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Fig. 50.
Chondrites hechingensis Quenst. Oxfordien de Suisse.
Une espèce très intéressante, caractéristique du Néocomien est le:
Chondrites eximius Sap. Tige principale présentant un petit nombre de bifurcations, mince, cylindrique, rameaux serrés disposés comme les barbes d’une plume, étroits à la base et devenant brusquement plus épais que la tige principale, pointus, rétrécis par place, les plus longs presque moniliformes.
On ne connaît jusqu'ici, dans le crétacé supérieur, que peu de formes trèssemblables au Ch. Targionii.
12° groupe : NÉOCHONDRITÉES.
Algues très gréles, formant des arbuscules très ramifiés, ou, plus puissantes, et atteignant plus d'un pied de longueur, les divisions de la fronde ayant de 3 à 7? "” de large; celles-ci, cylindriques ou aplaties (2), arrondies au sommet. Les Néochondritées rappellent en quelque manière le genre Chondrus, mais elles n'en ont pas la régulière dichotomie, elles sont, au contraire, irrégulièrement disposées, ou distribuées, à la façon des barbes d'une plume. |
Les espèces suivantes sont caractéristiques de la formation éocène, particulièrement du Flysch:
1 Les renseignements les plus complets sur les Mésochondritées se trouvent dans de SAPORTA, Végétaux du terrain jurassique, Paléontologie française 1873.
CHARACÉES 63
Chondrites Targionii Brngt. (fig. 51). Fronde très ramifiée, irrégulièrement pennée ou bipennée. Branches de longueur inégale, larges de 5/4 à 11/27,
Cette Algue très variable, dont les diverses formes ont été prises pour des espèces, peutêtre considérée comme caractéristique du Flysch et des formations chronologiquement équivalentes. Les nombreuses colonies qu’elle forme recouvrent souvent sur de larges espaces et sous forme d'empreintes noires les schistes gris du Flysch. On trouve dans les mêmes couches des espèces semblables, mais paraissant avoir des caractères constants, telles que p. ex. Ch. intricatus Brngt., Ch. patulus F.-0., très finement ramifés.
Fig. 51. Fig. 52.
Chondrites Targionii Brngt. Forme normale. Chondrites affinis Heer. Flysch de Suisse. Flysch de Suisse.
On peut considérer le Ch. inclinatus Heer, comme une forme intermédiaire au Ch. Targionii et aux espèces à larges divisions. Chondrites affinis Heer (fig. 52). Fronde large, moins divisée, branches ayant de 3 à 7". Cette espèce se trouve avec les précédentes.!
13° groupe: SPHÆROCOCCITÉES.
On peut ranger dans ce groupe toutes les Algues fossiles dont la fronde est aplatie au lieu d'étre cylindrique comme celle des Chondritées, divisée à la façon des Halyméniées vivantes en un petit nombre de segments tantôt larges, tantôt étroits; la fronde peut aussi paraître multifide, avec une ramification simplement pennée ou bipennée, comme chez les Sphærococcus.
Sphærococcites Brngt. Fronde divisée en segments nombreux et étroits, plus ou moins régulièrement pinnatifides ou bipinnatifides. |
! Pour les Néochondritées consultez FKIscHER-OsTER, Die fossilen Fucoiden der Schweizer Alpen. 1858. — Her, Flora foss. Helvetie. 1871.
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Jusqu'ici, on n’a trouvé dans aucune formation géologique de Sphærococcites munis de ces fructifications de forme globuleuse propres au genre Sphærococcus ; on ne peut donc prouver la parenté avec le genre vivant d'aucune des nombreuses espèces qui ont été décrites.
GôPrerT décrit deux espèces de l’époque de transition; l’une du silurien (Sph. Sharyanus), avec sa fronde “présentant dès la base de nombreuses divisions étalées en rayonnant; l’autre espèce est dévonienne (Sph. lichenoides); elle a le port d’un Lichen.
Une série d'espèces ont été décrites (SarorrA, fl. jur.) dans le Jurassique, dans le Néocomien et les différentes couches tertiaires.
Halymenites Sternb. emend. Fronde aplatie, divisée en lobes qui sont parfois irrégulièrement et plus ou moins profondément incisés; de consistance primitive assez ferme, charnue (?), feutrée ou spongieuse.
Ce genre existe sous diverses formes et en nombreux individus dans les schistes lithographiques de Solenhofen; la détermination spécifique en est à peine possible, car on trouve entre eux toutes les formes de passage. Les types du genre sont: À. cactiformis, Schniteleini, Sphærococcites ciliatus Sternb.
