GRATIA REGES REGNAIT
A la mort d'Albert, survenue en 1500, ses deux fils, Georges et
Henri, lui succédèrent en Frise et frappèrent des florins d'or en commun ; puis, après 1 504, le nom de Georges parut seul sur les espèces, frappées à cette époque à Leeuwarden. En 151$, le duc de Saxe, renonçant à se maintenir en Frise, céda ses droits à Charles Quint comme comte de Hollande.
ab.). — Comté d'Ostfrise,
Le comté d'Ostfrise était compris entre la mer du Nord, la seigneurie d'Iever, le comté d'Oldenbourg, l'évêché de Munster, le pays de Groningue et le golfe du DoUart. Ses armes étaient : de sable à la harpie
I. P. O. van der Chys, De munten van Friesîand, Groningen en Drenthe. Haarlem, 18$ 5, in-4, p. 123 et suiv.
d*or couronnée et accompagnée de quatre étoiles du même. Ses souverains prenaient le titre de : comes etdominus Phrisiae orientalis auquel ils ajoutent, au xvii« siècle, ceux de: dominus in Esens, Stedesdor/et Wittmund; voici leur chronologie :
•EdzardI, 1491-1528. * Julienne de Hesse, sa veuve, tutrice
* Enno II, 1 528-1 540. de leur fils mineur, Enno-Louis. •Edzardll avec ses frères Christophe et Enno-Louis, 1 648-1 660, prince depuis
Jean II, 1540-1566. 1654.
* Edzard II avec son frère Jean II, 1 566- * Georges-Chrétien, 1660- 166 5, prince
1591. depuis 1662.
* Edzard II, seul, après la mort de ses * Christine-Charlotte de Wurtemberg,
frères, 1 591-1599. sa veuve, tutrice de leur fils mineur,
*EnnoIII, 1599-1625. Chrétien-Eberhard, 1665-1690.
Rodolphe-Chrétien, 1625-1628. * Chrétien-Eberhard, 1665-1708.
*UlricII, 1628-1648. • Georges- Albert, 1708-1734.
Charles-Edzard, 17 34- 1744.
Les monnaies de TOstfrise forment une très belle série. Sous Enno II, les légendes cessent d'être écrites en lettres gothiques et, comme plus fortes monnaies, nous avons à signaler des Jlorins d'or et des quarts de thaler. Le thaler commence pendant la première partie du règne d'Edzard II, lorsqu'il gouvernait le comté en commun avec ses deux frères. La légende habituelle des monnaies de l'Ostfrise, abstraction faite du nom des comtes et de la mention impériale, est : DA PACEM DOMINE INDIEBVSNOS^^^'5. La tutrice Christine-Charlotte, dont il existe des thalers à son buste, prend pour devise CHARITATE ET CANDORE, et son fils, |N DEO SPES MEA. L'atelier monétaire des comtes et princes d'Ostfrise était situé à Norden. En 1744, après la mort de Charles-Edzard, le roi de Prusse Frédéric II prit possession de la principauté qui, pendant toute la durée de la domination prussienne, continua à avoir des monnaies divisionnaires spéciales. En 1 806. Napoléon I réunit l'Ostfrise au royaume de Hollande.
ac). — Seigneurie d* lever K
La seigneurie d'Iever était comprise entre la mer du Nord, la seigneurie de Kniphausen et les comtés d'Oldenbourg et d'Ostfrise. Ses armes étaient : d'or au lion d'or couronné du même. Au xvi^ siècle, elle fut gouvernée par les personnages suivants :
Edo Wimken II, 1468-1511. •Marie, 15 17-1575.
Christophe, 1511-1517.
ï. J. Merzdorf, DieMûnT^en iind Medaillen Jeverlattds, Oldenbourg, ^86o, in-8.
