‹ Traité de paléontologieChapitre 113 sur 183 · CL PAIE · texte numérisé non relu

CL PAIE

AOL,

Fig. 290. :

Cinnamomum Felixii Conwentz, fleur. 1 grandeur naturelle. 2 grossie vue par la face autérieure, 3 grossie, vue par la face postérieure. D'après nature. 4, 5 C, prototypum Conwentz, fleur. 4 grandeur naturelle, 5 grossie.

feuilles coriaces, dont la nervation rappelle les Cinnamomum. Le genre Daphnophyllum répond à des feuilles assez grandes penninerves, dont les nervures secondaires décrivent une courbe plus ou moins nette et sont camptodromes. Nous devons noter ici que le genre Daphnogene se rapproche plus des Laurinées que le genre Daphnophyllum; ce dernier genre d’ailleurs a été rapporté à des familles diverses. On admet encore dans les formations tertiaires, l'existence des genres Laurus, Cinnamomum, Persea, Sassafras, Benzoin, Actinodaphne, Oreodaphne, Phœbe, Litsæa, détermination bien établie pour un certain nombre d’entre eux, tels que Trianthera eusideroxyloïdes Conw., fleurs de l’Ambre du Samland, Cinnamommum Felixü (fig. 29013) et C. prototypum Conw. (fig. 29045), et quelques autres espèces du Cinnamomum, comme C. Scheuchzeri Heer (fig. 2912), C. lanceolatum Heer (fig. 2911) (également de l’Ambre du Samland), C. polymorplhum Heer (fig. 2913), C. Rossmässleri Heer, espèces également répandues. Comme espèces plus repandues, citons Sassafras primigeniuwm Sap. de Sézanne (fig. 2926), Ferretianum Massal., S. Aesculapi Heer ; les formes de ce genre sont moins nombreuses qu'à la période crétacée, mais il faut prendre garde à la confusion possible avec les genres Sterculia et Aralia; puis Benzoin antiquum Heer (fig. 292 4) qui se

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trouve jusqu’en Groënland, Persea princeps Heer, P. speciosa Heer (fig. 292 1-3) et enfin les Cinnamomum, qui n'existent plus aujourd’hui que dans les contrées tropicales. Signalons en outre l'existence de Zäsæa elatinervis Sap. et Marion à Gélinden, de Z. magnifica Sap. à Armissan, de Z. elongata Friederich à Bornstedt, du genre Actinodaphne (A. Germari Friederich) dans les lignites de la Province de Saxe, de l’Oreodaphine apicifolia Sap. et Marion à Gélinden, des O. styracifolia O. Web.

O. Heerii Gaud., enfin du Phœbe transitoria Friederich, dans les lignites de la Saxe et d’Armissan (Oreodaphne resurgens et Daphnogene transitoria Saporta).

Les feuilles qui viennent d’être citées sont pour la plupart répandues dans tout le Tertiaire ou au moins dans une grande partie des formations de cette période; il peut se trouver parmi les espèces décrites un certain nombre de formes qui répondent à des cas de polymorphisme, comme cela se voit chez les nombreuses espèces du genre Laurus qui s'étendent de l’Eocène

Fig. 291.

1 Cinnamomum lanceolatum Heer. 2 C. Scheuchzeri Heer, inflorescence. (L. subprimigenia Sap., 3 C. polymorphum Heer. Feuille d’après nature. 4 inflorescence, 5 a fleur tetrantheracea Schmip., en grandeur naturelle, 5b fleur grossie. Œningen. Tertiaire. (Reprod. d'après Heer.)

Sézanne) jusque dans le miocène supérieur et dont les espèces les plus communes peuvent être citées à ce propos: ZL. phœboïdes Ettingsh., L. primigenia Unger, L. Agathophyllum Unger également du Groënland, Z. Lalages Unger, L. Swoscowicziana Unger, L. ocoteæfolia Ettingsh., L. Furstenbergi À. Br., et L. thulensis Heer du Groënland.

Les formations tertiaires extraeuropéennes ont fourni outre les Daphnophyllum desrestes de feuilles rapportées aux Lauracées : Litsæa Bôüttgeri Geyl. et Cinnamomum gracile Ettingsh. de Bornéo, cette dernière comparée par GeyLerau Pterospermum ; Cinnamomum Leichardi Ettingsh., C. polymorphoïdes, C. Woodwardi Ettingsh., C. Hobartianum KEttingsh. et Laurus australiensis Ettingsh. de l'Australie, Lindera Sericea var. fossilis Nathorst et une seconde espèce des formations du Tertiaire supérieur ou quaternaires du Japon ; Daphnogene javanica Gôpp., Cinnamomum Gopperti Ettingsh., D. intermedia Güpp., Laurophyllum viburnifolium Güôpp. et L. Haa- Soides Gôpp. de Java. Le genre Sassafras n'existe pas dans les couches ter- 31°

484 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

Fig. 292. | 1, 2 Persea princeps Heer. 3 P. speciosa Heer. 4 Benzoin antiquwm Heer. 5 Daphnogene Ungeri Heer. Œningen. Miocène supérieur. 6 Sassafras primigenia Sap. Sézanne. Eocène inférieur. (Reprod. d'après Heer,

de Saporta.)

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tiaires de l'Amérique du Nord; c’est d'autant plus remarquable que ces formations renferment d’autres genres de la famille, qui font actuellement défaut à toute l'Amérique du Nord ou au moins aux régions qui les possédaient à l’époque tertiaire, citons par exemple Cinnamomum (affine Lesq.), Tetranthera utahensis Lesq., T. sessilifolia Lesq., Persea pseudocarolinensis Lesq., Laurus grandis Lesq. californica Lesq., socialis Lesq., utahensis Lesq. du terrain tertiaire du Wyÿoming, de Californie et de l’Orégon, et Z. princeps qui vivait aussi en Europe. Durant les époques pliocène et quaternaire, l’Europe possédait encore un certain nombre de Lauracées, dont quelques-unes proviennent du miocène ou du pliocène et sont communes à l’Europe et à l'Amérique du Nord, telles sont Oreodaphne Heerii Gaud., Benzoin latifolium Sap., du Cantal, Sassafras F'erretianum Massal. du Cantal. Un certain nombre de ces espèces manquent aujourd’hui dans la région où elles prospéraient autrefois, comme aussi Apollonias canariensis Nees, Laurus canariensis Wall, Persea carolinensis Nees (Meximieux); d’autres espèces enfin sont caractéristiques de régions qu’elles habitaient anciennement, comme Persea amplifolia Sap. et Marion. À l’époque quaternaire vivaient Laurus canariensis Webb. (tufs de Provence, de Lipari et de Tosèane), Oreodaphne fœtens Ait. des tufs de San Jorge à Madère, espèce qui existe encore dans cette île, Laurus nobilis L. des tufs de Montpellier, d'Aygelades, de l’Arc, espèce actuelle du sud de la France.

