‹ Traité de paléontologieChapitre 122 sur 183 · CAN · texte numérisé non relu

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Fig. 344 1 Trapa silesiaca Heer. Fruit du Tertiaire du Portugal. 2, 3 7. microphylla Lesq. Feuille du Groupe de Laramie, Burns Ranch, Wyoming. 4, 5 !. borealis Heer. Fruit du Tertiaire de Sachalin. 6—9 7. Heeri Fritsch. Rippersrode en Thuringe, Pliocène. 10 7. natans var. tuberculata Heer. 11 T. Credneri Schenk. Oligocène inférieur de Tummlitzwald près Tanndorf. 12 T! bispinosa Roxb. Indes orientales, 13 T. natans L. Leipzig. 14 Ceratophyllum demersum L. Leipzig. 15 Hippuris vulgaris L. fruit a grand. nat. b. grossi. 16 Myriophyllum alternifolium L. feuille. (1—10 reprod. d’après Heer, Lester Ward, Fritsch., 12—16 d'après nature.)

La famille des Onagracées est caractérisée par un calice et une corolle à quatre, rarement deux ou trois pièces, quatre à huit étamines, un ovaire infère, quadriloculaire à quatre stigmates, le fruit capsulaire, bacciforme ou drupacé. Les fruits capsulaires durs du genre Zrapa L. très propres à la fossilisation et bien reconnaissables par leur forme, ont été retrouvés à l’état fossile, et leur existence à l’époque tertiaire est hors de doute. Ce genre remonte à l’oligocène inférieur et les fruits se retrouvent depuis cette époque jusque dans le Pliocène et le Quaternaire; tandis que les feuilles ne sont encore connues que dans le dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord, C. microphylla Lesq. (fig. 3442: 5) du groupe de Laramie du Wyoming: elles y ont été trouvées à l’état isolé ou par groupes avec un seul fruit. La rareté des feuilles, submergées ou nageantes, peut s'expliquer par le fait que les premières tombant au fond de bonne heure

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sont détruites et que les autres, nageant à la surface de l’eau, sont très exposées aux attaques des animaux aquatiques. Les fossiles des dépôts tertiaires d’Alaska rapportés par HEzr au T. borealis peuvent être ou des racines ou des feuilles aquatiques de la plante. Les fruits sont turbinés et munis en leur milieu de deux à quatre appendices épineux horizontaux ou dressés obliquement, rectilignes ou un peu recourbés à la pointe. Dans l’oligocène inférieur saxon de la forêt de Tummlitz près Tanndorf on a rencontré 7. Credneri Schenk (Bot. Zeit. 1877), dont le fruit est pourvu de trois appendices droits (fig. 34411). Signalons dans le Miocène d’Alaska, de Sachalin et de Simonosaki, Sibérie, 7. borealis Heer avec deux appendices (fig. 34445); GœpPperT à distingué dans le Miocène supérieur de Schossnitz deux espèces mal conservées 7. silesiaca Güpp. et T. biformis Gôpp. dont le nombre des apophyses est incertain; dans le Pliocène de Rippersrode se trouve le T. Heerii Fritsch avec quatre appendices (fig. 3446-9). H£ErR admet également l'existence du 7°. silesiaca Gôpp dans le Tertiaire du Portugal (fig. 344); cette identification du fruit très-bien conservé du Portugal avec l'espèce silésienne, dont l’état de conservation est défectueux, est certainement très-risqué, bien que chez les plantes aquatiques on puisse en réalité observer un habitat de cette étendue.

À l’époque quaternaire, 7. natans L. (fig. 3443) est connu dans le Forestbed de Cromer près Mundesley, en Scanie dans les lacs de la Smaland, dans les tourbières interglaciaires de Lauenbourg et dans les dépôts quaternaires de Leffe en Lombardie; HEEr a décrit en Portugal une forme avec tubercule entre les appendices épineux, sous le nom de 7°. natans. L. var. tuberculata Heer (fig. 34410), rencontrée avec l'Elephas meridionalis dans les dépôts quaternaires de Mealhada et dont M. Frirscx a donné une figure’. M. Narxorsr mentionne dans les formations du tertiaire ancien du Japon, un 7. Yokoyamæe Nath. qu'il décrit et figure dans un récent travail”. Les fruits sont assez grands, munis de quatre épines, graduellement rétrécis vers la base, étirés vers le haut. Le fossile des Lignites de la Wetterau décrit par Lupwic sous le nom de 7. globosa est un Carya:’ comprimé, les autres exemplaires sont des noyaux de fruits inconnus.

