AD TD
CHARACÉES 49
L'espèce que Hxer a appelée G. comosa (fig. 39), caractérise le jurassique brun inférieur. D’après le même auteur une espèce tout-à-fait semblable se trouve dans la molasse marine.
Cette forme a aussi donné lieu à diverses interprétations: tantôt on y a vu des empreintes de corps d’Annélides, tantôt des tracés iaissés par leur passage; on les a pris aussi pour des cordons d'œufs de Mollusques, et pour des traces d’Ophiures.
Spirochorda Sch. Fronde de 1% de large, décrivant des sinuosités etreprésentant des cornets courts, denticulés sur les bords, en réalité formée, comme l’admetLupwiG, d’une
fronde rubanée qui s’enroule en spirale serrée autour d’un 1 Gyrochordae comosa Heer. 2 G. ramosa H. 3 G. vermicularis H. de l’oolithe inférieure.
axe très grêle, à peu près comme dans le genre Spirophyton, avec cette différence que chez ce dernier, la fronde s’élargit progressivement à mesure que la spirale se développe.
Ce fossile n’est connu jusqu'ici que dans les schistes à Cypridines de Thuringe: il à été décrit et figuré par LupwiG sous le nom de Dictyota spiralis.
1* sous-groupe: DIPLOCHORDÉES (Doppelschnuralgen).
Fronde formée de deux cylindres un peu aplatis, présentant sur le côté une carène plus ow moins nette, traversée par un large sillon médian; surface recouverte de bourrelets obliques partant du milieu à droite et à gauche, ou de plis nettement marqués.
On peut distinguer deux formes principales dans ces fossiles très problématiques qui appartiennent pour nous, à la flore marine; nous les distinguerons par les noms de Crossochorda Sch. et Cruziana d'Orb., bien que, très vraisemblablement, ils ne forment qu’un seul genre.
Crossochorda Sch. Rubans très longs gisant souvent en amas les uns sur les autres, larges d'environ 1°", traversés d'ordinaire par un sillon longitudinal, avec des plis obliques profonds et serrés, dirigés en avant, qui simulent presque des folioles imbriquées et qui, par leur saillie latérale, forment une sorte de frange que l’on a considérée comme les pieds d’une Annélide.
Crossopodia scotica Mac-Coy (fig. 40). Descript. of the British Palæozoic Fossils ; Murcxison Siluria 3 ed., p. 221; Harz: Trails of Annelide, Natur. hist. of New- York II pl. 13, f. 1, Crossopodia Henrici Guin., ,Die organischen Überreste im Dachschiefer von Wurzbach.“
Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie, t. II, À
50 TALLOPHYTES. ALGUES
Depuis le silurien inférieur jusqu'au silurien supérieur, parfois en grandes masses, en Europe et dans l'Amérique du Nord.
Il est à remarquer que les dessins de ce fossile, dont il existe peut-être plusieurs espèces, sont tous inexacts en ce qu'ils représentent la saillie latérale des plis comme des filaments.
Cruziana d'Orb. (Voy. d. l’Amér. mérid. IT). Corps très long, large de 5-10°", formé d’un cylindre déprimé, ou plus souvent de deux cylindres un peu aplatis latéralement et donnant en coupe transverse la figure ; les bourrelets ou plis, dirigés en avant, sont assez irréguliers, arqués, parfois confondus, il existe un sillon médian; ça et là ils montrent des cicatrices qui marquent des branches ou peut-être l'insertion de frondes.
Bilobites Dekay (Ann. of New-York
Crossochorda scotica (?) Sch. Silurien in- 1824). Frauena M. ROUAULT, Bull. de la férieur de Bagnoles. 12 gr. nat. Soc. géol. de France, 2° série VII (1849-50).
