HÉPATIQUES TE
génération fructifère, pour les espèces pourvues d’une fronde, est parfois enfoncée dans le thalle; elle peut aussi être sessile, mais elle est portée d'ordinaire par un pédicelle qui peut être très long. Les anthéridies et les archégones des Marchantiées se trouvent sur des réceptacles pédiculés en forme de bouclier; les anthéridies sont portées au-dessus, les archégones sont sur le côté ou dirigées en bas. Les sporanges s'ouvrent en quatre valves chez la plupart des Hépatiques. Il se développe à leur intérieur, en outre des spores, de longs filaments unicellulaires pourvus d’un ressort spiral (élatères), à l’aide desquels les spores sont projetées au loin.
Les Hépatiques sont réprésentées dans le monde actuel par plus de 2000 espèces qui forment plusieurs groupes naturels et beaucoup de genres. On ne connaît jusqu'ici que trois Marchantiées fossiles: Marchantia Sezannensis Sap. du tertiaire de Sézanne, semblable à notre M. polymorpha, mais rappelant toutefois davantage les formes tropicales par le réceptacle mâle; M. gracilis Sap., de la même localité, avec des lobes étroits, linéaires, semblable au M. linealis Lindl., du Népaul : M. sinuosa Sap., du miocène de Marseille, ressemblant également aux types tropicaux.
GÔPPERT à fait connaître dans l’ambre toute une série de Jungermanniées (Hépatiques feuillées), mais leur détermination générique et spécifique reste douteuse, ces fossiles étant représentés par de trop petits échantillons.
Un Plagiochila N. Esb. est connu dans le miocène de Manosque.
29° groupe: BRYOIDÉES.
Plantes cellulaires, pourvues d’une tige, régulièrement feuillées, ayant d’ordinaire un proembryon fiiforme, plus rarement thalloïde et lobé. Sporange en forme de capsule, d'ordinaire plus ou moins longuement pédicellé, la partie inférieure du pédicule étant enfoncée dans le périgone, recouverte, jusque la maturité ou jusque vers cette époque, par une membrane (coiffe) de forme déterminée, produite par la couche cellulaire périphérique du ventre de l’archégone. Le sporange s'ouvre d'ordinaire à la mâturité par un opercule qui se détache obliquement ; à est rare qu’il s'ouvre par quatre valves (Andræa) ou qu'il se déchire irrégulièrement (Astomi).
Les Bryoïdées peuvent se diviser en deux séries principales: les Acrocarpées, dont la fructification terminale clôt le cycle végétatif de l’année, et les Pleurocarpées, chez lesquelles la’ fructification, latérale, permet l’accroissement ultérieur de la tige par l'extrémité. La nouvelle pousse est axillaire chez les Acrocarpées vivaces, c’est une répétition de la plantemère, un nouvel individu.
Jusqu'ici on n’a observé de fruits que sur une seule des peu nombreuses espèces de Mousses que l’on connaît à l’état fossile; encore ces
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espèces sont d'ordinaire si mal conservées, qu’il est rarement possible de les étudier à fond. Cependant, il est toujours facile, grâce au mode de ramification, de distinguer les espèces acrocarpes de celles qui sont pleurocarpes. Les premières ont été surtout observées dans l’ambre. GôPPErT, dans son ouvrage sur les inclusions de cette substance, à fait connaître toute une série de mousses acrocarpes, dont il a identifié un certain nombre avec des espèces actuellement encore vivantes dans le nord de l’Europe: (Phascum cuspidatum Schreb., Dicranum fucescens Turn., Hymenostomum microstomum KR. Br.); il en à caractérisé d’autres, comme très semblables à certaines formes (Dicranum subflagellare, subscoparium, subpellucidum Güpp.). Toutes ces déterminations reposent sur l’examen de fragments si incomplets, que même les genres restent douteux et que, par conséquent, rien n’est moins certain que la détermination spécifique. Je possède cependant quelques empreintes très nettes de mousses acrocarpes, qui proviennent des lignites de Bonn, les unes appartiennent à un Campylopus non européen, les autres à un Orthotrichum; tout récemment, on a trouvé dans l’éocène supérieur d’Aïx en Provence, des traces de formes semblables aux Weissia et Trichostomum. Toutes les autres Mousses dont on a Jusqu'ici trouvé les empreintes dans les couches tertiaires, appartiennent à la série des pleurocarpes: ce sont deux espèces du genre Fontinalis, deux du genre Thuidium (Leskéacées) dans l’éocène supérieur, les autres sont diverses Hypnacées.
