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AN S

Fig. 328.

1 Evongmus amissus Heer, fruit du Tertiaire du Groënland septentrional. 2. Paliurus tenuifolius Heer, rameau, 3, 4 Ilex minuta Conw. Ambre du Samland. 5, 6 Ilex prussica Conw. Ambre du Samland. 7. I. celastrina Sap. Oligocène supérieur, 8 I. dryandræfolia Sap. Oligocène supérieur. 9 Z. Falsani Sap. et Marion. Pliocène de Meximieux. (Reprod. d'après MM. Conwentz et de Saporta).

d'espèces des dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord, ont été aussi énumérées par LESQuEREUx dans le groupe de Greenriver de Florissant, et par M. L. War» dans le groupe de Laramie. Ces espèces rappellent en partie les espèces mexicaines. La flore actuelle des Etats-Unis ne présente qu’une seule espèce, le C. scandens L., qui habite les Etats septentrionaux.

Les genres Nemopanthes, Prinos et Ilex de la famille des Aquifoliacées ont fourni des feuilles fossiles, peu nombreuses pour les deux premiers genres, nombreuses pour le dernier. L’inégale distribution de l'habitat de deux premiers genres n'a pas encore reçu d'explication. Le genre Nemopanthes est limité au . versant Atlantique de l'Amérique du Nord, le genre Prinos ne possède qu’une seule espèce répandue dans les Antilles, aux Etats-Unis et dans les Montagnes des Indes Orientales. La nervation des espèces du genre lex, caractérisées par leurs feuilles à bord sinué denté, est craspédodrome; les nervures secondaires

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se terminent dans les dents, leur nombre est variable chez les Célastracées. On n’a signalé qu’une seule espèce fossile de Nemopanthes dans le tertiaire de Bonn, il en est de même de Prinos qui doit avoir été représenté à Radoboj et à Kumi pendant l’époque tertiaire; ces déterminations peuvent être exactes, mais les fossiles ne sont pas suffisamment caractérisés pour qu’on ne puisse les classer dans d’autres genres. Labatia Salicites O. Weber des couches tertiaires de Bonn et d'Eisgraben près Bischofsheim (fig. 329), d’après un exemplaire déterminé par HEer, est une feuille étroite, rétrécie au sommet et à la base; cette feuille ressemble assurément aux feuilles du genre Jlex, maïs elle rappelle aussi des feuilles d’autres familles. Les formations tertiaires du sud de la France ont fourni de nombreuses espèces d’Ileæ, M. DE SaporTA a décrit une forme qui existe à Aix, St. Zacharie, Armissan et Marseille, Z. steno- Fig. 329. phylla Ung. (Léoben, Sotzka, Parschlug, Radoboj, St. Galle, Locle, Labiata Salicites Œningen, Rott, Rixhôfft, Val d’Arno). Z. sphenophylla. I. berberidi- 9- Weber. Eisfolia Ettingsh. (Sobrussan, Priesen, Locle, Œningen) sont au Pa UNe e LL nombre des espèces qui ont vécu le plus longtemps dans un la Rhôn. (D'après habitat très vaste. Deux espèces du pliocène de Meximieux, pe

I. Falsani Sap. et Mar. (fig. 328%) et TI. canariensis Webb et Berth.

var. pliocenica sont voisines des Z. canariensis et I. balearica. M. D'ETrines- HAUSEN signale un lex glacialis de la Brêche d'Hôtting; à en juger par la figure, la conservation est tellement défectueuse que le fossile n’est guère utilisable. A Madère on trouve I. Hartungi Heer voisin de I. canariensis Webb et Berth.; dans les tufs de Montpellier Z. aquifolium L.; LEsquereux cite dans le crétacé du Colorado, dans les dépots tertiaires, le groupe de Greenriver du Wyoming et de Florissant, un certain nombre d'espèces d’Ilex, I. prunifolia Lesq. des Chalkbluffs. Le fruit rapporté par cet auteur au genre Zlex ne démontre en rien sa parenté avec ce genre.

