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des fruits mûrs de trois espèces, et des fruits incomplètement mürs d’autres espèces. Comme, à ce qu'il paraît, Les fleurs femelles ne sont fécondées qu’en petit nombre, les fruits ne forment presque jamais une grappe, on n’en voit qu'un, deux ou trois au-dessous des bractées qui persistent après la chute du pédoncule.

Les fruits sont des drupes cvoïdes dont la partie charnue est très mince, ils présentent à leur sommet les cicatrices des pièces florales tombées, et à leur base la cicatrice du pédoncule. La partie charnue présente chez les fruits desséchés de petits sillons longitudinaux et ordinairement trois ou quatre légéres crêtes. Le noyau possède de dix à douze bourrelets longitudinaux, mais il est parfois lisse, il est arrondi à ses deux extrémités. On conviendra que tout cela s'accorde mal avec les figures et les exemplaires de la plupart des espèces de Nyssa établies pour des fruits fossiles. La raison en est que personne ne s’est donné la peine de comparer les fossiles aux fruits des espèces vivantes, et que négligeant de faire la critique des déterminations précédentes, on a appliqué le qualificatif à des fossiles plus ou moins semblables. Je ne puis considérer comme fruits de Nyssa que les fruits ovoides qui, détachés de leur pédoncule, montrent un stigmate apical plat, et la cicatrice du pédoncule à la base, de fins bourrelets longitudinaux lorsque la partie charnue du fruit n’est pas détruite, et dix à douze Ssillons étroits et peu profonds à la surface du noyau si celui-ci est seul conservé.

Parmi les fruits attribués au genre Nyssa ceux qui montrent une pointe et à la base un prétendu pédoncule doivent être exclus de ce genre, il en est de même de ceux dont l'aspect extérieur permet de les rapporter à des graines. Le prétendu pédoncule de ces fossiles, à en juger par les figures, n’est que la base atténuée du fruit, comme chez N. arctica Heer, N. baltica Heer. Nous ne savons pas s’il à existé des fruits sphériques de Nyssa, si ces fruits ont eu la base attenuée, comme cela se voit par exemple chez Cubeba Miq., et la partie charnue plus développée, nous ignorons si le style des espèces anciennes était sessile, et admettre ces faits, c’est admettre des suppositions arbitraires, quant aux lignes transversales figurées par HEzr chez N. arctica et N. reticulata elles peuvent correspondre à des plissements ou à des fentes de la partie carbonisée, produites par la fossilisation, Des bourrelets longitudinaux plus accentués comme ceux de N. ornithobroma Unger, témoignent d’une portion charnue plus développée, particularité qui peut avoir existé chez une espèce fossile.

Je ne saurais à quelle famille rapporter les fruits exclus par moi du genre Nyssa, car, sauf le contour et l’état de la surface, presque tous les caractères capables d'assurer leur détermination font défaut. En nommant telle ou telle famille, je substituerais à la famille dont il est question une autre famille également douteuse, et ce n’est pas d’ailleurs une seule, mais plusieurs familles que l’on pourrait citer. Le nombre des espèces de Nyssa basées sur des fruits se trouvant ainsi réduit, on voit disparaître du même coup cette contradiction surprenante qui consistait à signaler dans un même gisement une série de feuilles et à peine un fruit, et ailleurs une quantité de fruits et pas de feuilles, disproportion en général étonnante entre les feuilles et les fruits.

Des noyaux semblables se rencontrent dans le genre Ælæagnus. Ainsi Æ. augustifolia, qui arrive encore à mürir ses fruits à la latitude de Leipzig, a des

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noyaux ovoïdes présentant six bourrelets; dans le genre Cornus, la capsule osseuse ovoïde et terminée par des pointes, montre quatre bourrelets longitudinaux (groupe du Cornus mas L.); dans le groupe Thelycrania Endi. le noyau sphérique présente une courte pointe et des bourrelets peu saillants. Il s’ensuit que des familles assez éloignées peuvent avoir certains caractères communs.