Ces restes d’Algues géantes se rencontrent souvent en grandes masses dans les grès du silurien inférieur (quarzites) de régions très éloignées les unes des autres; Dexay les à observés en différents points de l'Amérique du Nord, D'ORBIGNY au Venezuela, CAzIANo DE PrApo dans la Sierra Morena et la Sierra Guadarrama, en Espagne, B.-A. Gomes à Porto et dans l’Algarve en Portugal, Marre RouauzT, en Bretagne, Morrère dans le quarzite du silurien inférieur de Bagnoles (Orne). |
On trouve partout avec la forme Cruziana, dont divers auteurs ont décrit toute une série d'espèces (indépendantes ?), des empreintes flabelliformes, plissées longitudinalement, qui traversent perpendiculairement la roche, et qui sont manifestement soudés entre elles. (Vexillum M. Rouault, plusieurs? espèces); on trouve souvent aussi des fossiles longs de plus de 1", de forme cylindrique et qui traversent aussi perpendiculairement les couches (Tigillites M. Rouault). On ne saurait dire encore quels rapports ont ces formations avec les Cruziana. Le Dœdalus de Rouault qui se rencontre dans les mêmes couches, pourrait bien appartenir à ’Alectorurus (Fucoides, His.) circinnatus, grande espèce norvégienne.
4 groupe: ARTHROPHYCÉES (Gliederalgen).
Fronde simple ou se divisant peu sous un angle aigu, plus ou moins longue, cylindrique, formée d'articles courts, souvent renflée en massue au sommet, avec ou sans sillon longitudinal.
Ce groupe appartient certainement aux Algues, mais sa position systématique ne saurait être fixée. Il renferme des fossiles qui répondent aux
CHARACÉES 91
caractères extérieurs que nous venons de donner, mais il est impossible de dire si les deux genres qui le forment ont entre-eux d'autres liens de parenté.
Arthrophyeus Hall. Fronde très longue, présentant d'ordinaire un sillon longitudinal, terminée parfois par un faisceau de branches serrées; branches émoussées ou renflées en massue. (Fructification ?)
La forme typique de ce genre À. Harlani Hall (Harlania Hallii Gôüpp.) (fig. 41) se trouve souvent en abondance dans les grès de Medina (silurien supérieur), dans l'Amérique du Nord, distribuée de telle façon que chacune des nombreuses couches minces qui se succèdent, en contient toujours en aussi grande quantité; elle forme parfois des amas, ce qui semble indiquer une formation de rivage à laquelle chaque marée apportait de nouvelles masses d'Algues, comme nous pouvons d’ailleurs le voir aujourd’hui pour les Algues actuelles.
Une deuxième espèce, plus petite de moitié, formée d'articles NN | courts (A. siluricus Sch.) se NN | Le }) IT trouve dans les couches siluri- | bu ennes les plus inférieures; j'en possède des échantillons prove- FR nant de Sardaigne cette plante, Arthrophycus Harlani Hall. Lee supérieur de forme des âmas dans les schistes l'Amérique du Nord. verts micacés, comme l'espèce précédente dans les grès de Médina.
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Tænidium Heer. Simple, vermiforme, arqué, ou dichotome; branches droites, cylindriques ou un peu renflées en massue, sans sillon longitudinal; articulations resserrées ou faisant une saillie circulaire; l’intérieur vraisemblablement creux et divisé par des cloisons transversales comme dans le genre actuel Chorda. Hger décrit trois espèces jurassiques, dont l’une apparaît déjà dans le Lias inférieur; une espèce du Flysch (T. Fischeri) est plus épaisse et se caractérise par sa ramification dichotome.
J'ai observé autour des anneaux, sur une espèce qui provient également du Flysch (Fucoides helveticus Brunner Mn.), des bourrelets formés de granules petits, plats, brillants — sont-ce des excroissances cellulaires ou des organes de fructification ? (fig. 42).
52 THALLOPHYTES. ALGUES
5° groupe: RHYZOPHYCÉES.
Fronde cylindrique ou portant 4 angles mousses, simple ou bifurquée, sillonnée en travers, avec un sillon longitudinal (dû à l’affaissement du corps creux?) épaissi en massue vers le haut, ou sous forme de deux corps ovales, irrégulièrement sillonnés, soudés selon leur longueur et fixés sur un pédicule dont l'insertion se trouve sur leur commissure longitudinale. Ces corps semblent avoir été solides et forment de fortes proëminences sur la roche. Le groupe n’est formé jusqu'ici que d'un seul genre:
Rhysophycus Hall, dont les 3 espèces connues (Ah. clavatus, angustatus et bilobus Hall) se trouvent souvent en grand nombre dans les couches de Clinton (Amérique du Nord).
