à frapper des dou\ains et doubles tournois « au tiltre et poids des monnaies de France », des écus, demi-écus et quarts

iécu et, en général, toutes les pièces d'or, d'argent et de cuivre qu'il voudrait, sur le modèle de celles de Lorraine, des Pays-Bas, etc. L'entrepreneur obtint aussi la singulière faculté de graver ses coins à l'effigie du défunt prince de Conti et de les dater rétrospectivement, comme si elles avaient été frappées du vivant de François de Bourbon.

Les ateliers de Louise-Marguerite devinrent de véritables usines de faux-monnayage, car à côté des pièces plus ou moins loyales qui portaient explicitement les noms et titres des princes réunis ou de la prin-

T. Bretagne, Bail àt la Monnaie des terres souviraines de Chdtrau-Renault, dans la S/vue numitmatique, 186;, p. 31Z. — A. Engel, Imitations manitairts de Chdleau-Renaait, dans li Revue numitin., i83), p. 296; 1886, p. ^87, et 18S7, p. 181.

cesse seule, on émitune énorme quantité d'espèces contrefaites à légendes énigmatiques et à armoiries feintes renseignant très peu le public sur leur origine. Ces pièces clandestines, qui s'écoulèrent surtout en Allemagne à la faveur des désordres de la guerre de Trente-Ans, ont été étudiées en détail par M, Arthur Engel ; elles consistent principalement en escalins ou I pièces de ; batzen, en pièces

de trois kreu^er, etc. Nous reproduisons un de ces escalins dans notre figure 197, '''*■ '" tandis que notre figure 196

représente le daeldre d'argent aux bustes affrontés de Louise- Marguerite et de son époux, la plus belle de ses monnaies avouables, La légende du revers; IN ■ OMNEM ■ TERRAM SONVS-EORVM est l'ambitieuse devise de la princesse: on la retrouve sur la plupart des pièces signées.

aj). — PrincipaxiU d'Arclxs'.

En 1^64, la principauté d'Arches, située sur la rive gauche de la Meuse, vint à la maison de Gonzague en même temps que le duché de Nevers et le comté de Rethel, par le mariage d'Henriette de Clèves avec Louis de Gonzague, fils de Frédéric 11, duc de Mantoue. En i6c6, Charles 1 de Gonzague, qui avait succédé depuis 1601 à sa mère Henf.g. 1,8 riettc, entreprit d'entourer le bourg

d'Arches de murs et d'en faire une ville qu'il nomma Charleville. Il y ouvrit un atelier monétaire qui frappa une grande quantité d'espèces, presque toutes imitées de celles des Pays-Bas espagnols, de la République des Provinces- Unies, de France, d'Espagne, etc. Nous reproduisons dans nos figures 198 et 195 le ducat d'or et Vécu d'argent. La plus ancienne pièce datée est de 1606.

Le monnayage de Charleville continua sous Charles II (i6î7-j9). Un bail passé en i6j8 avec l'entrepreneur de l'atelier autorisa la fabrication des pièces suivantes : florins d'or, ry-ders et demi-ryders d'or,

I. Bretagne, Baux de la Monnaie de Clmrîeviik, dans les Mélanges de nuiiiUmatijaf,

t. m, p. it6.

, demi-pistoles d'or, philippus daeldres valant 60 sols, rixdaeldres valant : js sols, escalins valant 6 sols, demi-escalins, sols, liards, doubles. Plusieurs de ces pièces n'ont pas été retrouvées. Un second bail, passé en 1641, parie spécialement de la frappe des doubles et demi-tournois ; ce monnayage prît une très grande extension et le cuivre charlevillois, copié des monnaies de Louis XIII et de Louis XIV, inonda bientât )a

Fig. 199

France, malgré les édits prohibitifs de la Cour des Monnaies. La pièce datée, la plus récente, est, suivant Poey d'Avant, de 16; 5. C'est vers cette époque que l'atelier de Charleville paraît avoir été supprimé. En 1659, Charles II de Gongague vendit Arches, Nevers et Rethel au cardinal de Mazarin.

ak). — Seigneurie de Jamel^' .