Si nous jetons un coup d'œil rapide sur les fossiles qui ont été jusqu'ici attribués aux Lauracées et en particulier sur les fleurs conservées dans l’ambre, nous acquérons la certitude que pendant l’époque tertiaire, cette famille avait une grande extension vers le Nord; les fleurs découvertes à Œningen permettent d'étendre cette même conclusion jusqu’à une période très-tardive de l’époque tertiaire. Les conclusions basées uniquement sur les feuilles fossiles sont plus diseutables, car il n’est pas toujours possible de caractériser les genres par leur nervation.

L’épiderme de la plupart des Lauracées paraît composé de petites cellules quadri- ou polygonales qui ont leurs parois latérales planes sur les deux faces du limbe. Les stomates, localisés sur la face inférieure, sont très-nombreux, assez petits et entourés d’une zône de cellules un peu étirées.

Les Monimiacées constituent un groupe dont l'existence à l’état fossile est douteuse. MM. UNGER, ETTINGSHAUSEN, DE SAPORTA en ont cependant décrit quelques espèces. Je considère comme très-douteux les fragments de feuilles de Hæring ; les deux feuilles de Kutschlin figurées (Foss. Flora von Bilin Taf. XXX fig. 34) sous le nom de Hedycarya europæa Ettingsh., représentent l’une (fig. 3), peut-être une feuille d'Hedycarya, mais l’autre (fig. 4) s’en distingue par sa nervation et par l’acuité des angles formés par les nervures. On a en outre décrit des feuilles de Laurelia Juss. et de Mollinedia Ruiz. et Pav. provenant de Radoboj ; les premières sont accompagnées de fruits (fig. 293 4) qui ressemblent assez à ceux du genre actuel, on les rapportait autrefois au genre ?latanus, dont ils se distinguent cependant tout en présentant quelque parenté avec lui. Signalons encore le genre Monimiopsis Sap. de Gélinden et de Sézanne. Ce groupe aurait existé en Europe depuis l’Eocène inférieur jusqu'à l'Oligocène

ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

moyen. Actuellement les Monimiacées n'existent que sur l'hémisphère méridional, leur habitat s’étend de l'Amérique tropicale à travers l'Afrique, les Mascareignes,

1 Cocculites Kanei Heer. Tertiaire du Grœnland. 2 Berberis rhopaloides. Sap. Armissan. Oligocène supérieur. 3 Laurelia Moschata espèce actuelle,

fruit,

4 Laurelia rediviva Unger, fruit.

Miocène inférieur de Rado boj.

5 Clematis Sibiriakoffli Nath. Japon, Mogi. Pliocène ou quaternaire. 6 C. Panos Heer. Œningen, Miocène supérieur. 7, 8 C. trichiura Heer. Œningen, Miocène superieur, 9 C. radobojana Unger. Radoboj. Miocène inférieur.

10 C. æningensis Heer.

emendatus Heer.

Œningen. Miocène supérieur.

Œningen. Miocène supérieur.

11 Ranunculus (Reprod. d’après Heer

de Saporta, Unger, Baillon.)

‘oriental et

la Nouvelle-Zélande, les îles de l’Océan Pacifique, l'Australie jusqu’en Asie tropicale. Les nervures des feuilles sont toutes camptodromes par bifurcation.

La famille des Berbéridacées comprend des plantes frutescentes et d’autres dont les tiges souterraines vivaces produisent des rameaux aériens annuels. Leur habitat est compris dans la zône tempéréeets’étend surtout dans l’Amérique septentrionale, l'Asie orientale jusque dans le nord des Indes, la Sibérie, l'Europe et le nord de l'Afrique. Représentée dans les hémisphères occidental, cette famille manque presque complètement à l'hémisphère sud, où l’on ne trouve de Berbéridacées qu’au Brésil, au Chili, en Patagonie et dans les îles de la côte orientale de l'Afrique; la famille est représentée dans ces régions par les genres Berberis et Ærythrospermum, celui-ci vient jusqu'à Ceylan ou plus exactement s'étend de Ceylan à la côte orientale d'Afrique. La dissémination actuelle sur l’hémis-

phère sud, laisse présumer un habitat antérieur plus compacte, en rapport avec des conditions plus favorables ou avec un centre d'irradiation voisin du pôle sud; cette dernière hypothèse n’est cependant pas prouvée.

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Les fleurs sont verticillées par deux ou par trois. Sépales sur deux ou plusieurs cercles, corolle et androcée comprenant chacun deux verticilles; déhiscence des anthères par deux clapets. Ovaire supère, uniloculaire, pluriovulé, donnant à la maturité une baie ou une capsule.

Feuilles pennées ou simples à bord entier, denté ou cilié, coriaces ou herbacées.

Nervation pennée chez les feuilles entières. Nervures secondaires grêles, alternes,

se détachant sous un angle aïgu qui atteint jusqu’à 60-80°, plus ou moins ascendantes suivant la largeur de la feuille, donnant par bifurcation des ramifications camptodromes qui fournissent un double réseau marginal. Lorsque le bord foliaire présente des cils ou des dents, le réseau marginal fournit une nervure à chacune de ces formations. Nervures anastomotiques fortement géniculées, comprenant des espaces divisés en mailles carrées par leurs ramifications ultérieures.

Lorsque les feuilles sont pennées (Mahonia, Bongardia), les folioles ont une nervation identique, les nervures secondaires sont très peu saillantes et ont un parcours d'autant plus ascendant que la foliole est plus étroite. Chez B. (Mahonia) pinnata, Fortwei, les nervures secondaires, très-ascendantes, sont réunies en camptodromie et leurs ramifications forment un réseau marginal d’un seul rang de mailles qui fournit une nervure à chaque dent. PB. empetrifolia a une feuille uninerve en apparence, les ramifications grêles ne sont visibles qu’à un grossissement assez fort. Dans d’autres genres, comme chez Podophyllum, Diphylleia, Caulophyllum, la nervation est palmée; elle est en éventail dans les feuilles bipartites de Jeffersonia, et curvinerve dans les genres Æpimedium, Aceranthus.