Fig. 42. Pin 1 Taenidium serpentinum H. 2 T. helveticum Sch. I faut rappoi ter aussi ici le Bytho- 3 T. Fischeri H. trephis palmata de Harx.
6° groupe: ALECTORURIDÉES.
Plantes quelquefois très grandes, dont la fronde se détache d'un pédicule plus ou moins long, cylindrique, pourvues de côtes nettes, décrivant de grands arcs et qui parfois s’anastomosent en réseau. La fronde a tantôt la forme d’une queue de cog, tantôt celle d'un sac fermé, tantôt elle forme une large lame qui contourne l'axe en spirale.
Ce type d’Algue maintenant complètement éteint, apparaît dès les premiers dépôts siluriens et traverse toutes les époques jusqu’au tertiaire moyen, après lequel il disparaît. Dans la flore algologique actuelle, aucune forme, même les Agarum ou les Thalassophyllum, enroulés en spirale, ne se rapproche assez de ce fossile pour que l’on en puisse déduire une parenté ; il faut donc laisser dans le doute sa position systématique.
Alectorurus Sch. Fronde arquée én faux, munie de côtes secondaires affectées de la même courbure, dichotomes, ne présentant pas d’anastomoses et qui naissent d'une nervure principale latérale. ;
L'espèce décrite d’abord par HisinGer (Leth. Suecica suppl. II) sous le nom de Fucoides circinnatus paraît être le premier représentant en Europe de ce remarquable type d’Algue. Elle se montre déjà dans les couches les plus in férieures du silurien de Suède, d'Allemagne et de France (Dædalus Rouault ?). Une espèce tout-à-fait semblable, mais de dimensions beaucoup inférieures, est abondante dans les schistes bleus inférieurs de Cincinnati. Comme cette forme
CHARACÉÈES 53
n’a pas été décrite, à ma connaissance, je l'appelle provisoirement À. cincinnaticus (fig. 43).
Spirophyton Hall. Fronde mince, large, plissée en travers, ou aux nervures arquées, s’enroulant en courte spirale autour d’un axe mince, et devenant plus large à mesure qui la spirale s'élève.
L’enroulement spiral de la fronde rappelle celui du Thalassophyllum clathrus des mers du Sud.
Le type du genre est le Sp. cauda-galli Vanux. qui, dans l'Amérique du Nord, (New-York, Ohio et Pennsylvanie) remplit parfois entièrement les couches dévoniennes inférieures auxquelles, pour cette raison, on à donné le nom de couches à Cauda-galli. D'autres espèces comme les Sp. typus, velum, crassum Hall, sont caractéristiques pour les groupes de Chemung et de Hamilton. Les plis ou côtes falquées sont d’ordinaires seuls visibles sur les empreintes, et c’est de là, que vient la comparaison avec la queue des coqs.
Physophyeus Sch. Fronde s’élevant d’un rhizome rampant, tubuleuse ou vésiculeuse, entourée d’une nervure épaisse d’où descendent des nervures secondaires, arquées, irrégulières — il est possible que cet aspect soit dû à des plis déterminés par la compression.
Cette forme, découverte par LesquerEux à la limite des formations’ carbonifère et dévonienne (Chemungs-group) de Pennsylvanie, fût décrite et figurée sous le nom de Caulerpites ; elle se distingue du genre Taonurus par l’épais bourrelet qui entoure sa partie vésicu- Jlaire (?) et par ses nervures irrégulières.
Taonurus Fisch.-Ost. Partie vésiculaire (?) ou fronde (?) contournée en spirale, munie d’un fort pédicule d’où partent, dans toutes les directions, des côtes arquées et ramifiées.
Il est à peine possible de reconstituer la forme primitive de ces grandes plantes, avec les empreintes que l’on en possède, empreintes qui ne montrent qu’une portion du végétal fortement comprimée. Hexr dit à leur sujet: »Nous devons imaginer, que cette plante en forme de corne ou de sac, est comme tordue, autour d’un point médian profondément creusé.«
Fig. 43, Alectorurus cincinnaticus Sch. Silurien inférieur de Cincinnati.
b4 THALLOPHYTES. ALGUES
Le 7, flabelliformis K.-0. montre ses empreintes dans les schistes arénacés du Flysch de Suisse, où il est très commun sous l’aspect de coups de balais.
