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Fig. 371.
1, 2 Aristolochia œningensis Heer, fruit du miocène supérieur d'Œningen. 3 A. Æsculapi Heer. Miocène supérieur d'Œningen. 4, 5 À. trilobata, 4 feuille, 5 fruit. 6 4. Raja, feuille. 7 À. macrota, feuille. Espèces actuelles (1-3 reprod. d’après Heer, 4-7 d’après nature.)
ne m'a montré une semblable nervation; on peut aussi se demander si la feuille était dentée, en tout cas la dentition ne rappelle pas celle des feuilles des Aristoloches actuelles. Parmi les À. inœqualis Heer, À. Aesculapi Heer (fig. 371°) de la Hôhe Rhôn, À. Weteleri Heer de Gunzbourg, dont nous ne connaissons qu'une description, il est à peine une espèce que l'on puisse rapporter à ce genre, car pour toutes ces feuilles on ne voit pas l’origine des nervures à la base du limbe. (C’est d'ailleurs la forme seule de la feuille qui a déterminé l'interprétation sans qu’on ait eu égard à aucun autre caractère. Pour aucun de ces fossiles, il ne peut être non plus question de rapprochement avec Asaruwm.
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Nous avons déjà fait observer que la nervation des Aristoloches actuelles est assez variable (comp. fig. 370, 37147). Le cas le plus simple se présente dans les feuilles linéaires de l’A. longiflora A. Gr. du Texas; une forte nervure médiane fournit des nervures secondaires suivant le mode penné, camptodromes par dichotomie. On peut rattacher à cette forme les feuilles lancéolées, acuminées, cordiformes à la base, des À. rumicifolia, A. angustifolia qui présentent trois nervures primaires parallèles distinctes dès la base de la feuille; les nervures secondaires fournies par les deux nervures latérales sont réunies en camptodromie, celles qui partent de la nervure médiane se relient aux nervures latérales par des branches anastomotiques secondaires. Les feuilles qui sont le plus souvent ovales cordées, présentent généralement la nervation palmée curvinerve, le départ des nervures du pétiole se produit de telle façon que deux nervures latérales suivent le bord même de la feuille dès sa base, deux autres nervures se forment ensuite, et le milieu de la feuille est occupé par la nervure médiane de force moyenne. En général, il y a cinq nervures primaires, mais les petites feuilles n’en présentent que trois; les deux nervures qui se rendent dans les lobes inférieurs se ramifient bientôt par dichotomies répétées, elles décrivent des courbes d'autant plus accentuées que les lobes sont plus grands. Les autres nervures se ramifient par le même procédé jusqu’à ce que leurs dernières branches se relient entre elles en camptodromie dans le voisinage du bord, celui-ci recoit ensuite des nervures de la camptodromie. Les feuilles sont lobées chez À. Raja, A. trüoba, A. macrota; un seul faisceau pénètre dans le lobe médian, chez A. triloba par exemple, tandis que les deux lobes latéraux reçoivent chacun deux nervures; chez À. macrota le lobe médian reçoit trois nervures primaires, les latéraux une seule; chez À. Raja le lobe médian reçoit une nervure, les lobes latéraux étalés horizontalement reçoivent toutes les nervures secondaires issues des deux nervures primaires latérales, tous les faisceaux sont camptodromes. Les branches anastomotiques sont droites ou courbes, les espaces qu’elles bordent sont remplis par des mailles carrées ou polygonales. La base du limbe cordé est décurrente sur le pétiole, de sorte que dans cette région déjà les nervures primaires sont distinctes.
