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Fig. 139.

Lepidodendron Rhodumnense (d'après Renault). 1 coupe transverse par une jeune branche; à feuille grossie 2 portion de la coupe transverse du corps vasculaire, 120 diam, 3 portion de coupe longitudinale. 4 coupe transverse de l’ecorce grossie, 5 coupe tangente de l'écorce, grossie.

1° Lepidodendron Rhodumnense Ren. (d’après Rexauzr). Le centre de la tige est occupé par un cordon formé de vaisseaux scalariformes sur lequel s’insèrent les faisceaux foliaires; les éléments en sont disposés sans ordre et augmentent

d'épaisseur de la périphérie au centre.

1 H. $. FarrcxiLn, On the variations of the Leaf-Scars of Lepidodendron aculeatum Sternb., in Annals N. York Acad. vol. I.

134 PTÉRIDOPHYTES. LYCOPODIACÉES

L'’écorce, relativement très épaisse chez ce type est formée de deux sortes de tissus, dont l’une représente un réseau aux mailles occupées par des cellules iso-diamétriques. Les mailles sur les coupes transversales paraissent, formées de 1 à 5 couches de cellules quaaürilatères, pourvues de parois épaisses, sombres; les champs qu’elles limitent sont remplis d'éléments rectangulaires aux parois minces et incolores. L’écorce, dans le cas observé, n’était pas en contact avec le cordon vasculaire; il est vraisemblable qu’elle en était séparée par une zone de tissus délicats, complètement détruits sur les fossiles. Il est remarquable que cette structure de l’écorce s’observe chez certaines Sigillariées, entre autres chez le S. spinulosa Güpp. ‘.

Ici se rangent aussi les genres Diplotegium et Heterangium Corda, Knorria Sternb. (du Culm) et ZLyginodendron Williams.

2° Lepidodendron Harcourtii Bt. (d’après Broncnrarr). Le tronc est traversé par un cylindre vasculaire qui renferme une moëlle relativement épaisse. Les éléments qui le composent sont tous des vaisseaux scalariformes, plus étroits à la périphérie, d’où se détachent les faisceaux foliaires. Le cylindre vasculaire, d’après ce que l’on à pu conclure de ce qui persistait sur les exemplaires observés, était entouré d’un tissu de cellules isodiamétriques que l’on peut considérer comme des éléments libériens. A l’entour existe une large couche de cellules de forme semblable à ces dernières, mais qui devaient néanmoins présenter plus de résistance pendant la vie, puisqu'elles ont pu se conserver parfaitement dans le cas observé. La périphérie est occupée par une zone de cellules allongées, disposées régulièrement en séries radiales.

Les faisceaux vasculaires foliaires traversent l'écorce en se courbant et vont se perdre dans le cylindre vasculaire; ils sont formés de vaisseaux scalariformes étroits ?.

La tige pourvue encore de ses feuilles décrite par Corpa sous le nom de Lomatophloios crassicaule, semble présenter les caractères anatomiques essentiels du Z. Harcourti$.

3° Lepidodendron Jutieri Ren Il se distingue principalement du Z. Harcourtii par le cylindre vasculaire formé de plusieurs cordons indépendants. Les détails de la structure interne de ce type ne sont pas encore connus.

Le nombre des espèces admises dans le genre Lepidodendron tant en Europe que dans les autres parties du monde, s’élève déjà à plus de 100. Leur spécification étant basée sur les caractères extérieurs du tronc, il n’est pas douteux que certaines espèces ont été figurées sous plusieurs

noms et que plusieurs reposent sur des erreurs de détermination, mais

1 RENAULT, Struct. comparée de quelques tiges de la flore carbonifère (pl. I). Nouv. Archives du Muséum 1879.

2? BrRoNGNrART, Observ. sur la’ structure intérieure du Sigillaria elegans comparée à celle des Lepidodendron et des Stigmaria. Arch. du Muséum vol. I. —- BINNEY, Observ. on the struct. of Foss. Plants found in the carbon. Strata part IL. Palæontogr. Soc. 1871; id, ibid. part III. 1872.