Il faut rapporter ici le genre Zoophycus Massal. avec les espèces Z Ville et PBrianteus.
Cancellophyeus Sap. Fronde partant d’un pédicule épais, cylindrique, vésiculeuse (?), arrondie ou de forme très irrégulière, sinuée. Côtes larges à la base, très ramifiées, à divisions décrivant de grands arcs concentriques, anastomosées par des ramules en un réseau tantôt large, tantôt étroit, dont les mailles étaient vraisemblablement perforées, (en partie du moins).
Cancellophycus scoparius Thioll. de l'oolithe inférienr (Bajocien) des Rocs-des-Fares (Vaud).
Il est extrêmement difficile, sinon impossible, de se faire une idée exacte de la forme primitive de cette remarquable production, dont les empreintes recouvrent souvent les roches en innombrable quantité. Elle était vésiculeuse, d’après la description et les figures de Hrer; d’après SarorrA, elle était formée par une fronde plus ou moins régulièrement arrondie, ou encore de forme irrégulière, avec des lobes arrondis, fermée en cornet vers le point d'insertion du pédicule
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et enroulée en spirale. Les nombreuses empreintes que j'ai pu observer, semblent appuyer tantôt l'opinion de H£er, tantôt celle de SAPOoRTA.
Tæiozzière fut le premier qui étudia d’un peu près cette forme fossile; il décrivit l’espèce caractéristique de l’oolithe inférieure, le Chondrites scoparius (Bull. soc. géol. 2° série XV et XVIII); plus tard, Fiscer-Osrer, HER et de SaporrA firent connaître plusieurs espèces nouvelles; C. liasicus F.-0., C. procerus Heer, avec des mailles en forme de losange comme le type Taonurus, C. Marioni, reticularis 2t Garnieri Sap. avec des mailles allongées, irrégulières. Le C. iasinus F.-0. est particulier au Lias supérieur (schistes à Posidonomies) et se trouve, par ex., en Alsace, en plusieurs points de la Suisse, à Mende (Lozère) où M. TERQUEM a trouvé un complexe de couches puissant de 40 m. dont chacune est recouverte d'empreintes.
Les autres espèces se trouvent dans le Bajocien et l’Oolithe moyenne ; le C. Marioni jusque dans l’Oxfordelay. Les C. scoparius et procerus ont une aire de répartition extrêmement étendue; ils se montrent d'ordinaire en grande quantité par toute l’oolithe inférieure et moyenne de Lorraine et de Suisse, jusqu'à Lyon et par tout le sud de la France. Une localité célèbre en Suisse est celle des Rocsdes-Fares (vallée de la Gryonne), entre Villard et Gryon (Vaud), où on les trouve dans le bajocien, avec Ammonites Parkinsoni et Belemnites giganteus, sous forme d’exemplaires grands de 1 et de 2 pieds, qui montrent dans toutes les couches, leurs réseaux de couleur sombre.’
Une genre fossile très problématique, mais montrant une ressemblance assez grande avec le genre que nous venons de décrire est le:
Lophoctenium Richt. (Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. IT; GEINITZ, Organ. Ueberr. im Dachschiefer von Wurzbach.) Fronde pétiolée irrégulièrement arrondie, entourée d’un bourrelet cylindrique, avec des côtes fortes, arquées en faux, équidistantes et des nervures transversales, parallèles, qui les relient entre elles.
La nervation montre une grande ressemblance avec celle du Taonurus procerus Heer (flor. foss. helvét. pl. XLVIII, fig. 3-5).
L. comosum Richt., identique avec Bythotrephis radiata Ludw., pays de Saalfeld, dans les couches de Sinn qui, d’après GümBez, appartiennent au Culm.
L. Hartungii Gein., du silurien, appartient à la même série. GeInirZ y voit un Sertularia gigantesque ou un Graptolite, par ce qu'il considère les côtes comme des rameaux indépendants, nés d’une tige rampante et les nervures transversales comme des loges. L’exemplaire original de Lunwié, que j'ai sous les yeux, n’admet pas cette interprétation, au moins pour ce qui concerne les fossiles de Thuringe.
7° groupe: (YLINDRITÉES.
