BIO SE
- ovariennes multiséminées.
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7° Ordre. RUBIINÆ.
Cet ordre renferme deux familles, les Æubiacées et les Caprifoliacées; la première famille comprend des plantes pour la plupart tropicales ou subtropicales, la seconde ne renferme des plantes des zônes tempérées. Dans cet ordre, les fleurs sont généralement régulières, rarement zygomorphes, tétra-ou pentamères, les étamines sont soudées avec le tube par croissance intercalaire, l'ovaire est infère, biloculaire, »
le fruit est une baie, une capsule, un schizocarpe ou un akène.
Chez les Rubiacées, les fleurs sont régulières, les feuilles opposées; les stipules sont généralement représentées et diversement conformées; chez les Stellatées, elles ressemblent aux feuilles; chez les Coffées et les Cinchonées elles sont soudées et variables au point de vue de la taille, de la forme et de la structure. La famille se subdivise en trois sous-groupes:
les Stellatæ avec les stipules foliacées et les loges de l'ovaire uniséminées; les Coffeæ avec de petites stipules de formes diverses et les loges de l'ovaire également uniséminées; les Cinchoneæ avec les stipules de forme variable, et des loges
On a rapporté à cette famille un certain nombre de fossiles, surtout des feuilles, et quelques Fig. 397.
fruits, mais tous, sauf quelques Enantioblastos viscoïides Güpp. et Berendt, 1 rameau feuillé en
. d t si Ë ÿ a Ratz { exceptions, sont douteux : M. gran eur naturelle, 2 grossi, 3 bourgeon. Sendelia Ratzeburgiana É. 21 Gôpp. et Berendt, fleur, 4 yrand nat. 5 7 grossie, vue de divers D'ETTINGSHAUSEN déjà, dans sa côtés. (Reprod. d'après M. Conwentz.)
révision des fossiles de Radoboj', a attribué à d’autres familles une partie de ces fossiles, et a éliminé en particulier les espèces de Cinchona admises par UnGer.
Signalons d’abord deux fossiles de l’Ambre du Samland connus déjà de GœpperT, mais qui n’ont été dépeints exactement que par M. CoNwenrz. L'un, Sendelia Gôpp. et Berent?), est une petite fleur à tube court étalé en un limbe
l Beitr. zur foss. Flora von Radoboj. Wien, 1870. ? Der Bernstein und die in im befindlichen Pflanzenreste der Vorwelt. Berlin, 1845.
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quinquelobé, présentant en alternance avec les lobes, cinq étamines, qui n’ont qu'un filet très-court et des anthères inclinées vers l’intérieur. Ce Sendelia KRatecburgiana (fig. 397) est rapporté par M. ConwexTz aux Rubiacées, et se rapprocherait en particulier des Sfellatæe. Le second fossile, Enantioblastos viscoides Güpp. et Ber. (fig. 397), est un petit fragment de rameau à feuilles opposées, décussées, lancéolées, entières, carénées en dessous, excavées en dessus, épaisses; stipules intrapétiolaires, lancéolées, subulées, à bord entier, bourgeons axillaires entourés par trois paires de bractées décussées, lisses, larges et ovales, pointues et à bord entier. Comme le Sendelia Ratzeburgiana, celui-ci a été aussi rangé parmi les Rubiacées, maïs à plus juste titre; quant au premier fossile, l'ovaire fait défaut. Après ces espèces, citons encore celles du tertiaire de Radoboj et de Bohême, qui ne sont conservées qu’à l’état d'empreintes ou carbonisées.
Nous ne connaissons pas de fossiles fournissant la preuve formelle de l’existence de cette famille aux époques crétacée et tertiaire. Aucun des restes de fleurs ou fruits fossiles, attribués aux Rubiacées, n’a encore été trouvé en connexion avec un rameau feuillé; on a comme d’habitude, rattaché ici arbitrairement les fleurs ou fruits avec des feuilles quelconques.
