‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 95 sur 157 · ET GREGE · texte numérisé non relu

ET GREGE

Auguste de Saxe, coadjuteur de Chrétien-Guillaume, fut élu par le

chapitre, mais il ne put prendre possession du siège archiépiscopal qu'en 1638. Jusqu'à cette époque le monnayage se fit de nouveau au nom du chapitre; après 1638, le nom d'Auguste prit place sur les espèces, suivi du titre de postulatus archiepiscopus magdeburgensis. La devise de ce prince était: SILENDO ET SPERANDO.

A la paix de Westphalie, il avait été décidé que l'archevêché de Magdebourg passerait comme duché séculier à la maison de Brandebourg après la mort d'Auguste de Saxe. Cet événement s'accomplit en 1680.

b). — Archevêché de Brime K

Les domaines temporels des archevêques de Brème s'étendaient entre l'Elbe et le Weser; leur résidence était Bremervôrde. Saint Pierre était le patron du diocèse. Les armoiries étaient : de gueules aux deux clefs d'argent posées en sautoir. Les archevêques suivants se succédèrent aux xvi« et xvu^ siècles :

*Jean III Rode von Wale, 1 497-1 511. * Jean- Adolphe de Holstein-Gottorf, 1585-

• Christophe de Bruns wick-Lunebourg, 1596.

1511-1558. * Jean-Frédéric de Holstein-Gottorf, 1596-

• Georges de Brunswick-Lunebourg, 1558- 1634.

1566. * Frédéric II de Danemark, 16 34- 1648.

• Henri III de Saxe-Lauenbourg, 1 567-1 585.

Le plus ancien guldengroschen ou thaler des archevêques de Brème est de 1 5 1 1 . Il porte à l'avers, dans un encadrement multilobé, l'image

I. J.-Ph. Cassel, Vollstàndiges Bremisches Mûn:(càbinet, Brème, 1772, 2 vol. in-8. — H. Jungk, DU bremischen Mûn^en, Brème, 1875, gr. in-8. — W. Bahrfeldt, Beitràge :(um Mûn^wesen der Er:(bischôfe von Bremm. Die Mûn:(stdtte Bremervôrde, âsixis Archiv des Vereins ^m Stade, t. XI, 1886, p. 203 et suiv.— Le même, Buxtehude, eine Mûnistâite des Eripischofs Heinrich III von Bremen, dans le Numism.'Sphragist, An:^eiger, t. XVII, 1886, p. 71.

à mi-corps de saint Pierre, surmontant Técu de l'archevêque Jean III, aux armes de sa famille; la légende est en caractères gothiques: lOD'l GR- ARCHIEPI • BREmenm MOneta HQpa STATw^ PLoreni Rhenensis. Le revers porte l'image de saint Wilhad, premier évêque de Brème, assis de face sur un trône ; il porte la mitre, tient la crosse et le modèle d'une église; à ses pieds figurent les armes de la ville de Brème. La légende est: S. WILHAD' PritAus EPiscopus BREMEN- SIS • 1 5 1 1 . Indépendamment des guldengroschen, l'archevêque Jean III frappa des verdings valant le quart de là pièce précédente; leur type se compose de l'écu écartelé de Rode et de Brème et, au revers, de l'image de la Vierge debout sur un croissant, dans un nimbe elliptique orné de rayons. La série monétaire comprend en outre des monnaies rentrant dans le système médiéval, \q florin A' ov^\^ quadrupla, groten, It groten et le schwaren; l'image de saint Pierre en }ormë"l^^pe principal. Deux ateliers, Brème et Bremervôrde, MONETA NOVA VORDENSIS. sont mentionnés sur les espèces.