3 CorpA, Beiträge tab. I—IV.

LÉPIDODENDRÉES 185

il est certain que ce chiffre n’est pas trop élevé, étant donné le grand nombre de fructifications de formes diverses que l’on connaît aujourd’hui. On ne peut admettre, d’ailleurs, que toutes les formes de Lépidodendrées qui ont vécu pendant les interminables périodes dévoniennes et carboni-

fères, soient toutes déjà décrites.

On ne peut dire maintenant si la famille des Lépidodendrées est formée par un seul ou par plusieurs genres; la seconde hypothèse semblerait plus probable d’après ce que nous avons dit plus haut de la structure variable que peuvent présenter les troncs. Mais la connaissance de ces détails anatomiques ne repose que sur l'étude d’un très petit nombre de fragments de tronc, et l’on ne peut encore fixer à quels types, caractérisés par l’organisation externe, il convient de les rapporter. La systématique des espèces manque donc de base solide, et pour grouper, provisoirement au moins, les formes qui paraissent voisines, nous n’avons d’autres caractères que ceux fournis par la surface du tronc; — il en est de même pour les Sigillariées. La question de savoir si les groupes ainsi formés à titres de genres provisoires, correspondent à des sous-genres ou à des sections, n’a guère d'importance; mais il n’y à pas de raisons pour ne pas conserver un mode facile de classification, aussi longtemps que les faits ne démontrent pas qu'il est inexact et tant que l’on en est réduit aux simples hypothèses.

Lepidodendron Brong. Coussinets foliaires plus hauts que larges, plus ou moins étirés, losangiquesfusiformes, à extrémités pointues et d'ordinaire un peu courbées en direction opposée, partagés longitudinalement en deux moitiés par une carène formée par l’épiderme; on voit, après la chûte de l’épiderme, à la place de la carène, un sillon longitudinal sur lequel courent des rides délicates plus ou moins nombreuses, disposées transversalement; les deux moitiés du coussinet sont un peu convexes et portent, vers le haut, deux tubercules qui correspondent vraisemblablement à des lacunes aérifères; cicatrices foliaires situées au delà du milieu, ou vers l'extrémité supérieure du coussinet, de forme losangique, avec l'angle supérieur d’ordinaire arrondi, l'angle inférieur engagé entre les deux moitiés du coussinet et les deux angles latéraux aigus; des trois petites cicatrices enfermées dans la cicatrice foliaire, la médiane, qui correspond au cordon vasculaire de la feuille, est d'ordinaire ovale ou en croissant, les deux latérales sont arrondies ; lorsque le coussinet foliaire s’est détaché, le champ qu’il occupait en conserve les contours, il est plat, plissé,

Lepidodendron Sternbergii Brong.

186 PTÉRIDOPHYTES. LYCOPODIACÉES

en long et porte au milieu un tubercule de forme ovale ou arrondie, avec ou sans trace des trois petites cicatrices que nous avons décrites.

Comme les coussinets foliaires et les nervures observés dans les différentes darties du tronc, sont non-seulement très différentes entre-elles par leurs dimensions, mais encore présentent souvent quant à la forme, une assez grande diversité, la détermination spécifique est souvent très difficile et ne laisse quelque certitude que si l’on compare les mêmes parties du tronc. Dans la plupart des cas, les bords des coussinets foliaires se touchent de toutes parts, mais, parfois, ils sont séparés par un bourrelet ou par une cannelure de l'écorce; c'est en particulier le cas, des bourrelets qui ne sont pas arrivés à leur complet développement.

Les coussinets foliaires semblent formés, à la périphérie seulement, d'un tissu solide correspondant à l’'épiderme; par tout le reste, ils présentent un tissu lâche, traversé de conduits intercellulaires. L'on ne sait si, comme les coussinets foliaires des Cycadées, ils se détachaient d’eux mêmes des parties vieilles du tronc.