Les deux genres Cornus et Nyssa sont signalés dès le crétacé supérieur, mais cette allégation n’est basée que sur des feuilles. HEER signale dans les couches d’Atane et de Patoot du Groënland C. Holmiana, C. thulensis et C. Forchhammeri, les deux derniers appartiennent an genre Cornus, quant à la première espèce, elle est basée sur un fragment à peine déterminable. Je ne puis davantage considérer Nyssa vetusta Newberry, de la craie du Nébraska, comme un fossile absolument probant. A l’époque tertiaire les fossiles du genre Cornus sont particulièrement communs en Europe, ils apparaissent dans l’éocène inférieur de Sézanne avec C. platyphylla Sap., les espèces sont nombreuses dans les dépôts oligocènes et miocènes. Parmi ces espèces nous avons C. Studeri Heer (Suisse, Wettéravie, Sachalin, à l'exclusion des feuilles insuffisamment conservées, Wyoming), C. orbifera Heer (Bois d’Asson, Suisse, Vienne, Spitzberg, Groënland, Alaska) (fig. 3371), C. rhamnifolia O. Web. (Bonn, Samland, Suisse !, Simonowa en Sibérie, Spitzberg). On peut considérer comme douteuses, à cause de leur mauvaise conservation ou du parcours absolument différent des nervures secondaires, les espèces suivantes; ©. hyperborea Heer, C. ramosa Heer, C. macrophylla Heer. Outre les espèces précedéntes, M. LEesTEr Warp a signalé encore dans le groupe de Laramie, C. Emmonsii, et M. NEWBERRY C. nebracensis Schimp. C. Forsteri Lest. Ward est regardé avec raison comme douteux par l’auteur lui-même.

Avec ces feuilles, on trouve à l’état fossile, des -pièces de l’involucre des inflorescences, C. mucronata Schimper, dont la forme rappelle C. florida L. et C. suecica L., C. Büchii Heer dont on à sans raison valable rapproché des feuilles; ces deux espèces proviennent d'Œningen. HEEr à décrit sous le nom de C. Deickii (fig. 337) des fleurs et des fruits. Rien ne justifie la réunion de ces deux sortes de fossiles, les fruits me semblent très-douteux comme fruits de Cornus, et pourraient être avec plus de raison rapportés au genre Lonicera, mais ils peuvent également appartenir à une autre famille ou à un autre genre à ovaire infère. Comme on ne connaît que l'ovaire et le calice, le champ reste libre pour les hypothèses. Je ne saurais décider si Cornus benthamioides Güpp. du Tertiaire de Java appartient au genre Cornus ou au genre Benthamia, la nervation, du moins autant que la conservation permet d’en juger, ne s'oppose pas à ces attributions. On peut faire valoir en faveur de l'existence du genre à l'époque tertiaire, qu’on a découvert des fruits fossiles pouvant appartenir à ce genre, comme N. europæa Unger (fig. 3375), Bovey Tracy, Wettéravie, Rixhôft, N. ornithobroma, Unger, Wettéravie, N. stiriaca Unger, Arnsdorf, W. rugosa Weber, Bonn.

Par contre Nyssa baltica Heer, N. striolata Heer, N. microsperma Heer, N. lœvigata Heer, N. maxima Weber, N. obovata Weber, N. reticulata Heer,

! Voir fig. 22, 24, 25 pl. 105 de la ,Tertiärflora der Schweiz“.

SRE RENE nb aa :;

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N. arctica Heer, N. Vertumni Heer de la Sibérie ne sont nullement des fruits du genre Nyssa.

Les quelques feuilles qui ont été attribuées au genre Nyssa ne présentent en genéral que des relations de parenté douteuse. J'ai déjà fait voir que la ponctuation des feuilles ne donne aucune indication sur leur parenté. L'absence de caractères tirés de la nervation se trouve amplement démontrée, par ces faits que la même nervation existe aussi chez des espèces du genre Cornus, et que HEEr a d’abord décrit comme Ficus eucalyptoïdes une feuille de Bovey Tracy qu'il à rapportée plus tard à Myssa europæa du même gisement, considérant la ponctuation comme caractéristique pour les feuilles de Myssa. J'ai déjà démontré que ce caractère était sans valeur. MNyssa Buddiana Lester Ward du groupe de Laramie est une feuille de provenance douteuse, comme les feuilles du N. Vertumni de Sibérie. Quelque importante que soit pour la répartition actuelle du genre Nyssa la connaissance de données précises sur la flore tertiaire, les dépôts de cette époque n’ont fourni aucune preuve de l'existence de ce genre; les découvertes de GEYLER sur l'existence de Nyssites obovata (Nyssa Weber) et de N. ornithobroma (Nyssa Unger) ne démontrent pas l'existence de ce genre ou d’un genre voisin en Europe à l’époque du Pliocène supérieur, bien que cette pensée vienne à l’esprit par la découverte d’un Liquidambar voisin du Z. imberbe ou du Z. styraciflua des formations analogues de Francfort. Les fruits ou noyaux décrits par GEyLer sont également douteux. L'existence du genre Nyssa à l’époque tertiaire ne repose que sur l’analogie que présentent dans leur distribution actuelle, certains genres dont l'ancienneté est mieux établie.

