‹ Traité de paléontologieChapitre 76 sur 183 · TES · texte numérisé non relu

TES

Le groupe Tsuga fournit une espèce (P. Tsuga Sieb. et Zuccar.) au Japon, P. Pattoniana Parlat. et P. Mertensiana Brong. sur le versant pacifique, P. canadensis L. sur le versant atlantique de l’ Amérique du Nord; le groupe Pseudotsuga est limité à la Chine (P. Fortunei Parlat.) et au versant pacifique de l’Amérique du Nord (P. Douglasii Sab.).

La première apparition du genre est signalée par Srur dans le Carbonifère avec Pinus antecedens. Cependant la détermination de ces petits fragments de rameaux n'est rien moins qu'assurée, et ils peuvent très bien appartenir à un Lepidodendron. En outre il faut ajouter, autant que le permet la figure, un Ptilophytum également douteux de M. Dawson (Dawsox, Foss. Plants of Canada Part. IL. Montreal, 1882). On n’a encore découvert dans le Carbonifère moyen et supérieur, ni dans le Permien aucun reste végétal qui fournisse un argument en faveur de l'existence du genre Pinus, pas même les fossiles décrits par M. Her sous le nom de P. Bathursti. J'ai démontré depuis longtemps, en prenant le type pour point de départ, que le Pinites Güppertianus décrit par M. SCHLEIDEN dans le Muschelkalk d’Iéna, est identique avec le bois de Pinus sylvestris L. et qu’il y a eu là une confusion. Le Pityoxylon Sandbergeri Kr., soi-disant du Keuper, appartient au Tertiaire, probablement de Hongrie.

C’est seulement dans le Rhétien qu'apparaissent des fossiles fournissant des preuves meilleures de l'existence du genre; telles sont les graines, cônes et fleurs mâles ressemblant à celles des Cèdres, décrits par M. NarxorsTr sous les noms de Pinites Nilsoni et de P. Lundgreni et provenant du Rhétien de Palsjà : ils peuvent cependant appartenir à un autre genre. La présence dans le Rhétien de Silésie, du Cedroxylon pertinax Kr., qui, par la structure de son bois est analogue au groupe Abies, n'est pas une preuve plus certaine de l’existence du genre Pinus dans le Rhétien; car, une structure s’accordant avec celles des Araucariés ou s’en rapprochant beaucoup, est très commune parmi les bois des formations paléozoïques sans que pour cette raison les Conifères &e ces dépôts soient des Araucariées.

Dans le Lias on n’a trouvé aucun fossile qui prouve indubitablement l'existence du genre, et la remarque précédente s'applique aux bois cités dans le Lias anglais (Cedroxylon Huttonianum Kr., C. Lindleyanum Kr. Whitoy; Pinus Schambelinus Heer du Lias de Schambelen est un fossile impossible à caractériser; Pinites elongatus Lindl. et Hutt. du Lias de Whitby est douteux.

Parmi les espèces de l’Oolithe, P. Maakiana Heer, d'Ust Balei en Sibérie peut être une graine appartenant au genre Pinus, tandis que les cônes du P. prodromus Heer appartiennent vraisemblablement aux Cycadées; les rameaux courts feuillés peuvent provenir tout aussi bien de Schizolepis, ou d'un genre

1ETTINGSHAUSEN à tenté (Beitr. z. Phylogenie der Pflanzenarten. Wien, 1877) de faire dériver les espèces allemandes de Pin du P. Palæostrobus tertiaire. Je ne méconnais nullement la perspicacité de ces recherches, je dois cependant avouer que les restes fossiles me paraissent présenter trop peu de points de repère pour voir dans ces études autre chose qu’un essai, Je ne conteste pas que l’origine de notre végétation actuelle se trouve dans le tertiaire, mais pour beaucoup de formes, on doit remonter encore plus loin.