Nous avons dit que des cinq petites cicatrices mentionnées dans la diagnose, deux occupent la partie supérieure du coussinet et les trois autres la moitié inférieure de la cicatrice foliaire: ces’ cicatrices peuvent présenter des variétés vraisemblablement accidentelles ; on voit de plus, sur les échantillons très bien conservés, immédiatement au-dessus de la cicatrice médiane, une petite cicatrice, ordinairement triangulaire, dans laquelle STuR voit la trace d’une ligule.

Le tronc des Lépidodendrons était simple jusqu'à une certaine hauteur et il portait, grâce à une ramification sympodiale répétée, une couronne

Fig. 141.

Lepidostrobus Dabadianus Schimp. de rameaux dont les branches princi-

1 cône fructifère entier, moitié de sa grandeur naturelle. pales s'écartaient les unes des autres

2 coupe longitudinale du même. 3 portion d'un macrosporange

avec Imacrospores (grossi). 4 macrospores, grossies 40 fois. PONS angle très obtus ; avec les 5 tetrade de microspores, grossies 40 fois. dichotomies inégales > Se montraient

aussi des dichotomies égales.

Les épis ou cônes fructifères (Lepidostrobus) variaient autant pour la forme et le volume que les fructifications des Lycopodes actuels; ils étaient ovalesallongés ou très longs, cylindriques. Les sporangiophores en forme de pétiole

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détachés horizontalement se terminaient en une lame plus ou moins longue, lancéolée ou linéaire-lancéolée, qui ne se détachait pas d'elle même. Les fructifications étaient terminales sur les plus petites branches, les plus grosses vraisemblablement pendantes, et elles se détachaient à la maturité ce qui n’est plus le cas pour les Lycopodiacées actuelles. Le microspores, de forme tétraédrique, ressemblaient par la taille, comme par les autres caractères extérieurs, à celles des Sélaginelles vivantes, les macrospores, de forme sphérique, étant d'ordinaire plus grosses. Comme ces fruits se trouvent d'ordinaire isolés, c'est seulement dans de rares cas que l'on peut les rapporter à l'espèce dont ils proviennent, et nous ignorons si les différentes formes de Lépidodendrées carac-

Fig. 142.

Ulodendron minus Lindl. et Hutt.

térisées par leur structure interne ou leur aspect extérieur, présentent aussi des particularités déterminées relativement à leurs organes de fructification.

LÿUlodendron Rhode (Zepidodendron Güpp., Stur). Tronc épais, moins fortement ramifié qui celui des ZLepidodendron; rameaux de premier ordre atteignant un

188 PTÉRIDOPHYTES. LYCOPODIACÉES

diamètre de plus d’un pied, les autres branches proportionnellement épaisses aussi géniculés, aux grosses cicatrices ou formant des sympodes complètement développés; feuilles très serrées chez une espèce (ou chez toutes?) courtes, linéaires lancéolées; coussinets foliaires, même sur les plus grosses branches, proportionnellement petits, de forme carrée-losangique, ou, comme les jeunes coussinets de Lepidodendron, étirés à leurs extrémités et losangiques-fusiformes, ou encore presque scutelliformes. Les coussinets en fuseau portent la cicatrice foliaire à l'extrémité supérieure, les autres montrent au centre une petite cicatrice saillante. Sur toutes les branches, petites ou grosses, se trouvent des séries opposées, régulièrement alternes, de disques concaves, très grands, ronds ou oviformes, qui présentent au centre une cicatrice ronde. Ces disques peuvent atteindre sur les branches principales, une hauteur de 15°% sur 10m de largeur; ils présentent des traces de feuilles semblables a celles des branches, un peu déviées seulement de leur disposition normale, ou des impressions et des saillies linéaires, disposées radialement. L’écorce est très épaisse, le cylindre ligneux a peu d'épaisseur.

