‹ Traité de paléontologieChapitre 117 sur 183 · OX N · texte numérisé non relu

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1 Stigmaphyllum demersum Sap. Oligocène supérieur d'Armissan. 2,3 Banisteria teutonica Heer. Sieblos dans la Rhôn. 4 B. hæringiana Ettingsh. Oligocène inférieur de Hæring. 5a Malpighiastrum janusiæforme Sap. grandeur naturelle, b grossi. Oligocène moyen de St. Zacharie. 6 Hiræa Ungeri Ettingsh. Oligocène supérieur de Sotzka. 7, 8 H. boreulis Ettingsh. Oligocène inférieur de Hæring. 9 Zetrapteris harpyarum Ung. Oligocène supérieur de Sotzka. 10 Banisteria (Acer Gôpp.) giganteu. Diminué de moitié. Striese en Silésie. Terrain tertiaire. (2 et 3 d'après nature, les autres figures reprod. d’après MM. de Saporta, d'Ettingshausen, Unger et Güppert.)

Les fruits d'Hiræa borealis Ettingsh. (fig. 32578) de l’oligocène inférieur de Hæring, suffisent à établir l'existence du genre Hiræa Jacq. à l’époque tertiaire; par contre, les fruits de Sotzka appelés H. Ungeri Ettingsh, Æ. Hermis Ung. et ceux du Miocène supérieur de Schrotzburg désignés sous le nom d'A. expansa

Heer sont très-douteux.

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Les feuilles attribuées à ces genres sont toutes plus ou moins douteuses ; leur nervation ne présente rien de caractéristique pour la distinction des trois genres dont il vient d’être question.

Les fruits prouvent que la famille a habité l’Europe à l’époque tertiaire depuis l'oligocène inferieur jusqu'au miocène supérieur et si les déterminations de tous les fruits sont justes, cette famille était alors représentée depuis la Styrie inférieure jusque dans la Suisse septentrionale, la Rhôn et la Bohême.

L’épiderme des feuilles des Malpighiacées est caractérisé par des poils aigus, rameux ou couchés horizontalement à la surface du limbe, et qui peuvent être conservés sur les feuilles carbonisées ou ensevelies dans les lignites. En général l’épiderme est formé de petites cellules, les celulles stomatiques sont également petites, les stomates sont nombreux, ordinairement entourés de deux ou quatre cellules. Dans les feuilles coriaces des genres Hiptage, Heteropteris par exemple, les stomates sont enfoncés et entourés d’une sorte de rempart. La structure de la cuticule de ces feuilles coriaces est ordinairement très-bien conservée, comme je l’ai observé dans une foule de cas, entre autres chez le Pinus Crameri de Heer. Les cellules épidermiques sont polygonales et à parois planes sur les deux faces de la feuille comme chez Tetrapteris, Hiræa ou bien les contours sont sinueux sur la face supérieure, polygonaux à côtés rectilignes, les cellules étant d’ailleurs étirées et isodiamétriques sur la face inférieure comme dans le genre Triopteris ou encore les parois sont planes et les cellules étirées transversalement sur la face supérieure, polygonales sur la face inférieure, comme dans le genre Hiptage.

Les fruits, ordinairement sphériques ou un peu ovoides, sont ornés sur leur face externe de bourrelets réticulés ou rameux, parfois dentelés. Les faisceaux des ailes ont un parcours peu ou fortement arqué, ou bien rectiligne, dans ce dernier cas ils sont ramifiés; parfois ces faisceaux, rayonnant de la base de l'aile, sont reliés entre eux par leurs ramifications ou terminés en pointe libre (Gaudichaudia), ailleurs (Hiræa, Tetrapteris) ils sont mis en relation par des nervures anastomotiques en avant du bord de l’aile, enfin chez certains Tetrapteris ces nervures constituent un réseau à mailles étroites (voir fig. 324). La masse principale du tissu de l’aile est formée de cellules rameuses à parois minces entre lesquelles ou voit des lacunes aérifères d’autant plus vastes que le fruit est plus gros; ce dispositif est nécessaire pour assurer la dissémination du fruit.