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voisin de celui-ci. C’est d’autant plus vraisemblable que M. Narxorsr m'écrit avoir trouvé, dans les schistes noirs jurassiques de la baie d’Advent au Spitzberg, des cônes fossiles! voisins de Schizolepis et l’on rencontre encore des rameaux courts avec les feuilles. Il faut remarquer ensuite que P. Quenstedti Heer et P. Staratschini Heer du Cap Staratschin au Spitzberg ne prouvent pas l'existence des pins à deux et à cinq feuilles, et ne sont pas identiques avec les espèces de même nom du Crétacé; d’ailleurs les schistes noirs que l’on observe dans cette région sont bien jurassiques, et la première espèce citée appartient au P. prodromus Heer du Spitzberg, mentionné plus haut, la seconde au P. Nordenskiôldi Heer, que l’on peut à peine rapporter au genre Pinus.

Il est vraisemblable que le genre Pinus existait déjà dans l’Oolithe, comme permet de le conclure le P. microphylla Heer du cap Boheman au Spitzberg et d'Andôü, dont la structure de l’épiderme ne diffère guère de celle de Tsuga; mais il ne s'ensuit pas pour cela que l’on ait affaire à un Tsuga. Nous en avons encore des preuves plus certaines dans les P. Coemansi Heer de l’Oolithe de Belgique, P. depressus Carruth. et P. Füttoni Carruth. du Kimméridien anglais, tous connus par des cônes. M. DE SAPoRTA décrit, comme provenant du Kimméridien français (lac d’Armaille), sous le nom de P. oblita, une graine ressemblant à celle d’un pin.

A l’époque Wealdienne, l'existence du genre paraît sûrement démontrée par les P. Dunkeri Carruth., P. Mantelli Carruth., P. patens Carruth., reconnus par Carruthers pour des cônes de Conifères, et provenant du Wealdien de l’île de Wight et de Kent, et ensuite par la feuille du P. Zinkii du Wealdien du nordouest de l'Allemagne qui se rapproche par sa forme et par la structure de l’épiderme, de la feuille d’Abies.

Les cônes étudiés par Carruthers et provenant du Crétacé d'Angleterre, P. Leckenby Carruth., P. Bennstedti Carruth., P. oblongus Carruth., P. Sussexiensis Carruth. suffisent pour prouver l'existence du genre à l’époque du crétacé inférieur; parmi ces espèces, les deux premières appartiennent au genre Cedrus. D'autre part P. Peterseni Heer, P. Quenstedti Heer de l’Urgonien du Groënland (Kome), qui se rencontrent encore à Wernsdorf en Moravie, démontrent la présence des pins, mais le groupe de pins auquel ils appartiennent est douteux; en effet on n’a pas constaté avec certitude chez le premier la présence de deux feuilles dans la gaîne, ni chez le second la présence de cinq feuilles. Le P. Eirikiana Heer est douteux; on peut certainement le comparer à un sapin à longues feuilles, par exemple à P. Pindrow Royle de l'Himalaya ou à P. holophylla Parlat. du Japon; mais on peut conclure avec autant de raison que l’on a affaire à une Taxinée, ou à Pseudolarix, à Sciadopitys, dont la forme d’épiderme se reconnaît chez P. Crameri (p.283 — le rameau figuré par M. Heer peut appartenir au Sequoia Smittiana Heer), et chez d’autres feuilles de Conifères de Kome en Groënland, que M. NarHoRsT nous à communiquées. Sont également

1 Phyllocladites rotundifolius Heer est très voisin d’une esquisse de ces cônes de la baie d’Advent, esquisse qui nous à été communiqué par M. Narxorsr, et les deux espèces peuvent très bien être identiques.

PINUS 390 douteux P. lingulata Heer et P. Olafiana Heer, le dernier considéré avec doute comme Pinus par M. Hger lui-même.