En 1532, Marie, pour se soustraire aux entreprises du comte d'Ostfrise, reconnut la suzeraineté de l'empereur Charles-Quint comme duc de Brabant. A sa mort, la terre d'Iever passa, conformément à ses dispositions testamentaires, au comte d'Oldenbourg. On possède un grand nombre de monnaies de Marie d'Iever, parmi lesquelles quelques ducats ; mais ses émissions consistèrent principalement en thalers de divers types : le judocusthaler, représentant d'un côté le lion d'Iever debout et de l'autre saint Josse, SANCTVS IVDOCVS MARTIR. debout, tenant un drapeau et une épée, le thaler mit dem Dornenkran^e, portant à l'avers Técu échancré au lion et au revers la couronne d'épines, le thaler mit der Burg, où le revers porte un château à trois tours, le heilandsthaler au type de la Résurrection, le thaler représentant Daniel dans la fosse aux lions, enfin le thaler à la croix fleurdelisée chargée en cœur de Técu d'Iever. Outre ces fortes pièces, elle frappa en abondance des pièces divisionnaires, qu'on trouvera décrites pour la plupart dans le travail de M. Merzdorf. Le nom et les titres de Marie d'Iever sont généralement écrits en langue bas-allemande : MARIA Qeborne Oochter Wnd praûlein TO \E\ER Ri stringen OStringen yfAngerland.
Le comté d'Iever n'eut pas de monnaies spéciales pendant sa réunion à l'Oldenbourg. Après la mort d'Antoine-Gunther en 1667, la terre passa à son neveu :
Jean d'Anhalt-Zerbst, 1667. Jeanne-Elisabeth de Holstein, tutrice,
* Charles-Guillaume, 1667-1718. 1747-1752.
Jean-Auguste, 1718-1742. * Frédéric- Auguste, 1747-1795.
•Jean-Louis et Chrétien-Auguste, 1742- *Frédérique-Auguste- Sophie d*Anhalt-
1746. Bernbourg, veuve du précédent,
Chrétien Auguste, 1746- 1747. gouvernante d'Iever pour le compte
de la Russie, 1 793-1 807.
Les devises ordinaires des monnaies d'or, d'argent et de billon frappées par Charles-Guillaume sont : |N DOMINO FIDVCIA NOSTRA ou m DEO FACIEMVS VIRTVTEM. Un ducat aux bustes accolés de Jean-Louis et Chrétien-Auguste fait allusion à leur bonne entente : CONCORDIA FRATRVM. Les monnaies de Frédéric- Auguste et de sa veuve sont frappées conformément au pied de convention. En 1807, lever fut réuni au royaume de Hollande.
ad). — ComU d'Oldenbourg K
Le comté d'Oldenbourg, auquel était rattaché le comté de Delmenhorst,
I. J. Merzdorf, Oldenburgs Mûn^en und Medaiîîen Ustorisch und kritisch Usçhriebcn* Oldenbourg, 1860, in-8.
s'étendait sur les confins du cercle de Basse-Saxe. A Touest, il touchait à rOstfrise, au sud, au comté de Hoya et au pays de Munster; la mer du Nord en formait la limite septentrionale. Ses armes étaient : dor aux deux/asces de gueules ; le comté de Delmenhorst portait : d'azur à la croix au pied fiché d'or. Le tableau généalogique suivant donne la maison comtale au xvi« et au xvii« siècle :
Jean XIV, 1 500-1 526
•Jean XV •Georges * Christophe •Antoine
•Jean XVI
•Antoine-Gunthcr
Après la mort d'Antoine-Gunther, le duc de Schleswig-Holstein- Ploen hérita du comté d'Oldenbourg; en 1676, celui-ci le céda à Chrétien V, roi de Danemark. En 1773, le roi Chrétien VII laissa le pays à Paul-Petrowitz, duc de Holstein-Gottorp, qui, la même année, le donna à Frédéric- Auguste de la branche cadette de Gottorp. En 1776, l'Oldenbourg fut érigé par Joseph II en grand duché :
• Frédéric- Auguste, 1773-178$. • Pierre-Frédéric-Guillaume, 1785-1823.
Les premiers thalers sont de Jean XV, qui régna en communauté avec ses frères Georges, Christophe et Antoine; ils portentleurs armes, le millésime de i j 3 5 et la légende: ANTHO • lOANES • GEORGI • CHRISTH-FRATRES Z COMITES DE OLDENBZ DEL. Depuis i^i, les aînés avaient abandonné au cadet Antoine le gouvernement effectif du comté; celui-ci frappa en son nom seul des fiorins d'or au cavalier, des thalersy des mariengroschen, etc., sa devise est DNS. PROTECT. VITE MEE A a'uo TREPlDabo.
ae). — Comté de Wicd,
Le comté de Wied était divisé en deux tronçons, situés l'un sur la rive droite du Rhin, avec la ville de Neuwied, Tautre sur les deux rives de la Lahn. Il comprenait la seigneurie de Runkel. Les armes de Wied étaient : d'or à quatre bandes de gueules et au paon rouant brochant sur le tout; celles de Runkel : d'argent à deux pals de gueules et au canton d'aj(ur, A la fin du xvii« siècle, la maison de Wied se divisa çn dçux lignes : Wied-Runkçl et Wjed-Neuwiçd ;
RUNKEL. NeUWIED.