La famille des Vochysiacées, dont les représentants actuels habitent les contrées tropicales de l'Amérique du sud et l'Amérique centrale n’est connue à l’état fossile que par une feuille du miocène inférieur de Sagor, Vochysia europæa Ettingsh. Cette feuille a un pétiole très gros, une nervure médiane forte à la base du limbe et s’amincissant graduellement, des nervures secondaires obliquement ascendantes reliées par des branches anastomotiques obliques naissant sous des angles aigus. L'ensemble forme un réseau à mailles irrégulières’. Les nervures secondaires sont sans doute camptodromes, mais la figure ne montre pas de quelle façon la camptodromie est réalisée. La nervation de la feuille

1 Voir ETTINGSHAUSEN, Foss. Flora von Sagor, taf. 19. fig. 22. Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. II, 36

562 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

fossile ne s'accorde guère avec celle du genre Vochysia. L'étude d’un assez grand nombre d'espèces vivantes de ce genre m'a montré que les caractères de la nervation sont constants. La nervure mediane est assez forte, les nervures secondaires qui font avec la médiane des angles variant de 25—30° jusqu’à 50—60° décrivent en se dirigeant vers le bord de la feuille des courbes très ascendantes ou peu accentuées, elles sont réunies en camptodromie dans la région marginale par leur dichotomie ou par leurs dernières nervures tertiaires. La camptodromie fournit vers le bord des nervures qui s’anastomosent en un réseau marginal. Les nervures secondaires incomplètes se terminent dans le réseau des anastomoses. Ce réseau est formé par les nervures tertiaires qui naissent à angle droit ou presque droit, et dont les ramifications ou nervures quaternaires bordent des espaces fréquemment allongés parallèlement aux nervures. Ces espaces sont remplis par les nervures d'ordre plus élevé réunies en un réseau dont les mailles sont parfois très-petites.

L'existence de ce genre durant l’époque tertiaire n’est pas bien établie, n'étant basée que sur la feuille dont il a été question; la structure de l’épiderme ne fournit pas de nouvelle preuve. Les cellules épidermiques de la face supérieure sont polygonales, à parois latérales planes, la face inférieure porte de nombreux stomates enfoncés, entourés d’une zône de cellules un peu étirées disposées radialement, les autres cellules ont la même forme que sur la face supérieure; C’est là une structure que l’on rencontre encore dans d’autres feuilles.

La nervation décrite plus haut n'existe pas dans tous les genres des Vochysiacées. Chez Qualea par exemple, en admettant ce genre comme l'ont délimité BENTHA“ et Hooker, les nervures secondaires sont simples, très serrées, alternes et réunies entre elles par de courtes nervures anastomotiques horizontales ou un peu obliques. La camptodromie est produite par la dichotomie des nervures très près du bord de la feuille; un bourrelet marginal reçoit ses nervures de la camptodromie. Dans le genre Schüchea, qui avec le genre suivant a été réuni par BENTHAM et Hooker au genre Qualea, les nervures secondaires sont beaucoup moins serrées, la camptodromie est réalisée °de la même façon que chez Qualea, le bord de la feuille n’est occupé que par les nombreuses nervures peu rameuses qui sortent de la camptodromie. Chez Amphilochia, les nervures secondaires assez distantes, sont réunies en camptodromie par la réunion d’une nervure secondaire avec la dernière branche tertiaire d’une nervure voisine; les nervures tertiaires qui jouent le rôle de nervures anastomotiques sortent perpendiculairement ou obliquement. Cet exemple suffit pour démontrer que la nervation peut servir à caractériser les subdivisions.

12e ordre. FRANGULINÆ.

Cet ordre comprend les familles des Célastracées, Hippocratéacées, Pittosporacesé, Aquifoliacées, Vitacées et Rhamnacées, dont les représentants sont des plantes ligneuses, arbres ou arbustes à tiges dressées, parfois aussi volubiles ou sarmenteuses, Mais avant d'aborder l'étude des diverses familles de cet ordre, je dois pour compléter ce qui a été dit pour les Olacacées et les Connaracées (p. 534) ajouter quelques détails dont il n’a pas encore été fait mention.

