‹ Traité de paléontologieChapitre 49 sur 183 · FRUCTIFICATIONS DE CALAMARIÉES DE PROVENANCE INDÉTERMINÉE · texte numérisé non relu

FRUCTIFICATIONS DE CALAMARIÉES DE PROVENANCE INDÉTERMINÉE

duction sont disposés par 2 (ou par 4?) autour d’un pédicule qui s'élève à la partie inférieure de l’épi, de l’axe des disques formés par la coalescence des bractées et qui, plus haut, se rapproche de plus en plus du centre de ces disques; les sporanges sont très-gros et remplissent complètement les loges formées entre les disques bractéaux, loges qui sont closes par les pointes libres des bractées. Le cylindre ligneux axial est formé de cellules de prosenchyme et de vaisseaux réticulés comme chez certaines Calamodendrées.

Cette forme de fructification se rapproche beaucoup de celle du Palæostachya ; les sporangiophores sont d’abord axillaires, mais ils gagnent le disque bractéal et entrent en coalescence avec lui. Nous voyons sur les Palæostachya (?) figurés par RENAULT une coalescence analogue entre le sporangiophore et l’axe de l'épi. La même chose arrive parfois chez les Lycopodiacées vivantes. Il s'agirait de savoir si le verticille sporangifère des Equisetum n’est pas aussi primitivement axillaire, et si ce n’est pas aux dépens du verticille bractéal disparu qu’il se développe d’une façon aussi particulière. L'hypothèse de l’étroite parenté des Calamitées avec les Equisétées trouve un appui dans l’organisation de l’appareil reproducteur.

Macrostachya Sch. (Æquisetum infundibuliforme Brong. Geïinitz, Huttonia nonnull.). Epis gros, cylindriques, terminant isolément des branches pourvues de verticilles foliaires qui s'élèvent d’une tige principale épaisse, ou d’un rameau latéral de premier ordre. Bractées partant d’une base horizontale pour se redresser et se souder en une gaîne, très-serrées, lancéolées dans leur partie libre, se terminant par une pointe plus ou moins longuement subulée, plus ou moins nettement carénées, alternes avec les verticilles voisins. Verticille sporangifère inséré sur le milieu de l’axe internodial, comme chez les Calamostachys; sporanges disposés par 4 comme dans ces derniers épis, suspendus à un disque. Faisceaux vasculaires disposés en cercle autour du cylindre médullaire, chacun d'eux présentant deux ou trois canaux aérifères.

Ces gros épis ont parfois quelque ressemblance avec certains épis à longues feuilles de Lepidodendron.

Les tiges ou branches principales plus ou moins épaisses, formées de courts articles auxquells ces épis appartiennent presque indubitablement se distinguent de celles qui rentrent dans le type des vrais Calamites, comme les C. Suckowi, Cestii etc. par leurs très-courts entre-nœuds, leur écorce lisse, l’arrangement des cicatrices foliaires qui forment une sorte de chaînette aux articulations; les cicatrices raméales (fructifères ?) qui occupent parfois toute la hauteur de l’entrenœud et sont alors si serrées qu’elles se compriment mutuellement, présentent à leur centre la cicatrice d’un faisceau vasculaire d’où partent des lignes disposées radialement. Le nombre des entre-nœuds dépourvus de rameaux situés entre les verticilles raméaux varie avec les espèces (?) de 3 à 10. Les feuilles sont libres, longues, linéaires-lancéolées. Weiss désigne cette forme de tige sous le nom de Calamitina, GraAnD’ Eury y voit la tige des Astérophyllites de BroxG- NIART et l'appelle Calamophyllites.

On doit rapporter à ce type de Calamitina que, d’après sa fructification, l'on peut considérer comme bien distinct du genre Calamites, les espèces sui-

168 PTÉRIDOPHYTES. CALAMARIÉES

vantes: Oal. verticillatus Lindl. et H., C. varians Germ., Cal. Studeri Heer (EL. foss. Helv.), Cal. Solmsii Weiss, avec des épis fructifères, Volkmannia arborescens Sternb. et le Cal. approximatus Feïstm, qui lui appartient, avec épis fructifères, et les deux fragments de tige que GEerrz (Steink.-Fl.) rapporte à l'épi de taille géante figuré dans la même planche sous le nom de Æquisetites infundibuliformis. Il reste douteux que l’on doive aussi réunir à ce type le Cal. cruciatus Brong. et le Cal. approximatus Schloth. qui en est à peine différent (voyez aussi Gemirz loc. cit. pl. XI).

Il est également douteux que les gros épis figurés par GErMArR sous le nom de Volkmannia gracilis rentrent dans le genre Macrostachya; d’un autre côté, il est certain que le Huttonia carinata du même auteur appartient aux Macrostachya.

STUR à constaté que les feuilles du rameau figuré par STERNBERG comme appartenant au Vo/kmannia gracilis, sont bifurquées et il a trouvé des branches délicates tout-à-fait semblables, portant des feuilles bifurquées qui se terminaient en gros épis pareils aux Macrostachya. Comme les feuilles des Macrostachya sont simples, il est certain qu'il s’agit ici d’un genre particulier dont les caractères internes ne sont pas connus et dont la position systématique reste à fixer.

Localité: Dans les couches houillères: ZM. Solmsii, couches inférieures, ZM. infundibuliformis, couches supérieures; l'original de BRONGNIART provient du même horizon que le ÆHuttonia carinata Germ., c’est-à-dire des couches caractérisées par le Pecopteris (Goniopteris) elegans, dont il porte des fragments.

Huttonia Sternb. Epis gros, pédiculés; pédicule non articulé, aphylle; verticilles bractéaux alternes, feuilles portant d’une base horizontale pour se redresser perpendiculairement, libres ou cohérentes (d’après Srur), rétrécies brusquement en une longue pointe subulée, finement striée -en long, sans nervure médiane.

D'après Srur qui classe cette fructification dans les Macrostachya, les sporanges s’inséreraient dans l’axe des feuilles sur un mince pédicule, comme dans les Palæostachya, d’après Weiss, l'insertion se ferait sur une lame, au-dessous du verticille bractéal, comme chez les Cingularia.

Les Huttonia se distinguent des Macrostachya par le pédicule nu et inarticulé et par la nervure moyenne de la feuille qui est absente.

Localité: Une espèce, H. spicata Sternb., se trouve dans la houille de Radnitz.

Cingularia Weiss. Tige de longueur moyenne, articulée; articles étranglés, striés longitudinalement; feuilles verticillées, libres jusqu'à la base, lancéoléessubulées; épis fructifères latéraux, pédiculés, cylindriques, assez gros; bractées larges, soudées en gaîne campaniforme, prolongées à leur extrémité libre, qui s'étend sur deux entre-nœuds, en une pointe lancéolée-subulée; sporangiophores discoïdes, situés immédiatement au-dessous des bractées, partagés plus ou moins protondément en lobules tronqués; sporanges disposés en un ou en deux cercles insérés à la face inférieure du disque.

Le point où naît le sporangiophore, la forme de cet organe et le mode d’insertion des sporanges, sont tellement différents de ce que l’on observe chez les Calamitées que la position systématique des Cingularia reste indécise, malgré

ue

Page 1