Outre les Nyssa, Herr distingue encore un fruit voisin de ce genre, qu'il appelle Nyssidium et qui diffère du genre précédent par une chair plus filamenteuse. Les figures laissent voir quelque ressemblance avec le genre Nyssa, mais on ne peut rien découvrir de plus précis. Nous ne savons rien sur la parenté de ces fruits, et on peut à peine décider si SCHIMPER a eu raison d’interprêter le Nyssa actica Heer comme un Nyssidium. Bien que cette interprétation fût possible d’après une figure de H£er, elle devient invraisemblable par l’examen des figures 1 à 10 pl. 19 du Tome IV. de la Flora foss. arctica. HrEr distingue cinq espèces, toutes des dépôts tertiaires du Spitzberg.

Autant que j'ai pu l’étudier, l’épiderme des Araliacées s'accorde par sa structure avec ce que l’on voit chez les feuilles coriaces, dont les stomates extraordinairement nombreux à la face inférieure de la feuille sont enfoncés au-dessous de la surface du limbe et entourés par un rempart que forment les quatre cellules voisines un peu allongées et à parois planes; les autres cellules épidermiques sont polygonales et de forme très-variable, allongées comme d'ordinaire au-dessus des faisceaux. Chez toutes les feuilles coriaces les parois extérieures des cellules sont assez fortement épaissies, les cellules de la face supérieure sont plus petites que celles de la face inférieure qui présentent des pores pratiqués dans leurs parois latérales. Le contour ondulé est peu accentué, sauf toutefois chez Æedera Helix où il est très-net. A l’état fossile la plupart des caractères tirés de la structure ont disparu, et on ne peut observer que le nombre et le degré d’enfoncement des stomates et l'ondulation des parois latérales. Mais ces parti-

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cularités se rencontrent encore ailleurs et comme dans d’autres cas, la structure de l’épiderme ne saurait avoir ici de valeur pour la détermination d’une feuille que si l’on possédait en même temps d’autres données.

Chez les Cornacées, les poils des feuilles des espèces actuelles sont simples ou bifurqués; leur paroi épaisse, fortement cuticularisée, lisse ou verruqueuse peut être fossilisée. L’épiderme de la face inférieure se compose de cellules à

parois latérales ondulées, la face supérieure comprend des cellules carrées à parois planes; la cuticule des deux faces présente de fortes stries radiales.

15e Ordre. SAXIFRAGINÆ.

Cet ordre des Saxifraginées, comprend les familles des Crassulacées, Saxifragacées, Hamamélidacées, Platanacées et des Podostémacées qui renferment surtout des plantes annuelles ou vivaces, un petit nombre d’entre elles sont frutescentes ou arborescentes. Leurs fleurs sont actinomorphes, quinaires, les étamines ordinairement en deux verticilles, l’un des deux ou parfois les deux verticilles étant supprimés; ovaire supère ou infère, périgyne; le fruit est une capsule, une baie ou un akène et renferme une ou plusieurs graines. Parmi les familles citées les Crassulacées et les Podostemacées ne sont pas connues à l’état fossile, au contraire les groupes des Saxifragées, des Philadelphées, Escalloniées, Cunoniées, de la famille des Saxifragacées, les Hamamélidacées, et les Platanacées qui habitent à peu d’exceptions près les régions extratropicales et l'hémisphère nord, ont des représentants en paléontologie. Le Sedum ternatum de l’'Ambre du Samland décrit par GœpPPErT, appartient aux Loranthacées, comme nous le verrons plus tard. Avant d'aborder l'étude des diverses formes, nous pourrons placer ici quelques remarques générales.

Ainsi qu'il ressort de ce que nous avons dit, les plantes fossiles dont la détermination précise est possible, sont surtout des formes dont les espèces actuelles sont répandues depuis la côte occidentale de l'Amérique du Nord, à travers l’Europe et la Sibérie jusque dans l’Asie Orientale, l'Himalaya, les Khasiahills et la presqu'île de Malacca jusqu’au Japon et peut-être jusqu’à Java. Plusieurs genres sont répresentés actuellement de l'Amérique du Nord jusqu'au Mexique, au Pérou et au Chili, et d'autre part en Abyssinie. Souvent dans ces cas l'habitat actuel est très-disjoint, et fréquemment les lacunes sont comblées par les formes fossiles qui montrent de la sorte des rapports étroits entre deux flores très distantes l’une de l’autre et expliquent l’existence sporadique de certaines espèces dans une seule ou dans un très petit nombre de localités.

