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Fig. 353.
1 Myricu asplenifolia Rich. feuille. Versant atlantique de l'Amérique du Nord. 2 Dryandra Schrankii Heer. Feuille de l'Oligocène supérieur de Wäggis. 3 D. Ungeri Ettingsh. Miocène de Kumi. 4 ryandroides linearis Heer. Feuille de l'Oligocène supérieur de Monod. 5 Protea lingulata Heer. Feuille du miocène de Lausanne, 6 Lomatiu Pseudoilexz Unger. Fruit de l’oligocène supérieur de Sotzka. 7 « Persoonia firma Heer. b P. laurina Heer, Feuille de Monod, Œningen. 8 P. radobojana Unger. Fruit de Radoboj. 9 P. linearis Andr. d'Australie, fruit. 10 Embothrites borealis Unger. Graines du miocène inférieur de Radoboj. 11 Hakea sp. Australie. Graine. (Reprod. d'après Heer, Unger; 1, 9, 11 d'après nature.)
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la feuille est au contraire rayonnée, semblable à Cyclopteris chez P. adiantides, P. cordata Thbg. Chez toutes les espèces que j'ai examinées comparativement, les ramifications issues des nervures secondaires forment des mailles allongées dans les espaces bordés par ces dermières. Dans ce genre le parcours des nervures secondaires est aussi en rapport avec la largeur du limbe. Chez les feuilles linéaires larges, comme celle du P. longifolia, mellifera les nervures secondaires naissent sous des angles très-aigus de 70 à 90° pour suivre un parcours très ascendant; chez P. acaulis Thbg., P. cynaroîides Thbg., ces nervures naissent sous des angles de 50 à 60° pour suivre en se dirigeant vers le bord un parcours ascendant curviligne. Chez ces dernières, la camptodromie fournit toujours un réseau marginal, qui manque ou est peu développé chez les espèces précédentes.
Quant aux feuilles fossiles, on a signalé dans les dépôts tertiaires de la Suisse le Protea lingulata Heer (fig. 3535), P. linguæfolia O. Weber dans le tertiaire de Bonn, P. bilinica Ettingsh. dans le tertiaire de la Bohême. La première espèce n’a sous le rapport de la forme et de la nervation de la feuille qu'une ressemblance très-lointaine avec les espèces actuelles auxquelles on l'a comparée; la dernière espèce, P. bilinica, n’a aucune ressemblance avec le P. mellifera dont on la rapproche; le contour de la feuille rappelle bien le P. acaulis, mais la nervation est absolument différente. Sur la foi d’une ressemblance aussi lointaine que celle de ces deux espèces du tertiaire de Suisse et de Bohême, devons-nous admettre l'existence du genre Protea durant l’époque tertiaire ? Je ne crois pas qu'on puisse tirer cette conclusion, bien que l’idée de l'existence du genre à l'époque tertiaire en Europe soit appuyée par la présence d'espèces actuelles en Abyssinie. Je ne puis émettre une autre opinion au sujet de la feuille incomplète d'Anadenia lignitum KEttingsh., que l’on trouve avec les espèces précédentes. La feuille figurée par M. D'ETTINGSHAUSEN pourrait également appartenir au genre Quercus ou au genre Zlex..
J'ai déjà mentionné une partie des fossiles attribués au genre Persoonia. Parmi les feuilles rapportées à ce genre, le contour des feuilles de P. Daphnes et de P. Myrtillus Ettingsh. de Hæring, a certainement de la ressemblance avec les feuilles de ce genre, la nervation n’est cependant pas suffisamment conservée pour qu'on puisse la considérer comme pennée. Il est difficile de trouver pour quelle raison les fossiles de Sagor et de Sotzka figurés sous le même nom ont été rapportés à la même espèce. Je ne puis pas davantage regarder comme probantes les deux espèces du Tertiaire de la Suisse figurées par Heer (2. laurina et P. firma [fig. 3537]), ni le P. parvifolia Fried. d’'Eisleben. La nervation est bien palmée et la forme du limbe semblable, mais ces deux caractères ne se retrouvent-ils pas chez une série de groupes parmi lesquels je ne citerai que les Lauracées. Au surplus, je doute fort que la feuille représentée par H&ER (fig. 251) soit identique à. celles représentées dans les fig. 26-28? de la même planche.