Parmi les fossiles de ce groupe décrits par UNGEr et H£Er, une ou deux espèces peuvent être rangées avec beaucoup de vraisemblance parmi les Rubiacées. Les deux inflorescences figurées par UNGER‘ sous le nom de Pavetta borealis sont tout-à-fait inutilisables, on ne voit absolument rien des détails. Il en est de même du fruit de Morinda sublinearis Unger de même gisement et qui, d’après M. D'ETTINGSHAUSEN, serait un coprolithe. Les fossiles provenant également de Radoboj et désignés par le même auteur? sous les noms de Cinchona Titanum ou de Cinchonidium, peuvent être des fragments de capsules, mais il n’y à aucune raison de les rapporter au genre Cinchona, car non seulement d’autres genres possèdent des capsules à valves linéaires, mais il est en outre possible que l’on ait affaire à des méricarpes (Theïlfrucht), Une fructification en grappe, décrite par UnGer sous le nom de Cinchonidium racemosum, et portant des capsules pédonculées, allongées et dressées, couronnées par de courts sépales sessiles (fig. 3991) pourrait bien provenir d’une Rubiacée, comme tendent à le prouver l’inférovarie et les courts sépales; mais il est encore possible que cette fructification provienne d’une autre famille. L'état de conservation ne permet pas une étude plus approfondie, mais comme Cinchona et les genres voisins ne possèdent pas d’inflorescences, ni par conséquent de fructifications en grappes, le fossile ne peut être comparé aux Cinchona; ïl serait arbitraire d'admettre qu'il en fut autrement aux époques géologiques. Ja fossile pouvant d’ailleurs se rapporter à une inflorescence, aussi bien qu’à une fructification, on ne peut espérer de détermination précise. UNGEr * à encore décrit des fructifications qu’il rapporte au genre Nauclea sous le nom de N. olympica; M. n»'Errnesmausen les réunit avec beaucoup de raison au genre Sparganium.
1 UNGER, Sylloge, III.
? Loc, cit.
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Des noyaux de fruits des Lignites de Wettéravie ont été décrits comme graines de Randia prodroma, mais, comme la coque extérieure est seule conservée, ou ne peut rien en dire de précis.
Citons encore ici les fruits que HEEr a rapportés au genre Gardenia et que MM. Porp et Lupwic ont réunis au genre Passiflora. J'ai décrit ailleurs’ la structure du fruit et des graines. On ne peut songer à ranger ces fruits dans le genre Passiflora, car dans ce genre les fruits sont toujours des baies, tandis que l’exocarpe du fruit fossile était solide, tout au moins coriace, sinon ligneux. Ces fruits sont ovoïdes, rétrécis à la base, portés par un fort pédoncule; les graines sont nombreuses, insérées sur des placentas pariétaux, leur tégument est mince, couvert de fines raies transversales. En ce qui concerne la structure, le fruit fossile diffère un peu du fruit des Gardenia actuels, mais il présente tant de points communs qu’on peut le considérer comme provenant d'une forme proche parente. L'espèce la plus répandue est le Gardenia Wetzleri Heer (fig. 398 17) (Passiflora Braunii Ludw., P. pomaria Popp) reconnu depuis l’oligocène inférieur, jusqu’au Miocène supérieur, à Günzbourg sur le Danube, jusqu’en Wettéravie, dans la Rhœn, la Saxe, la Lusace, dans la région baltique et jusqu’en Angleterre. HæEr distingue encore d’autres espèces, G. Brauni d'Œningen, dont les graines sont petites, et G. Meriani de l’Eocène inférieur de Gardenia Wetzleri Heer, 1-3 fruits, 4 fragment d'un Soissons : l'établissement de ces espèces fruit, les Paines sont visibles sur Lee fig. 2 à .
; use Var a 5 graines, 6 section transversale du tégument sémin est pas tres justifié, la premiere n’est nal, 7 section transversale de la paroi du fruit. guère basée que sur la différence de Bischofsheim, Tümlitzwald près Tanndorf. Oligocène taille des graines, tandis que la seconde, ee AE NC si toutefois on à bien affaire à un fruit, pourrait bien appartenir à une autre famille. C’est peut-être une simple concrétion siliceuse.