Christophe prit d'abord le titre d'administrator, puis celui d'archiepiscopus. Ses premiers thalers reproduisent, avec de légères variantes, l'empreinte inaugurée sous Jean III, puis, en 1522, l'image rayonnante de la Vierge avec la légende HOC- MARE -VITE- TVLIT, où l'écu heaume et lambrequiné avec la devise ELIGE CVI DICAS, remplacent successivement, au revers, l'effigie de saint Wilhad. Le monnayage de Christophe paraît s'être arrêté après i s 24, dernier millésime que nous relevons sur ses monnaies divisionnaires.

Georges reprit les émissions de I560 à 1564. Ses thalers, dont il n'existe pas moins de quatre coins sensiblement variés, portent son buste, tantôt de face, tantôt de profil, à droite ou à gauche, et ses armes. Ses florins d'or et quelques pièces d'argent présentent sa devise : LAVS-

IMMORTAU-SEMPERDEO.

Les monnaies de Henri III, aux millésimes de 1585 et 1584, portent toutes, à l'exception du ducat d'or, le contreseing de l'empereur Rodolphe II. Les thalers ont le buste de l'archevêque. L'atelier d'émission est Buxtehude.

Jean-Adolphe eut un monnayage très restreint, mais on connaît de lui une demi-portugaise d'or, frappée; comme le dit la légende, selon la taille et le titre des pièces portugaises: NACH • PORTVGALISCHEN- SCHROT • Vnrf • KORN .

Sous Jean Frédéric les espèces sont beaucoup plus nombreuses: portugaises à!oT^ florins d'or au saint Pierre, thalers au buste parfois sur flan de poids double, marA^ de 32 g^ro/en, pièces Ae^groschen, pièces de 4 et de 2 schillings copiées des kopecks de Russie au type du cavalier,

doubles schillings ou seizièmes de thalers selon le pied de Tempire, doubles groten et groschen, La devise de Jean Frédéric ne paraît que sur \qs florins d'or: VIVIT POST FVNERA VIRTVS.

Toutes les monnaies de Frédéric II sont datées de 1641 à 1643; elles ne comprennent que des thalers au buste et des subdivisions. La guerre qui éclata en 1644 entre le Danemarck et la Suède eut pour résultat immédiat l'occupation du temporel de l'église de Brème par les Suédois et l'expulsion de l'archevêque Frédéric IL L'occupation dura jusqu'à la paix de Westphalie.

c). — - Duché de Brème K

En 1648, la paix de Westphalie mit fin à l'existence de l'archevêché de Brème et de Véwtthé de Verden comme états particuliers. Ils furent sécularisés et adjugés à la couronne de Suède, qui dut les tenir en fief de l'Empire germanique, avec le titre de duchés. La ville de Stade devint le siège de l'administration de ces pays, et ce fut dans ses murs que la reine Christine de Suède installa l'atelier monétaire destiné à pourvoir aux besoins de la circulation dans les deux duchés.

M. Bahrfeldt, qui a étudié avec le plus grand soin la numismatique de Brème pendant la période suédoise, dresse pour chaque règne la liste exacte des pièces frappées. Les types se composent du buste royal, des armes royales, du monogramme couronné, de la couronne, des armes parties de Brème- Verden dans une couronne formée de deux palmes, enfin d'une légende en plusieurs lignes dans le champ. Le revers porte en légende et en abrégé, soit moneta nova aurea (ou argentea) ducatus bremensis et verdensis, soit les deux titres ducaux faisant suite à la titulature royale écrite à l'avers. L'activité de l'atelier de Stade s'étendit aux règnes suivants :

•Christine, 1648- 1654.

• Charles X Gustave, 1 6 5 4- 1 660 .

•Charles XI, 1660-1675.

Occupation impériale, 167 5- 1680.

* Charles X rétabli, 1680- 1697.

•Charles XII, 1697-1718.