Les feuilles attribuées jusqu'ici au genre Berberis proviennent toutes des terrains tertiaires (de l’oligocène supérieur jusqu'au miocène supérieur); ce sont des feuilles pennées (B. rhopaloïdes Sap.) [fig. 2932] ou bien des folioles détachées de feuilles pennées (B. stricta Sap.), toutes deux d’Armissan et voisines de B. mahonia, B. pinnata, Fortunei, etc. Le B. puzzolentana Gaudin, du Val d'Arno, ressemble certainement aux petites feuilles des rameaux courts des Berberis; elle peut être toutefois attribuée à une autre famille. Berberis helvetica Heer est un fossile trop incomplet pour que l’on puisse en avoir une opinion précise. La ressemblance de ce fragment de feuille avec celles du B. mahonia (Aquifolium) doit être admise cependant. Les fossiles tertiaires connus nous montrent que des formes de l’Amérique du Nord, de l’Asie orientale et de l'Himalaya habitaient l'Europe à cette période en même temps que les Berberis sensu stricto. La texture solide, coriace, des folioles articulées de ces plantes, a dû favoriser leur fossilisation. Indiquons en passant la ressemblance de la nervation de certains genres avec celle des Monocotylédones (voir plus haut).

Chez le B. Mahonia, les cellules épidermiques de la face supérieure sont polygonales et à parois planes, celles de la face inférieure ont les parois latérales très-ondulées et une paroi externe poreuse. M. pinnata a ses cellules épidermiques polygonales et à parois planes sur les deux faces de la feuille; les Stomates nombreux sur la face inférieure sont entourés de cellules disposées en cercles. Chez Berberis umbellata les cellules épidermiques des deux faces ont les parois latérales planes; sur la face supérieure, la paroi

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externe des cellules épidermiques est bombée et très-épaissie, la face inférieure est mamelonnée (de là sa couleur grise), et porte de nombreux stomates. Chez les espèces de Berberis dont les feuilles sont minces et membraneuses, les cellules épidermiques des deux faces sont très-plissées et les stomates sont plus ou moins nombreux sur la face inférieure. Le genre Berberis peut servir à prouver que la structure de l’épiderme ne suffit pas à elle seule pour déterminer une feuille fossile.

La famille des Ménispermacées apparue dans le Crétacé n’a encore fourni que peu de fossiles mal conservés. La plupart des genres de ce groupe possèdent une nervation rayonnée; lorsque le pétiole s’insère entre le milieu et le bord foliaire (voir page 390, Menispermum), les nervures rayonnent de ce point dans toute la surface du limbe; si au contraire l'insertion se fait à la base du limbe, on voit partir de ce point trois faisceaux dont le médian est penné. On rencontre encore dans cette famille la nervation parallèle, trois nervures traversant le limbe et convergeant vers son sommet.

Tous les faisceaux et leurs ramifications sont camptodromes; les nervures anastomotiques, presque rectilignes, limitent des espaces en forme de quadrilatères allongés, occupés par un réseau de mailles très-petites. Les plantes de cette famille sont grimpantes, possèdent des feuilles alternes, des fleurs dioïques dont le calice comprend de deux à dix verticilles, la corolle et l’androcée ayant

chacun deux verticilles; les carpelles sont en nombre variable de 1 à 6, rare-

ment davantage, les fruits sont des baies et les graines sont campylotropes.

Comme nous l’avons dit, les fossiles attribués à cette famille sont assez incomplets et pour cette raison bon nombre d’entre eux sont susceptibles d’une autre interprétation. La plupart proviennent du Crétacé de l'Amérique du Nord et ont été désignés par M. LesqueREux sous le nom de Menispermites; on peut citer entre autres le Æ. ovalis Lesq., voisin par son habitus du Macclintockia Heer (voir p. 472). Deux fragments de feuilles très-incomplets ont été décrits par M. Hger, dans le Crétacé supérieur du Groënland (couches d’Atane); VeLenovsxy a signalé dans le Crétacé de Bohême deux espèces de Cocculus, C. extinctus de Kiesslingswald et C. cinnamomum Velenovsky de Lipeneë, celle-ci rappelle le C. laurifolius DC., la première doit être rapportée à une autre famille, aux Pipéracées, ou aux Urticées.

À l’époque tertiaire, le nombre des fossiles de cette famille est encore plus faible que dans le Crétacé, On n’en a pas encore signalé dans l'Amérique du Nord; mais dans les formations tertiaires du Groënland, M. Her à décrit sous le nom de Cocculites Kanei' des feuilles dont le limbe est traversé par des nervures parallèles convergeant vers le sommet, le pétiole paraît renflé et articulé à son sommet, les nervures anastomotiques obliques limitent des espaces polygonaux; ces feuilles sont voisines des Macclintockia (voir page 472) et du Menispermites ovalis Lesq. parmi les fossiles, elles rappellent celles du Cocculus laurifolius DC. parmi les plantes vivantes. Ces mêmes feuilles coexistent avec une autre espèce (Cocculites Dumontii Sap. et Marion) dans l’éocène inférieur de Gélinden. Les

TF1. Foss. arct. t. VIL. Daphnogene, F1. foss. arct. t. I.

7 MON ENRERE VAov

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Smilacées, Urticinées, Lauracées, Ménispermacées etc., ont une nervation analogue, et l’on ne peut se baser sur elle seule pour la détermination.

Dans le pliocène du midi de la France, à Meximieux, M. De Saporra a décrit le Cocculus latifolrus (fig. 294), voisin du C. carolinus actuel.

En tant que valent ces comparaisons de feuilles, on peut rapprocher de ces fossiles, des espèces actuelles du versant atlantique de l'Amérique du Nord et de l’Asie orientale. La famille comprend aujourd’hui principalement des formes

Fig. 294. + Cocculus latifolius Saporta. Meximieux. Pliocène, (Reprod. d’après de Saporta.)

tropicales, un petit nombre sont originaires de la zône tempérée septentrionale et se rencontrent depuis l’Asie orientale jusque sur le versant atlantique de l'Amérique du Nord. Cette famille fait totalement défaut en Europe.