L’épiderme des Célastracées et des Aquifoliacées a une structure très uniforme, du moins chez les genres que j'ai étudiés. J'ai principalement observé les genres auxquels on a rapporté des fossiles, mais un certain nombre d’autres ont été aussi étudiés. Les cellules épidermiques sont généralement polygonales à parois latérales planes sur les deux faces de la feuille; les stomates sont très-nombreux et pourvus de petites cellules stomatiques, ils sont très ordinairement entourés d’une sorte de rempart formé par l’exhaussement formant bourrelet des cellules environnantes; on trouve assez souvent un enduit cireux notamment dans le genre Celastrus et les genres vivant dans des conditions analogues. Chez les formes à feuilles caduques les cellules épidermiques ont des parois minces. L’épiderme des Hippocratéacées a au fond les mêmes caractères, en exceptant cependant le genre Pittosporum dont les bourrelets cuticulaires sont peut-être plus généralement et plus fortement développés. Parmi les Aquifoliacées, le Cassine”capensis peut être mentionné à cause de la taille assez grande des cellules épidermiques.

La famille des Rhamnacées est caractérisée par des fleurs quater- ou quinaires,

des étamines épipétales, des drupes présentant de deux à cinq loges, des feuilles opposées ou alternes, des stipules caduques ou épineuses, et comprend des arbustes, très peu d'arbres, rarement des plantes volubiles; ces plantes se rencontrent sur toute la surface de la terre, dans les régions extratropicales, comme aussi dans les régions tropicales, Certains rameaux sont souvent transformés en épines.

Les genres Paliurus, Zizyphus, Berchhemia, Rhamnites, Rhamnus, Ceanothus, Pomaderris sont ceux où l’on a rangé les feuilles et fruits fossiles rapportés aux Rhamnacées. Il convient de leur rattacher encore des rameaux transformés en épines, bien que ces rameaux épineux puissent également avoir appartenu à des Célastracées, car on observe aussi cette transformation dans ce groupe. La nervation des Rhamnacées est le plus souvent pennée, rarement curvinerve, les deux dispositifs peuvent se rencontrer dans le même genre, comme chez Ceanothus, Colubrina. Dans les feuilles curvinerves, trois ou cinq faisceaux primaires d’égale force se séparent sous des angles aigus à la base du limbe qu'ils parcourent; le faisceau médian se termine au sommet de la feuille, les latéraux se réunissent en camptodromie au sommet de la feuille avec les nervures secondaires. Celles-ci sont disposées suivant le mode penné, celles qui proviennent de la nervure médiane sont reliées obliquement, à angle droit ou en décrivant une courbe aux nervures primaires latérales; les nervures secondaires latérales sont camptodromes avant d’atteindre le bord, et un résau marginal issu de la camptodromie fournit des nervures aux sinus ou aux dents. Les ramifications d'ordre plus élevé, à peu près aussi fortes que les nervures secondaires, forment un réseau de mailles polygonales. Les deux moitiés de la feuille sont parfois inégales et dans ce cas les nervures primaires latérales ne se forment pas à la même hauteur dans les deux moitiés. Cette description s'applique encore au genre Zizyphus. Dans les espèces de Ceanothus dont les feuilles sont curvinerves, les nervures latérales arrivant très prés du bord fournissent des nervures secondaires et sont dans cette région réunies en camptodromie; l’étroit bourrelet marginal est occupé par des ramifications grêles réunies en un réseau dont certains rameaux se rendent aux dents. La nervure primaire médiane fournit sous des angles de 30 à 40° des nervures secondaires grêles, obliquement ascendantes qui, après un bref parcours, se terminent dans le réseau anastomotique; ce n’est que dans la partie inférieure de la feuille que ces nervures, après s'être amincies, se relient en décrivant une courbe aux nervures primaires latérales; les nervures secondaires supérieures sont plus fortes que les autres et se réunissent entre elles en camptodromie, partiellement du moins. Les autres ramifications, par suite de leur délicatesse, ne sont visibles qu’à la loupe.