Les disques dont nous venons de parler, ont donné lieu à différentes interprétations: BronGNiART les prit pour des tubercules sphériques ou hémisphériques revêtus de feuilles ou d’écailles qui se prolongeaient en une branche courte ou en racines aériennes; Linpzey ct Hurron y voyaient le point d'insertion de fleurs ou de fructifications; Srur les considérait comme des cicatrices de bulbilles; nous croyons qu'ils représentent les points d'insertion de cônes fructifères très courts, et nous nous basons, pour soutenir cette opinion, sur les faits suivants: les branches sur lesquelles se trouvent ces cicatrices ! sont des sympodes, cela ressort surtout de l'observation des branches géniculées, dont chaque angle correspond à un rameau (voyez fig. 142); nous voyons par l'exemple des Lycopodes, plantes voisines, que cette forme en zig-zag du sympode peut être modifiée par le développement. Les cicatrices sont régulièrement alternes en deux séries opposées, sont comme nous voyons chez les Selaginelles, dans la formation sympodiale des tiges et des rameaux, les branches se développer ou subir en alternance, un arrêt de développement. Les épis fructifères, chez les Lycopodes et Sélaginelles, n'étant autre chose que des branches plus ou moins modifiées, on peut admettre que les cicatrices dont nous parlons proviennent de rameaux fructifères. Par suite de l'accroissement en épaisseur que prend l'écorce, le court rameau de forme conique et sa base sont débordés et ils sont finalement détachés. On peut opposer à l'opinion que ces cicatrices proviendraient de bulbilles les raisons suivantes: 1° les bulbilles, qui se trouvent chez les Lycopodiées, proviennent des feuils ou sont des formations axillaires qui tiennent la place des sporanges; elles ne laissent point de cicatrice se détachant; 2° les bulbilles n’ont jamais la disposition régulière que montrent les cicatrices d’ Ulodendron et elles correspondent encore bien moins aux coudes sympodiaux. WiLLIAMSON ? pense avoir vu les traces de faisceaux vasculaires correspondant à la cicatrice centrale.

! On ne peut savoir si les fragments, épais parfois de plus d’un pied et porteurs de très grosses cicatrices, proviennent du tronc principal; on ne peu guère l’admettre,

? WILLIAMSON, On the organisation etc. part I.

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Il n’est pas vraisemblable, bien qu’on l’aie quelquefois admis, que l’on doive rapporter aux Ulodendrées du Culm le Zepidodendron Veltheimianum et le Knorria longifolia, ni que ces végétaux, pris en général, soient seulement des formes particulières de certaines Lépidodendrées. On trouve communément, dans le Culm des Vosges supérieures, avec les fragments de troncs et de branches d’Ulodendron, de nombreux restes de ce ZLepidodendron et de Knorria longifolia; ceux-ci se distinguent au premier coup d’œil par leurs grands coussinets foliaires et par l’absence des larges cicatrices. Pour quelle raison la forme supposée bulbifère présenterait-elle des différences aussi importantes par rapport à l'appareil foliaire ?

Localité: Dans les plus anciennes formations carbonifères; rarement dans les formations moyennes, par une série d'espèces, aussi bien en Europe que dans l'Amérique du Nord.

Lepidophloios Sternb. Tronc (ou rameaux?) pourvus de branches qui se détachent presque horizontalement et sont disposées sur quatre rangs, résultat d’une dichotomie croisée; coussinets foliaires épais, convexes, transversalement rhombiques, les plus grands tronqués, ovales; cicatrices foliaires à l'extrémité inférieure des coussinets, également losangiques, avec trois petites cicatrices de Lepidodendron et, au-dessus de celles-ci, une quatrième cicatrice plus petite (ligule ? ou conduit intercellulaire); il ne reste après la chûte que de petites cicatrices rondes dépourvues de traces de coussinet; feuilles larges, épaisses, rétrécies à leur point d'insertion ou longues et étroites, linéaires-lancéolées.