La seigneurie de Jametz, enclavée dans le Verdunois, passa, au milieu du XV* siècle, à la maison de la Mark par le mariage de Jeanne du Saulcy avec Robert I. Lorsqu'on 1519 Roben II régla sa succession, il réserva le duché de Bouillon et la principauté de Sedan à son Bis aîné, Robert III, et donna Jametz à son troisième fils Jean (15)6-1560), Celui-ci apporta tous ses soins à faire de Jametz une petite ville ; il la fît ceindre de murailles et, suivant M. R. Serrure, y créa un atelier monétaire. Les pièces de Jean de la Mark retrouvées aujourd'hui sont copiées des snaphaens et des demi-snaphaens d'argent qui se frappaient vers ta même époque en Gueldre et au pays de Liège ; à l'avers, sous le cavalier qui en forme le type, on Ht lAM.. et au revers, autour de i'écu de la Mark qui broche sur une croix feuillue: MON ■ NO- ARG- DNI ■ lOAN ■ A- MARKA.

I. R. Serriire, Monnaies de la seigneurie de hiiuli, dans le Bail. mens, dt numism. et d'arch/ol., t. III, i88}-84. p. i;9. — F. de Saulcy, Monnaies obsidionales de Jaiwl^ irapftt! en tjSS, dans la Revue nimismaliqHe, i8]6, p. 17;.

On ne possède aucune monnaie frappée à Jametz sous Henri-Robert, prince de Sedan, petit-neveu et unique héritier de Jean; mais pour Charlotte, qui succéda en r)74 à son père, nous avons à signaler uo monnayage obsidional remarquable. En décembre i (87, Jametz fut investie par les troupes de Charles 111, duc de Lorraine, qui voulait punir la maison de la Mark des secours qu'elle accordait aux protesunts. L'héroïque petite ville défendue par Schelander lutta pendant un an et

Fig. 100 Kg. ui

ne se rendît que le 19 décembre 1 588, lorsque toute résistance fut devenue impossible. Pour remédier au manque de numéraire, Schelander fit frapper les obsidionales en cuivre de 20 et de 10 sols dont nous donnons le dessin (fig. 200 et 201). Duby assure qu'il y eut également une émission de pièces en étain; elles sont inconnues en nature.

al). — Principautés de Sedan et de Raucoart.

Au milieu du xv* siècle, Éverard de la Mark acheta de son beaufrère, Louis de Bracquemont, la seigneurie de Sedan, à laquelle vinl s'ajouter, en 1 s 48, celle de Raucourt, acquise par Robert IV. Le mariage de Charlotte de La Mark, en i j 9 1 , porta les deux terres dans la maison de La Tour. En 1642, Frédéric-Maurice de la Tour, ayant trempé dans la conspiration de Cinq-Mars, fut emprisonné et n'obtint sa liberté qu'en livrant ses états au roi de France. La réunion définitive de Sedan et de Raucourt au royaume n'eut lieu toutefois que le 20 mars 1651- Voici la liste des princes de Sedan depuis le commencement du xvi= siècle:

Boberi II, 1489-1JJ6. 'Charlouc, 1589-91.

Robert III, 1536, 'Charlotie ci Henri de ia Tour, 1591-94.

Robert IV, 1536-56. 'Henri de h Tour, 1594-1623.