? HER, Tertiärflora der Schweiz. II. Ta. 97 Fig. 25. Loc. ici,
p CL,
THYMELIN Æ 647
Parmi les feuilles rapportées au genre Hakea, les H. exultata Heer et H. Gaudini Heer sont établis sur trois fragments de feuilles, du milieu et de la partie supérieure du limbe et dont la nervation est mal conservée; ces fossiles pourraient parfaitement rentrer dans une même espèce et appartenir au genre Quercus. H. salicina est une feuille inutilisable, qui a d’ailleurs été attribuée à divers genres. Les espèces du Tertiaire du Sud de la France, comme A. mahoniæeformis, H. ilicina, H. discerpta, H. obscurata sont ou trop défectueuses, ou peuvent également appartenir à d’autres genres, Seul l’Æ. redux Sap., si l’on fait abstraction du plus ou moins d'importance des nervures, peut être comparé à A. cinerea KR. Br., espèce actuelle d'Australie qui à trois nervures égales et parallèles. Les autres espèces provenant de Hæring, Bilin, Vienne, de la Wetteravie et du Groënland ne sont rien moins que probantes.
On a rapporté au genre Lomatia diverses feuilles simples, ce qui tendrait à prouver que les Zomatia à feuilles indivises étaient seuls représentés à l’époque tertiaire. M. D'ETrINGSHAUSEN ne pouvait choisir pour appuyer son opinion au sujet de l'existence des Protéacées, des feuilles moins probantes que ZL. reticulata de Hæring et Z. oceanica de Sagor. Les autres espèces décrites par les auteurs, comme Z. latior, firma Heer, ZL. Swantevitii Ung., les Persoonia eubæa de Kumi, P. limonensis Gaud. de Limone, P. fusca Gaud. ont vraïment peu de rapports avec les Protéacées, et on peüt avec autant de raison les rapporter à diverses familles. Remarquons spécialement à propos des Protéacées signalées par HEer, dans l’oligocène de la Baltique, que toutes ces déterminations sont absolument arbitraires, les feuilles rapportées au genre Banksia sont indétermipables; les Zomatia pourraient être parfaitement des feuilles de Myricacées ou rangées dans ces genres appelés Apocynophyllum et Acerates.
Si l’on admet les données actuelles relatives au développement du genre Grevillea à l’époque tertiaire, les dépôts oligocènes du Sud de la France se signaleraient avant tout par leur richesse en espèces, tandis qu’à l’époque miocène quelques espèces seulement auraient encore existé. Pour ce qui concerne les espèces d'Aix établies par M. de Saporta, la plupart d’entre elles me semblent n'être que des formes de feuilles d’une seule espèce ; d’ailleurs ni la nervation, ni la forme de la feuille, quoique semblables à celles de Grevillea, ne sont assez caractéristiques pour rapporter les fossiles à ce genre, à l'exclusion de tout autre. On trouve en effet dans d’autres familles les mêmes caractères. Les nombreuses formes du Tertiaire de Kumi figurées par UNGer sous le nom de G. Kymenea sont à juste titre réunies en une seule espèce, mais la base de la feuille autorise-t-elle bien à les rapporter à ce genre? Comment en outre démontrer que G. lancifolia Heer de Monod et G. grandis Ettingsh. de Kutschlin appartiennent vraiment à ce genre? La dernière espèce ne montre que des traces des nervures secondaires, tandis que la nervation de la première n'est certainement pas caractéristique. Sous le nom de Grevillea hæringiana Ettingsh. on comprend des feuilles très étroites, linéaires pourvues d’une nervure médiane; H£er a cru les reconnaître à Ralligen. Ces fossiles ne justifient pas cette attribution, rien ne prouve qu'ils proviennent de Protéacées.