M. Gæeyzer à décrit sous le nom d’ÆEntoneuron melastomaceum un fragment de feuille provenant du terrain tertiaire de Bornéo, qu'il interprète comme une feuille de Ménispermée. Je doute pour ma part qu’un fragment si mauvais puisse servir de base à une conclusion de quelque utilité.

L’épiderme de la feuille se compose, chez les Ménispermacées que j'ai étudiées, chez Cocculus laurifolius DC. par exemple, de cellules polygonales légèrement épaissies, dont les parois latérales sont sinueuses et qui possèdent des canaux

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poreux; stomates nombreux, entourés de deux cercles de cellules à parois planes, disposées concentriquement. Chez Menispermum dahuricum, M. canadense, les parois latérales des cellules épidermiques sont minces et ondulées sur la face inférieure de la feuille, les stomates sont nombreux; Jes parois latérales des cellules épidermiques de la face supérieure sont planes.

= La famille des Myristicacées est aujourd’hui limitée aux régions tropicales. Les premiers fossiles de cette famille provenant de Labuan, au nord de Bornéo ont été signalés récemment par M. Geyzer! sous les noms de Myristicophyllum minus, M. majus. Ce sont des fragments très-incomplets appartenant à la région médiane de la feuille et dont les nervures secondaires opposées ou alternes, mais rapprochées par paires, sont réunies en camptodromie par bifurcation ou par des anastomoses transverses. Tous les exemplaires présentent des nervures secondaires incomplètes. Le reste du réseau des nervures est très-mal connu; là où elles sont conservées, les nervures tertiaires naïssent sous un angle droit ou aigu. La détermination de M. GEyLER peut être exacte, mais elle n’est pas certaine, quoique je ne regarde pas comme invraisemblable l'existence des Myristicacées dans le terrain tertiaire de Bornéo.

La famille des Magnoliacées, qui renferme surtout des plantes arborescentes et quelques plantes grimpantes, est aujourd’hui répandue dans les régions tropicales de l’Amérique et de l'Asie, et dans les contrées extratropicales de l'Amérique du Nord et de l’Asie orientale, quelques formes seulement habitent l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Amérique du Sud. Cette famille fait défaut à l’Europe et à l'Afrique.

Les feuilles de ces plantes sont alternes et stipulées; les fleurs se composent

de trois sépales, trois, six ou un plus grand nombre de pétales, de nombreuses étamines, d’un seul ou de nombreux carpelles uniloculaïres. Les fruits sont des baies, parfois des capsules à déhiscence dorsale ou circumbasilaire, rarement des akènes, et restent fixés à l’axe qui s’allonge quelquefois pendant la maturation. Albumen des graines non ruminé.

On a signalé à l’état fossile des feuilles, des fruits et des graines. Les plus anciens de ces débris ont été découverts dans le Crétacé de l’Europe et de l’Amérique du Nord, ils sont encore assez nombreux dans les dépôts tertiaires, et existent dans le Pliocène d'Europe.

La nervation est pennée, la nervure médiane assez forte, nervures secondaires grêles, rapprochées par paires, mais alternes; on voit fréquemment des nervures secondaires incomplètes se terminer par des branches anastomotiques. Ces nervures de second ordre sont réunies en camptodromie soit par leurs dernières ramifications, soit par bifurcation. Dans le genre Ziriodendron, les faisceaux qui se rendent aux lobes sont craspédodromes, les autres sont camptodromes. Les nervures anastomotiques transverses sont arquées et limitent des espaces plus ou moins étendus suivant leur degré d’éloignement, en forme de quadrilatères allongés, qui renferment un réseau à mailles polygonales formé par les ramifications des nervures. Par suite de la prédominance moindre des nervures prin-

! GEYLER, Ueber fossile Pflanzen von Labuan aus Vega-Expeditionens CORTE Jakttagelser, Bd. IV, Stockholm 1887.

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cipales, certaines espèces ont une nervation trèshomogène. Les nervures issues de la camptodromie constituent un réseau simple ou double de mailles qui atteint le bord de la feuille.

En ce qui concerne les fruits fossiles, leur conservation est généralement insuffisante et ne permet pas une étude détaillée. C’est plutôt d’après le contour général des fruits réunis en un épi plus ou moins long, ou étalés dans un plan, qu’on les à rapportés aux Magnoliacées. L’un de ces fruits fossiles a été décrit par M. Lesquereux sous le nom de Carpolithes Liriophylli et a été rapproché des feuilles décrites sous le nom de Ziriophyllum. Ces feuilles ont la nervation et le sommet profondément découpé des feuilles des ZLiriodendron, elles peuvent appartenir à la série des feuilles de ce genre ou à un genre voisin. On connaît encore du Crétacé de Moletein des fruits mal conservés de Magnolia, ainsi que d’autres mieux conservés dans le Tertiaire du Groënland septentrional tels que M. Inglefildis Heer, qui présente nombre de fruits et de graines en bon état (fig. 2952). Une autre fructification à été reconnue par ScHIMPER dans les Lignites de Wettéravie (Salzhausen); une autre mal conservée a été signalée par M. d'ETTINGSHAUSEN. M. LEsquEREUux à décrit une fructification assez bien conservée provenant des sables aurifères des Chalkbluffs (Nevada, Californie), et qui a été rapportée sans doute avec raison au genre Magnolia. L'extension du genre à l’époque tertiaire, au delà des limites de son habitat actuel (Groënland) est rendue bien vraisemblable par cette découverte.

La plupart des feuilles fossiles rappellent les espèces vivantes de l'Amérique du Nord et de l’Asie orientale, et la liaison des diverses espèces actuelles avec les fossiles doit être certainement âdmise. L’Ambre du Samland qui a fourni en faveur de l'existence des Lauracées à l’époque tertiaire, les preuves les plus certaines ne renferme que des restes douteux de Magnoliacées: Magnoliolepis prussica Conw., feuille étroite, linéaire, écaille ou stipule, et une autre feuille que Caspary a appelée Zaurus primigenia et que M. ConNwenrTz a décrite sous le nom de Magnoliophyllum balticum; la détermination de ces fossiles est douteuse. Parmi les nombreuses espèces que l’on à établies d’après des feuilles et dont le nombre devra sans doute être réduit, je citerai pour l’époque crétacée Magnolia speciosa Heer (Amérique du Nord, Moletein), M. alternans Heer, M. telonensis du Crétacé du midi de la France, M. Capellinii de l'Amérique du Nord, pour l’éocène inférieur de Sézanne M. inæqualis Sap., M. meridionalis Sap. (St. Gély) pour l'Oligocène M. Diana Unger (Aix, Radoboj), M. Ludwigii Ettingsh. (fig. 2951) M. Hoffmanni Ludw. (Salzhausen), cette dernière existe aussi dans le miocène inférieur de Wettéravie; M. primigenia Unger du miocène inférieur de Radoboj, Kutschlin, et du Groënland, cette dernière région a encore fourni M. Inglefieldii Heer ainsi que M. Nordenskiüldii Heer, espèce que l'on trouve aussi à Sachalin; on a signalé dans les dépôts tertiaires de la vallée du Mississipi, des Chalkbluffs, de Californie M. lanceolata Lesq., M. californica Lesq., dans le Pliocène de Meximieux M. fraterna Sap., dans les formations du Tertiaire supérieur (ou quaternaires?) de Mogi au Japon M. Dicksoniana Nath. et une seconde espèce, toutes deux voisines des formes qui vivent encore au Japon. D'après M. d'ErTINGHAUSEN, le genre Magnolia aurait eu des représentants en Australie