Ce groupe renferme provisoirement des fossiles rapportés en général aux Algues et qui présentent d'ordinaire un corps plus ou moins régulièrement cylindrique, simple ou peu ramifié, droit, sinueux ou tourné en spirale plane, épais de 2 à 2°.
1 MassaLzoNGo, Nov. gen. plantar, foss. (Zoophycus). Veron. 1855. — FIsCHER-OSTER, Protozoë helvet. — HE&ER, fl. foss. helvet. — DE Saporra, Paléont. franç. Végétaux, terr. jurass.
56 THALLOPHYTES. ALGUES
Ces productions semblent avoir été de consistance solide, creuses ou remplies d’un tissu lâche à l’intérieur. Leur forme n'est pas toujours régulière, elles sont rétrécies ou renflées par place; la surface est lisse ou grenue, parfois irrégulièrement plissée en travers ou finement crevassée.
Comme les Cylindritées connues jusqu'ici ne sont que des fragments d’Algues vraisemblablement très grandes, nous ne pouvons avoir l’idée de l’aspect qu'ont présenté les plantes dont elles proviennent. Les unes peuvent avoir été la tige d'espèces gigantesques, comme nous en voyons encore chez les genres actuels Hafgygia, Durvillea, Macrocystis, mais les autres peuvent provenir de types particuliers à grosses branches rappelant les polypiers par leur port, types disparus de la flore actuelle. En tout cas elles ne peuvent avoir appartenu à une seule famille et encore moins
à un seul genre. Le genre suivant:
Cylindrites, établi par GüPpErT (Act. nat. Ccurios. XIX, 2), doit être considéré comme formé d'éléments plus ou moins hétérogènes.
Les limites de ses espèces sont aussi mal déterminées que les caractères génériques: la plupart d’entre elles ne sont fondées que sur les dimensions, or, on le sait, elles peuvent varier sur des fragments d'une même espèce et même d'un seul individu.
On rencontre déjà, dans les formations siluriennes anciennes, des fossiles ayant les caractères extérieurs de Cylindritées, comme le Palæophycus macrocystoides Gein., mais ils sont surtout fréquents dans le jurassique supérieur, comme p. ex. le C. Cartieri Heer, qui remplit souvent des bancs entiers de l’oxfordien. Il est souvent difficile de décider si les fossiles ressemblant aux Cylindritées, si nombreux ça et là dans le Quadersandstein, sout des plantes ou s'ils proviennent des éponges.
Les dernières Cylindritées se trouvent dans les formations nummulitiques et dans le Flysch. Nommons dans les premières le remarquable C. convolutus F.-0., épais de 8"" avec ses ellipses concentriques. Quelques formes plus petites du Flysch ont été aussi rapportées à ce genre, bien qu’elles se rapprochent beaucoup des Chondritées.
Hger (f. loss. helvét.) à fait connaître sous le nom de C. cæspilosus une production qui rappelle plutôt un Palæophycus qu'un Cylindrites: le pédoncule, de forme cylindrique, s'élargit à son extrémité supérieure pour se résoudre en un faisceau de branches nombreuses, longues, fusiformes, simples ou bifurquées. C'est un fossile fréquent dans le Muschelkalk, où il forme des bourrelets demi- - cylindriques et sinueux que l’on pourrait prendre pour des traces de Mollusques ou d’Annélides.
L'on doit aussi classer dans ce groupe les Münsteria caprina et bicornis Heer, qui ne sont certainement pas des Mänsteria, et pour lesquelles je propose le nom de:
Ceratophyeus Sch. Cylindre simple, épais de 1 à 2‘, plus ou moins nettement plissé en travers ou sillonné, arqué à la facon d’une corne, enroulé en spirale à l'extrémité chez le C. bicornis.
Les deux espèces connues semblent n'être pas rares dans le Flysch de Suisse.
CHARACÉES 57
S& groupe: PALÆOPHYCÉES.
Algues robustes, peu ramifiées, dont les divisions de la fronde sont arrondes où un peu aplaties, arrondies à la pointe ou longuement cunéiformes el mesurant de 5-20" en largeur.