Maximilien-Henri, 1698-1706. Frédéric-Guillaume, 1698-1737.
•Jean-Louis- Adolphe, 1706- 1762. •Jean-Frédéric- Alexandre, 173 7-1 791.
•Chrétien-Louis, 1 762-1 791. Frédéric-Charles, 1 791 -1802.
Charles-Louis-Frédéric, 1 791- 1824.
En I7j8, Jean-Louis-Adolphe de Wied-Runkel ouvritàDierdorf un atelier où il frappa diverses monnaies de billon de i à 1 5 kreu^er; mais ce monnayage fut interdit par mandement impérial en 1760. Ces pièces portent son chiffre couronné entouré de GRAF ZV WIED RVNKEL, légende qui se continue au revers par ISENBVRG VND CRIECHINGEN. Le droit monétaire du comte de Wied ne fut pas contesté, mais l'empereur exigea que l'exercice en eût lieu dans un atelier agréé par le cercle de Westphalie. Chrétien- Louis fit également monnayer, et en 1762 il fit frapper avec l'argent tiré de la mine de Weyer, EX FODINIS WEYERIENSIBVS. un ausbeutethaler commémoratif de son mariage avec Charlotte-Sophie-Augusta de Sayn-Wittgenstein.
Jean-Frédéric-Alexandre de Wied-Neuwied nous a laissé des ducats et des monnaies d'argent et de cuivre. Quelques pièces frappées en 17J2 et 1753 portent une vue de la ville de Neuwied.
af). — ComU de Scîjauenbourg,
Le comté de Schauenbourg était borné par le Hanovre, le duché de Calenberg, Tévèché de Minden et le comté de Lippe. Ses armes étaient : de gueules à un écusson triangulaire coupé d'argent sur gueules, côtoyé de trois feuilles d'orties d'argent alternant avec trois clous du même posés en pairie. Voici la succession des comtes et princes de Schauenbourg :
Otton IV, 1553-1576. Frédéric-Chrétien, 1681-1728.
•Adolphe XIII, 1576-1601. *Albert-Wolfgang, 1728- 1748.
•Ernest, 1601-1622, prince depuis 1619. •Guillaume-Frédéric-Ernest, 1748-1777.
•Josse-Hermann, 1622-165 5. * Philippe-Ernest, 1 777-1 787.
Otton, 1635-1640. * Georges-Guillaume, 1787, mineur jus-
• Philippe de Lippe, 1 640-1 681. qu'en 1807.
Le 14 août 1569, Tempereur Maximilien II confirma à Otton IV ses droits monétaires. Le mariage d'Elisabeth de Schauenbourg avec Simon VI de Lippe fit passer le comté dans cette maison ; il fut donné à Philippe, troisième fils de Simon VI, fondateur de la ligne de Lippe- Schauenbourg. En 1647, une partie du comté passa à la Hesse; quelques monnaies de cuivre aux armes parties de Hesse et de Schauenbourg- Lippe furent frappées par Philippe de Lippe et le landgrave Guil-
laume V de Hesse-Cassel, mais après 1648 chacun reprit son monnayage particulier.
En 1608, Tatelier du comté se trouvait à Oldendorf ; c'est là que furent frappées les monnaies de bas aloi émises par les comtes de Schauenbourg pendant la kipperj^eit. Au milieu du xvii« siècle, la Monnaie fut établie à Buckebourg.
ag). — Comté de Lippe ».
Le comté de Lippe, dont le territoire s'était accru d'une partie de celui de Schwalenberg, était borné au nord par le comté de Ravensberg, l'évêché de Minden et le comté de Schauen bourg, à l'est, par les comtés de Calenberg et de Pyrmont et par l'évêché de Paderborn, au sud, par Paderborn, à l'ouest par Ravensberg. Les armes de Lippe étaient : d'argent à la rose de gueules boutonnée et barbée d'or; celles de Schwalenberg: de gueules à l'étoile à cinq rais d'or supportant une hirondelle (en allemand schwalbe) de sable et d'argent. Les comtes suivants gouvernèrent la Lippe depuis le commencement du XYi^ siècle jusqu'à la fin du xvni^:
* Simon V, I5n-i$}6.