Les points noirs que l’on remarque souvent sur ces fossiles, ne sont nullement des traces d'organes de fructification comme on l’a cru: ils sont formés par un dépôt de manganèse ou d'oxyde de fer; ils ont par conséquent la même nature que ces dendrites, très fréquents dans les schistes de Solenhofen, et qu'il n’est pas rare de voir, entourer comme d’une couronne, les fossiles d’origine animale ou végétale.
14° groupe: SPONGIOPHYCÉES Sch.
Je comprend sous ce nom les fossiles à forme d’Algues, qui se caractérisent par une fronde non fistuleuse, cylindrique ou irrégulièrement étranglée, assez robuste, aux divisions naissant de la base, simples, ou présentant des dichotomies inégales et peu nombreuses; il semble que la consistance de ces plantes ait été assez ferme, et que leur tissu ait été feutré ou spongieux.
Ce type est fréquent dans les schistes lithographiques, mais il est aussi polymorphe que celui des Halymenites. Quelques formes font penser 1involontairement aux éponges rameuses et cylindriques.
À ce groupe appartient le genre
Münsteria Sternb., avec sa forme type ZZ. clavata St. (Fucoïdes encælioides Brngt.) chez laquelle se montrent de fines lignes transverses, très serrées qui ne peuvent pas toutefois se comparer aux plis transverses, que l’on observe dans le genre Xeckia, auquel appartient le Münst. Hæœssii.
15° groupe: FUCOIDITES.
Fossiles dont l'aspect extérieur montre de la ressemblance avec les Fucoïdes actuelles, mais chez lesquels on n’a encore reconnu aucun caractère qui fixe leur position systématique. |
CHARACÉES. 65
Haliserites Sternb. Ce genre, d’après ce que l’on peut conclure du dessin de STERNBERG, est fondé sur une empreinte très problématique du Quadersandstein, qui montre plutôt quelque ressemblance avec le genre Delesseria qu'avec les Haliseris. En tout cas, il ne peut être réuni en un même genre avec le Æal. Dechenianus Güpp. Cette dernière plante se rapproche du genre /aliseris par la nervation de sa fronde qui est médiane, mais il est à remarquer qu’elle s’enroule à l'extrémité, ce qui n’est pas le cas des Algues, et fait songer à un Hymenophyllum au rachis ailé. À la vérité, on ne conçoit pas un Hymenophyllum qui se serait développé en aussi énorme quantité que cet Haliserites dans les schistes dévoniens de formation nettement marine.
On pourrait supposer que ces fossiles, très insuffisamment conservés, proviennent de Psilophyton, plante dont les rameaux, on le sait, sont enroulés à la pointe, et qui est fréquente, surtout dans l'Amérique du Nord, dans les couches siluriennes supérieures et dans toute la série des couches dévoniennes. Cette hypothèse pourrait être appuyée sur ce que les Drepanophycus, Algues supposées, qui sont des mêmes couches, ont une grande ressemblance avec une tige de Psilophyton fortement comprimée, sur laquelle seraient encore visibles sur les côtés, les feuilles aciculées seulement.
Itieria Sap. Fronde grande, robuste, plusieurs fois bifurquée, divisions principales, atteignant jusque 12"" d'épaisseur (largeur?) avec de minces branches latérales; des corps turbiniformes ou presque arrondis, aplatis supérieurement, portés sur de courts pédicules, se trouvent sur les côtés ou aux angles de bifurcation: ils ont de 10-15" de diamètre transversal. Ces corps sont striés ou plissés sur les empreintes, ce qui semble indiquer qu’ils ont été de nature vésiculeuse.
Ce type disparu que nous rapportons provisoirement aux Fucoïdites est connu par deux espèces: Zf. virodunensis Sap. du calcaire corallien blanc de Verdun et It. Brongmarti Sap., du kimmeridgien d’'Orbagnoux (Ain).
16° groupe: DICTYOPHYTÉES.
Plantes affectant la forme d’urnes ou de larges entonnoirs, munies d’un pédicule épais, avec leur surface interne et externe décorée d'un réseau très régulier.
Observées jusqu'ici dans le dévonien supérieur de l’Amérique du Nord seulement.
Dictyophyton Hall. En forme de calice ou de large entonnoir sur un pédicule épais, creux, aux parois minces, obconique ou pyramidal, lisse ou marqué de gros nœuds disposés en spirale; le pédicule et le calice montrent à l'intérieur et. à l'extérieur un réseau très nettement marqué, dont les mailles principales, carrées, sont limitées par des côtes partagées longitudinalement en deux moitiés égales par un sillon. Chacune de ces mailles principales enferme un nombre plus ou moins grand de mailles carrées de second ordre plus ou moins fortement développées; celles-ci enferment elles-mêmes de 4 à 8 mailles très
fines de troisième ordre.
Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. IT. D
66 THALLOPHYTES. ALGUES
Ce réseau si régulier est tellement bien marquée et les lignes saillantes qui les forment sont restées si droites, qu’il ne peut avoir appartenu qu'à un corps formé d'éléments très durs. Aucune des Algues actuelles ne possède pareille structure. À la vérité certaines Algues très délicates peuvent devenir très solides par des incrustations calcaires, maïs une ornementation comme celle que nous venons de décrire, ne peut provenir d’une incrustation.
On peut se demander, par conséquent, si l’on n'a pas plutôt affaire ici au squelette siliceux d’un Spongiaire qu'à une forme d’Algue. Nous savons que souvent, les squelettes de ces êtres sont réguliers et que les réseaux carrés ne sont pas rares chez eux. Il faut encore remarquer que, ainsi que Harz le dit expressément, on n’a observé jusqu'ici sur ces fossiles aucune trace de charbon.
On connaît plus de neuf espèces de ce genre; toutes proviennent du groupe de Chemung. |
Uphantænia Vanux. Corps en forme d’entonnoir aplati, de dimensions importantes, formé de bandes circulaires et radiales qui s’entrecroisent de façon à ménager entre elles des espaces rectangulaires, représentant un réseau de très larges mailles. Les bandes radiales et les bandes circulaires se rétrécissent progressivement en se rapprochant du centre. Vraisemblablement, ce disque était pédiculé. La position systématique de ce très remarquable fossile est aussi incertaine que celle du genre Dictyophyton. Dans le dévonien supérieur.
Tous ces fossiles sont problématiques, si j'en ai parlé ici, c’est parce qu’on les à souvent rapportés aux Algues.
Les algues dont nous venons de donner la description d’après Scarmper,' doivent être révisées depuis les travaux de M. Narxorsr.? Un grand nombre de ces formes, pour ne pas dire le plus grand nombre d’entre elles, doivent être enlevées de cette classe d’après cet auteur, d'accord avec nombre d’autres savants et notamment avec M. F. Rozmer (Lethaea geognostica), dont il est venu confirmer les vues par ses recherches expérimentales. On ne peut plus nier depuis les expériences de M. NaTHorstT, qu’un grand nombre de ces formes singuliéres rattachées aux algues, ne sont autre chose que des accidents lithologiques, résultats de pressions, ou des pistes d'animaux, des traces diverses laissées sur un fond balayé par une eau courante, ou chargée de débris. On peut facilement reproduire des traces analogues, sur un fond favorable recouvert d’eau, et on voit bientôt combien il en est qui ressemblent aux soi-disant algues fossiles. :
D'ailleurs on ne doit pas perdre de vue, que des débris de plantes plus élevées en organisation, peuvent prendre l'aspect extérieur d'algues, quand ils
1 Note de M. le professeur A. SCHENK.
? NarHorsr, Om spär af nâgra evertebrerade djur och dams palaeontologiska betydelse, Stockholm 1881. — Memoire sur quelques traces d'animaux sans vertibres et de leur portée paléontologique, Stockholm 1882. — NarHorst, Om nâgra formodade växtfossilies, Stockholm 1873. — Srur, Die Siluralgen der Etage H, Wien 1881. — SapoRrA, À propos des algues fossiles, Paris 1881. — BerraoLr, Vertheilung der Algen im Golf von Neapel.
CHARACÉES 67
sont en mauvais état de conservation: il n’y a pas lieu de leur donner grande attention. On n’a jamais du reste pris suffisamment garde, en décrivant des algues fossiles, que les algues vivantes avaient des tissus bien délicats, et par suite une structure bien peu appropriée à la fossilisation. Enfin les conditions d’habitat des algues auraient dû aussi être prises en considération: elles ont besoin de lumière pour vivre, leur existence et leur prospérité dépendent donc des profondeurs des eaux; on sait aussi qu’elles ne poussent pas sur les fonds boueux.
Nous enlevons donc sans hésiter de la série des Caulerpites: Æeckia, Munsteria, Hydrancilus, Phymatoderma, Gyrophyllites, Discophorites, les Chordophyceae, Diplochordeae, Arthrophyceae, Rhysophyceae, Alectorurideace, Cylindriteae, la plus grande partie des Palaeophyceae, Oldhamia, les Chondriteae avec les algues du Fryscu, les Sphaerococcites en partie, les Fucoiditeae, Spongiophyceae, Dictyophyceae, la plupart des algues de la Flora fossilis Helvetiæ de HEer, l’Eophyton; les algues siluriennes récemment décrites par STur, qui ne sont que d’informes débris de plantes plus élevées, ne présentant que des analogies superficielles avec certains genres d'algues. Pour nous, toutes ces formes auraient des relations systématiques distinctes, aussi obscures que variées; ainsi les Dictyophyceae seraient des éponges, d’autres formes ne seraient que des pistes de crustacés, de mollusques, d’annélides, ou des traces inorganiques dues aux agents géologiques (temps, pression, glissement), ou enfin comme les Confervites de mauvais débris de plantes plus élevées en organisation.