La nervation des feuilles fossiles d’Aristoloches a peu de ressemblance avec celle des espèces actuelles. Dans les fig. 370 et 371 sont représentés leurs principaux types de nervation. Les feuilles d’Aristolochia et d’'Asarum sont caractérisées par le faisceau qui suit le bord basilaire de la feuille cordée; aucune des espèces fossiles ne présente ce caractère, que j'ai rencontré chez toutes les espèces actuelles. Il ne sera pas superflu d’ailleurs de faire remarquer que parmi les feuilles fossiles rapportées au genre Aristolochia, on a pu confondre des feuilles de Monocotylédones. Je mentionnerai enfin deux autres formes de feuilles qui par la nervation et la forme rappellent le genre Bragantia : ce sont les Macclintokia et une partie des espèces de Majanthemophyllum. Toutes ces feuilles nous laissent sans renseignements précis sur l’existence du genre à l’époque tertiaire, il en est de même des fruits, en dépit d’une certaine similitude de forme. Ces fossiles fournissent un nouvel exemple du procédé fâcheux suivi par divers auteurs et qui consiste à regarder comme assurée une détermination incertaine, en s'appuyant sur une autre détermination également douteuse.
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La structure de la feuille est bien connue depuis le travail du Dr. SoLEREDER!). Chez les feuilles fossiles on peut observer d’une part les cellules oléifères, d'autre part les diverses formes des poils, et spécialement les ,Klimmhaare‘“, ainsi que des groupes de cellules silicifiées, visibles sur les exemplaires desséchés, sous forme de tubercules et qui peuvent comme les poils, être conservés sur les feuilles fossiles.
On a rapporté aux Santalacées des rameaux, feuilles, fleurs et fruits. Cette famille à été bien délimitée par M. M. BenrTxam et Hooker, et j'y fais rentrer les Anthobolées avec le genre Exocarpus. Les plantes de cette famille habitent pour la plupart les régions tropicales et subtropicales, un petit nombre se trouvent dans la zône tempérée; ce sont des arbres, de petits arbustes ou des plantes vivaces. Certaines d’entre elles, comme les Thesium, sont parasites sur les racines, d’autres sont parasites sur des tiges.
Les fleurs sont hermaphrodites, mono- ou dioïques. Le périgone quatri ou quinquepartit, rarement tri ou sexpartit est tubuleux, les étamines sont en même nombre que les pièces du périgone, l'ovaire infère uniloculaire à placentation centrale libre, les ovules pendants, les fruits sont des baïes, des akènes ou des drupes. Feuilles opposés ou alternes, parfois rudimentaires, non stipulés.
Je mentionnerai d’abord une fleur de l’Ambre du Samland décrite par M. Cox- WENTZ sous le nom de Thesianthemum inclusum (fig. 3721518); les segments du périgone et les étamines sont au nombre de cinq, l'ovaire infère, cannelé, a quelque ressemblance avec celui du T'hesium, mais nous ne savons rien de sa structure. D’après M. ConwenTrz?, on peut voir à l’intérieur de la fleur les courts filets des étamines dont les anthères sont réniformes, ainsi que le stigmate arrondi. Deux autres fleurs provenant également de l’ambre du Samland ont été décrites par Caspary sous les noms d’'Osyris Schiefferdeckeri et d’O. lata, la première est un périgone tripartit pourvu de trois étamines et détaché de l'ovaire; la seconde est également une fleur composée d’un périgone fermé tripartit et d’un ovaire infère. M. pe SarorTa signale dans l’oligocène ‘inférieur d'Aix sous le nom d’O. primæva des rameaux présentant des cicatrices foliaires arrondies et des feuilles étroites linéaires lancéolées, pointues et penninerves (fig. 37213). Ces derniers fossiles peuvent provenir du genre Osyris, mais il n’est pas certain que les divers fragments appartiennent à la même espèce. Feuilles et rameaux peuvent provenir de familles très différentes, j'ignore quel est le caractère qui a pu décider l’auteur à cette détermination. La distribution actuelle de ce genre peut être considérée comme un argument, meilleur que les fossiles connus, en faveur de son existence ancienne, ©. alba L. est une plante très-répandue dans le Sud de l’Europe, et qui s'avance assez loin vers le Nord (vallée du Rhône près Bellay), il serait possible, comme nous l'avons déjà remarqué plusieurs fois, que cette plante dût être rangée parmi ces formes qui se sont maintenues depuis la période tertiaire jusqu'à nos jours; toutefois d’après la description de Caspary, certaines fleurs de l’ambre seraient
1 Beiträge zur vergleichenden Anatomie der Aristolochiaceen in ENGLER, Jahrb. Bd. X, EH. IV et V,
? Bernsteinflora tab. 13 fig. 4.
