‹ Traité de paléontologieChapitre 24 sur 183 · FOUGÈRES · texte numérisé non relu

FOUGÈRES

ment au-dessous du point de végétation; dans les formes où les feuilles se touchent par la base, elles naissent de la partie inférieure du pétiole. Dans les Marattiacées, les racines descendent obliquement à travers le parenchyme cortical avant de sortir au dehors: cette disposition était réalisée à un très-haut degré, chez la plupart des fougères arborescentes des époques carbonifère et permienne (Psaroniées). Chez beaucoup d’Hyménophylles les racines font totalement défaut et sont remplacées par les ramifications du rhizome.

Les feuilles (frondes) des Fougères grimpantes ou rampantes, sont séparées par des entre-nœuds plus ou moins allongés, souvent distiques ; sur les tiges redressées ou qui croissent perpendiculairement, elles sont au contraire généralement serrées, disposées sur plusieur rangs, en spirale ou en verticille; c’est seulement dans la formation carbonifère, que l’on connaît des Fougères arborescentes, dont les cicatrices foliaires sont écartées les unes des autres, alternes et distiques (Megaphytum). Les feuilles sont enroulées en crosse dans le bourgeon; nulle part chez les autres végétaux elles n'atteignent des dimensions aussi considérables relativement au tronc, et, nulle part aussi, elles n’offrent cette grande variété de forme et de découpure, qui permet à certaines espèces de Fougères d'atteindre le plus haut degré d’élégance. Le rhizome, le pétiole, la face inférieure de la fronde, surtout lorsqu'elle est jeune et encore enroulée, sont revêtus dans la plupart des espèces de poils de forme spéciale, de paillettes, nommées en latin ramenta; il n’est pas rare de voir ces parties de la Fougère complètement enveloppées de paillettes qui revêtent la forme d’écailles ou de feuilles frangées sur les bords et qui sont de nature sèche, de consistance membraneuse et dont la couleur est le brun brillant. Parfois, on observe des aiguillons sur les pétioles, à la façon de certains Palmiers.

La ramification de la tige est rare; là où on l’observe, comme chez les formes grimpantes ou rampantes, elle est le résultat d’une dichotomie. D’après METTENIUS et PRANTI, quelques espèces présentent cependant une ramification axillaire. La tige elle-même est formée d’un faisceau vasculaire axile, simple ou composé, revêtu par une enveloppe de nature parenchymateuse, molle, chargée de sucs lorsqu'elle est jeune. Cette couche est immédiatement recouverte par un épiderme mince qui la limite à l’extérieur, ou bien, elle passe d’abord à un sclérenchyme de couleur brun sombre. Le cordon vasculaire, chez un certain nombre d’espèces à tige grêle (Hyménophyllacées, Lygodium, Gleichenia, quelques Schizæacées) reste simple et tout-à-fait axile, comme dans le méristème primitif et dans les racines; dans le plus grand nombre des cas, cependant, il se dispose à la façon d’un tube qui renferme souvent un fort cylindre médullaire.

76 PTÉRIDOPHYTES. FILICACÉES

En face de chaque insertion foliaire ou un peu au-dessous, ce tube présente une lacune, dont les bords émettent les faisceaux vasculaires qui se rendent aux feuilles, en nombre et sous une forme déterminée selon l'espèce; en résumé le tube vasculaire peut être fermé ou prendre la disposition d'un réseau. Exceptionellement, on trouve dans la moelle et dans le parenchyme cortical de minces faisceaux vasculaires accessoires, qui vont s’anastomoser avec les faisceaux vasculaires principaux des feuilles (bon nombre de Cyathæacées arborescentes). Chez beaucoup d’espèces dont la tige est rampante, le tube formé par les faisceaux vasculaires est percé seulement de fentes étroites par lesquelles le parenchyme médullaire communique avec le parenchyme cortical; des bords de ces fentes partent un ou plusieurs cordons vasculaires qui se rendent dans les frondes (MW1crolepia, plusieurs Phegopteris, Pteris, Polypodium). Chez les Fougères dont la tige se développe perpendiculairement et chez celles où la tige se redresse, le tube vasculaire est toujours réticulé et avec de large mailles. Là où plusieurs faisceaux vasculaires foliaires naissent d’une même maille, ils s’anastomosent souvent en réseau (Cyathées). Au type du cylindre vasculaire à larges mailles, appartiennent de nombreuses Polypodiacées, une série de Cyathéacées, de Schizæacées, Aneimia, d'Ophioglossées, Ophiolossum.

Dans les rhizomes rampants ou dans les tiges pourvues de feuilles distiques, le tube vasculaire est formé de deux cordons principaux, l’un supérieur et l’autre inférieur, reliés ensemble par des cordons transverses qui alternent. Il y à ainsi un réseau de mailles disposées en deux séries dont chacune, par sa paroi transversale inférieure et par ses deux parois latérales, fournit un nombre plus ou moins grand de minces faisceaux vasculaires, qui se rendent à chaque feuille correspondante. Il n’est pas rare, sur ces tiges rampantes, de voir le faisceau inférieur se résoudre en fins cordons anastomosés entre eux.

Chez maintes tiges dont les feuilles sont disposées sur plusieurs rangs — chez des Pteris et des Saccoloma, Marattiacées, Ceratopteris — on trouve des faisceaux vasculaires emboîtés concentriquement les uns dans les autres. Cette disposition semble avoir été propre à la plupart des Fougères arborescentes du carbonifère et du permien. Les faisceaux vasculaires qui se rendent aux feuilles montrent la même diversité que ceux des tiges dans leur nombre, leur forme et leur situation; ils se comportent quelquefois comme dans ces dernières, mais souvent ils présentent des caractères différents.

On sait que le faisceau vasculaire normal des Fougères est formé d’une portion vasculaire centrale entourée de cellules grillagées. La masse principale de la première, est formée de larges vaisseaux scalariformes, prismatiques, aux ponctuations ouvertes, auxquels sont mêlés en certains

Page 1