2° classe: CHAMPIGNONS.
Les Champignons, comme les Algues, forment une très riche famille dans la végétation actuelle; ils renferment les formes les plus diverses, depuis la simple cellule, jusqu'aux productions composées les plus variées, dont quelques-unes sont même de consistance ligneuse. Toutes les plantes de cette famille, n’en sont pas moins des végétaux cellulaires. Les cellules elles-mêmes sont disposées en filaments plus ou moins ramifiés, dépourvus de chlorophylle et forment ce que l’on désigne sous le nom de Hyphes. Le corps compacte des champignons ordinaires est entièrement formé de semblables hyphes disposés parallèlement à côté les uns des autres ou entrelacés.
Les processus de développement d’un champignon, qu'il soit formé d’un hyphe ramifié ou d’une réunion de hyphes, peuvent se ramener à deux: la spore immédiatement (ou par l’intermédiaire d’un promycélium) produit d’abord un mycélium, duquel naissent plus tard les organes de fructification.“ (SacHs).
Le mycélium est l'organe nourricier qui rampe à la surface ou à l’intérieur du corps dont le champignon est le parasite. Les organes fructitères, chez les Haplomycètes, sont de simples ramifications des hyphes; chez les autres champignons ce sont des agglomérations de ramifications mycéliales qui se développent sous les formes les plus variées.
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La reproduction des champignons se fait par voie sexuée et asexuée, ou par conjugaison. Les spores asexuées peuvent être de formes très diverses dans une seule et même espèce. Il n’est pas rare non plus que la reproduction se fasse par des propagules.
D'après les récentes classifications les Champignons se divisent en 19 Phycomycètes (Saprolégniées, Péronosporées et Mucorinées); 2° Hypodermées (Urédinées et Ustilaginées); 3° Basidiomycètes (Tremellinées, Hyménomycètes, Gastromycètes); 4° Ascomycètes (Tubéracées, Onygénées, Pyrénomycètes, Discomycètes).
La première de ces quatres divisions principales est représentée à l’état fossile par une Mucorinée seulement (Sporotrichites heterospermum), sur un insecte de l’ambre. Les Hypodermées jusqu'ici n’ont pas été rencontrées dans la série géologique, mais l’on ne peut conclure de là qu’autrefois, et surtout à l’âge tertiaire, ils n'étaient pas représentés par des formes nombreuses. L'on ne possède que de rares traces de quelques Hyménomycètes; parmi les Basidiomycètes: un Cenangium (d’après LunwiG), sur les nervures d’une feuille de Pyrus, des couches tertiaires de Dernbach en Hesse; quelques fragments de Æydnum (H. antiquum Heer) du tertiaire de Lausanne et ({. argille Ludw.) de Münzenberg ; un Polyporus, semblable au P. igniarius (P. foliatus Ludw.) des lignites récents de Wetteravie; un Lenzites Fr., L. Gastaldii Heer, sur du bois, dans la formation tertiaire de Turin. Le Polyporites du Carbonifère, décrit et figuré par Linpzey et Hurron, n’est autre chose qu’une écaille de poisson (Holoptychius Hibberti Ag.); au contraire le Polyporites Sequoie Heer, du miocène du Groënland, est un vrai Polyporus. Il est très vraisemblable que les Hyménomycètes, dans le développement luxuriant du règne végétal à l’époque tertiaire et vraisemblablement à des âges plus anciens encore, n'étaient pas moins richement représentés que de nos jours. Une preuve indirecte de leur existence nous est donnée par lés Coléoptères et Diptères fongicoles, souvent si nombreux dans les formations tertiaires, ainsi que l’a fait voir HEeEr. On s'explique sans difficulté pourquoi, étant donnée leur nature, on ne trouve pas de champignons charnus à l’état fossile. -
On rencontre Ça et là des mycéliums de champignons dans des bois même silicifiés (Nyctomyces antediluvianus Ung. et N. entoxylinus Ung.); CARRUTHERS à pu en observer un sur un Lepidodendron. Les sclérotes rencontrés sur les feuilles. fossiles d’Erable, de Chêne, de Cannellier, comme les sclérotes en général, ne sont très vraisemblablement que des formations mycéliales. On ne peut dire, avec une certitude complète, que
le Zihizomorpha Sigillarie du houiller d'Amérique, soit vraiment le mycelum d’un Champignon,