Une feuille a été trouvée avec les exemplaires du Samland, la nervation n’en est pas bien conservée; elle à été rapportée par HEEr au genre Gardenia, cependant les nervures secondaires disposées suivant le mode penné, très-ascendantes et courbées, réunies en camptodromie par les nervures tertiaires, ne sont qu’en partie visibles. Le fossile ressemble assez à une feuille de Gardenia
1 Bot. Zeitung 1871, p. 393.
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et peut appartenir à ce genre. Hxer! figure sous le nom de Galium antiquum (fig. 3994) un fruit du Tertiaire du Groënland. Ce fossile fait certainement penser au genre Galium dont les fruits ont le même contour. Mais quand on étudie des Schizocarpes comme ceux des Séellatæ, il faut les comparer à ceux de nombre d’autres familles, telles que les Araliacées, les Ombellifères; or cela n’est pas possible dans le cas présent, en raison de l’état de conservation des
Fig. 399.
1 Cinchonidium racemosum Unger. Inflorescence. 2 C. Aesculapi Unger. 3 ©. Titanum Unger, valves du fruit; fossiles provenant tous du miocène inférieur de Radoboj. 4 Galium antiquum Heer, a grand nat. b grossi. Tertiaire du Groënland. 5 Rubiacites asclepioides Weber. 6 R. asperuloïides Weber. Oligocène supérieur de Rott près Bonn. 7, 8 À. verticillatus Heer du miocène supérieur d'Œningen. (Reprod. d'après Unger, Weber, Heer.)
fruits fossiles. On ne peut rien conclure des fragments d’inflorescences des lignites de Rott, décrits par O. Weser? sous les noms de Rubiacites asperuloïdes et de À. asclepioïdes (fig. 399 5.6). Leur conservation ne permet pas de se faire une idée précise de leur place systématique, et les dénominations proposées par l’auteur montrent qu'il a lui même trouvé de la ressemblance avec deux familles. Le ARubiacites verticillatus Heer (fig. 39978) de l’oligocène supérieur ! Flora foss. arct. I.
* Niederrheinische Braunkohlenflora.
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est tout aussi douteux. D’après HEEr, ce fossile serait un verticille foliaire avec Stipules foliiformes, comme chez les Sfellatæ. C’est possible, mais des feuilles d'une espèce quelconque peuvent être ainsi rassemblées; cette hypothèse est même à mon avis plus vraisemblable, bien que dans l’un des exemplaires figurés, on voie au milieu la section d’une tige ou au moins d’un axe.
Parmi les fossiles précités, il en est donc deux, trois au plus, qui donnent des indications sur l'existence de la famille à l’époque tertiaire; quant aux autres, ou bien ils n’appartiennent pas aux Rubiacées, ou bien leur détermination ne peut être garantie. À la suite de ces fossiles il convient de signaler des feuilles, dont quelques unes ont été réunies à des fruits pour confirmer leur détermination et rattachées à des genres récents. On ne peut toutefois appuyer d'aucune preuve cette réunion des fruits et des feuilles fossiles des Rubiacées; la forme et la nervation des feuilles ne fournissent pas non plus de caractères qui les fassent rapporter à un genre déterminé de cette famille, bien que certaines feuilles puissent être semblables à celles d’une Rubiacée quelconque. Si les genres avaient une nervation propre et caractéristique, et si les quelques fossiles considérés comme fruits de Rubiacées, avaient été trouvés encore attachés sur les rameaux portant les feuilles, nous pourrions arriver à une plus grande précision; mais nous ne pouvons actuellement rien préciser au sujet des affinités des feuilles fossiles avec les genres des Rubiacées actuelles.