Toutes les Mousses et Hépatiques connues jusqu'ici à l’état fossile, datent de l’âge tertiaire; à cette époque, les Muscinées jouaient certainement déjà le même rôle important qu'aujourd'hui. Il est vraisemblable que ces végétaux vivaient à un âge plus ancien, et Her conclut à leur existence dès les premiers temps de l’époque jurassique, en se basant sur la présence du genre Birrhus; on sait que les coléoptères de ce genre ne vivent aujourd'hui que dans la mousse.
Les couches de mousses qui se trouvent parfois dans les lignites, 1indiquent des formations de tourbe; mais leur mauvais état de conservation empêche qu’on puisse les déterminer, et jusqu'ici on n’a pu encore démontrer la présence des Sphagnum parmi elles. Le Sphagnum Ludwigii Sch. (Gymnostomum ferrugineum Ludw.) provenant de la limonite miocène du Westerwald est la seule mousse fossile dont la fructification soit connue.
3° embranchement
PTÉRIDOPHYTES.'
Cryptogames vasculaires.
Cette division comprend les Filicacées, les Ophioglossées, les Rhizocarpées, les EÉquisétacées ou Calamariées et les Lycopodiacées. De même que les Mousses, tous ces végétaux présentent deux générations différentes: la forme sexuée naît directement de la spore, et c’est de l’archégonc fécondée dans cette première génération, que naît une plante dépourvue d'appareil reproducteur, qui forme seulement des spores et constitue ainsi une seconde génération. Les spores sont toutes semblables entre elles chez les. Fougères et les Equisétacées, mais, dans les Rhizocarpées et chez une partie des Lycopodiacées (Sélaginelles) 1l y a des spores de deux sortes, les unes grosses, ce sont les macrospores, les autres petites et qui ont reçu le nom de microspores (d’après SACHS).
1° classe: FILICACÉES, Fougères.
Les Fougères montrent la plus grande diversité dans leurs caractères extérieurs. Chez certaines espèces, les frondes sont réduites à des expansions simples, mais chez la plupart d’entre elles, les frondes sont découpées, une ou plusieurs fois pennées et présentent les formes les plus gracieuses. Parfois les Fougères se montrent sous l’aspect de plantes petites et délicates, qui ne dépassent pas les dimensions de Mousses de grande taille, tandis que beaucoup ressemblent à de belles plantes herbacées ou à des arbustes, et que nombre d’entre elles élèvent à la façon
1'Traduction de M. le D' R. Moxtrez, Professeur à la Faculté de Médecine de Lille.
2? HOorMEISTER, Über Entwickelung und Baw der Vegetationsorgane der Farne (Abh. d. k. sächs. Gesellsch. d. Wiss. 1837). Merrenrus, Fülices horti botan. Lipsiensis 1856; le même, Über Hymenophyllaceen (ibid. 1864). H. Mon, Über den Bau des Stammes der Farne (Diverses publications). Sacs, Lehrbuch der Botanik. D. Bary, Vergleich. Anatomie der Vegetationsorgane der Phanerogamen und Farne 1877.
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des Palmiers, leur tronc cylindrique et simple, terminé par une belle couronne de feuilles. Les Fougères arborescentes, avec leur puissant développement, jouaient dans les flores anciennes un rôle beaucoup plus important qu'aujourd'hui. — Le rhizome des Fougères rampe dans le sol
Fig. 53.
Alsophila microphylla K. du Guatimala, les fossettes marquent les coussinets foliaires; 1b coupe de la tige avec les faisceaux fibro-vasculaires. 2 Cyathea excelsa (?) du Brésil, avec les cicatrices foliaires serrées les unes contre les autres. 2b coupe du même; grand. nat.
ou à sa surface, ou bien il s'attache sur les pierres ou les arbres; dans
certaines espèces il se redresse pour se disposer obliquement, et les formes arborescentes présentent un trone qui s'élève perpendiculairement. Les racines sont d'ordinaire très-bien développées et les rhizomes qui se développent en hauteur, sont presque toujours entourés, au moins dans leur partie inférieure, par un feutrage de racines. Là où les feuilles sont espacées les unes des autres, les racines sortent de la tige et, souvent, immédiate-
+ pd