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très-voisines de celles d’Osyris ou même identiques, ce qui tendrait à prouver que les conditions de la période glaciaire ont restreint l'habitat de cette plante vers le Nord, tandis qu’elle s’est réinstallée dans l’Europe méridionale pour regagner ensuite du terrain dans la même direction.
Des rameaux caractérisés par une abondante ramification à branches dressées ou divergentes, pourvus de petites feuilles ou de fragments de feuilles, ont été décrits sous le nom de ZLeptomeria et considérés comme représentant ce genre Australien en Europe à l’époque tertiaire. Si l’on en croit les auteurs, nonseulement les rameaux, mais aussi les fruits (Oligocène inférieur de Haering), auraient été conservés à l’état fossile. Cette interprétation date de l’époque où l’on se plaisait à donner un caractère australien à la flore tertiaire de l’Europe et où l’on admettait la présence des genres australiens sans aucun examen critique sur la seule base d’une ressemblance très superficielle. Cette manière de voir admise jusqu’aujourd'hui est dépourvue de fondement, les fossiles de Hæring répandus dans les collections permettaient cependant de rectifier ces interprétations. En ce qui concerne les fruits fossiles de Haering figurés par M. D'ETTINGSHAUSEN, nous ne pouvons rien dire de leur position, puisqu'ils ne montrent aucun détail; on les a rapportés au ZL. gracilis mais rier ne justifie ce rapprochement. Ces fruits ont été rapportés au genre Leptomeria grâce à la présence des petits corpuscules sphériques insérés sur les rameaux ou trouvés dans leur voisinage. Dans le genre actuel, les rameaux sont aphylles ou pourvus seulement de feuilles rudimentaires ou enfin de petites feuilles cylindriques. Si l’on ‘examine plus attentivement les rameaux fossiles, on se convainc bien vite que l’on affaire à des rameaux de plantes différentes; parmi ces traces les unes sont plus droites, d’autres sont en chevron ou en zigzag, d’autres portent des feuilles alternes, d’autres enfin n’en possèdent pas. Nous savons déjà que des débris semblables ont été désignés sous les noms d’ÆEphedra et de Casuarina Le seul genre auquel on puisse songer, à l'examen des fossiles cités, serait Osyris ou un genre voisin, c’est ainsi que M. pe SarorrA signale son ©. primœva (fig. 37213) dans un gisement où il n'avait antérieurement signalé que le genre Leptomeria. La nervation de la feuille de l’Osyris alba L. est pennée, avec nervures secondaires très-ascendantes et nervures tertiaires camptodromes. Chez l'espèce figurée par M. pe Sarorra, le parcours des nervures secondaires est moins ascendant que chez l'espèce actuelle, les cicatrices foliaires arrondies ne seraient pas incompatibles avec les rameaux rapportés au genre Leptomeria. Je ferai remarquer que cette interprétation n’aura de valeur que pour un certain nombre des rameaux, car on à compris sous ce nom des débris différents.
L'existence du genre Santalum dans les dépôts tertiaires d'Europe et d’Amérique est également douteuse; ce genre habite actuellement les régions tropicales de l'Inde et des rives du Pacifique. On lui rapporte de petites feuilles lancéolées, ovales, pointues, parfois émarginées, rétrécies vers la base et dont la nervation n’est plus représentée que par la nervure médiane, quelquefois par des traces des nervures secondaires disposées suivant le mode penné. Il résulte de cet état de conservation, que la détermination ne peut inspirer grande confiance, de plus une partie de ces feuilles ont été désignées par
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d'autres auteurs comme appartenant aux genres Embothrium, Vaccinium, Daphne. Cette forme et cette nervation sont tellement communes parmi les plantes des familles les plus diverses qu’il n’est pas possible, sans avoir. recours äd’autres
particularités, d'arriver à une détermination certaine des feuilles, en se basant