Dans son travail sur la flore fossile de Radoboj, M. d'ETTINGSHAUSEN a déjà fait ressortir, pour un certain nombre des feuilles rapportées par UNGER aux Rubiacées, qu'elles appartiennent à d’autres familles ou à d’autres genres, et que le genre Cinchona n'existait pas à l’époque tertiaire. Je considère comme aussi arbitraire la réunion des feuilles de Cinchonidium (Cinchona Unger) Aesculapi Ettingsh. et de C. (Cinchona Unger) Titanum Ettingsh. de Radoboj, avec les fruits mentionnés, car on n’a aucune raison pour admettre l'unité spécifique des fruits et des feuilles.
J'ai étudié un nombre considérable de genres de Rubiacées et aussi tous les fossiles rapportés à cette famille et je n'ai trouvé pour aucun genre une nervation qui lui fût spéciale.
La nervation semble pennée dans tous les genres, les nervures secondaires sont rectilignes et très ascendantes ou décrivent des courbes suivant la largeur de la feuille, ces nervures sont camptodromes et reliées par des nervures anastomotiques dont le parcours est variable, le réseau qui occupe les espaces ainsi délimités est formé de mailles plus ou moins grandes. Les genres qui existent au Japon, en Chine, dans l'Himalaya, dans le bassin de l'Amour, au Mexique et en Abyssinie pourraient certainement se rencontrer dans les dépôts tertiaires d'Europe et d'Amérique, je n'ai cependant pas encore découvert de fossiles pouvant être rapportés à l’un de ces genres. Les genres qui habitent exclusivement les régions tropicales ou sont limités à l'hémisphère sud, comme c'est le cas pour Cnichona par exemple, dont l'habitat est très restreint ne devaient pas vivre à mon avis en Europe à l’époque tertiaire; nous en avons cependant plusieurs exemples dans l'Amérique du Nord.
Les gisements extra-européens du Tertiaire n’ont fourni qu'un petit nombre
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de fossiles de ce groupe; citons Cinchonidium ovale Lesq. de Florissant, Amérique du Nord; un fragment de feuille au moins douteux de Bornéo, que GEYLER compare au genre Grumilea; Coprosma præcuspidifolia du Tertiaire de l'Australie, feuille dont les nervures secondaires sont camptodromes et qui peut être attribuée non seulement au genre en question, mais à bien d’autres encore. Les dépôts quaternaires n’ont fourni qu’un seul fossile, Rubia peregrina signalé dans les Tufs de Montpellier, espèce qui existe encore aujourd'hui dans le bassin de la Méditerranée et dont l'existence actuelle est en connexion avec son habitat à l’époque quaternaire.
Sambucus multiloba Conw., 1-4 fleur, 1 grand. nat., 2 grossie vue de dessus, 3 vue de dessous, 4 anthère grossie. Sambucus succinea Conw., 5 fleur grand. nat., 6 grossie vue de dessus, 7 vue de dessous, 8 Anthère grossie Oligocène moyen du Samland. 9 Lonicera deperdita Heer. Miocène supérieur d'Œningen. (Reprod. d’après Conwentz, Heer.)
Presque tous les fossiles attribués aux Zonicérées appartiennent au genre Viburnum L., un petit nombre aux genres Sambucus et Lonicera. On a rapporté principalement au premier genre des feuilles, et seulement quelques noyaux de fruits; aux deux derniers genres on a rapporté des fruits et des fleurs. La famille est caractérisée par des fleurs pentamères zygomorphes (Lonicereæ) ou actinomorphes (Sambuceæ), par des fruits drupacés ou bacciformes; elle se distingue des Rubiacées par l'absence ordinaire des stipules, les feuilles sont opposées.