Ces Algues se montrent déjà dans les couches siluriennes anciennes, parfois en grande quantité et recouvrant de grandes étendues. Elles donnent une physionomie caractéristique au silurien inférieur de certaines régions de l’Amérique du Nord. Sans analogues dans la flore actuelle.
Palæophyeus Hall. Fronde simple ou peu divisée, lisse ou parfois un peu ridée ou striée.
Hazz à fait connaître dans le silurien inférieur de l'Etat de New-York le P. tubularis, que Güpperr réunit aux Chondrites informis et acutangulus M'Coy du silurien inférieur de Bangor (pays de Galles), ainsi qu'aux Palæochorda major et minor M'Coy, provenant des mêmes couches dans le Cumberland et enfin aux P. rugosus et simplex du calcaire de Trenton. Il faut, en tout cas, rapporter ici le Pythotrephis palmata Hall, aux rameaux simples, en partie très longs, plus ou moins renflés.
Sphenothallus Hall. Cette forme est représentée par une tige cylindrique arrondie, portant à l'extrémité de nombreuses branches simples et cunéiformes, à base étroite.
Des schistes d'Utica.
9 groupe: OLDHAMIÉES.
Tige mince, régulièrement géniculée, portant immédiatement à la base, et alors disposées en rayonnant, ou sur les angles, et alors disposées en éventail, des appendices ramifiés, filiformes, plus ou moins nettement noueux ; plus longs et plusieurs fois divisés dans le premier cas, plus courts et peu dichotomisés dans le second.
Ces plantes, les plus anciennes de toutes les Algues connues, ont été découvertes en 1844 par OrnHam dans les schistes cambriens violets et verts de Bray-Head en Irlande; Forges les fit connaître sous le nom de
Oldhamia (Journal of the Geol. Soc. of Dublin, vol. IIT, p. 60 (1844) et vol. XVIII, p. 20 (1848) et il les considéra comme appartenant aux Zoophytes ou aux Bryozoaires.
Les nombreux exemplaires que j'ai pu observer ne m'ont présenté aucune trace d'ouverture aux petits renflements, ceux-ci manquent d’ailleurs par places et les appendices ne sont pas articulés. C’est la raison pour laquelle je pense, après KürziNG et LORS MS Park, Cars bien Gôrperr, que ces fossiles doivent être rapportés d'Irlande. 2 branche grossie.
Fig. 45.
58 THALLOPHYTES. ALGUES
aux Algues, mais comme nous ne connaissons jusque maintenant aucune forme vivante analogue, nous ne pouvons rien dire de leur position systématique. Ils sont sans äoute voisins de ces petites formes de Chondrites apparues dès les premières époques géologiques.
Les deux espèces d'OZdhamia connues jusqu'à ce jour ont vécu en société sur la vase marine; il semble, à la facon dont elles ont été recouvertes, que leurs générations se soient succédé à de courts intervalles et que leur développement était très rapide, elles tapissent en effet les plus minces lames du schiste.
Les Oldhamia (0. radiata et antiqua) (fig. 45) caractérisent les couches palèozoïques les plus anciennes (cambrien) et sont surtout fréquents en Irlande;
dans ces derniers temps l'O. radiata à été aussi observée sur le continent, p. ex. dans les Ardennes.
10° groupe: CHONDRITÉES.
Fronde formée de plusieurs couches de cellules, partagée en rameaux et ramules cylindriques ou un peu aplatis.
On peut réunir dans ce groupe toutes les Algues fossiles dont les caractères extérieurs rappellent les genres actuels Chondria, Furcellaria, Grigartina, Polyides etc. et qui possèdent, en particulier, une fronde dressée, divisée en branches arrondies plus ou moins nombreuses, dont la substance était vraisemblablement consistante, et de nature cartilagineuse ou gélatineuse. :
À l’exception du faciès, peu important, quand il s’agit de la disposition systématique des Algues, les formes fossiles réunies dans le groupe dont nous nous occupons, n’ont encore fourni aucun caractère qui permette de conclure avec quelque certitude, qu’elles appartiennent à la famille actuelle des Floridées; c’est dans ce groupe cependant que la plupart des auteurs et moi-même, les avons placées. Les renflements sphériques que l’on observe ça et là chez quelques-unes d’entre elles, peuvent, à la vérité, être considérés comme des tétraspores, mais, aussi longtemps que l’on n’aura pas démontré l'existence des spores dans ces sporanges présumés, on restera dans l'incertitude au sujet de leur nature. Il va de soir que l’on n’a pas encore trouvé trace dans les Chondritées, des deux sortes d'organes de reproduction sexuelle, caractéristiques des Floridées.