FRANGULINÆ 563

M. Conwentz rapporte à la famille des Olacacées, un fruit de l’ambre du Samland, qu'il figure avec son talent habituel‘, ce fruit est longuement pédonculé et entouré par un calice profondément quadripartit. L'’ovaire allongé, environ trois fois plus long que la portion linéaire, pointue, étalée du calice sous-jacent, porte un style simple à stigmate capité; sa moitié supérieure est couverte de

Fig. 326.

1, 2 Celastrinanthium Hauchecornei Conw. 1 gr. nat. 2 grossi. 3, 4 Ximenia gracilis Conw. gr. nat., 4 grossi, 5, 6 Billardierites longistylus Caspary, 5 gr. nat., 6 grossi. 7, 8 Connaracanthium roureoïdes Conw. 7 gr. nat., 8 grossi, Fossiles provenant tous de l’ambre du Samland, reprod. d'après M. Conwentz.

petites verrues. M. Conwenrz désigne ce fossile sous le nom de Ximenia gracilis (fig. 3263-4), en le rapportant au genre tropical Ximenia dont une espèce, le X. americana L. habite les régions tropicales, et dont les trois autres ont pour habitats l’une le Mexique, l’autre l'Afrique méridionale et la troisième les îles méridionales de l'Océan Pacifique.

1 ConNwenTz, Bernsteinflora, page 78 pl. 8 fig. 14 & 15. 36 *

564 ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

Le fossile rapporté à la famille des Connaracées est une fleur provenant également de l’Ambre du Samland, que M. Conwenrz' appelle Connaracanthium roureoides. Cette fleur est très-voisine de celle du genre Rourea Aubl., qui avec le genre Connarus L. habite principalement les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique. L’exemplaire figuré par M. Conwexrz (fig. 326.8) est un fragment d’une inflorescence en cyme, portant trois fleurs insérées sur un axe commun par un pédoncule court et articulé. Le calice quinquepartit n’est pas caduc, la partie libre du sépale est ovale, crénelée, carénée dans sa région médiane, les cinq pétales, ovales allongés, aigus, libres, étalés ou réfléchis ont une base rétrécie en onglet, et sont beaucoup plus longs que le calice; il y a dix étamines, dont les anthères sont allongées, biloculaires; les styles sont au nombre de cinq, en forme de filaments recourbés en dehors dans leur région supérieure; stigmates capités.

Il n’y a aucune objection à faire à la détermination du fossile attribué au genre Ximenia. Si l'on compare ce fossile avec le stade équivalent de la fleur de Ximenia, on trouve pour l'ovaire au début de la maturation une concordance tellement étonnante entre l'espèce actuelle et le fossile qu'on ne peut guère trouver de différences que dans la plus grande longueur du pédoncule et des segments libres des sépales chez l'espèce actuelle. La comparaison de l’intérieur des ovaires, de l'insertion et de la forme des ovules reste à faire. Il est donc vraisemblable qu'à l’époque oligocène, il existait une Olacacée dans les régions baltiques. On peut tirer la même conclusion de la fleur décrite sous le nom de Connaracanthium. En tant que sa conservation permet d’en juger, la fleur fossile se rapproche si bien des fleurs de Rourea que l'on doit considérer comme établie la même conclusion que pour la fleur précédente : à savoir que la famille (la détermination du genre n’est pas possible) existait aussi à l’époque oligocène dans les contrées baltiques.

Le groupe des Frangulinées est caractérisé par des fleurs régulières généralement hermaphrodites, rarement polygames, quater- ou quinaires dont l'ovaire supère est entouré par un disque sur lequel s’insèrent de 2 à 10 étamines dressées. L’ovaire supère donne un fruit qui est une baie, une drupe, une capsule ou une achaine. Ovules anatropes, graines à embryon généralement volumineux.

Si les fossiles de ce groupe sont bien interprêtés, son apparition eut lieu dans le crétacé inférieur, comme l’établit l’existence de nombreuses feuilles dans les formations cretacées de l'Amérique du Nord, et d’une espèce dans le crétacé

du Groënland et de l'Europe. Leur plus grand nombre provient cependant de

l’époque tertiaire, pendant laquelle on rencontre ces feuilles depuis l’Eocène jusque dans le Miocène et le Pliocène, on les trouve encore à l’époque quaternaire. En général les déterminations de feuilles sont entachées d'incertitude, d'autant plus que les rares fleurs et fruits fossiles ne sont rien moins que probants.