Les coussinets foliaires sont imbriqués de haut en bas; ils étaient donc réfléchis, apparemment et les feuilles s'élèvent de leur extrémité inférieure. Les bords du coussinet parfois fortement étirés sur le côté, sont irrégulièrement échancrés, ce qui est dû au mode de déchirure de l’épiderme.

Comme la systématique des Lépidodendrées n’est basée jusqu'ici que sur la forme des coussinets foliaires, le genre que nous venons de décrire se trouve suffisamment justifié.

Localité: Dans le carbonifère moyen; pas très rare.

Lomatophloios Corda (ZLepidophloios Brong., Williams.). Rameaux disposés sur quatre rangs (régulièrement ?); coussinets foliaires dressés, coniques, prismatiques, détachés dans le haut; cicatrices foliaires presque losangiques, décurrentes sur le coussinet par prolongement aliforme du dos de la feuille; feuilles très longues (jusque 30 M) graminiformes, avec une nervure moyenne forte et de nombreux stomates ovales; écorce très épaisse; cylindre ligneux entourant une moëlle épaisse, formé de vaisseaux scalariformes larges en dehors, étroits vers la périphérie; c’est de ces derniers que partent les cordons vasculaires qui se rendent aux feuilles.

Le petit nombre d'échantillons que l’on possède ne permet pas de décider si ce genre est identique au précédent ou s’il en est bien distinct. En tout cas, les coussinets foliaires des exemplaires connus sont très différents.

Localité : L'espèce que CorpA a fait connaître comme type de ce genre sous le nom de Z. crassicaulis, provient du carbonifère supérieur de Radnitz; on ne sait si le Lomatophloios de Wirzramson lui est identique et si elle provient du même horizon.

1 WILLIAMSON, On the organisation etc. part II pl. XXVI et part LIT,

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Knorria Sternb. (Diplotegium Corda, ZLyginodendron Williams.). Type arborescent, au tronc épais, ramifié à la partie supérieure par des dichotomies répétées; les branches sont d’abord dressées au point de bifurcation, serrées l'une contre l’autre, de facon à former un plan feuillé, puis elles se séparent sous un angle assez ouvert en formant un coude ‘, les rameaux plus petits sont repoussés sur le côté par les grosses branches qui forment le sympode, souvent ils dont courbés, aplatis, à vive arête sur l’un ou l’autre côté; la partie basilaire du tronc est conique, chargée de proéminences arrondies ou allongées, elle passe à une racine de Stigmaria pourvue de tubérosités disposées en spirale; feuilles longues, étroites, linéaires, acuminées; coussinets foliaires recouverts par l’'épiderme, rhombiques-allongés, ayant presque toujours perdu l’épiderme sur les branches et les troncs; ils sont semi-cylindriques, serrés, tronqués à l’extrémité supérieure, parfois longs de 5€" sur le tronc et les branches principales; ils laissent après leur chûte, une cicatrice profonde, de forme arrondie, sans trace de l’ancien champ du coussinet; les coussinets des petites branches sont coniques, presque subulés; le parenchyme cortical est partagé en mailles rhombiques étirées par la différentiation des éléments.

Ce type a été aussi réuni aux Lepidodendron par GÜÔPPERT, STUR, GRAND’ EurY; le Ænorria longifolia Gôüpp., caractéristique du Culm, a été rapporté au Zep. Veltheimianum, au genre Ulodendron, par conséquent.

Dans les Vosges supérieures, (vallées de Thann et Niederburbach), où les restes de ce type se rencontrent communément avec le ZLep. Veliheimianum et les Ulodendron et conservent

Fig. 143. une hauteur de plusieurs pieds, on trouve en-

Knorria imbricata Sternb. Grauwacke des core de ces fossiles pourvus de leurs branches.