Bernard VIII, 1(36-1563.
*Simon VI, 1563-16x3.
jj Simon VII, 16x3-1627.
8imon-Louis, 1627-1636.
* Simon-Philippe, 1636-1650.
Jean-Bernard, 1650-1652.
* Hermann- Adolphe, 1 6 5 2- 1 666 .
• Simon-Henri, 1666-1697.
• Frédéric- Adolphe, 1 697-1 7 18.
* Simon-Henri-Adolphe, 1718-1734.
* Simon- Auguste, 1734-1782.
• Louis-Henri- Adolphe, tuteur, 1782-
♦ Frédéric - Guillaume - Léopold, 1782-
Simon V prit, le premier, le titre de comte: cornes et nobilis dominus de Lippia. En 1687, Simon-Henri devint, par son mariage, seigneur de Vianen et d'Ameiden aux Pays-Bas; quelques-uns de ses successeurs ajoutèrent sur leurs monnaies, à leur titre habituel, ceux de: supremus dominus Vianae et Ameidae, burgravius hereditarius Ultrajecti.
Le premier thaler ou guldiner de Lippe fut frappé en 1528, sous Simon V, dont ce fut la seule monnaie; l'avers porte son buste, le revers son écu écartelé de Lippe et de Schwalenberg et timbré d'un heaume. Le monnayage reprit en 1598 sous Simon VI qui, en 1592, s'était fait confirmer ses droits régaliens par l'empereur Rodolphe II ; on
I. H. Grote et L. Hôlzermann, Lippische Geld-und Mûnxgeschichte, dans les Mûn^stU' dien, t. V, 1867, p. 229 et suiv.
l'empire d' ALLEMAGNE 239
a de lui de nombreuses espèces, thalers, fûrstengroschen, mariengroschen, dreier et gosier ou demi-pfennigs. Sous Simon VII les monnaies devinrent plus nombreuses encore et comprirent des florins d'or et des pièces de cuivre pur portant parfois le nom de la ville de Detmold :
DITMAL.
Hermann-Adolphe inscrit au revers de ses thalers et demi-thalers
la devise : SPES CONFISA DEONVNQVAM CONFVSA RECEDIT. Son
successeur Simon- Henri utilisa deux légendes personnelles; sur ses pièces les plus anciennes on lit CLEMENTE DEO BONA CONSCIENTIA ; sur plusieurs de celles qui furent frappées à partir de 1685, il y a NEC TEMERE NEC TIMIDE. La devise de Frédéric-Adolphe est IVSTVM ET DECORVM ou DECORVM QVOD HONESTVM. Les types, en général dépourvus d'originalité, se bornent à reproduire le buste du souverain, les armes écartelées, la rose de Lippe, une légende ou un monogramme, placés dans le champ.
L'atelier de Simon V fut établi à Lemgo. Simon VI installa sa forge dans les caves de son château de Detmold. Son successeur transféra sa Monnaie à Blomberg, mais la rétablit à Detmold en 1618. Un atelier nouveau fut ouvert en 1724 pour la fabrication d'espèces de cuivre, au château de Brake, mais en 1749, l'outillage fut transporté à Detmold.
ah). — Comté de Bentheim ' .
Le comté de Bentheim était resserré entre l'évêché de Munster ef l'a province néerlandaise d'Overyssel ; ses armes étaient : de gueules à dixneuf besants d'or posés 4, 4, 4, 4 et 3. A la mort d'Arnould III de Bentheim (1606), ses fils régnèrent d'abord en commun, puis, en 1610, ils procédèrent à un partage; l'aîné, Adolphe, eut Tecklenbourg et Rheda (voir I suivant), le second, Arnould-Josse, eut Bentheim et une partie de Steinfurt. Ernest-Guillaume (1643-1693), fils d'Arnould-Josse, fit frapper des thalers à ses armes et diverses autres monnaies d'argent et de cuivre; ces dernières sont des dûtes analogues à celles des Provinces-Unies.
ai). — Comtés de Tecklenbourg et de Rheda»
Ces deux comtés étaient situés sur les confins de l'évêché de Munster. Tecklenbourg portait : d'argent à trois feuilles de nénuphar de gueules^,