Les Chondritées se montrent déjà dans les plus anciennes couches siluriennes (Bythotrephis Hall); on les rencontre dans tous les terrains jusqu'aux premiers dépôts de l’âge tertiaire; elles se présentent souvent, pendant ces longs espaces de temps, avec des formes si semblables, que la distinction en est difficile. C’est au tertiaire qu’elles paraissént s’éteindre, du moins n'ont elles pas été observées jusqu'ici dans les formations tertiaires moyennes ni dans les formations supérieures. On pourrait peut-être conclure de ce fait que les Chondritées appartiennent à un type particulier, intermédiaire aux
CHARACÉES 59
Fucacées et aux Floridées, dont le summum de développement a eu lieu dans la période mésozoïque.
Je partage les Chondritées en trois groupes qui correspondent à trois époques principales: Palæochondritées, Mésochondritées et Néochondritées. Le Groupe des Palæochondritées contient les genres suivants:
Bythotrephis Hall ex p. Fronde dichotomisée un plus ou moins grand nombre de fois, pennée irrégulièrement ou en partie, branches de volume presque uniforme, minces ou épaisses, cylindriques, ou épaissies à l'extrémité, mousses ou pointues, généralement un peu arquées. La plante mesure de 2 à 40‘°* de hauteur.
La plus ancienne espèce connue est le Bythotrephis antiquata Hall du silurien inférieur (fig. 46). Les divisions principales de la fronde ont environ 3 "" d'épaisseur; branches nombreuses, partant d’une base étroite pour s’épaissir progressivement et légèrement acuminées à l'extrémité. #
Le B. gracilis Hall (fig. 47) est une belle espèce du calcaire de Trenton, haute d’un pied, ramifiée, aux divisions
Fig. 46. Fig. 47.
Bythotrephis antiquata Hall. Silurien in- Bythotrephis gracilis Hall. Deux formes exférieur de l'Amérique du Nord. trêmes. Calcaire de Trenton.
fusiformes ou en massue. HALL y rapporte plusieurs formes du groupe de Clinton qui appartiennent certainement à d’autres espèces.
Chondrites fruticulosus Gôpp., formation silurienne de Bohême; appartient aux formes les plus petites et les plus élégantes; rappelle les petites formes du Chondrites Targionii du Flysch.
Chondrites antiquus Gôüpp. n’est pas identique au Ch. antiquus His., du silurien de Norwége qui pourrait appartenir au PB, antiquata Hall.’
1 Voyez, pour les Palæochondritées: Hazr, Natur. histor, of New- York (Palæontology). — Gürrerr, Die foss. Flora des sog. Übergangsgeb. — ErcHwarr, Lethæa rossica. — Gærinrrz, Die organischen Überreste im Dachschiefer von Wurzbach. —- R. Lunwic, Fosse Pflanzenreste aus der palæolith. Formation v. Dillenburg.
60 THALLOPHYTES. ALGUES
11° groupe: MÉSOCHONDRITÉES.
Les Chondritées, si fréquentes dans les formations palæolithiques anciennes, semblent s’éteindre avec le dévonien, du moins n’a t'on pas encore retrouvé jusqu'ici leurs traces nettes, ni dans les formations carbonifères marines, ni dans les couches permiennes; elles semblent aussi être devenues très rares dans Jes premiers temps de l’époque mésolithique et c’est seulement dans le Muschelkalk, que l’on retrouve des traces d’Algues qui rappellent ce type de quelque façon; ces fossiles sont cependant si peu nets que l’on n’a pu jusqu'ici en donner une diagnose exacte. HEER a décrit et figuré dans sa Flora fossilis Helvetiæ, sous le nom de Chondrites prodromus, une fort petite Algue qui, par les dimensions et le port ressemble au Ch. Targionii; elle appartient au Keuper. J’ai aussi observé une forme voisine dans le Muschelkalk.