Henri-Robert, 1556-74- 'Frédéric-Maurice, 1623-1651. •Guillaume- Robert, 1574-88-

Le monnayage de Sedan débuta sous Guillaume-Robert et se composa d'abord d'imitations des ^war/i rf'^CK, des huitièmes d'écuet des doubles tournois (fig. 202) de France. La pièce datée la plus ancienne que signale Poey d'Avant est de 1577. Sous Charlotte appa-

raissent les premiers écus d'or; mais l'activité sérieuse des émissions ne commença qu'après la mort de cette princesse, quand son mari Henri de la Tour se vit seul en possession des seigneuries. Outre l'atelier de Sedan, il y eut à cette époque des forges à Raucourt et à Haraucourt ' . La série monétaire d'Henri, très nombreuse, comprend des écus et doubles écus d'or, des Jlorins d'or (fig. 20î), des ^cus ou daeldre d'argent au buste valant 4; sols, des écus à l'aigle valant jo sols, ainsi que leurs subdivisions, des quarts d'écu au type français, des pièces de 5 sols, des liards tournois et des doubles tournois. Ces dernières pièces furent

Bg. xn Fig. iO)

frappées en très grande quantité et se répandirent en France malgré les édits royaui qui en prohibèrent le cours. Pour Frédéric-Maurice, les émissions se bornèrent à quelques monnaies de billon et à des doubles de cuivre, que leurs légendes appellent DOVBLE DE SEDAN. La pièce datée la plus récente est de i6j8. La devise adoptée par les princes de Sedan, sur leurs espèces, est Non est consilium adversus Dominum,

am). — Duc>>i de Bouillon^.

En 1481, Guillaume de la Mark retint le duché de Bouillon en garantie des sommes dont lui étaient redevables l'évêque et le chapitre de Liège; après sa mort, Robert II, prince de Sedan, hérita du duché, mais bientôt l'évêque de Liège s'étant acquitté de sa dette rentra en possession de Bouillon. Les princes de Sedan n'en continuèrent pas moins à prendre le titre de dux bullionaeus, qui se lit sur la plupart des monnaies dont il a été question dans le précédent paragraphe.

Les évëques de Liège considéraient le duché de Bouillon comme une terre allodiale. En i6[ 1, Ernest de Bavière ([}8o-i 6 12), désireux de

1. N. et E. Goffan, WoiiVe bisl. sur Ir canton àt Raucmirt. Sedan, 1889, in-8, p. jg.

2. R. Serrure, Dictionnaire géogr. de rbistoire monétaire belge, sub verb. Bouillon. — J. de Chesiret, Numismatique de la principauU de Liige et de ses d/fiendances. Bruxelles, 1890, in-4.

soustraire son monnayage au contrôle du Cercle de Westphalîe, ouvrit à Bouillon un atelier où il frappa des espèces spéciales au duché, et semblables, quant au poids et à l'aloi, à celles que frappait le duc de Lorraine. Ces monnaies se distinguent des autres monnaies liégeoises en ce qu'elles portent au revers l'écusson de Bouillon : de gueules à iafasce d'argent; il y eut ainsi Azs florins d'or et des pièces d'argent de 60, de jo et de 15 patards appelées quadruples testons, doubles testons et testons. Les émissions spéciales au duché de Bouillon continuèrent, en espèces plus variées, sous Ferdinand de Bavière (iiSi 2- ;o), dont nous avons, en plus des monnaies inaugurées sous son prédécesseur, des doubles et simples écus d'or et des ducats d'or. Pour Maximilien-Henrt de Bavière, sous l'épiscopat duquel Louis XIV s'empara du duché, la seule pièce frappée est le ducat, dont l'exemplaire le plus récent porte la date de 1657. L'évêque et ses successeurs ne cessèrent de protester contre la spoliation dont ils étaient victimes de la part du roi de France, et, jusqu'à la fin de leur monnayage, ils continuèrent à prendre sur leurs pièces le titre de dux buUionensis.

C'est en 1676 que Louis XIV enleva Bouillon aux évéques de Liège pour le donner quelques mois après à Godefroid-Maurice de la Tour (1678-1721), fils de Frédéric-Maurice, ancien prince de Sedan. Par éditdu i4mai 1681, le nouveau souverain de Bouillon décida qu'il serait battu monnaie à son eflîgie; un atelier fut aussitôt ouvert dans la capiule du duché. On ne connatt de cette fabrication que des doubles de cuivre (fîg. 204), mais il résulterait des ordonnances qu'on émît également des souverains et demi-souverains d'or, des patagons, des escalins et des patars d'argent. En 1754, Charles-Godefroid, petit-fils de Godefroid -Maurice; conçut le projet de monnayer de nouveau, mais il n'y donna praint de suite. De nouvelles tentatives sans résultat furent faites en 1771.

an). — Comté de Roclxfort'.

