‹ Traité de paléontologieChapitre 127 sur 183 · DT · texte numérisé non relu

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de la communauté de gisement n’est pas justifiée suffisamment. En outre la plupart de ces noyaux ne pourraient être attribués qu'avec doute au genre Amygdalus, comme À. pereger Ludw. de la Wettéravie, À. Hildegardis Unger (fig. 359 9-10) et À. persicoides de Franzensbrunn près Eger. Par contre À. radobojana Unger (fig. 35958)! est un noyau appartenant à ce genre. Je considère A. persicoides Unger? comme un embryon, quant à À. Hiüdegardis Unger’, c'est un noyau de Prunus. Il est en général difficile de décider si ces noyaux appartiennent à Amygdalus ou à Prunus puisque nous ne pouvons utiliser que des caractères distinctifs tirés des espèces actuelles et que nous ignorons jusqu’à quel point les formes fossiles ont varié; nous ne sommes pas sûrs d’ailleurs que ces noyaux, et en particulier ceux des espèces à petits fruits du dernier genre n'aient pas appartenu à une autre famille. Dans le genre Prunus, comme dans le genre Amygdalus, la réunion des feuilles et des noyaux fossiles sous les mêmes noms n'est nullement justifiée. Les subdivisions de ScximPEr sont donc arbitraires, car nous ne connaissons pour aucun noyau la feuille correspondante et inversement. Les feuilles suivantes peuvent provenir du genre Prunus, ce sont: P, prinoîdes O. Weber, P. pirifolia O. Weber du Tertiaire de Bonn, EP. acuminata A. Br. d'Œningen et de Rauschen, ?. Hartungi Heer du Groënland (fig. 3574) et de Rauschen, P. Palæocerasus Ettingsh. de Léoben (Tab. 4 fig. 12), P. paradisiaca Unger, P. atlantica Unger. Les noyaux de fruits du Spitzberg et de Rixhôft décrits sous le nom de P. micropyrenula Heer peuvent provenir du genre Prunus, mais on ne peut décider s’il y a identité. Le noyau de fruit décrit sous le nom de P. mohikana (fig. 359 1-2) peut provenir de ce genre. Dans les dépôts tertiaires de la Buchtorma en Sibérie on a signalé P. serrulata Heer.

Les feuilles figurées par UNGErR sous le nom de Bumelia minor‘ ont été rangées par M. d'ETTINGSHAUSEN dans la sous-famille des Crysobalanées sous le nom de Chrysobalanus miocenicus. Cette forme de feuilles est à mon sens très commune dans les familles tropicales, comme aussi dans d’autres familles; elle se rencontre très souvent encore comme modification spéciale à la base des rameaux, ou dans la foliole terminale des feuilles pennées; il n'y a donc pas de preuve pour la rapporter plutôt au genre Bumelia, je ne vois pas davantage la raison qui la ferait rapporter au genre Chrysobalanus.

20° Ordre. LEGUMINOSÆ.

Cet ordre renferme les familles des Papilionacées, des Cæsalpiniées et des Mimosacées, et après les Composées, c'est l'ordre le plus riche en espèces de l’'embranchement des Dicotylédonées. Ces plantes sont des arbres, des arbustes, des formes annuelles ou vivaces, avec feuilles stipulées pennées à un seul ou à deux degrés. Les stipules sont parfois assez grandes ou transformées en épines,

? Au moins le fossile représenté fig. 15 tab. 19 Sylloge 3. ? Loc. cit. tab. 19 fig. 16-18.

3% Loc. cit. tab. 19 fig. 19-20.

* Sylloge 3 tab. 6 fig. 11-19.

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les feuilles fonctionnant comme vrilles; chez les Acacia d'Australie, la plupart des espèces ont le pétiole aplati ou cylindrique (Phyllodes), remplaçant physiologiquement le limbe. Les fleurs sont hermaphrodites, généralement irrégulières, plus rarement régulières, le calice et la corolle sont pentamères, les étamines au nombre de dix ou plus nombreuses, l'ovaire unicarpellé supère est uniloculaire et la placentation pariétale. Le fruit est une capsule déhiscente bivalve (légume), un akène ou un méricarpe. Cet ordre à des représentants dans toutes les régions du globe, les Cæsalpiniées et Mimosées sont presque toutes tropicales, les Papilionacées sont en majeure partie tropicales, un moins grand nombre habitent les régions tempérées, quelques unes les régions froides. Le nombre des espèces décrites à l’état fossile est considérable, ces restes sont surtout des feuilles, puis des fruits.