A l'inverse du trias, le jurassique dans ses parties moyenne et supérieure principalement, est riche en Hydrophytes, dont la plupart semblent appartenir au groupe des Chondritées. Elles se rattachent du moins par leurs. caractères extérieurs, au type des Chondritées de l’époque primaire, avec cette différence, toutefois, que les formes sont plus nombreuses et en partie plus nettement caractérisées. On a pu ainsi arriver dans une certaine limite, à une détermination spécifique plus précise. Il faut dire cependant, que beaucoup de ces végétaux, semblables en cela à ceux de l’âge précédent, présentent des contours vagues et que le passage des uns aux autres semble si évident, que les limites des espèces sont alors extrêmement difficiles, ou même impossible à déterminer.
Les productions sphériques, réunies parfois en chapelet, découvertes récemment sur quelques espèces jurassiques, peuvent sans doute être comparées aux organes de reproduction (sporothèques) de diverses Floridées (Gigartina, Sphærococcus, Corallina); mais l’on n’a pu jusqu'ici rien démontrer à ce sujet, la nature de ce que ces corps ont enfermé étant encore inconnue.
Les Chondritées du Lias inférieur (Ch. liasinus Heer, diniensis et pusillus Sap.) se caractérisent, entre les autres espèces jurassiques par leur remarquable petitesse; les segments de leur fronde ont à peine 12 - ‘4 "" d'épaisseur et la hauteur de toute la plante semble n'avoir pas dépassé 2 à 3m
Le Ch. bollensis Ziet. est aussi caractéristique que le Phymatoderma liasinum Sct. pour le Lias. supérieur. Cette gracieuse plante, d'aspect buissonnant, qui atteint parfois la hauteur d’un pied, se distingue par ses rameaux épais de 1 à 2", cylindriques ou légèrement épaissis au sommet, mousses, parfois pennés; elle recouvre, en colonies souvent innombrables, ou traverse dans tous les sens, les schistes à Posidonies du
CHARACÉES
(ep
Lias. Comme la substance végétale est souvent remplacée par une terre fine et blanche, la figure ressort admirablement sur la roche sombre. La
plante est souvent remplacée dans les grès liasiques supérieurs par une substance ocreuse qui se détruit facilement et laisse en creux une empreinte cylindrique.
On trouve dans les mêmes grès liasiques (foarcien), en certaines localités, comme p.
ex. à Metz et à Thionville, à côté de l’espèce dont nous venons de parler, une autre ‘forme très remarquable, le Ch. flabellaris Sap. (fig. 49) qui s’en distingue facilement par ses frondes aux pennes courtes, serrées, soudées par leur base ou jusqu’à mi-longueur, au sommet de la fronde; celle-ci est simple, ou ne présente que de rares appendices à la base. Ces divisions digitées ou flabelliformes se répètent
15) Fig. 48.
Chondrites bollensis Ziet. Des schistes liasiques supérieurs de Boll (Wurtemberg).
plusieurs fois sur le même rameau principal, de façon à ce que une branche digitée et élargie se développe toujours d’une pennule latérale (fig. 50).
On trouve aussi dans cette formation le Ch. moniliformis Sap. qui porte des sporothèques (?) arrondis, isolés ou en chapelet, à l’extrémité de ses divisions.
Ch. Garnieri Sap. du jurassique brun ; ressemble au Ch. bollensis dont il se distingue par ses divisions raides et plus étendues, non renflées à l'extrémité.
Chondrites hechingensis Quenst.
(fig. 50); c’est encore une espèce très semblable au Ch. bollensis, mais ses rameaux sont moins
Fig. 49.
Chondrites flabellaris Sap. Grès liasique supérieur. Metz,
62 THALLOPHYTES. ALGUES
régulièrement cylindriques, souvent resserrés par places, les divisions sont ou pointues ou épaissies en massue, les plus courtes portant souvent un sporothèque (?) sphérique.
Cette Algue, caractéristique du jurassique blanc inférieur, traverse la es dans toutes les directions, de telle sorte que celle-ci en paraît tissée, HeEr est parti de là pour émettre l’idée que cette algue était solide, et recouverte vraisemblablement d’une croûte calcaire, comme les Nullipores; aussi en parle-{'il dans ses ouvrages sous le nom de ARTE