La terre de Rochefort, située dans la province belge de Namur, i quelques kilomètres des célèbres grottes de Han, fut érigée en comté en 1490 par l'emfwreur Maximilien 1. Ses armes étaient : d'or à l'aigle de gueules, becquée et membrée d'azur.

I. F. Alvin, tJrunouvilli icrit monitaire : Rochtjorl. Bruxelles, 1883, in-S de S pages. — A. Engel, les mémoires cités, p. 19J, note i.

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A la fin du xv^ siècle, le comté de Rochefort passa par alliance dans la maison de Stolberg en même temps que Montaigu', Herbeumont, Neufchâteau, Cugnon et Chassepierre. En i j^S, Louis de Stolberg- Koenigs tein hérita de ces diverses seigneuries, sur lesquelles il exerça tous les droits de souveraineté, jusqu'à sa mort arrivée en 1585. Louis de Stolberg prend le titre de cornes rupefortensis sur la plupart de ses monnaies frappées en Allemagne.

Par le mariage d'Anne de Stolberg, fille de Louis, avec Louis le Vieux, comte de Loewenstein, ce seigneur devint possesseur des diverses seigneuries belges énumérées ci-dessus et les transmit à ses fils cadets Wolfgang-Ernest et Jean-Thierry. Le premier étant mort sans enfants, Jean Thierry (161 1-1644) resta seul souverain effectif des diverses terres belges; il établit à Rochefort un atelier monétaire qui paraît avoir mis principalement en circulation de ces imitations frauduleuses d'escalins, comme nous en avons signalé pour l'atelier de Château-Renault. Les légendes caractéristiques des produits de l'atelier de Rochefort sont:

MONETA • NOVA • ARG • ROK. MO • NOYA • ARG • ORDINE CLER (comitis Loewensteini et Rupefortis), etc. Un certain nombre de coins destinés à un faux monnayage furent découverts en 1866 dans les ruines du château de Rochefort.

Les successeurs de Jean-Thierry continuèrent à s'intituler comtes de Rochefort sur la plupart de leurs monnaies, mais l'atelier dont il vient d'être question ne semble pas avoir survécu à son fondateur. Le titre de cornes rupefortensis figure également, mais comme l'expression de vaines prétentions, sur les monnaies des comtes de Stolberg, héritiers collatéraux d'Anne de Stolberg, et sur celles de la branche aînée de la maison de Loewenstein-Virnen bourg.

ao). — Seigneuries de Cugnon et Chassepierre^.

Nous avons vu, dans le précédent paragraphe, comment Cugnon et Chassepierre arrivèrent en la possession de Jean-Thierry, comte de Loewenstein-Rochefort (161 1-1644). Ce seigneur créa à Cugnon un atelier monétaire et y frappa des daeldres, des escalins d'argent et des doubles tournois copiés de ceux de France. Les titres que prend Jean Thierry sur ses daeldres sont : I0 • THEOD • COM • IN LEWENSTEIN WERTHROCHEF — ET- MONTAGVSVP- IN CHASPIERRE ET

1 . Le comté de Montaigu portait : d* argent à une boucle de ceinturon d*or,

2. F. Wibel, Zur Mûnxgeschichte der Grafen von Wertheim nnd des Gesammthauses Loewenstein-WerilKim. Hambourg. 1880, in-8.

CVGNON ETZ. Ces diverses monnaies ont les dates de 162} à 163s- Outre ces pièces portant la mention explicite de leur origine, l'atelier de Cugnon émit un grand nombre de contrefaçons de ducats de Venise, de Turquie et de Hongrie, depistoles de Milan, etc.; ces monnaies ne sont reconnaissables à aucun signe particulier, mais leur émission nous est attestée par une enquête faite en 1628 par les autorités des Pays-Bas espagnols.