492 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

à l’époque tertiaire (M. Brownii, M. Tonesii), bien que cette contrée ne possède aujourd’hui comme Magnoliacée que le genre Drimys qui lui est commun avec la Nouvelle-Zélande et Bornéo.

La conservation de ces feuilles ne me semble cependant pas suffisante pour autoriser ces affirmations. Je considère comme plus vraisemblable l'opinion de GôPPErT, qui rapproche des genres Michelia et Talauma, les feuilles qu'il a décrites! sous le nom de Magnoliastrum (M. michelioïdes, arcinerve, talaumioïdes). Les graines des lignites de Wettéravie rapportées par LupwiG aux Magnoliacées, n’ont rien de commun avec cette famille.

Le genre ZAäriodendron L. n’est plus représenté de nos jours que par une seule espèce, L. tulipifera L., habitant le versant atlantique de l'Amérique du Nord, de la Floride au Canada. La majeure partie des espèces fossiles, dont le nombre a été déjà restreint par M. HEEr, proviennent du Crétacé de l’Amérique du Nord (Kansas, Nébraska), telle que Z. Meecküi Lesq. avec ses variétés, que l’on trouve aussi dans les couches d’Atane au Groënland. M. VELENOvSKY admet l'existence dans le Crétacé de Bohême d’une espèce de Ziriodendron, le Z. Celakovskii; M. Hrer considère au contraire ces feuilles comme voisines de celles du genre Menispermum. Les terrains tertiaires d'Europe ne renferment qu'une seule espèce de Liriodendron, le L. Procaccinii Unger (fig. 2955) voisin du L. tulipifera L., mais dont l’extension géographique est considérable (Sinigaglia, Eriz, Bilin, Islande, Pliocène de Meximieux); les formations tertiaires de l’Amérique du Nord, sauf le Groënland, ne possèdent pas de fossiles de ce genre. D'après M. de Sarorra, les feuilles fossiles d'Islande appartiendraient à une espèce propre: ZL. islandicum Sap. et Marion. TE

M. Heer a décrit des fruits de ZLiriodendron du Groënland. Ces fruits se distinguent de ceux de l'espèce vivante par une aiïle qui part de la base du style et couronne le sommet de l’akène. Ces données nous autorisent à conclure que Jes ZLiriodendron ont atteint l'apogée de leur développement à l’époque crétacée; l’habitat actuel du genre dans l'Amérique du Nord, est la conséquence de sa présence durant la période tertiaire au Groënland et en Sibérie, M. De SCHMAL.- HAUSEN ayant en effet signalé le genre ZLiriodendron dans les dépôts tertiaires de Buchthorma. Ces faits tendent à indiquer l’émigration cireumpolaire des Liriodendron; il en est peut-être de même pour Magnolia?

La répartition actuelle du genre Zllicium de la Chine, au Japon et au versant atlantique de l'Amérique du Nord, rend vraisemblable son existence à l'état fossile. Toutefois l’état de conservation des feuilles décrites par M. VEze- Novsky sous le nom d'I. deletum n’est pas assez satisfaisant pour démontrer la présence de ce genre dans le terrain crétacé de Bohême.

Pour être complet, mentionnons le Magnolioiïdes Sagorianum Ettingsh. de Sagor.

Chez les Magnoliacées à feuilles caduques, les cellules, épidermiques des deux faces de la feuille sont à parois minces, celles de la face supérieure ont des parois latérales légèrement ondulées, celles de la face inférieure ont leurs parois plus sinueuses et de nombreux stomates, par exemple M. obovata.

! GüPPERT, Zertiärflora von Java.

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Fig. 295.

1 Magnolia Judnwigii Ettingsh. Salzhausen, oligocène supérieur.

Fruit du tertiaire du

2 M. Inglefieldii Heer.

7 Anona cacaoides Unger (Baccites

Oligocène inférieur d'Attenburg, noyau osseux. 8 À. cacaoides Unger. Section transversale du

Grœnland. 3 M. grandiflora, graine. 4 Talauma grandiflorum, graine. 5 Liriodendron Procaccina Sap. Pliocène

de Meximieux. 6 Anona elliptica Unger. Miocène inférieur de Radobo)j.

Zenker) Unger.

noyau. Gross. 1250. (3, 4, 7, 8 d'après nature, les autres fig. reprod d'après Unger, Saporta, Heer.)

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494 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

Chez d’autres espèces par exemple M. tripelata, la plupart des cellules épidermiques des deux faces de la feuille ont leurs parois planes, certaines d’entre elles ont les parois ondulées; les stomates sont nombreux.