Lorsque la nervation est pennée, comme chez Berchhemia Neck., toutes les nervures secondaires, plus grêles à la base de la feuille, envoient vers le bord des ramifications tertiaires qui sont réunies en camptodromie et forment un réseau marginal d’où part une nervure pour chaque dent. Tous les faisceaux secondaires sont réunis par des nervures anastomotiques rameuses, naissant presque toujours à angle droit, à peu près rectilignes et parallèles, et limitant des espaces en forme de quadrilatères allongés, décomposés en mailles polygonales assez

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grandes. Les caractères du genre Rhamnus L. sont au fond les mêmes que ceux du genre Berchhemia. Comme chez ce dernier, la nervation est pennée, les nervures secondaires alternent, et sont camptodromes par la mise en rapport des nervures tertiaires; la paire inférieure ou les deux premières paires sont moins fortes que les autres; les nervures secondaires incomplètes ne sont pas rares; les nervures anastomotiques sont rectilignes ou courbes, simples ou ramifées, à peu près parallèles entre elles. Il existe de chaque côté de la feuille quatre, ou au plus six nervures secondaires. Les Rhamnus cathartica, R. Frangula et les espèces voisines ont cette nervation. Chez X. alpina, R. grandifolius le nombre des nervures secondaires est plus considérable, en général de 12 à 16, il atteint 24, même 26; ces nervures naissent sous des angles de 30 à 40° dans la région inférieure, et de 50 à 60° dans la région supérieure de la feuille; elles se dirigent d’abord presque en droite ligne vers le bord, puis avant d’y arriver décrivent une courbe ouverte vers le haut, et se réunissent en camptodromie par leurs nervures tertiaires. Parfois l’une des deux nervures tertiaires se présente du côté externe. Les nervures anastomotiques, généralement rectilignes, parfois aussi un peu arquées, sont parallèles; elles naissent à angle droit et limitent des espaces remplis de mailles polygonales. Les espèces voisines du Rh. utilis Desne. ont une nervation qui rappelle le premier type cité plus haut, le nombre des nervures secondaires est cependant plus grand, ordinairement de neuf à douze; il y a de nombreuses nervures secondaires incomplètes se terminant comme d'ordinaire dans le réseau anastomotique. La disposition de la nervation des feuilles fossiles rapportées à Rhamnus, répond en somme aux caractères de ce genre, bien que dans beaucoup de cas les nervures anastomotiques soient représentées beaucoup plus uniformes qu’elles ne le sont chez les espèces actuelles.

On ne connaît guère encore d’autres fossiles de ce groupe que des feuilles. Les fruits du genre Paliurus dont la structure est particulièrement favorable à la fossilisation, sont presque seuls connus; on a décrit aussi un noyau rapporté au genre ZÆzyphus, Z. pistacina Ung. (fig. 3301), des lignites de Wettéravie, c’est un noyau allongé en ellipsoïde avec bourrelets longitudinaux, la détermination en est probablement exacte, car le noyau du fruit a cette forme chez quelques Zzyphus. Dans le genre Paliurus, l’achaine est déprimé, conique, arrondi, il est entouré d’une large bordure, à bord entier ou lobé, si l’on n’a pas affaire à des déchirures, ce qui est vraisemblable. Les fruits, que l’on a probablement avec raison attribués à ce genre, P. Thurmanni Heer (fig. 3306) d'Œningen, P. tenwfolius Heer (fig. 3307) d'Aix, Schrotzburg, P. Colombi Heer du Groënland et P. Pavonii de Preschen, Sobrussan et Léoben ont été réunis sous une même appellation avec des feuilles, on s’est basé pour cela sur la communauté de gisement; les feuilles peuvent être cependant des feuilles de Paliwrus. On a rapporté au genre Zizyphus deux fleurs, l’une tétramère, attribuée par H£ger au Z. tiliæfolius, l'autre pentamère réunie au Z. paradisiacus Heer de Sused, ces rapprochements ont été fondés sur ce que ces débris ont été trouvés ensemble ou parce qu'il est naturel de rapporter la fleur à l’espèce la plus commune du dépôt. La dernière fleur peut être une fleur de Zisyphus, mais

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