‹ Traité de paléontologieChapitre 133 sur 183 · OL · texte numérisé non relu

OL

LEGUMINOSÆ 691

Fig. 369.

1 Entada primogenita Unger, gousse du miocène inférieur de Radoboj. 2 Æ. polyphemi Unger, gousse de l'Oligocène supérieur de Sotzka. 3, 4 Gymnocladus macrocarpa Sap. 3 gousse, 4 foliole. Oligocène supérieur de Manosque. 5 Acacia microphylla Unger, gousse. Oligocène supérieur de Sotzka. 6 Cassia Berenices Unger, feuille. 7, 8 C, Phaseolites Unger, 7 foliole, 8 gousse. Oligocène supérieur de Sotzka. 9 Mimosites linearifolius Lesq. Tertiaire de Florissant. 10 Dalbergia primava Unger, gousse restaurée. Oligocène supérieur de Sotzka. (Reprod. d'après Unger, de Saporta, Lesquereux.) 44e ;

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fruits qui a déterminé UNGER à les rapporter au genre Entada; cet auteur considère encore ces fruits comme pouvant provenir du genre Acacia, dont l’éloigne cependant l'absence de pointes. Sauf la taille, ces deux fossiles n’ont pas plus d’affinités avec les fruits du genre Æntada, qu'avec ceux d’autres Légumineuses, ils peuvent provenir de genres très-différents des Mimosacées ou des Cæsalpiniacées. Ces fossiles ne prouvent nullement que le susdit genre ait habité l’Europe pendant l’époque tertiaire, car les caractères qui manquent à UNGER pour rapporter la première espèce au genre Acacia, par exemple la pointe, les forts bourrelets, les saillies transversales produites par les nervures font aussi défaut pour ranger ce fossile dans le genre Entada. Des matériaux si incomplets n’autorisent pas à discuter les rapports qui relient ces fossiles aux formes actuelles, car ni la taille ni la forme ne nous fournissent d'indications certaines. Si par l'étude d'exemplaires fossiles et des figures, on essaie de se faire une idée nette de la répartition ancienne des Cæsalpiniacées et des Mimosacées, on en arrive bientôt à renoncer à cette tentative. En général on a désigné comme appartenant à ces groupes de petites folioles isolées ou parfois plusieurs folioles encore en relation avec le pétiole, on se persuade cependant facilement que le classement des fossiles dans les diverses genres est bien peu justifié, même en ayant recours aux fruits, car tout ce qui est essentiel pour la caractéristique manque aux fossiles; et l’on peut seulement dire que des formes de l’ordre des Mimosacées ont existé autrefois, conclusion qui est également basée sur leur répartition actuelle. Les nombreuses espèces décrites n’ont donc pas de signification bien précise, en particulier celles qui sont établies d’après des feuilles ou des fruits isolés ou réunis seulement par la communauté de gisement. Il serait évidemment opportun de désigner sous le nom de Mimosites tous ces fossiles qui ont de petites feuilles, semblables à celles des Acacia, au risque de comprendre même sous cette désignation des feuilles appartenant à une autre famille. En ce qui concerne les Acacia munis de phyllodes, nous n’avons aucun moyen de distinguer ces productions d’autres feuilles, lorsque ces phyllodes sont séparés de la plante mère. Nous ne pouvons pas dire non plus si ces formes du genre existaient déjà à l’époque tertiaire, et en Europe en particulier. J'ai reproduit quelques-unes des figures des espèces décrites (fig. 36857).

Les nervures secondaires sont reliées en camptodromie par les nervures tertiaires, celles qui sont incomplètes sont réunies avec les autres et forment des champs allongés parallèlement à celles-ci. Les pétioles de diverses espèces rappellent ceux des Weinmanniées fossiles, rencontrées en particulier dans les dépôts tertiaires de l'Amérique du Nord et il serait possible qu’on dût rapporter ces pétioles au genre Weinmannia qui existe encore de nos jours dans les Indes occidentales. Un certain nombre de feuilles de tailles diverses et dissymétriques provenant des formations crétacées ou tertiaires, et dont la nervure médiane est généralement seule conservée, sont désignées sous le nom de Leguminosites. Il n’est nullement prouvé que ces feuilles proviennent de Légumineuses et elles ne méritent pas une dénomination spéciale. Lesquereux et H&er ont décrit un certain nombre de ces feuilles dans les gisements indiqués, MM. Conwenrz et NarHorsT en ont décrit quelques autres. On a également désigné sous ce même

LEGUMINOSÆ 693

nom, des graines, mais sans plus de raison. La connaissance la plus superficielle des graines suffit pour savoir que des graines arrondies de même forme peuvent appartenir à des familles très-différentes.