Les feuilles persistantes des Talauma ont l’épiderme des deux faces de la feuille composé de cellules à parois latérales ondulées, les sinuosités étant trèsaiguës chez T. Candollei, et les cellules ne présentant pas de pores, tandis qu’elles en possèdent chez 7, grandiflorum; ces deux espèces ont de nombreux stomates, et les cellules stomatiques sont entourées de deux rangées concentriques de cellules à parois planes. Chez Magnolia fuscata les parois latérales des cellules

épidermiques sont légèrement ondulées sur les deux faces de la feuille, et un :

peu plus épaissies sur la face supérieure que sur la face inférieure, les cellules stomatiques sont assez grandes, comme aussi chez M. grandiflora. Chez ces

deux dernières espèces, les parois latérales des cellules épidermiques sont forte- .

ment ondulées et poreuses, et les cellules stomatiques sont entourées de deux rangées de cellules à parois planes. Chez le Drimys Wüinteri les celulles épidermiques des deux faces de la feuille ont des parois planes, les stomates sont nombreux sur la face inférieure; chez Kadsura coccinea les cellules épidermiques de la face supérieure ont les paroïs ondulées, celles de la face inférieure ont les parois planes, les grandes cellules stomatiques sont entourées d’une seule zône de cellules à contour polygonal. Dans le genre TUicium les paroïs latérales de cellules épidermiques sont minces, ondulées sur la face supérieure, planes sur la face inférieure de la feuille; les stomates sont nombreux, les cellules stomatiques petites et entourées de zônes concentriques de cellules épider-

miques. Dans le genre ZLiriodendron les paroïs des cellules épidermiques sont

minces et planes sur les deux faces, rarement entremêlées de cellules peu sinueuses, les stomates sont nombreux et localisés sur ‘la face inférieure.

On n’a rapporté aux Anonacées, famille voisine des Magnoliacées, qu'un petit nombre d’espèces fossiles. Cette famille a comme caractères une corolle à six pétales et un albumen ruminé. Les fossiles sont représentés par des feuilles, des graines et des fruits; c’est d’après des graines que l’on à établi les espèces suivantes: Anona devonica Heer de Bovey Tracy, À. cacaoïides Poppe (fig. 29578) de l’oligocène de Saxe, espèce identique à À. altenburgensis, À. Morloti. Je reviendrai plus loin sur ces espèces. Les À. xylopioïdes Unger, d'Arnfels en Styrie, À. œænigmatica Unger, de Thalheim en Transsylvaine, ont quelque ressemblance avec les fruits de Xylopia et d'Unona.

La nervation de la feuille des Anonacées est, dans ses traits essentiels, semblable à celle des Magnoliacées. Les feuilles fossiles que l’on a décrites jusqu'ici n’'établissent pas d’un façon certaine, l'existence des Anonacées pendant les périodes crétacée et tertiaire. Citons Anona cretacea Lesq. de la Craie du Kansas, A. robusta Lesq., des terrains tertiaires de l'Amérique du Nord (groupe de Laramie), À. eocenica du tertiaire de la vallée du Mississipi et du Wyoming, espèces créées d'aprés des feuilles; Asèmina leiocarpa Lesq. est connu par des graines. L'Europe a fourni Anona elliptica Unger, de Radobo)j (fig. 295 6), À. lèmnophila Unger du pliocène de Gleichenberg, À. Meneghinii des Tufs de Toscane, A. Lortetii Sap. et Marion de Meximieux. L'existence des Anonacées aux époques

di

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tertiaire et crétacée devient plus vraisemblable, si l’on considère l'habitat actuel de la famille; la plupart des formes habitent en effet les contrées tropicales, mais plusieurs sont extratropicales (Asimina triloba dans l'Amérique du Nord) et ont pu exister en Europe et dans l'Amérique septentrionale à l’époque ter= tiaire, comme on peut l’admettre pour le genre Asimina.

Dans le genre Anona les cellules épidermiques des deux faces de la feuille ont des contours sinueux et des pores latéraux, les stomates sont nombreux.

Chez les Magnoliacées et Anonacées actuelles, le tégument de la graine se compose de deux couches, l’une externe peu solide formée de cellules à parois minces, et l’interne composée de cellules ossifiées à parois épaisses. Ces deux couches sont très-bien développées chez le Magnolia grandiflora par exemple, elles le sont moins chez d’autres espèces et dans le genre Anona. La couche interne se compose de cellules très-fortement durcies et étirées, celles de l’assise externe sont allongées verticalement, les internes horizontalement. Quand la couche parenchymateuse extérieure est très-développée, elle se laisse détacher comme une enveloppe; il y a alors peu de chance de la retrouver à l’état fossile, et son absence chez les graines fossiles ne saurait rien signifier.

Je ne connais pas de graine fossile du genre Magnolia, mais j'ai pu étudier les graines d’Anona que Porre a décrites dans les lignites d’Altenbourg, sous le nom d’Anona cacaoïdes Poppe (Baccites cacaoïdes Zenker) [fig. 29578]. D'après les types provenant de ZENKER lui-même, la coque assez forte, se compose de cellules étirées dont les parois épaisses sont traversées par des canaux et qui pour la plupart sont allongées perpendiculairement à la surface; certaines de ces cellules étirées parallèlement à la surface, constituent des groupes entourés par les premières. Par cette structure, la coque des fossiles se rapproche de celle des Anona, elle provient d’une drupe; en réalité, ce fossile appartient à la catégorie des nombreux noyaux de fruits qui, ne présentant rien de caractéristique ne peuvent être déterminés.

Les Renonculacées, aujourd’hui répandues sur toute la surface du globe, n’ont fourni que peu de fossiles, qui même ne doivent pas être tous rapportés à cette famille. Ces plantes sont pour la plupart vivaces ou annuelles et sont caractérisées par un calice composé ordinairement de cinq sépales, une corolle de cinq pétales, des étamines nombreuses, un gynécée comprenant presque toujours plusieurs carpelles libres et un albumen non sillonné. Les fruits sont des capsules, des baies ou des akènes. Feuilles alternes ou opposées simples ou pennées.

On à décrit des feuilles fossiles d'espèces grimpantes de Clematis, telles que C. Sibiriakofii Nath., signalé par M. Narnorsr dans les dépôts pliocènes ou quaternaires de Mogi au Japon (fig. 2955), et qui est sans doute une pennule de Clematis, cette espèce est très-voisine du ©. pedunculata Thbg. On connaît en outre des akènes fossiles: C. {richiura Heer. ©. Panos Heer, C. œænengensis A. Br. d'Œningen, C. radobojana Unger de Radoboj (fig. 293 6:10), C, Sagoriana Ettingsh. de Sagor. Les akènes des Clématites sont surmontés à la maturité d’un style accrescent lignifié, que l’on retrouve dans les figures de MM. Ux&rr et HxEer. Ce seul caractère ne suffit pas toutefois pour rapporter les fruits au

496 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

genre Clematis, car on le retrouve dans le genre Anemone; d'autre part, les fleurs aristées des Graminées ont la même forme.

Les parois latérales des cellules épidermiques sont sinueuses sur les deux faces de la feuille des Clématites, les sinuosités sont cependant plus marquées sur la face supérieure; les stomates sont localisés sur la face inférieure, leurs cellules stomatiques sont assez grandes.