La famille des Célastracées, qui renferme des arbres et des arbustes est, de l’avis des paléontologistes, représentée par de nombreux fossiles, presque uniquement par des feuilles, rarement des fleurs et des fruits. Nous verrons par la suite jusqu’à

* Loc, cit. p. 104 pl. 10 fig. 17—21.

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quel point cette attribution est fondée, remarquons seulement que, comme dans beaucoup d’autres familles, on range avec les feuilles de conservation insuffisante des fleurs et des fruits qui pourraient être différement interprêtés, ce qui augmente considérablement le nombre des espèces dans les divers genres. Cette famille compte au-delà de quatre cents espèces actuelles dont la plupart habitent les zones tropicales et subtropicales, un petit nombre la zone tempérée.

Fleurs régulières, généralement hermaphrodites, calice et corole quaternaires, rarement quinaires, quatre étamines, rarement davantage. Quatre, cinq et jusqu’à dix carpelles entourés d’un disque. Ovaire supère, possédant de deux à cinq loges. Ovules deux ou davantage. Fruit: capsule, drupe ou achaine. Graines arillées. Feuilles ordinairement coriaces avec stipules caduques, parfois aussi sans stipules, tiges parfois volubiles.

Le genre Celastrus L., si l’on en exclut le Gymnosporia Wight et Arn., comprend des espèces dont la plupart habitent la Chine septentrionale, le Japon, et les Montagnes de l'Inde, un petit nombre appartiennent à l'Australie, à l'Amérique du Nord, une espèce à Madagascar. Cette répartition plaide en faveur de l’existence du genre à l’époque tertiaire; ce genre à sans doute une origine boréale, et ses représentants les plus avancés habitent l'Australie et Madagascar; il à disparu aujourd’hui de l’Europe.

Les feuilles sont généralement coriaces, finement dentées et penninerves. Nervure médiane amincie vers le sommet de la feuille; nervures secondaires alternes, les inférieures assez directement ascendantes, les supérieures courbées, leur angle d'origine varie de 50 à 80°, elles sont peu fortes, au nombre de cinq à sept de chaque côté, camptodromes par la réunion d’une branche d’une nervure donnée avec celle de la nervure immédiatement supérieure, ou bien par les dernières nervures tertiaires; le premier mode se rencontre par exemple chez C. scandens L. pour les nervures de la région basilaire de la feuille, le second dans la partie supérieure de la feuille de la même espèce. La nervation est très uniforme dans toute la famille, quant aux feuilles larges ; lorsque les feuilles sont plus étroites, la nervation diffère en ce que les nervures secondaires sortent sous un angle de 80 à 90°, par exemple chez Hartogia Thea. Les nervures secondaires incomplètes terminées dans le réseau des anastomoses concourent assez souvent à la délimitation d'espaces allongés parallèlement aux nervures secondaires. Mais on peut rencontrer ce dispositif dans une espèce d’un genre alors qu'il fait défaut à d’autres espèces. Il n’est pas rare de voir dans cette famille des feuilles coriaces n'ayant qu'une nervure médiane ou bien une nervure médiane et des nervures secondaires peu marquées; lorsque les feuilles sont très-étroites, elles sont dites uninerves.

Les groupes des Hippocratéacées, Pittosporacées et Aquifoliacées, que l'on range aussi parmi les Frangulinées ont la même nervation, il est dès lors difficile de comprendre comment leurs feuilles fossiles puissent être rapportées à des familles différentes, et surtout à des genres différents. Ainsi comment est-il possible de distinguer Pseudocelastrus de Celastrus lorsque l’on n’a que des feuilles, comme c’est réellement le cas. Un certain nombre des formes vivantes de cette famille ont des feuilles fortement dentées dont la forme rappelle celle des

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feuilles de Myricacées; d’autres ont des dents aiguës, épineuses, rappelant la feuille de certains Chênes. Comment peut-on, lorsque la nervation n’est pas trèsbien conservée, rapporter avec certitude ces formes de feuilles à l’une ou à l’autre de ces familles ? La détermination n’en sera pas facilitée, parce que dans cet ordre comme dans d’autres, on aurait pris pour caractères génériques ceux mêmes qui servent à la délimitation des genres vivants (ces particularités ne s’observant que lorsque la conservation est exceptionnelle), ou parce que l’on utiliserait pour la caractéristique des espèces des particularités tirées de la nervation; aussi cet embarras devient-il évident lorsque les nervures secondaires son dites naissant ,angulo vario“, et les nervures tertiaires ,obsoletif.