Re Er à Bien que les conditions de fossilisation soient exactement les mêmes que pour ces derniers types, on n’a pu encore trouver un passage des Knorria avec l’un ou l’autre; jamais on n’a rencontré un tronc ou une branche portant les grandes cicatrices des Ulodendron, ou les coussinets des Lepidodendron qui gisent dans les mêmes couches. On trouve toujours le tronc des Knorria avec les mêmes coussinets en demi-cylindres tronqués par le baut, coussinets qui sont souvent tellement longs que Gürrert les considère comme les feuilles elles-mêmes (Xn. longifolia et imbricata G.). On a basé le genre Didymoplhyllum Güpp. sur les caractères particuliers que fournissent parfois les coussinets à leur partie supérieure lorsqu'ils sont dentés ou portent une courte échancrure; le genre Aneistrophyllum Gôpp.® a été fondé sur l’épaississement

1 Kôüczin et Scarmrer, Terrain de transition des Vosges pl. XIX et XX. 2 KôücuziN et Senrmper, Terrain de transition des Vosges pl. XI et XII.

LEPIDODENDRÉES 191

conique de la partie inférieure du tronc (partie supérieure de la racine?) pourvu de proéminences papillifères dont nous avons parlé plus haut.

Le genre Ænorria se distingue aussi essentiellement du ZLepid. Veltheimianum et des Ulodendron par la structure interne de l'écorce. Par suite d’une différenciation régulière de ses tissus le parenchyme se divise en champs de mailles losangiques-allongées, disposées concentriquement qui, dans les fragments de tronc conservés, sont limités par une lamelle ligniteuse formée d'éléments amorphes, tandis que le champ lui-même, est remplacé par une masse pierreuse : de couleur claire. Une structure identique s’observe dans les genres Diplotegium, Corda, et Lygynodendron Williams. RENAULT a expliqué cette disposition par sa belle étude sur la structure de l’écorce du ZLepid. rhodumnense et du Sigillaria spinulosa, qui avait été nommée par BronGnrarT Dictyoxylon. Par suite de la disposition des couches de mailles, l'écorce de ces végétaux se sépare facilement en zones concentriques et celles-ci présentent, aussi bien du côté interne que du côté externe, des rhombes que l’on pourrait prendre facilement pour les empreintes de coussinets foliaires de Zepidodendron et qui en effet, ont été, considérés comme tels. Corp a figuré un fragment semblable sous le nom de Sagenaria fusiformis, je l'ai moi-même figuré comme Sagenaria Veltheimiana dans la partie botanique des Terrain de transition des Vosges pl. XXII fig. 4. La pression latérale que peuvent subir les mailles dont nous parlons, les transforme en lamelles qui se recouvrent à la façon des tuiles d’un toit.

La partie souterraine du végétal tient des Stigmarias aussi bien par sa position que par sa ramification; elle se distingue cependant de la vraie forme Stigmaria parce que les cicatrices n’ont pas la forme régulièrement arrondie avec une petite cicatrice vasculaire au centre; elles se présentent sous l'aspect d’une tubérosité assez large, aplatie, sans trace de cicatrice vasculaire. Ces tubérosités semblent, pour ainsi dire, être dues à des écailles charnues (feuilles accessoires ?). Elles se trouvent aussi sur la portion du tronc qui a reçu le nom de Ancistrophyllum *.

Localité: Dans le dévonien supérieur (et moyen?), et surtout à la partie la plus inférieure du carbonifère; de là, sporadiquement, jusque dans le carbonifère supérieur.