Dans ces conditions, nous devons nous étonner que, dans les familles qui nous occupent, certains genres comme Æydrangea L., Deutzia, Philadelphus, Rides, dont les espèces actuelles habitent le Japon et l'Amérique septentrionale, fassent absolument ou presque complètement défaut à l’état fossile. Inversement parmi les autres genres dont la distribution actuelle ne permet pas de conclure avec autant de vraisemblance à leur existence à l’époque crétacée ou tertiaire, un certain nombre sont abondamment représentés à l’état fossile. Parmi ces formes que l'on rencontre parfois en nombre considérable, nous avons celles qui ont été attribuées à des plantes tropicales, en particulier de l'Australie et de l'Amérique

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du Sud et dont l'existence en Europe et dans l'Amérique du Nord, aux époques antérieures alors que les conditions étaient absolument différentes, ne peut être absolument contestée à priori. Pour ces fossiles, nous n’avons comme preuves d'authenticité que les caractères tirés des feuilles, et il n’est pas toujours possible de trouver sur quelles bases les auteurs ont fondé leurs déterminations. Lorsque l’on possède d’autres parties des plantes des fleurs ou des fruits par exemple, ces fossiles sont dépourvus de tout ce qui pourrait assurer leur détermination; mais lorsque nous trouvons un fossile qui est moins douteux, il arrive ordinairement que ce fossile appartient à la flore des régions végétales précitées ou à un genre voisin.

La Flore de l’Ambre, étudiée par M. Convenrz, fournit une série d’exemples d'autant plus précieux que leur conservation est des plus favorables et permet de les déterminer avec certitude.

Nous ne pouvons connaître quelles connexions existaient entre les flores anciennes des régions tropicales et les flores européennes de même âge, car le petit nombre de fossiles qui ont été signalés dans les formations tertiaires de Java, Sumatra, Bornéo, Labuan, ne fournissent à cause de leur état de conservation que des renseignements très insuffisants; ceci contribue encore à rendre plus difficile la solution de la question qui nous occupe. Nous ne sommes donc nullement en mesure d'établir une comparaison approfondie entre la végétation tropicale actuelle et celle des periodes crétacée ou tertiaire; tout ce que l’on peut dire en s'appuyant sur quelques fossiles dont la détermination est plus précise, c’est que ces restes ne montrent pas de différences essentielles avec la végétation actuelle.

En ce qui concerne les éléments australiens des anciennes flores européennes, la question est également simple. Parmi tous ces fossiles que l’on à rapportés à des formes australiennes actuelles, on en trouverait difficilement un seul qui ne puisse être interprêté autrement. J'ai déjà dit que je n’attache aucune importance aux déterminations conformes d'auteurs qui ont étudié la flore tertiaire, en se répétant.

La famille des Saxifragacées est caractérisée par des fleurs généralement régulières composées d’un calice et d’une corolle pentamères, rarement tétramères, pourvues parfois d’une seule enveloppe florale; ces fleurs ont le plus souvent dix étamines, rarement cinq ou un nombre supérieur à dix, un ovaire supère, semi infère ou complètement infère; le fruit est une capsule. Le groupe des Saxifragées est connu à l’état fossile par le Saxifraga oppositifolia L. des formations postglaciaires d'Angleterre à Bovey Tracy et du Danemark; la présence de ce fossile dans des gisements éloignés de l’habitat actuel de cette espèce alpine fait supposer un abaissement considérable de température durant l’époque quaternaire. Elle à pu trouver alors les conditions climatériques qui lui conviennent actuellement, à une altitude moins élevée. Deux fleurs de ce groupe proviennent de l’Ambre du Samland, l’une d'elles à été rapportée par Caspary! au genre Séephanostemon voisin de Mitella, Tellima, c'est le S. brachyandra Casp.; la seconde a été signalée par M. Conwenrz?: S. Helmi Conw. (fig. 33812);

1 Schrift der phys.-üconom. Gesellsch. zu Kônigsberg. 21. Jahrg.

2 Bernsteinfl. S. 89 Tab. 9 Fig. 4-7.

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ces fleurs ont cinq courts pétales rudimentaires, dix étamines à filet court, et un ovaire infère cannelé.