L'existence des formes de cet ordre en Europe pendant l’époque tertiaire est rendue probable par l'habitat des formes actuelles, qui existent dans les Etats Unis de l'Amérique du Nord, dans la Chine septentrionale, le Japon, l’Europe et le Nord de l’Afrique, par la présence de quelques genres en Abyssinie, bref par la répartition des formes, telle que nous la voyons aujourd’hui. La distinction des nombreuses espèces de Celastrus par exemple, ne peut avoir qu’une très-médiocre valeur, en raison des variations des feuilles suivant les individus.

Des fleurs ont été conservées dans l’ambre du Samland et décrites par M. CoxwENTz dans sa ,Bernsteinflora“ sous le nom de Celastrinanthium Hauchecornei. (fig. 32612). Ce sont des boutons pourvus de quatre sépales, et de quatre pétales ; il n’y à rien à objecter à cette détermination, d’autant plus que le nom est très bien choisi. Les corolles pentamères de Radoboj décrites sous les noms de Celastrus evonymellus Ung. et de OC. evonymelloides Ung., et d'Œningen, C. Bruckmanni A. Br. ont bien peu de valeur, elles sont inutiles ou douteuses. Les fruits rapportés au genre Evonymus, E. amissus Heer du Groënland ’septentrional (fig. 328 }), E. radobojanus Ung. de Radoboj, E: moskenbergensis Ettingsh. de Moskenberg près Léoben peuvent être des fruits d'Evonymus, maïs comme justement les caractères des fruits de ce genre n’ont pas été signalés chez ces fossiles, on pourrait encore avoir affaire à d’autres fruits capsulaires. On peut en dire autant des fruits attribués aux genres Pittosporum et Bursaria, P. Fenelii Ettingsh. (fig. 3272) de Hæring et B. radobojana Ung. de Radoboj et de Sused (fig. 3273). Ces fruits manquent des caractères nécessaires pour assurer leur détermination. Il en est autrement de la fleur de l’ambre du Samland décrite par Caspary et M. Conwenrz sous le nom de Bilardierites longistylus, cette fleur nous force à admettre qu’elle appartient au genre Billardiera ou un genre très-voisin (fig. 32656). La fleur est portée par un pédoncule marqué d’un sillon sur sa face supérieure, et se compose de cinq sépales allongés, étalés à bords involutés, de cinq pétales allongés ovales, convolutés dans leur partie inférieure et étalés dans leur région supérieure, de cinq étamines à filet filiforme de même longueur que les pétales; le style est filiforme et se termine par un stigmate bilobé. On peut rapprocher de ce fossile les fleurs d’Zlex, également de l’ambre du Samland, décrites par Caspary et CoNwenTz, et dont deux espèces de CasPary ont cependant été avec raison rapportées par M. Conwenrz au genre Sambucus. L'une de ces fleurs est l’Z. prussica Casp. (fig. 3285-6), l’autre Z. minuta Conw. La première, signalée et décrite par M. CoNwenrz est une fleur brièvement

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pédonculée avec calice partagé en quatre petits lobes ovales triangulaires à bords entiers ou légèrement crénelés, quatre pétales ovales allongés, libres, dressés, quatre étamines, presque deux fois plus longues que les pétales. Il n’y a pas d’ovaire visible, la fleur paraît mâle. La seconde fleur, Zlex minuta Conw. (fig. 328%-#) est beaucoup plus petite, les lobes ovales du calice ciliés au bord,

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Fig. 327.