Les Papilionacées sont caractérisées par leur corolle papilionacée, dix étamines qui sont toutes réunies en un tube par croissance intercalaire, ou bien neuf sont soudées, une seule libre, parfois toutes sont libres; les graines sont exalbuminées, et l'embryon est courbé. Avant d'entrer dans les détails, mentionnons une particularité générale des pennes ou folioles, qui sont toutes plus ou moins dissymétriques, parfois très peu, aiïlleurs très-nettement, les folioles inférieures sont plus petites que les autres, la nervation craspédodrome paraît manquer totalement, il existe toujours un réseau marginal souvent très-peu développé. Ici, comme pour d’autres familles, on a signalé parmi les fruits des formes australiennes que l’on a identifiées avec les genres actuels des Papilionacées. Elles se trouvent dans les formations tertiaires de Sotzka, de Parschlug, de Radobo)j et de Bohême. Cette distribution doit déjà faire douter de la détermination, car si des genres australiens avaient fait partie de la flore Européenne à l’époque tertiaire, ils ne seraient pas restreints à un petit nombre de gisements. Les fossiles connus sont des feuilles isolées, et les parties qui auraient assuré la détermination n'ont pas été conservées; mais le seraient-elles, que nous ne pourrions probablement pas les déterminer avec certitude. La feuille d’Æardenbergia orbis veteris Unger, que M. d’'ETTINGSHAUSEN rapportait au genre Juglans ne peut être rangée ici sans incertitude, car la forme et la nervation sont assez répandues. Il en est de même de Gastrolobium zephyreum Ettingsh. de Radoboj, Oxylobium pultenæoides Ettingsh. de Sotzka, O. miocenicum Ettingsh., Kennedya dubia et K. Phaseolithes Ettingsh. de Schichow et de Kutschlin; ces feuilles ne justifient pas leurs déterminations ainsi que les auteurs l’avaient déja reconnu en partie en les décrivant, elles ressemblent cependant à celles de beaucoup d'espèces de ces genres. On pourrait même avoir affaire à des pennes de Légumineuses, car cette famille présente beaucoup de feuilles ayant ce contour. On doit traiter de même les espèces de Physolobium de Parschlug décrites par Unger: P. antiquum Unger, P. orbiculare, P. Kennedyæfolium. Les caractères de Kennedya ou de Physolobium ne sont conservés sur aucun de ces fossiles, pas même sur la valve de la gousse; il est vrai que si on les y reconnaissait, ces caractères ne seraient nullement décisifs; enfin UNGEr lui-même n’est pas aussi sûr de ses déterminations que sembleraient le prouver ses assertions. La

nervation de ces feuilles n’est pas rare et ne peut nullement déceler leur

gr afhéi

LEGUMINOSÆ 667

provenance. Si l’on n’a pas contesté davantage ces déterminations, la raison en est dans l'opinion déjà citée que la flore de l’Europe à l’époque tertiaire devait contenir des éléments australiens, et dans le manque de critique qui est général dans les descriptions des flores tertiaires. L’Ononis vetusta Ettingsh. des formations tertiaires de Schichow en Bohême est également douteux; les fossiles décrits sous ce nom sont des folioles isolées ou groupées par paires et dont la nervation diffère de celle des Ononis actuels, si l’on considère la figure comme une reproduction exacte; ils paraissent plutôt devoir être rapportés à ces fossiles qui ont été décrits sous le nom de Porana.

M. Lupwic a décrit des graines également douteuses des genres Ervum et Vicia provenant des Lignites supérieurs de Wettéravie; le fossile du même gisement que l’auteur décrit sous le nom de Cytisus reniculus en le considérant comme un fruit n'est pas plus probant. Les autres espèces de Cytisus décrites par Uxcer et Lesquereux, et le ©. anguste-siliquata Ludwig de Rockenberg sont des débris de plantes plus ou moins douteux. Comme pour d’autres feuilles de cette famille, UNGER à aussi fait remarquer cette incertitude, on ne doit donc pas considérer sans réserve comme appartenant au genre Cytisus les feuilles trifoliolées des C. freybergensis Unger de Freyberg en Styrie, C. radobojanus Unger de Radoboj, C. œningensis Heer d'Œningen, C. modestus Lesq., C. florissantianus Lesq. de Florissant (Fig. 36010); ni le fruit de Parschlug décrit sous le nom de C. Dionysi Unger (Fig. 360°), car d’autres genres de Papilionacées, comme Thermopsis, Baptisia, etc. possédent des feuilles trifoliolées, en outre on a dans un même genre avec des feuilles pennées des feuilles trifoliolées, comme Les- QUEREUX en figure sur la même planche dans les genres Juglans et Sapindus. Le Genista brevisiliquata du même gisement est au contraire un fruit de Légumineuse, mais on ne peut toutefois en préciser le genre. Des fruits de l'oligocène inférieur d'Aix qui ont été comparés à ceux d'Ervum hirsutum et d'E. monacanthemum et appelés pour cette raison ÆErvites primævum peuvent provenir de plantes Légumineuses ou même de Papilionacées, mais il est inadmissible à mon avis qu’on puisse les rapporter à un genre déterminé, car on ne possède pour cette détermination aucun caractère. Si l’on avait eu recours pour certains de ces fossiles, par exemple pour ceux des Lignites de Wettéravie, à l'examen microscopique, peut-être eût-il été possible d'obtenir des renseignements plus précis sur leur origine. Il ressort déjà des observations de A. BRAUN et Hger d'une part, de M. le Prof. LEHMANN d'autre part, au sujet du fruit d’'Œningen décrit sous le nom de Trigonella Seyfriedi, que ce fossile peut être diversement interprété. Ce dernier auteur voit des stries transversales omises par les deux premiers. On le compare à la gousse du Zrigonella fœnu græcum avec laquelle il à une certaine ressemblance, mais il est encore très douteux qu’on ait affaire à un fruit de Légumineuse. On ne peut se dissimuler en effet la conformité d'aspect extérieur de ce fossile avec des fragments de rameaux que l’on trouve dans toutes les formations, et il se pourrait que ce débris n’eût d'autre signification. J'ai étudié récemment un rameau fossile de l’île de Berings qui présentait avec ce fossile une similitude presque complète. L’échantillon en lui-même ne montre rien, qui permette de le rattacher avec certitude à un

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