Le groupe des Philadelphées dont les genres actuels s'étendent depuis le Mexique septentrional jusqu’au Texas, sur le Nouveau-Mexique, les versants Pacifique et Atlantique de l'Amérique du Nord, l’Europe moyenne et méridionale, la région

Fig. 338.

Stephanostemon Helmi Conw. fleur, 1 gr. nat., 2 grossie. 3 Deutzia divaricata Conw., gr. nat., 4 étamine grossie. 5 D. tertiaria Conw. étamine en gr. nat. 6 vue agrandie de face, 7 vue agrandie de dos. 8 Adenanthenum iteoïides Conw. fleur grand. nat' 9 id. grossie. 10 poil de pédoncule floral. 11 poil du calice grossi. Tous de l’Ambre du Samland. (Reprod. d'après M. Conwentz).

de l'Amour, le Nord de la Chine, l'Himalaya et le Japon, n’est représenté à l’état fossile que par des fragments de fleurs de Deutzia Thbg. de l’'Ambre du Samland, ce genre habite de nos jours l'Himalaya, la Chine septentrionale et le Japon. Ce sont des étamines isolées dont le filet est pourvu des expansions caractéristiques de Deutzia, arrondies chez D, tertiaria Conw., divariquées chez D. divaricata Conw.: (fig. 33837). Un troisième fossile est un fragment de feuille des dépôts tertiaires ou quaternaires de Mogi décrit par M. Nathorst : D. scabra Thbg. var. fossilis Nath, qui ressemble beaucoup à l’espece actuelle, cependant,

1 Loc. cit. S. 90 Tab. 9 Fig. 11-14.

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après une comparaison plus attentive de la nervation, on voit qu'il n'y à pas similitude absolue, surtout dans la partie supérieure de la feuille. Je suis d’avis que la feuille fossile se rapproche davantage du D. gracilis Sieb. et Zuccar. On peut se demander jusqu'à quel point on peut distinguer ces fossiles des espèces actuelles. Remarquons au sujet du Philadelphus coronarius L. répandu depuis la Carniole jusqu'à l'Himalaya, que son habitat comme celui du genre, se laisse rattacher à l'existence de cette espèce à l’époque tertiaire; on a confondu ses feuilles avec celles de Deufzia. Nous indiquerons pour cette raison les caractères de la nervation dans les deux genres.

Dans le genre Philadelphus, la nervure médiane pénètre dans le limbe et fournit immédiatement, ou un peu au delà de sa base deux nervures latérales rayonnantes; ces nervures latérales sont reliées eu camptodromie aux nervures secondaires issues de la médiane, il en résulte une nervation palmée. Souvent d’autres feuilles d’un même arbuste ou de quelques autres espèces comme P. coronarius L. présentent, immédiatement à la base de la feuille, une paire de nervures moins fortes fournies par la nervure médiane, et auxquelles font suite deux nervures plus fortes opposées ou alternes, et si la feuille est assez grande une troisième paire de nervures apparaît. Les nervures de la paire inférieure ont leurs ramifications tertiaires reliées en camptodromie, les nervures suivantes sont réunies entre elles par leur ramification en dichotomie; les ramifications issues de la camptodromie constituent le long du bord un réseau marginal dont certains rameaux se terminent librement dans les dents. La nervure médiane fournit de nombreuses nervures secondaires incomplètes. L'une des formes de la nervation se rencontre sur les fortes pousses; l’autre forme, sur les rameaux florifères qui portent généralement des feuilles plus petites. La nervation qui vient d'être décrite pourrait être appelée pennée.

Les Deutzia qui sont aussi des arbustes, ont les feuilles opposées, la nervation est pennée; les quatre ou cinq nervures secondaires qui s’échappent sous des angles aigus de 60 à 70°, décrivent en montant vers le sommet de la feuille des courbes plus ou moins accentuées suivant la largeur de la feuille, elles sont reliées en camptodromie avec les nervures secondaires incomplètes ou avec les nervures tertiaires, et dans la moitié supérieure de la feuille avec les courtes nervures secondaires horizontales, les nervures anastomotiques faibles comme chez Philadelphus sont peu saillantes. Leur parcours est courbe ou rectiligne, elles limitent des espaces subdivisés en mailles polygonales qui sont à leur tour partagées en mailles plus petites par d’abondantes ramifications chez Philadelphus; ces ramifications sont peu nombreuses chez Deutzia.