Halonia Lindl. et Hutt. Végétal à rameaux bifurqués, branches se détachant sous un angle obtus. Tronc et branches pourvus d’excroissances mammiformes, disposées en spirale et recouvertes de petites cicatrices foliaires. Celles-ci sont losangiques, à grande diagonale disposée transversalement (sans coussinet ?); elles forment des tubérosités arrondies lorsque la couche la plus externe de l'écorce s’est détachée. Cylindre ligneux entourant un cylindre médullaire et montrant la même organisation que les Lépidodendrons du type du Z. Harcourtii, formé principalement, en dedans, d'éléments fibro-vasculaires étroits, dans la partie moyenne de vaisseaux scalariformes larges et, vers la périphérie, de vaisseaux scalariformes d’étroit calibre, d’où partent les faisceaux vasculaires des feuilles; de nombreux faisceaux assez épais traversent le parenchyme cortical et se terminent dans les papilles de la surface du tronc.

! Terrain de transition des Vosges pl. IX et XI.

192 PTÉRIDOPHYTES. LYCOPODIACÉES

Bixney, dans un remarquable travail, voit dans les Halonia: les Stigmarias des Lépidodendrons; il n’en peut être ainsi. Les excroissances, pourvues de feuilles comme le tronc lui-même, sont vraisemblablement des rameaux non développés et non des racines abortives; elles sont par conséquent, le résultat, d’une ramitication dichotomique qui se poursuit en spirale et dans laquelle la plupart des branches sont restées rudimentaires, tandis que les autres forment le sympode. On ne sait si une portion de ces branches était fructifère.

Il faut certainement placer dans ce genre le Cyclocladia, Goldenb. et Feistm., nec Lindl. Dans cette forme, les branches rudimentaires sont seulement plus développées.

Localité: Carbonifère moyen.

Cyclostigma Haughton. Arborescent, ramification dichotomique. Traces des feuilles petites, hémisphériques ou aplaties orbiculaires, portant au centre une petite cicatrice mousse.

C’est un type végétal problématique, dont on ne connaît encore ni les feuilles, ni les fruits, ni la structure interne.

Localité: Dévonien supérieur et partie inférieure du carbonifère (Culm) dans l'Amérique du Nord, à l'île des Ours et surtout dans le Vieux grès rouge à Kiliorkan, en [rlande, en même temps que les Zepidostrobus Baïlyanus Sch., Palæopteris hibernica etc.

Fructification des Lépidodendrées.

Lepidostrobus Brong. (fig. 141 p. 186). On comprend sous ce nom les fructifications en épi ou en châton qui, par leur structure, ressemblent à celles des Lycopodiacées, et surtout des Sélaginelles. Les dimensions et autres caractères extérieurs de ces fructifications présentent une assez grande variété, comme chez les formes affines aujourd'hui vivantes. Elles peuvent n’avoir qu’un pouce de longueur ou atteindre plus d’un pied de long, elles peuvent être ovoïdes, ovales ou ovales allongées, cylindriques; les feuilles fructifères se terminent par une dilatation courte, lancéolée ou plus ou moins longue linéaire, redressée et qui, surtout dans le premier cas, vient se serrer entre les deux feuilles fructifères supérieures, de telle sorte que l’épi semble formé d’écailles imbriquées; dans le dernier cas les limbes forment une touffe dressée. Les feuilles fructifères chez le Z. Bailyanus sont très étroites, acuminées et rigides, de sorte que cet épi semble aristé.

Les feuilles fructifères se détachent perpendiculairement de l’axe de l’épi sous la forme de pétioles presque ronds ou aplatis; le limbe s'élève verticalement tout contre l'extrémité externe du sporange, se prolongeant parfois vers le bas en un éperon aplati, lancéolé. Les deux sortes de sporanges, les microsporanges et les macrosporanges sont séparés, les premiers situés à la partie supérieure, les seconds à la partie inférieure de l’épi. Il n’est pas encore démontré qu'il existe des fructifications isospores. Comme les longs épis ne s’observent d'ordinaire qu’en fragments, il arrive facilement que les débris observés

? Observ. on the Struct. of Fossil PI. part III (Palæontogr. Soc. 1872). Voyez aussi SCHIMPER, Traité de paléontologie végétale et WizLraMsON, : Organis. etc. (Philos. Transact. 1872.)

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