Les gisements extra-européens ont fourni Cassia Flindersii, C. Crokii, Dalbergia Diemenii, Leguminosites Kennedyi de la flore tertiaire d'Australie, décrits par M. d'ETTINGSHAUSEN;, H£Er a décrit des dépôts tertiaires de Sumatra, des feuilles et un fragment de fruit, qu'on peut rapporter au genre Dalbergia; GEYLER figure sous le nom de Cassiophyllum des feuilles de Labuan voisines du genre Cassia. Les feuilles d'Australie ne sont pas suffisantes pour étendre nos connaissances au sujet de la flore tertiaire de ce pays, celles de Sumatra et de Labuan peuvent appartenir aux genres auxquels on les a comparées.

Avant d’en finir avec les Légumineuses, mentionnons les Leguminosites arachioides Lesq. des dépôts tertiaires d'Evanston et du groupe de Laramie de Clear Creek, Montana; ces fossiles décrits par Lesquereux et M. Lester F. Warp!, sont des fragments douteux, des recherches ultérieures montreront qu'il est difficile de les rapporter aux Légumineuses.

Si nous cherchons à tirer une conclusion de ce qui précède, nous voyons que l'existence des Légumineuses à l’époque tertiaire est prouvée de la façon la plus évidente par la présence de gousses. L'absence complète des fleurs, et de graines ou fruits utilisables ne nous permet pas malheureusement d'établir d’une façon aussi certaine l'existence des divers groupes de la famille, car nous ne pouvons nous appuyer que sur des feuilles. Il est cependant vraisembable que les Papilionacées, Cæsalpiniacées et Mimosacées étaient représentées à l’époque tertiaire, non par les genres tropicaux, mais par d’autres formes dont l'habitat s’étendait vers l'Ouest jusqu'à la frontière orientale de l’Europe, vers l'Est jus- qu'au Japon, vers le Nord jusqu'au Sud de l’Europe, au Nord de l'Afrique et jusqu'à l'Amérique du Nord sur les deux versants. Cette observation que nous avons eu l’occasion de faire déjà plusieurs fois s'impose également pour ce groupe. C’est là d’ailleurs un résultat que les paléontologistes ne contesteront guère; le rôle de la paléontologie n’est pas d'avancer des opinions que l'on ne peut démontrer, ni d'appuyer par des observations sans valeur des jugements non fondés, mais de rechercher l’évolution des groupes végétaux et des flores en se basant sur des observations soumises à la critique.

EPYSTEROPHYEÆ.

A l'exemple d’Ercarer, j'intercale cette division entre les Dialypétales et les Gamopétales, elle comprend les familles des Aristolochiacées, Rafjlésiacées, Santalacées, Loranthacées et Balanophoracées. L'existence des Rafflésiacées et des Balanophoracées aux époques géologiques antérieures n’est pas prouvée, et M. NarxorstT a abandonné l'opinion qu'il avait d’abord défendue à ce sujet. Il ne reste donc à considérer que trois des familles ci-dessus mentionnées, savoir les Aristolochiacées, Santalacées, Loranthacées, dont des feuilles, des fleurs et des fruits seraient conservés à l’état fossile.

LESQUEREUX, Tertiar. Flora p. 301 tab. 40 fig. 14. — Lxesrer F. War, Types of the Laramie Flora p.65 tab. 29 fig. 2.

Ou,

DICOTYLEDONES

ANGIOSPERM Æ.

Les Aristolochiacées possèdent un périgone tri-ou sexpartit, vivement coloré,

zygomorphe dans le genre Aristolochia, régulier dans le genre Asarum

les

étamines sont au nombre de douze, libres chez Asarum, tandis que chez Aristo-

duisent le pollen dans

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lochia, elles forment un seul verticille de s

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