Une fleur voisine de celles du genre tea (Escalloniées) a été trouvée dans l'Ambre du Samland par M. Conwenrz, qui l’a appelée Adenanthemum iteoïdes Conw.! et distinguée comme genre spécial du genre actuel Ztea qui habite aujourd’hui l'Amérique du Nord, l'Himalaya, les Khasiahills, le Japon et la Chine; la fleur est pentamère, les pétales dressés, les anthères ovales pointues, le pédoncule et les sépales sont couverts de poils glanduleux tandis que les pétales portent des poils simples ou rameux (fig. 3388-11),

1 Loc. cit. p. 91 tab. 9 fig. 15-25.

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La plupart des fossiles attribués aux Saxifragacées sont rangés parmi les Cunoniées dans les genres Belangera, Weinmannia, Ceratopetalum, Callicoma et Cunonia; les trois derniers genres habitent l'Australie et le Cap, les deux premiers l'Amérique du Sud, le genre Weinmannia se retrouve en outre à la Nouvelle Zélande dans les Iles Pacifiques, en Australie, aux îles Malaises et à Malacca. Cet habitat ne concorde pas bien avec l'existence de la famille à l'epoque tertiaire. On attribue généralement à cette famille des feuilles à petites dents, plus rarement pennées, dont le pétiole et aïlé, la raison qui fait admettre l’existence des genres Callicoma et Ceratopetalum à l’époque tertiaire doit être recherchée dans le fait de leur présence en Australie. Il est incontestable que les feuilles fossiles ont quelque ressemblance avec les feuilles pennées des genres actuels, que de part et d’autre la nervation est pennée, craspédodrome chez Callicoma, camptodrome chez Ceratopetalum et Cunonia; chez toutes ces feuilles les ramifications des nervures tertiaires et les nervures secondaires sont toutes de même force, de sorte qu’on a pu appeler la nervation dictyodrome. On a aussi rapporté ces feuilles à d’autres genres comme Rhus, Quercus, et d’autres familles comme les Aquifoliacées, Célastracées, Myrsinacées possèdent des feuilles identiques. On manque d'échantillons pouvant confirmer les déterminafions de ces feuilles. Je considère comme douteuses toutes les feuilles rangées ici, d'autant plus que chez la plupart la nervation est insuffisamment conservée. M. FRIEDRICH a déjà exposé ses doutes au sujet de diverses déterminations de ces feuilles, mais il n’en a pas tiré la conclusion nécessaire, puisque d’après lui tous ces genres, à l'exception de Belangera, auraient des représentants à l’époque oligocène dans l'Allemagne du Nord.

Les formes de feuilles longuement pétiolées doivent être exclues de cette famille, car les folioles de ces genres, Cunonia excepté, ont un court pétiole ou sont sessiles. Chez Weinmannia (fig. 33972), le pétiole commun est plus ou moins large et aiïlé, les ailes s’atténuant vers la base, la nervation est pennée; les nervures secondaires s’échappant sous des angles de 35—40°, sont reliées en camptodromie par leur dichotomie, la camptodromie fournit le long du bord de la feuille un réseau plus ou moins développé qui envoie des ramifications aux sinus dentés, il existe souvent des nervures secondaires incomplètes terminées dans le réseau anastomotique et qui lorsqu'elles sont nombreuses forment des champs parallèles aux nervures secondaires. Toutes les nervures anastomotiques s’écartant sous des angles droits ou aigus, et les ramifications ultérieures étant souvent très-nettes la nervation est habituellement qualifiée de dictyodrome; ordinairement cependant les dernières ramifications sont moins fortes. Toutes les folioles sont sessiles, semblables à celles d’'Æscallonia. En dehors des feuilles, on ne connaît pas d’autres fossiles de ce genre sur lesquels on puisse fonder une détermination. Comme ces feuilles fossiles peuvent se rapporter à diverses familles et genres déjà cités, aussi bien qu’à des espèces récentes ou fossiles de Xanthoxylum, il est évident que nous n'avons aucune preuve bien certaine de l'existence de ce genre à l’époque tertiaire. Her dans sa Flore tertiaire de Suisse, figure une fleur de Weinmannia, mais comme il n’est pas prouvé que la détermination soit exacte, ce fossile ne démontre nullement l'existence du genre.

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