Nous ne connaissons qu’un seul fossile du groupe des Zonicérées, Lonicera deperdita Heer du miocène supérieur d'Œningen (fig. 400%), qui d’ailleurs est encore douteux. Mais la détermination de ce fossile serait-elle assurée, qu’on ne pourrait encore rien conclure d’un type isolé concernant l'histoire de ce genre, actuellement répandu sur l'hémisphère nord. |
Il est d’ailleurs très douteux que ce fossile appartienne réellement au genre Lonicera. D'après Heer, ce serait un double fruit appartenant au groupe Xylo-
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steum. Bien que dans ce groupe, les sépales ne persistent pas au sommet du fruit, les pièces florales laissent encore après leur chute des cicatrices qui manquent au fruit fossile; de plus dans le genre ZLonicera le fruit est une baie, or on ne le reconnaît pas chez le fossile, que l’on ne peut considérer comme un fruit non arrivé à maturité, car dans ce cas le calice devrait exister encore. Le contour et le léger sillon que présente le fossile font plutôt l'impression d’un fruit de Labiée ou d’Aspérifoliacée.
Deux fleurs de l'Ambre du Samland, décrites comme fleurs d’Ilex par Caspary, ont été, avec raison à mon avis, rapportées par M. ConwenTz! au genre Sambucus, cette forme de fleur et aussi la variation du nombre des segments sont habituelles au genre Sambucus. Le $S. multiloba (Ilex Casp. /Bailii] 1875, J. multiloba Casp. 1881) Conwentz?, est une corolle rotacée, gamopétale, régulière, à tube court, à limbe septempartit, les lobes étant entiers, et ovales; sept étamines, alternant avec ces lobes, ont des filets courts, des anthères allongées, déhiscentes par des fentes latérales. Le S. succinea Conw. (lex minor Casp.) est une autre corolle gamopétale, régulière, à tube court, que M. Conwenrz distingue de la précédente à cause de l’évasement du tube vers le dessous, du limbe sexpartit et de la déhiscence extrorse des loges des anthères (fig. 400 1 — 8).
On a décrit de nombreuses feuilles et quelques noyaux de fruits du genre Viburnum L., à l’état fossile. L’habitat actuel de ce genre comme celui de beaucoup d’autres précédemment cités s'étend depuis les versants Atlantique et Pacifique de l'Amérique du Nord à travers l’Europe, l’Asie Occidentale jusque vers le Nord de la Chine, le Japon, l'Himalaya, les Nilgherries, et les Khasiahills, vers le sud, jusqu’à Madagascar sur l'hémisphère oriental; sur l’autre hémisphère, il s'étend sur la région comprise entre l'Amérique du Nord et les Indes occidentales et les Andes de l’Amérique du Sud. Cette distribution est analogue à celle du genre Zibocedrus et on peut en déduire presque sûrement l'existence du genre à l’époque tertiaire. Lors du tertiaire, le genre occupait non seulement l'aire qu’il habite aujourd’hui, depuis la Californie (V. Whymperi Heer, Shasta County, Contra Costa County) jusqu'à Sachalin (V. Schmidtianum Heer, (fig. 4024), mais il s’étendait plus loin; des fossiles ont été trouvés dans le Nord du Groënland, la Terre de Grinnell, et le Spitzberg (V. Whymperi Heer, V. Nordenskioldi Heer), la dernière espèce existe aussi à Alaska, toutes deux ont aussi été trouvées dans les Mauvaises Terres du Montana et le Wyoming.
Le genre apparaît dans le Crétacé supérieur du Groënland, il s'étend à l’époque tertiaire, depuis l’Eocène le plus ancien, jusque dans le Pliocène le plus récent, il est représenté dans les Tufs quaternaires de Toscane par le V. Tinus L. qui habite actuellement les régions méditerranéennes et s'est avancé grâce à la culture, jusqu’au pied des Alpes (Lac de Genève, lacs italiens, Botzen). Au nord des Alpes, cette plante ne résiste sans abri qu'à des hivers très doux. Le genre est richement représenté dans le Tertiaire de l'Amérique du Nord.
1 Loc. cit. p. 129 et suiv.
2? Loc. cit. tab. 12 fig. 25 et 26.
