‹ Traité de paléontologieChapitre 164 sur 183 · REV · texte numérisé non relu

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des ferments, c’est pourquoi après la mort des filaments du mycélium on voit dans les parois des trous et des canaux.

M. Conwexrz a observé un de ces intéressants mycéliums dans un bois fossile

de racine, le Rhizocupressinoxylon uniradiatum Conw. provenant de Karlsdorf!.

Le mycélium portait des boucles et des renflements vésiculeux comme on en a observé chez l’Agaricus melleus. L'action du champignon ne se borne pas à cette destruction, mais produit d’autres altérations comme la dissociation des tissus partiellement ou entièrement détruits, et une sécrétion excessivement abondante

de résine; on peut d’ailleurs consulter à ce sujet les travaux de R. HarriG sur

‘la décomposition des bois et les maladies des arbres. Le succin peut avoir été.

produit sous cette influence.

Lorsque nous parcourons actuellement d'anciennes forêts ou les régions boisées moins accessibles des Alpes, nous voyons sur les souches non défrichées des graines de plantes de la forêt ou d’autres espèces germer sur les troncs ou souches pourries et les jeunes plantes enfoncent dans le bois leurs racines qui s’y accroissent; les mêmes phénomènes se rencontrent dans les bois fossiles. Les conditions favorables à la réalisation de ces accidents étaient plus fréquemment réalisées aux époques géologiques que de nos jours et ces phénomènes comme la destruction des tissus par les champignons se produisaient de la même façon qu'aujourd'hui: c’est grâce à leur action chimique que les racines peuvent pénétrer dans les tissus, mais à cette action s'ajoute l'effet mécanique de la pression. Des bois ainsi attaqués ont été d’abord décrits par CorpA, puis par M. Coxwenrz? chez le Rhizocupressinoxylon uniradiatum de Karlsdorf, et plus tard par M. Fezix chez des bois provenant d’Oldenbourg. J'ai pu étudier quelques exemplaires des bois des deux derniers gisements. M. ConwenTz a trouvé dans les bois de Karlsdorf des racines semblables à celles des Cyprès, d’autres semblables à celles des Aulnes (Rhizoalnoxylon Conwentz), puis d’autres enfin indéterminées; les deux premières catégories avaient la structure particulière aux racines des Cupressinées d’une part, et des Alnus d'autre part. M. Feux * désigne les racines envahissantes sous le nom de ÆRhizonium Corda. Dans un Cupressoxylon de la Collection de Dresde, qui est un bois de lignite provenant du Diluvium d’Oldenbourg, il a trouvé des racines de Fougères, de Conifères, de Monocotylédones et de Dicotylédones enfermées dans une cavité produite par la putréfaction. Parmi ces racines deux appartienent à des Monocotylédones, l’une rappelle par sa structure les racines adventives des Smilax, l’autre est voisine des racines de Typha, il les appelle X. smilaciforme et À. typhæoïdes. On trouve d’ailleurs aussi des exemplaires ou des parties de ces bois fossiles, dans lesquels les racines elles-mêmes n'existent plus, il ne reste plus que les cavités où elles se trouvaient.

‘On trouve également parmi les bois fossiles des exemplaires présentant des galeries creusées par des larves d'insectes ou par des tarets, mais les bois de

1 CoNwENTZ, Foss. Hôlzer von Karlsdorf am Zobten, p. 27 Taf. V Fig. 17. Danzig

4 Loc, cit.

3 Untersuchungen über fossile Hülzer, I, 1888.

la première catégorie sont rares, du moins je n’en ai pas vu souvent. Il s’agit presque toujours de canaux creusés par des larves vivant dans les bois. Kolbe, après avoir exposé la bibliographie de la question signale l'existence de galeries creusées par des Insectes dans un lignite de la Lusace inférieure et dans un bois du Sénonien provenant de Sahel Alma dans le Liban.

J'ajouterai deux remarques au sujet des prétendues variétés qui sont distinguées chez les bois fossiles. La plupart de ces variations résultent de changements dans les conditions de fossilisation, il en existe des exemples qui peuvent causer des erreurs dans les nombreux exemplaires d’Araucarioxylon du Diluvium de la Saxe. Ces phénomènes se retrouvent d’ailleurs chez d’autres groupes, mais ils peuvent être plus rares. Des fossiles avec la trace des branches ou même avec les branches sont également communs. Je ne connais pas parmi les bois, de variétés, dans le sens que l’on donne à ce mot dans la systématique, et je doute même qu'il en existe; de plus je ne sais vraiment comment on pourrait les établir, car elles ne peuvent être basées que sur la structure d’une part et sur le développement des articles successifs des axes. Dans ces deux cas nous ne pourrions parler de variétés que si les connexions de ces fossiles nous étaient connues. Il va sans dire que les colorations des bois ne peuvent servir pour établir des variétés. Ces colorations dépendent généralement de la nature de la minéralisation, et sont souvent produites par des métaux ou encore par des substances organiques.

Les recouvrements, les madrures, les torsions, et en général les particularités que l’on observe chez les bois actuels se trouvent aussi chez les fossiles et des

cas semblables ont été signalés par GæœPpErT?. On trouve des exemples de ces

anomalies dans toutes les grandes collections, mais on y fait peu attention en général et ce que nous venons d’en dire pourrait être répété à propos des bois des Dicotylédonées.

ANGIOSPERMÆ.

Les tiges fossiles des monocotylédones ne sont pas précisément communes, bien qu'elle ne soient pas rares; nous en connaissons dans toutes les parties du monde, par exemple dans le diluvium d'Europe, du Brésil, des Indes orientales et occidentales. On s'explique que le nombre de ces tiges fossiles soit inférieur à celui des Gymnospermes, parce que d’abord le nombre des fossiles de ce groupe est moins important, et que les tiges sont moins richement pourvues d'éléments mécaniques, le parenchyme prédomine de sorte que l’union des divers faisceaux ligneux entre eux présente moins de solidité. Les fossiles de ce groupe que j'ai vus jusqu'à présent se rattachent étroitement par leur structure aux Palmiers actuels. Je n'ai pas vu de tiges fossiles qui puissent être rapportées en raison de leur structure à une autre famille de Monocotylédonées.

Les tiges des Monocotylédonées se distinguent facilement des troncs plus solides des Gymnospermes et des Dicotylédones par leurs faisceaux ligneux isolés dans

1 Zeitschrift der deutschen geol. Gesellschaft, 1882.

? Zur Morphologie und Pathologie fossiler Stämme. Cassel 1881.

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