Aux espèces fossiles connues depuis longtemps au genre Dryandra (D. Schrankii
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(Gg. 3532, 35413-15 J), Thesei Ung., D. Ungeri fig. 353%), M. FrieperIcH dans ses travaux sur la flore tertiaire de la Province de Saxe ajoute encore une nouvelle espèce provenant d’Eisleben et de Dôrstewitz: D. saxonica, et suit l'exemple de Scxmrer et de Hger qui laissent le D. Schranki parmi les Protéacées. L'auteur ne met pas en doute à priori l'existence des Protéacées en Europe à l'époque tertiaire et l’accepte: il a seulement recherché si les feuilles dont il est question appartiennent aux Protéacées ou aux Myricacées. On a à mon avis réuni sous les termes employés, des formes de feuilles de provenances diverses et qui doivent être distingués, mais l'étude des exemplaires originaux pourra seule trancher la question. Le D. primæva Ettingsh. de Comen près Trieste (Crétacé) qui n’a d’ailleurs pas été admis par les auteurs, est une Fougère. Si ces espèces sont, en partie d’après leur forme, voisines des feuilles de beaucoup d’espèces de Dryandra, la nervation fournit cependant des caractères permettant de les séparer de ce genre. D. saxonica est une espèce basée sur un fragment de feuille, cette espèce est à peine distincte du D. acutiloba Ettingsh. dont la nervation ne répond pas à celle de Dryandra.
Des représentants du genre Banksia sont également représentés à l’époque tertiaire par des feuilles et par des graines. J'ai déjà noté plus haut que la détermination des graines de Protéacées de l’époque tertiaire n’est pas bien établie. Il en est ainsi en particulier pour le genre Banksia, dont M. n’ETINGs- HAUSEN à figuré des graines: B. longifolia Kttingsh. et B. hæringiana Ettingsh.; la première espèce est en même temps l’une des plus répandues, elle est rapportée par d’autres auteurs au genre Myrica. D'autres graines figurées par M. D'ErTINGsHAUSEN ‘ sont désignées sous le nom d’Embothrites (voir fig. 353, 354), je considère celle qui est désignée sous le nom de B. hæringiana?® comme une graine de Pin. Je ferai remarquer à ce sujet que quant à la texture coriace et solide des feuilles de Banksia et autres Protéacées, on ne la retrouve qu’à un faible degré chez les feuilles et qu’on ne peut donc invoquer ce caractère pour caractériser ces feuilles. Parmi les espèces basées sur des feuilles, mentionnons d’abord le B. longifolia Ettingsh. de Hæring (fig. 354%), classé par ScaimPer et UNGEr dans le genre Myrica. On conçoit aisément que les exemplaires mal conservés de Hæring et de la Suisse, ne fournissent aucune indication pour le classement des feuilles; il n’y a pas lieu non plus de rechercher si tous les gisements indiqués se rapportent bien aux mêmes fossiles, car sauf le contour, les feuilles de Hæring ne donnent aucune indication sérieuse. Les espèces décrites par HEer dans le Tertiaire de la Suisse (B. helvetica, B. Gräffiana, Deickieana, valdensis, etc.) dont la conservation ne fournit aucun caractère permettant une détermination précise sont des fossiles douteux; en raison de leur contour, ils peuvent appartenir à des familles très-diverses. On peut à volonté les interprêter comme feuilles de Banksia, ou même les rapporter à une autre famille. On doit juger de même les espèces de Hæring décrites par M. D'ETTINGSHAUSEN, comme B. hœringiana, Ungeri (fig. 3541112), B. dillenoïdes, etc., si même les formes groupées sous les mêmes noms, appartiennent aux mêmes espèces.
! Beitr. zur Tertiärflora von Steiermark. Taf. 3 Fig. 18. 3 Loc. cit.