1 Pittosporum Colensoi T. Mull., fruit. Australie. 2 P. Putterlicki Ung. feuille du miocène moyen de Parschlug. 3 P. Fenzslii Ettingsh. fruit de l’oligocène inférieur de Hæring. 4—7 Zizyphus Ungeri Heer. Oligocène inférieur de Hæring. 8 Bursaria rodobojana Ung. Fruit du miocène inférieur de Radoboj. 9 Jlex neogena Ung Miocene moyen de Parschlug. (1, 4—7, 9 d'après nature, les autres reprod. d’après Unger et d'Ettingshausen).

les quatre pétales ovales à base rétrécie, les quatre étamines de longueur presque double de celle des pétales. Comme l'ovaire n’est pas visible non plus, il est probable que cette fleur est aussi mâle. Une troisième fleur, Zlex aurita Casp., n’est connue que par la decription de l’auteur, qui décrit la corolle comme étant gamopétale, rotacée et sexpartite, les étamines s’insérant sur la corolle par leur base un peu élargie. La fleur d’Zlex a bien en effet une corolle

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gamopétale et il faut avouer qu’on peut avoir affaire à une fleur d'Zlex; on peut toutefois aussi penser à rapporter ces fleurs à une famille de gamopétale, comme c'est le cas pour deux autres fleurs d’Zlex de CasPary.

Si l’on admet comme valables toutes les déterminations de feuilles rapportées à cette famille, ces plantes se seraient répandues à l’époque tertiaire jusqu’à Alaska, au Groënland et au Spitzberg. La chose n’est pas invraisemblable, mais toute la question est de prouver cette répartition. Nous n’avons justement pas cette preuve; l'existence des Célastracées, Pittosporacées et Aquifoliacées à l’époque tertiaire, n'étant démontrée que pour la région baltique. Nous ne possédons en faveur de l'existence des Célastracées etc. dans les régions polaires à l’époque tertiaire, que des feuilles dont la conservation est telle qu’en général on ne peut pas les déterminer avec certitude, car elles sont susceptibles de plusieurs interprétations. L'existence mentionnée de ces familles dans les régions baltiques est un argument plus sérieux que celui tiré des feuilles fossiles, pour démontrer leur existence au Groënland. lex borealis Heer des couches de Patoot du Groënland, et Celastrus Bruckmanni Heer du Tertiaire du Groënland peuvent être considérés comme bien déterminés. L'existence de cette famille pendant la période crétacée doit être tenue comme certaine; cela résulte en partie de ce qui précède, d’autre part, les feuilles de la craie de Westphalie, du Groënland et de l’Eocène de Gélinden et de Sézanne décrites sous les noms de Celastrophyllum et de Celastrinites L. sont en général voisines des feuilles des Célastrinées; on doit admettre par conséquent l'existence possible en Europe de formes appartenant à cette famille à l’époque du crétacé supérieur et au début de la période tertiaire. L'emploi du terme Celastrophyllum, proposé pour un certain nombre de ces feuilles, serait donc justifié pour la plupart de celles que l’on peut ranger ici. ,

Tout ce que l’on à pu dire en faveur de l’existence du genre Hippocratea L. dans les dépôts tertiaires de Léoben et de Kutschlin, ne repose que sur des arguments peu fondés, on peut néanmoins faire valoir l'existence actuelle du genre en Abyssinie. Il en est de même des feuilles attribuées aux Pittosporacées (fig. 3272) et dont la détermination se trouve plus justifiée par les fossiles cidessus que par les feuilles. Dans celles-ci en effet la faible saillie des ramifications des nervures secondaires, qui est caractéristique de la feuille des espèces vivantes, n’est pas visible ou peut s’interpréter d’une autre façon. Ces fossiles ont été rencontrés durant l’époque tertiaire depuis le tertiaire inférieur jusque dans le miocène supérieur; la plupart font défaut au miocène. À l’époque quaternaire nous rencontrons les espèces qui existent encore de nos jours en Europe, comme Ævonymus Europæus L., ÆE. latifolius dans les Tufs de La Celle près Paris; la première espèce existe aussi dans les Tufs de Cannstadt et d'Aygelades.