On ne peut fixer si les fruits d'Œningen décrits par M. Hwer sous le nom de Ranunculus emendatus (fig. 293 1) doivent être rapportés au genre Ranunculus (ce sont des akènes munis d’un style un peu accrescent)? M. Hger! a décrit sous les noms d’AÆelleborites marginatus et d’'Helleborites inæqualis des débris végétaux du miocène du Spitzhberg, qu'il considère comme des fruits d'Helleborus, mais ces fossiles sont susceptibles d’autres interprétations; on peut les considérer comme des capsules de plantes d’une autre famille, ou encore comme des bractées ou des stipules caduques. En somme on peut conclure de ce qui précède, si même l’on regarde comme exacte la détermination des fruits fossiles de Clematis (ce qui n’est peut-être pas tout-à-fait prouvé), que l’existence de la famille à l’époque tertiaire n’est guère démontrée. De même les débris de feuilles appelés Dewalquea par MM. pe SarortTA et MarioN ne temoignent pas plus sûrement en faveur de l'existence de la famille. Par leurs feuilles palmi ou pédatipartites, pétiolées à nervation pennée dont les nervures secondaires forment un réseau marginal, les Dewalquea ont assurément une certaine ressemblance avec les feuilles d’'AHelleborus, mais les Aroïdées présentent des formes de feuilles analogues. Ces plantes apparaissent à l’époque crétacée avec les D. groenlundica Heer, D. Haldemiana Sap. et Marion, D. insignis KHeer, D. aquisgranensis Sap. et Marion (Groënland, Haldem, Aïx-la-Chapelle, Bohême fig. 306%) et ne paraissent pas dépasser l’éocène inférieur de Gélinden (1. gelindenensis Sap. et Marion fig. 306 4).

Debeya serrata Miquel du terrain crétacé du Limbourg doit être également rangé ici, de même qu’une autre espèce plus ancienne de la Bohême décrite par M. Vezenovsky sous le nom de D. pentaphylla.

L'épiderme des feuilles d'Helleborus ne porte de stomates que sur la face inférieure , les cellules épidermiques ont des parois latérales ondulées sur les deux faces de la feuille, et des bourrelets cuticulaires assez marqués sur leurs parois externes. Ces bourrelets sont parfois encore visibles, mais assez peu nets en général sur les feuilles transformées en charbon.

La famille des Nymphéacées, grâce à la Monographie de Caspary et à l'étude des fossiles par M. pe SarorTA, est une des mieux connues. Elle apparaît à l’époque crétacée et possède au tertiaire un nombre assez considérable de formes dont l'habitat est très-étendu. Pendant et après l’époque tertiaire, l'aire géographique de cette famille a subi des réductions, car elle n’atteint plus aujourd’hui le cercle polaire, tandis que des fossiles authentiques démontrent l’existence de la famille dans le crétacé du Groënland, et dans le tertiaire du Spitzberg, de la Terre de Grinnell, et du Groënland. Actuellement les Nymphéacées

1 Flora foss, arct. vol. II.

ST nc: Li DS

ES Len

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habitent surtout les eaux des régions tropicales, quelques espèces seulement se rencontrent dans la zône tempérée.

Le rhizome cylindrique ou ovoïde a un diamètre variable et produit des feuilles pétiolées, cordiformes ou peltées, disposées en spirale, nageant toujours à la surface des eaux comme chez les Nymphæa ou s'élevant ensuite au-dessus de la surface (Nelumbium, Nuphar), ainsi que des feuilles submergées finement pennées (Cabomba) et des pédoncules floraux aériens. Les fleurs sont hermaphrodites et présentent de 3 à 5 sépales, des pétales en même nombre ou trèsnombreux, les étamines sont nombreuses, l'ovaire supère, semi-infère ou complètement infère et même enfoncé dans l'axe floral dilaté (Nelumbium). Le fruit est une capsule ou un akène, les graines sont pourvues d’un double albumen ou exalbuminées.

On a décrit des fossiles appartenant aux genres actuels Nelumbium et Nymphæa. Le premier genre apparaît dans le crétacé supérieur du Groënland (Couches d’Atane) avec le C. arcticum Heer, les échantillons sont cependant très-incomplets et leur détermination n’est pas absolument certaine; ce genre se rencontre aussi dans le crétacé supérieur du Midi de la France où il est représenté par une espèce, le N. galloprovinciale Sap. de Fuveau (Bouches du Rhône). On en connaît deux espèces dans les formations tertiaires de l'Amérique du Nord (Colorado): N. Lakesii Lesq. et N. tenuifolium Lesq.; le N. Buchii Ettingsh. (fig. 296) se rencontre en Europe depuis l’oligocène inférieur jusqu’au miocène moyen (Mie Promina, Paudèze en Valais, Leoben, Gunzbourg). Les feuilles peltées, pétiolées, sortent tardivement de l’eau, les nervures rayonnent de l’insertion du pétiole qui se fait au milieu ou vers le bord de la feuille, elles se bifurquent à plusieurs reprises dans leur parcours; et vers le bord de la feuille les nervures primaires sont réunies en camptodromie par les nervures secondaires (fig. 2991).

Le genre Nelumbium est encore représenté aujourd’hui par deux espèces, dont l’une habite les provinces méridionales du versant atlantique des Ktats- Unis et les Antilles, l’autre s'étend de la mer Caspienne jusqu’au Japon, dans les contrées tropicales de l’Asie et de l'Australie (Queensland). Son habitat à considérablement diminué depuis l’époque tertiaire surtout vers le nord; en Europe, le genre a complètement disparu. L'origine polaire est hors de doute pour ce genre.

On connaît à l’état fossile des rhizomes, des feuilles, des fruits et des graines du genre Nymphæa. L'écorce du rhizome peu épaisse, mais compacte, brunit avec l’âge, et c’est elle qui, après destruction du tissu fondamental interne dans lequel se trouvent les faisceaux et les réserves nutritives, demeure dans la vase ou, se détachant après les inondations, se conserve à l’état fossile ou à l’état d’empreinte. On peut cependant encore retrouver des traces des faisceaux vasculaires lorsque les rhizomes sont carbonisés.!