Le monnayage des duchés de Brème et Verden s'arrêta en 1698, et l'atelier de Stade fut définitivement fermé. En 1712, le Danemark s'empara des deux duchés; il les vendit en 171 5 à Georges I, électeur de Brunswick-Hanovre, auquel la Suède les abandonna définitivement en

I . M. Bahrfeldt, Die Mûn:(en und das Mûn:;wesen der Her:(ogtbftmer Bremen und Verden unter scJnvedischer Herrschaft, 1648-171^. Hanovre, 1892, in-8.

d). — Duchés de Brunswick- Lunebourg K

Les possessions de la maison de Brunswick-Lunebourg s'étendaient principalement dans le cercle de Basse-Saxe au Sud de TElbe. Les armes de Brunswick sont : de gueules à deux léopards d'or, l'un sur rautré, et celles de Lunebourg: d'or semé de cœurs de gueules, au lion d'azur brochant sur les cœurs. Les ducs portaient en outre, comme ducs de la Saxe inférieure : de gueules au cheval courant d'argent, indépendamment de plusieurs quartiers représentant leurs titres et possessions secondaires.

La maison de Brunswick-Lunebourg se divisa en un grand nombre de branches, dont plusieurs monnayèrent. Le tableau suivant montre comment les diverses branches se rattachent les unes aux autres :

Brunswick.

Brunswick-Grubenhagen. Brunswick.

Ligne moyenne Ligne moyenne

de Lunebourg. de Brunswick.

Harbourg. Celle. Wolfenbuttel, Gdenberg,

éteint en 1634. éteint en 1584.

Daunenberg . Celle .

Cette ligne Cette ligne

hérita en i6h devint la

des possessions nouvelle ligne

de celle de Wolfenbuttel de Lunebourg.

et devint la nouvelle I

ligne de Brunswick, ! |

encore existante. ^^^^^' Calenberg.

Ligne éteinte Ligne éteinte

en 1705. avec Georges V, roi

de Hanovre.

La numismatique de la maison de Brunswick-Lunebourg est extré-

I . M. Bahrfeldt, Beitrâge xur Mûn^geschichte der îûneburgischen Lande im ersten Drittd des XVII Jahrhunderts, Vienne, 1893, in-8. — G.-S.-A. von Praun, Follstàndiges Braunschweig-îùneburgisches Mûn^^-und Medaiîlen-Kabinet. Helmstàdt, 1747, in-40. — W. Bode, Dos altère Mùni^wesen derStaaten und Stâdte Niedersachsens . Brunswick, 1847, in-8.

mement abondante, tant par le nombre des souverains monnayeurs que par la variété et l'originalité des types. Les riches mines du Harz donnèrent aux ducs l'occasion de frapper de nombreux ausbeutethaler ; voici l'indication des exploitations minières ainsi mentionnées: Saint-Jakobszecke, 1625-1685; Saint-Andréas, 1666-1719; Ernst-August, 1684-1741 ; Herzberg, 1084-1685; Sophie, 1684-1760; Anna-Eleonora, 1687-1693; Margaretha, 1687-1690; Kranich, 1691-1758; Salzthal, 1701-1705; Caroline, 1713; Wildemann, 1729; Cronenburg, 1745-1752; Dorothea, 1713- 1720; Gûte des Herren, 1743-1752; Weisse Schwan, 1744-1756; Lautenthal, 1745-1763; Regenbogen, 1746-1752; Herzog August-Friedrich Bleyfeld, 17 50-1 7 52; Kônig Cari, 1752; Segen Gottes, 1 761-176 5.

Nous réunissons ci-après quelques détails relatifs au monnayage des diverses lignes de la maison de Brunswick-Lunebourg :

Ligne de Brunswick-Grubenhagen. — Les possessions de la ligne de Brunswick-Grubenhagen s'étendaient, dans la partie méridionale du cercle de Basse-Saxe, au Sud de la principauté de Wolfenbuttel, sur le versant septentrional du Harz. Elles comprenaient par conséquent une importante région minière. Voici quels furent, à l'époque dont nous avons à parler, les représentants de cette famille ;

Philippe I, i486 -1551.

♦ Ernest IV • Jean • Wolfgang ♦ Philippe II

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