Après la mort de Jean-Thierry, son fils Ferdinand-Charles (1644-72) continua la fabrication à Cugnon de doubles et de deniers tournois de cuivre. Les pièces les plus récentes sont de 1655.

Les titres de seigneurs de Chassepierre, Herbeumont, Neufchâteauetde comtes de Montaigu continuèrent à figurer sur quelques-unes des monnaies frappées en Allemagne par les successeurs de Ferdinand-Charles, ainsi que sur celles des membres de la branche aînée de la maison de Loewenstein.

ap). — Seigneurie des Hayons K

Cette petite seigneurie se composait d un hameau compris aujourd'hui dans la commune belge de Noire-Fontaine. En 1624, Lambert d'Oyenbrugge de Duras, suivant l'exemple donné par ses voisins la princesse de Château-Renault et le comte de Loewenstein-Rochefort, établit un atelier monétaire dans la ferme de la Vanette, sur les bords de la Semois. Cet atelier battit des demi-patagons, des quarts de patagons et autres menues espèces aux types usités dans les Pays-Bas espagnols. Le souverain des Hayons s'y intitule : LAMBER. A DVRAS ^{aro) ET SV- PREMVS PRINCEPS HAYONEN. Cette fabrication avouée cachait une véritable entreprise de faux-monnayage, ainsi qu'il résulta de l'enquête faite par les autorités des Pays-Bas espagnols en 1628. La fabrication de Lambert d'Oyenbrugge, arrêtée vers cette époque, ne paraît pas avoir été renouvelée.

aq). — Ville impériale de Francfort-sur -le-Mein^.

La ville impériale de Francfort avait pour territoire, outre la cité elle-même, quelques villages situés sur les deux rives du Mein. Elle

1. A. Piochart, Les ateliers de fausse monnaie au xvi« siècle et les monnaies des seigneurs des Hayons et de Cugnon, dans la Rev. belge de numism., 1849, p. 51.

2. E. Huppell, Beschreibung der Mùnien und Medaillen welche wegen geschichtlicher Be-^ gebenheitek fur Frankfurt gefertigt wurden, dans VArchiv fur Frankfurfs Geschichte und Kunst, ae 1857. Le même recueil renferme d'autres travaux de numismatique locale.

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était le lieu habituel de l'élection et du couronnement des souverains de l'Allemagne et les cercles du Haut et du Bas-Rhin tenaient leurs diètes dans ses murs. Ses armes étaient : de gueules à Vaigle d'argent.

En 1428 et 1429, Sigismond, roi des Romains, accorda à la ville le droit de battre monnaie d'or et d'argent; en 1 5 5 5 ces octrois furent confirmés par Charles-Quint. La numismatique de Francfort-sur-le-Mein forme une série très importante et très riche tant par la variété des monnaies courantes qui la composent que par les nombreuses monnaies commémoratives qui viennent en augmenter l'intérêt : schiessthaler rappelant des tirs, wahlmûn^en et kronungsmûnj(en célébrant l'élection et le couronnement des empereurs, schulprœmienmûn^en monnaies spéciales données en prix dans les écoles de la ville, etc.

Le type habituel des monnaies de Francfort-sur-le-Mein est l'aigle, soit l'aigle impériale, soit celle des armoiries de la ville. On la retrouve notamment sur les curieux g^ro5 tournois^ TVRONVS FRACOFORT, dont la fabrication se perpétua jusqu'au xvii*^ siècle. Déjà à cette époque, mais surtout au siècle suivant, les thalers portent parfois une vue de la ville prise du Mein. En 1796, lors de la guerre contre la France, des ducats et des thalers de nécessité frappés avec les objets précieux fournis par les églises et les habitants rappellent cette particularité par leur légende:

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