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Parmi les noyaux fossiles de ce groupe, qui rappellent ceux des fruits des espèces actuelles, un certain nombre ont été decrits comme espèces propres, tels sont les V. macrospermum Heer du Spitzberg, V. Goldianum Lesq., V. solitarium Lesq. de Golden, Colorado; d’autres ont été compris avec des feuilles dans un même qualificatif, comme V. trilobatum Heer d'Œningen, V. Whymperi Heer du Groënland septentrional, de Shasta County, Californie, du Wyoming, du Montana et du Spitzberg. Nous nous sommes élevés à plusieurs reprises contre cette facon de faire, si incorrecte, puisque dans aucun cas la connexion de ces débris n’a été prouvée. La forme de la capsule osseuse ou noyau du fruit, depuis longtemps décrite par ŒRsTED, n’est pas aussi simple que l’admettaient Hger et Scximper. Ce noyau est aplati, lisse avec une pointe courte et un bord plat, ou bien de même forme mais avec le bord épaissi, ou encore avec un bourrelet médian, parfois ovoïde avec une courte pointe et des sillons, longitudinaux, ou enfin plat, muni d’une courte pointe, épaissi au bord, et présentant un bourrelet au milieu de chacune des deux faces.
La nervation n’est pas non plus aussi simple que l’indiquait Scximper. Chez les feuilles lobées, la nervation est palmée, les trois ou cinq nervures primaires et leurs nervures secondaires sont craspédodromes lorsque la feuille est dentée, camptodromes si la feuille est entière. La nervure médiane se ramifie suivant le mode penné, et la paire inférieure des nervures secondaires se bifurque en avant du sinus et l’embrasse avec les deux branches de la dichotomie, comme dans le genre Acer, mais dans ce dernier genre les dents sont plus petites. Les nervures secondaires suivantes sont toutes camptodromes et les dents reçoivent des nervures de la camptodromie. Les nervures anastomotiques sont généralement rectilignes ou un peu courbées, les ramifications ultérieures forment des mailles assez grandes (Voir V. Opulus L., V. Oxycoccos Pursh.). La plupart des espèces ont cependant une nervation pennée, les nervures secondaires sont alternes, parfois opposées, les nervures de la paire inférieure sont toujours plus grêles que les autres, souvent très ascendantes, se terminant quelquefois après un bref parcours, et reliées en camptodromie par leurs nervures tertiaires; les autres nervures décrivent de faibles courbes en montant, elles sont camptodromes chez toutes les feuilles entières et chez beaucoup de feuilles à petites dents, dans ce dernier cas les dents reçoivent leurs faisceaux de la camptodromie. Telle est l'allure de la nervation chez la plupart des espèces. Mais chez d’autres qui forment la minorité comme V. Lantana, V. dentatum, les nervures secondaires et tertiaires sont craspédodromes. Les nervures anastomotiques se comportent dans ce groupe comme dans le précédent, le réseau formé par les dernières ramifications présente des mailles tantôt assez grandes, parfois très étroites.
Mentionnons le Viburnum obovatum de l'Amérique du Nord, rappelant par ses feuilles la forme des fossiles qu’ UNGER a désignés sous le nom de Bumelia minor. La nervation, lorsqu'elle est conservée, permet cependant de distinguer les deux formes de feuilles, car les nervures secondaires sont moins nombreuses, cinq ou six, chez Viburnum. Remarquons en outre que la taille des feuilles est très variable dans cette espèce.
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er
Fig. 401.
1 Viburnum Whymperi Heer. Tertiaire du Groënland, 2 Viburnum Pseudotinus Sap. et Mar. Pliocène de Meximieux. 3 V. Newberryanum Lester Ward. Groupe de Laramie. Kraker Box Creek, Montana. 4, 5 V. trilobatum Ileer, feuilles; 5 noyau, du miocène supérieur d’'Œningen. 6 V. Tinus L., feuille. 7 8 Noyau, le même grossi. 9 V. Lantana L. noyau, 10 le même grossi. 11 V. Opulus L., noyau. (Fig. 6-11 d'après nature, les autres reprod. d’après Heer, Lester Ward, Saporta.)