A la surface de ces rhizomes fossiles, les coussinets foliaires apparaissent sous la forme de proéminences arrondies ou ovales; leur face supérieure porte les

1 Voir à cet égard les travaux de Caspary dans les Annales des Sciences nat. Ser, IV. t. VI.

Sohimper-Zittel, Traité de Paléontologie t. II. 32

498 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

traces des pétioles et de leurs canaux aériens, leur face inférieure montre des cicatrices arrondies disposées sur deux rangs, qui sont dues aux racines et ne présentent qu'une seule trace vasculaire, on voit finalement aussi les traces des pédoncules floraux, moins étendues que les traces pétiolaires et alternant avec elles. Dans chaque trace pétiolaire on voit six grands canaux à air en deux rangées verticales, entourés d’un certain nombre d’autres plus petits. Les traces des racines sont situées à la partie inférieure des coussinets foliaires, elles sont

Fig. 296.

Nelumbium Buchii Ettingshausen. Feuille. 1/2 grandeur nat. Monte Promina. Oligocène inférieur. (Reproduite d'après M. d’Ættingshausen.

placées en outre à la face inférieure du rhizôme en raison de la structure dorsoventrale de cet organe.

Les feuilles des Nymphéacées sont en général cordiformes, rarement peltées. La nervation est rayonnée, les nervures dichotomes sont réunies en camptodromie par leurs ramifications qui forment des mailles le long des bords de la feuille. De ces mailles partent des rameaux pour les dents, quand il en existe. Anastomoses transversales courbes formant un réseau par leurs ramifications. Le fruit mûrit sous l’eau, c’est une capsule ou une baïe s’ouvrant irrégulièrement à la maturité, il est surmonté par le stigmate radié et couvert de cicatrices dues à

POLYCARPICÆ 499

la chute des pétales et des étamines. Les graines sont arillées et plongées dans un mucilage.

De tous ces organes, ce sont les plus solides et les plus résistants que l’on retrouve à l’état fossile, tels que les parois des fruits, les stigmates et les graines. Parmi les fossiles actuellement connus, on peut citer : Nymphæa gypsorum Sap., Alais, NN. calophylla Sap., Vallée de la Mort d’'Imbert, bois d’Asson, N. Dumaisii Sap., Alais (fig. 297), AN. polyrhiza Sap., St. Zacharie (les graines de cette locaiité sont de grande taille), N.

Charpentieri Heer (Nelumbium nymphæoïdes Ettingsh.) Mte. Promina, Bonnieux, Paudèze, Rixhoft, N. Ludwigii Casp. de Wülfersheim en Wettéravie (fig. 2996).

Ces fossiles sont pour la plupart des rhizomes, les autres sont des feuilles ou des fruits. Les graines ne sont connues à l’état fossile que par les Carpolithes nymphæcides Beck des Lignites de Mittweida en Saxe (fig. | 2999), N. Doliolum Ludw. 4 ne EE: DU Den Do Her me Den fente Paie Auanièn pau Aus (Gus de Bovey Tracy, ces fossiles proviennent des divers étages de l’Oligocène. M. Her a signalé au Spitzberg et à la Terre de Grinnell, le AN. arctica Heer, représenté par un rhizome bien conservé.

Les travaux de M. Caspary (loc. cit. pl. 12 fig. 10-22) ont fait connaître la structure d’une graine des Lignites de Wettéravie, voisine du genre Victoria et qui a été appelée ÆHolopleura (fig. 29836). Ces graines sont ovoïdes, leur micropyle verruqueux présente une excavation dans laquelle se trouve un opercule arrondi, le hile est réniforme et le raphé peu développé. La coque des graines est épaisse et cornée. Leurs dimensions sont celles des plus grosses graines de Nymphea, 2nm,7-2mm,9 de longueur sur 1"m,7-1mm,9 de largeur. Les parois épaissies des cellules de la coque sont gonflées, comme cela se voit généralement dans les tissus des plantes fossiles des Lignites. D'après M. Caspary ce genre s’est conservé jusqu’à la période interglaciaire, on a également trouvé ces graines dans les charbons schisteux de Dürnten'. Le genre Anæctomeria, plus éloigné de Nymphea (fig. 2981 ?) à été distingué par M. pe SarorrA (Ann. des Se. nat. Série V. t. III, IV, VII). Il à été établi d’après des fossiles d'Armissan désignés

! Voir HEER, Urwelt der Schweiz, 2ème édition. 32 *

par M. Bronanrarr sous le nom de Nympheïtes Arethusæ Bret. et par M. Caspary sous le nom de N. Brongniarti. En dehors du gisement déjà indiqué, on trouve encore ces fossiles à Fénestrelle, St. Jean de Garguier, Bois d’'Asson, Chatillon près d'Oron, Léoben, Kutschlin. On en possède des rhizomes, des fleurs, des fruits et des graines.

Les cicatrices foliaires du rhizome possèdent 4 grands canaux à air, dont les deux plus grands sont situés vers le bas, un certain nombre d’autres plus petits les entourent (fig. 2981). Les cicatrices des racines forment deux rangées à la

NN i \

Fig. 298.

Anœæctomeria Brongniarti Sap. 1 rhizome, 2 fruit, Armissan, Oligocène supérieur. 3 Holopleura Victoria Caspary. Gr. nat. 4—6 grossi. Lignites de Wettéravie (Reprod. d'après M. de Saporta et Caspary.)

face inférieure du rhizome, elles montrent la trace du faisceau. Les feuilles sont orbiculaires, cordiformes-auriculées à leur base. La fleur comprend 3-6 sépales, des pétales et des étamines enchassées dans la surface extérieure du fruit. Fruit semi-infère avec stigmate radié. Le fruit (fig. 2982) est une baie ovoïde surmontée par le stigmate et se segmentant à la maturité en pièces elliptiques. L'’unique espèce comme est l'A. Brongniarti Sap. Les graines ont de 5 à 6mm de longueur, elles sont munies d’un opercule, leur raphé est un peu saillant. Jusqu'à présent cette espèce n’a pas été signalée au delà du Miocène moyen. On rassemble sous l’épithète de Nymphaites des fossiles de la famille des Nymphéacées qui n’ont pu trouver leur place dans les genres précédents; ce sont des rhizomes, des fruits ou des graines. Les coussinets fohaires des rhizomes sont plus petits que ceux des fossiles précédents. les cicatrices des feuilles présentent un moins grand nombre de canaux à air, dont deux sont plus larges comme chez N. microrhizus Sap. de St. Jean de Garguier (fig. 2998), N. palæo-

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