‹ Traité de paléontologieChapitre 111 sur 183 · XI · texte numérisé non relu

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Fig. 287. font entre elles des angles 1 Macclintockia Lyalli Heer, Groenland. 2 M. trinervis Heer, Groenland,

Tertiaire. (Reprod. d'après Heer.) plus ou moins aigus, et sont

; camptodromes; lorsque la

feuille est échancrée, les lobes reçoivent des nervures de la camptodromie. Les nervures secondaires sont reliées par des branches anastomotiques

courbes, brisées ou droites, simples ou ramifiées, qui limitent des champs, à

! Flore fossile des travertins de Sézanne.

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URTICIN Æ. 475

l’intérieur desquels les nervures plus fines formeïlt un réseau d'éléments polygonaux ou tétragonaux. M. DE SapoRTA compare ces feuilles à celles des Artocarpées, avec lesquelles elles montrent sans doute beaucoup d’affinité; toutefois en l'absence d’autres restes, la position systématique de ces plantes reste douteuse.

Les rapports de l’Anisophyllum Lesq.' ne sont pas plus nets; ce genre est basé sur des fragments mal conservés de feuilles palmatinerves (A. semialatum

Lesq.) provenant du Crétacé supérieur de l'Amérique du Nord, du Fort Harker

Fig. 288.

1 Protophylum multinerve Lesqu. Crétacé supérieur. 2 Salsola œningensis Heer. Œningen. Tertiaire. Figure grossie. 3 Polygonum antiquum Heer. 4 P. cardiocarpum Heer. Œningen. Tertiaire, fruit. 5. 6 Forskohleanthemum nudum Conwentz. Ambre du Samland. (Reprod. d’après Lesquereux, Heer, Conwentz.)

(Kansas). Les nervures primaires latérales émettent à angle aigu des nervures secondaires vers la base de la feuille; la nervure médiane est pennée, les nervures secondaires sont toutes alternes et réunies par des faisceaux anastomotiques courbes ou brisés assez distants. Les feuilles sont assez épaisses, coriaces, ovales, lobées d’un seul côté, arrondies à la base ou légèrement décurrentes. Mentionnons encore deux autres feuilles, également du Crétacé supérieur de l'Amérique du Nord, décrites par M. Lesquereux : Aspidiophyllum® et Eremophyllum * Le premier genre, voisin de Protophyllum, est créé pour une feuille épaisse, coriace, à trois lobes obtus, scutiforme, dont cinq ou six nervures palmées traversent une faible partie du limbe, tandis que trois faisceaux plus forts craspédo-

1 Cretac. Flora p. 98, pl. VI, fig. 1—5.

? Lesquereux, Cretac. and Tertiary Flora, II p. 87 3 Lesquereux, Cretac. flora p. 107.

476 ANGIOSPERMÆ DICOTYLEDONES.

dromes parcourent le reste de la feuille. De ces trois nervures primaires, la médiane est assez forte, les deux autres plus faibles, toutes forment des nervures secondaires pennées qui sont reliées entre elles, dans la portion inférieure de la feuille, par des nervures anastomotiques droites ou légément courbes, s’'échappant sous un angle presque droit. M. LESQUEREUx compare Eremophyllum au F, crenata Unger et au F. asarifolia Ettingsh. A en juger par la figure, la feuille n’est guère complète, ce qui n'autorise pas une détermination précise.

Les cellules épidermiques des feuilles des Urticinées, au moins chez les nombreux genres où je les ai étudiées, sont généralement petites, à parois planes, rarement ondulées à la face inférieure de la feuille, souvent conformées et orientées de même sur les deux faces; la face inférieure présente de nombreux petits stomates entourés d’une à trois rangées concentriques de cellules. Les cystolithes se trouvent dans certaines cellules épidermiques de la face supérieure de la feuille, et chez certains genres sur les deux faces de la feuille: ces cellules à cystolithes sont entourées d’un cercle de cellules épidermiques. Les Boehmeria ont de grandes cellules épidermiques, dont les parois latérales sont ondulées à la face inférieure, et planes à la face supérieure du limbe; les cystolithes sont cylindriques, pointus aux deux bouts.

Quelles conclusions peut-on tirer de l'étude de ces fossiles, au sujet de la végétation du Crétacé supérieur et des périodes suivantes, et des relations des plantes fossiles avec la flore actuelle des localités où elles ont été rencontrées; mais d'abord, ces débris suffisent-ils pour fixer l’époque de l'apparition d’une famille ou d’un grand groupe, et pour en déterminer la position systématique ?

D'une façon générale, l’étude précédente montre que tous les groupes précités dont la parenté est tant soit peu assurée, ont perdu du terrain depuis les périodes géologiques, il en est ainsi des Ulmées, Celtidées, Artocarpées; en outre l'existence des Ulmacées et des Celtidées à l’époque tertiaire est certaine, celle des Artocarpées est vraisemblable pendant l’époque crétacée. Toutefois, à cause de la défectuosité des fossiles, la détermination des divers genres est généralement problématique; et pour la plupart des groupes, on ne saurait décider, si la place assignée par les auteurs à ces fossiles peut être fixée d’une façon définitive ?

3° ordre : PIPERINZÆ. (Apetalæ.)

La famille des Pipéracées comprend des plantes des régions tropicales et subtropicales généralement frutescentes ou herbacées; les feuilles sont alternes, plus rarement opposées, les inflorescences sont en épis; les fleurs généralement diclines, apétales, ont de deux à neuf étamines, un à quatre carpelles, un ovaire supère et des ovules droits. Le groupe des Pipéracées est connu à l’état fossile; les Saururées et Chloranthées n’ont pas encore fourni de représentants fossiles : la répartition actuelle des trois groupes jusque dans l’Abyssinie, le Mexique, le sud de la Californie, la Chine et Je Japon fait entrevoir la possibilité de l'existence de ces groupes, dans les formations crétacées et tertiaires de l’Europe et de l'Amérique du Nord.

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