D'après les recherches de Lesquereux et de M. Lesrer Warp, les formes de feuille des Celastrinées et Aquifoliacées se rencontreraient aussi dans les dépôts crétacés et tertiaires de l'Amérique du Nord. Il en est parmi elles un certain nombre que l’on peut mettre en doute, il est vrai, mais les autres tendent à démontrer l'existence des genres Celastrus et Evonymus; d'un autre côté les

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feuilles du Canada septentrional et d’Alaska décrites par Hger sont trop fragmentaires, et tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elles ont pu appartenir à des Célastracées et à des Aquifoliacées. M. D'ETrTinesHAUSEN décrit une feuille de Celastrus Cuninghami de l'Australie. L'existence de fossiles du groupe des Célastracées dans les dépôts tertiaires d'Australie est très-vraisemblable, mais elle n’est pas prouvée par la feuille figurée par M. D'ETTINGSHAUSEN ; la présence du genre Pitiosporum n'est pas mieux démontrée par la feuille figurée sous le nom de P. priscum Ettingsh. GæpPpErT a figuré sous le nom de Celastrophyllum des feuilles des dépôts tertiaires de Java, qui peuvent appartenir aux Célastracées. M. D'ETTINGSHAUSEN à rapporté l’une d’entre elles, C. oleæfolius Güpp. au genre Pterocelastrus, maïs je ne considère pas ce changement comme une amélioration.

Mentionnons finalement quelques espèces plus répandues. Le genre Bursaria, limité actuellement aux régions extratropicales de l'Australie, est connu à l’état fossile par des feuilles et des fruits qui rappellent ceux du genre actuel et sont désignés sous le nom de Bursaria radobojana Ung. Si l’on regarde cette détermination comme justifiée, il y à lieu de trouver étonnant que ce genre, dont l'habitat est aujourd’hui si restreint, ne soit connu à l’état fossile qu'à Sagor et à Radoboj. Ces faits nous font pressentir une lacune dans nos connaissances paléontologiques ou bien une détermination inexacte, bien que les fossiles ressemblent aux feuilles et aux fruits du B. spinosa Ca.

LesqueREux a décrit sous le nom de Celastrophyllum ensifolium (primitivement Magnolia Lesq.) des feuilles de la Craie du Kansas; les autres espèces de Celastrophyllum, abstraction faite de celles mentionnées ci-dessus, proviennent du miocène de la Bohême. Des feuilles ressemblant à celles du genre Celastrus ont été décrites par M. ne SarorTa dans l’Eocène inférieur de Sézanne, et par Lesquereux dans les dépôts tertiaires du Colorado et du Montana. Les deux formes de feuilles ont une nervation semblable à celle des Célastracées.

Des feuilles du genre Evonymus ont été signalées surtout dans le miocène de Bohême; deux autres espèces proviennent du Tertiaire de l'Amérique du Nord. E. flexifolius du Wyoming décrit par Lesquereux, E. xantholithensis du Montana, décrit par M. Lester War. La répartition actuelle du genre plaide certainement en faveur de l'existence du genre Ævonymus dans les dépôts tertiaires d'Europe et de l'Amérique du Nord, et doit être considérée comme plus probante que les restes fossiles.

Des fossiles du genre Celastrus ont été signalés depuis l’oligocène inférieur jusque dans le miocène supérieur; la plupart de ces espèces, dont le nombre a encore été augmenté par M. FriepericH, proviennent de la Province de Saxe, nous avons vu déjà qu’on ne peut leur accorder ancune valeur. Si toutes les données étaient exactes, les espèces tertiaires de ce genre représenteraient un mélange de formes proche parentes des espèces du Cap, de l'Afrique occidentale, des îles Canaries, et de l'Inde. Signalons parmi les espèces du sud de la France OC. Zachariensis Sap. de St. Zacharie, C. opacus Sap., C. redditus Sap. de Bonnieux, C. protogæus Ettingsh. de Haering, Radoboj, Sotzka, Sagor, Fohndorf, Monod, Rixhôft; C. Bruckmanni À. Br. (St. Zacharie, Tertiaire de

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Suisse, Castelnuovo), C. Æoli Ettingsh. (Léoben, Radoboj, Sotzka, Hæring, Monod), C. noaticus Ung. (Parschlug, Kraxtepellen) (fig. 330%), C. Pseudo-Ilex Ettingsh, (Hæring, Bovey Tracy, Priesen, Kutschlin, Locle, Œningen). Un certain nombre

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