En Europe, ce genre est actuellement en décadence, par suite des progrès de la culture ainsi que M. Narnorsr l’a démontré pour la Suède. Des faits analogues à ceux qu’il a signalés dans la vase des lacs de Suède seraient sans doute relevés aussi en Allemagne, par une étude plus attentive. J'ai en effet observé moi-même Ja disparition locale du 7. natans L. à la suite du comblement et du dessèchement de lacs, de sorte que pour cette raison cette espèce est perdue dans des localités où elle existait autrefois.

Nous ne connaissons de la famille des Halorhagidacées que des fossiles de l'époque quaternaire, car les débris de Radoboj décrits par UNGEr sous le nom de Myriophyllites capillifolius sont sans doute des fragments de racines comme on en rencontre souvent dans les eaux stagnantes. Les fruits ovales uniséminés d'Hippuris vulgaris L., les fruits épineux de Ceratophyllum demersum L. et de

? Loc. cit. pl. 24 fig. 42.

? Zur fossilen Flora Japans. Berlin 1888 $. 21 Taf. 7 Fig. 6—8. 8 Voir NarHorsr, Om de fruktformer af Trapa natans L., som fordom funits i Sverige.

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petits fragments de feuilles de Myriophyllum sont signalés dans le Forestbed de Cromer, les feuilles sont également connues dans le Mecklenbourg, en Suisse près de Schwerzenbach et de Niederwyl (fig. 3441416), Un Myriophyllum avec feuilles pennées verticillées a été tout récemment trouvé par M. Narxorst' parmi les plantes tertiaires du Japon.

Les fossiles qu’on a prétendu pouvoir être rapportés au genre Rhizophora sous le nom de ÆRh. tinophila Ettingsh. et qui proviennent de Hæring sont des feuilles dont la nervure médiane seule est conservée, tout le reste faisant défaut. Dans ces conditions, la détermination reste hypothétique, le règne végétal nous montrant de nombreuses feuilles ayant ce contour. La plupart des fossiles de Hæring sont dans le même cas. Nous rencontrerons un grand nombre de ces feuilles chez les Myrtacées et les Légumineuses.

On n’a rapporté à la famille des Combrétacées qu’un petit nombre de fossiles, et encore ceux-ci ne pourraient supporter une critique un peu sérieuse. Telle ou telle feuille a un contour qui rappelle celui des feuilles de Terminalia L. ou de Combretum L., mais’ ce caractère n’est pas suffisant. Des feuilles et des fruits fossiles ont été signalés, maïs si on les compare aux fleurs épigynes, tétra- ou pentamères, ou aux inflorescences spiciformes, soit d'autre part aux drupes, aux achaines anguleux ou ailés, on comprend difficilement qu'on ait pu rapporter ces fossiles au genre Terminalia. Les inflorescences figurées par M. D'ETTINGSHAUSEN et par UxGer n'ont rien de commun avec le genre Terminalia, les premières sont (d'après la figure) des étamines, que l’on peut prendre pour des débris empilés ou mal conservés d'Amentacées, qui n’ont rien à faire avec les Terminalia. Les fruits de Radoboj figurés par UNGER? sous le nom de 7. pannonica (fig. 3462) et de la Flore de Sotzka% sous le nom de 7. Fenzliana (fig. 3464) ne s'accordent guère ou pas avec ceux des Combrétacés. Les fig. 16 et 17 de la Flore de Sotzka pourraient bien répondre à un Péerocarya, les fig. 15 et 18 à un fruit de Dodonacée, celle du Sylloge s’accorderait peut-être avec un akêne à deux aiïles du genre Terminalia. M. »'ETrnGsHAusEnx figure pl. 19. (fig. 15—19) de la Flore fossile de Lagos ces mêmes fossiles de Sotzka (fig. 15—18) ou du moins des fruits ailés très ressemblants, qu'il rapporte au Terminalia Fenzliana. I est possible que la famille ait été représentée en Europe à l’époque tertiaire, et que par conséquent des feuilles ou des fruits comme ceux du Terminalia pannonica Unger puissent appartenir au genre Terminalia ou à Combretum; ce dernier genre en effet atteint actuellement sa limite septentrionale au Fatzokl, en Nubie, et en Abyssinie, mais nous n’avons aucune preuve, attendu que la nervation des feuilles fossiles est généralement mal conservée et que celle des espèces actuelles ne présente rien de caractéristique. Si l’on admet la position dans cette famille des fruits du Sylloge, on peut les comparer aux Combrétacées d’Abyssinie.

La nervation est pennée, les nervures secondaires naissent sous des angles de 40—60° et alternent entre elles ou sont opposées; après avoir décrit un arc concave en dedans, elles se relient aux nervures tertiaires de la nervure suivante,

bor.-cit: p. 95 taf. 9 fig. 18.

? Syll. III, tab. 17 fig. 1.

8 Taf. 54.

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