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On sait que chez les espèces de Viburnum du groupe Opulus les fleurs marginales de l’inflorescence en cyme sont stériles et présentent d'ordinaire cinq, parfois quatre grands segments à la corolle tubuleuse. A propos de la discussion du genre Porana, j'ai fait remarquer que les fossiles rapportés par M. d’Errines- HAUSEN au genre Hydrangea peuvent appartenir au genre Viburnum. Il en est de même des espèces de Getonia du Tertiaire de Schossnitz, distinguées par Gæp»PrEerTt, et du Porana œningensis Weber du Tertiaire de Bonn. La nervation du calice n’est pas la même chez Porana que chez Viburnum, dans ce dernier genre, les nervures sont palmées avec nombreuses ramifications secondaires.
Les espèces fossiles basées sur des feuilles sont moins nombreuses pour l'Europe que pour l'Amérique du Nord; il en est de même à l’époque actuelle pour les espèces vivantes. Des fossiles de ce genre sont signalés à Œningen, à Schichow en Bohême, dans le Pliocène de Vacquières, à Meximieux, dans l’oligocène supérieur de Manosque, l'Eocène inférieur de Sézanne et de Gélinden. Il existe une grande lacune entre ces régions et celles du Spitzberg et Sachalin où on à reconnu le genre: cette dernière station prouve l'existence du genre dans l'Asie orientale à l’époque tertiaire.
On a signalé dans la Craie supérieure de Westphalie, à Senden, Viburnum subrepandum Hos. u. v. d. Mark, feuille fossile douteuse dont le sommet fait défaut. Je ne puis me convaincre que cette feuille soit voisine des espèces fossiles ou actuelles rapportées à ce genre; je la rangerai dans la catégorie des feuilles douteuses, car la nervation ne présente rien qui rappelle le genre Viburnum. Heer a décrit dans le Crétacé du Groënland, couches de Patoot, les V. zizyphoïdes, V. multinerve, V. attenuatum; tout récemment M. de Saporra a signalé dans le Crétacé de l'Amérique du Nord (Dakotah) le V. Snowianum (fig. 4025). Les fossiles de l'Amérique du Nord, décrits par NEWBERRY, LeEs- QUEREUX et LESTER War», sont nombreux; M. LEsTEr Warp a décrit dans le groupe de Laramie: V. éiliæoïdes (Tilia antiqua Newb,) feuille à laquelle il réunit un noyau de fruit (fig. 40212), VW. perfectum, macrodontum, limpidum, erectum, oppositinerve, elongatum, provenant toutes de Clear Creek, Montana, V. Newberryanum de Craker Box Creek, Montana (fig. 4023), V. perplexum, V. betulæfolium de Burns Ranch, Montana, V. finale des Iron Bluffs, Montana. LESQUEREUX à décrit dans le groupe de Greenriver un nombre non moins grand d'espèces: V. dakotense, V. Dentoni des Mauvaises Terres du Dakotah, V. platanoîdes, V. dichotonum des Black Buttes, Wyoming, localité qui a aussi fourni V. rotundifolium, espèce trouvée encore à Forest of Rocks; VW. emarginatum, Lakesii, anceps, solitarium, Goldianum connues par des feuilles et des noyaux, de Golden, Colorado. NewBerry a décrit V. lanceolatum et asperum dans le Tertiaire du Fort Union; cette dernière espèce a été signalée ensuite par M. LESTER F. Warp dans le groupe de Laramie, puis dans le miocène des Mauvaises Terres, Dakotah, par LEesqueREux. A ces espèces s'ajoutent encore les deux formes, déjà mentionnées autérieurement: V. Whymperi (fig. 4011) et V. Nordenskioldi (fig. 4023),
Comparée au grand nombre des formes américaines, la série des espèces du Tertiaire d'Europe est bien moins riche. Le genre apparaît dans l’Eocène
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inférieur de Sézanne avec Ÿ. giganteum Sap., et de Gélinden avec V. vitifolium Sap. et Mar.; deux espèces ont été découvertes dans le Miocène inférieur:
atlanticum Ettingsh. (Schichow) et V. Goreti Sap. (Céreste près Manosque); une
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