Dans le Crétacé supérieur, P. Quenstedti Heer (Moletein, Bohême, Groënland) peut être rapporté à ce genre; mais on ne peut guère, si les cônes détachés appartiennent bien aux branches. le rapporter aux Pseudostrobus: les rameaux feuillés n’ont encore fourni à ce sujet aucun éclaircissement. P. vaginalis Heer, des couches d’Atane du Groënland, n’est sûrement pas un pin à deux feuilles, mais un fragment de Pañera. Par contre, P. upernivikensis Heer du Groënland, ainsi que (abstraction faite des cônes de Cedro-Cembra et de Strobo-Cembra), les cônes de P. Corneti Cœm. (Cedrus), P. Omalii Cœm., P. Briarti Cœm. de la craie de Belgique, et P. gracilis Carruth. du gault anglais, Cedrus Lenieri Sap. du Crétacé du Hâvre, fournissent des preuves certaines de l'existence des genres Cedrus et Picea à cette période; on ne saurait décider si P. Andræi appartient au groupe Tæda ou à Pseudostrobus. On ne peut mettre en doute qu’à la fin de la formation crétacée le genre Pinus ne fût représenté par plusieurs groupes, et l’on ne saurait pas davantage contester qu'une partie des fossiles attribués au genre Pinus n’appartienne pas à ce genre, mais .se rapproche de Sciadopitys, comme cela résulte de la forme et de la structure des feuilles; une autre partie de ces fossiles peuvent appartenir ou à Schizolepis ou à une Conifère voisine de ce genre; signalons enfin comme pouvant prêter à confusion, le groupe Pseudolarix chez lequel, on le sait, les écailles des cônes tombent, les graines sont ailées et dont la distribution actuelle comparée à celle des fossiles, est la même que pour Gingko, Sciadopitys.’

Dans le Tertiaire, les fossiles du genre Pinus sont nombreux. De même que peu de plantes fossiles des périodes antérieures fournissent des renseignements mieux fondés que les Conifères sur la phylogénie du règne végétal, ainsi à l’époque tertiaire, on peut en dire autant pour les fossiles attribuées au genre Pinus. Les cônes fournissent encore, dans les cas de bonne conservation, les renseignements les plus sûrs pour la distinction des espèces; les caractères basés sur les feuilles ont moins de valeur, notamment à cause des conditions dans lesquelles la plupart de ces feuilles sont conservées, car on ne retrouve en grande quantité que des fragments ou des feuilles détachées, et l’on ne peut rien conclure avec certitude, au sujet du nombre des feuilles des rameaux courts des pins, de l’examen de ces feuilles. Nous avons des exemples de ces restes douteux. dont on peut dire seulement qu'ils sont des feuilles fossiles du genre Pinus, dans P. Langiana Heer, P. tædæformis Heer du miocène de la Suisse, ?. macrosperma Heer du Spitzberg et autres; ils ne présentent aucun caractère permettant de ranger ces feuilles dans l’un ou l’autre des groupes auxquels on les a rapportées.

Dans d’autres cas, on peut reconnaître des feuilles de Conifères, mais on ne peut décider si ces feuilles appartiennent réellement aux groupes parmi les-

1Remarquons ici que les feuilles mentionnées p. 284 sous les noms de Sciadopitytes linearis Güppert et de Sciadopitytes glaucescens Güppert provenant de l’ambre du Samland n’appartiennent pas à des Conifères, ce sont des feuilles de Dicotylédones,

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quels on les classe. Tels sont par exemple: P. Brauniana Heer d'Œningen, qui n’est certainement pas un pin à deux feuilles, mais, si c’est une feuille de conifère, plutôt un sapin; P. Hayesiana Heer, de la Terre de Grinnell et du Groënland, qui se rapproche plutôt de Pseudolarix, P. hyperborea Heer qui est sans doute une feuille de Taxinée, tandis que, sous le nom de P. polaris Heer, sont réunies des feuilles d'origines différentes, et que les rameaux de ?P. Dicksoniana Heer et de P. Malmgreni Heer peuvent fort bien appartenir à Taxodium.

En outre, la forme des feuilles des pins, des cèdres et des mélèzes caractérise-telle seulement ces groupes, et les feuilles fossiles qui ont cette forme doiventelles être toujours et partout rapportées à des feuilles de Conifères? La distinction des espèces basées sur les nervures de feuilles semblables à celles des pins, est douteuse, lorsque l’on n’a pas recours en outre à d’autres caractères. La présence de ces nervures est une conséquence essentielle de l’état de conservation des fossiles, sur lesquels une structure déterminée reste plus ou moins visible. En ce qui concerne les feuilles fossiles, nous avons principalement affaire, en tant qu'il s’agit de feuilles séparées ou de touffes de feuilles, à des organes vieux, tombés de la plante, fait que nous observons encore aujourd’hui dans les forêts d'arbres à aiguilles, et qui explique Ja rencontre relativement rare des rameaux. Dans les feuilles des genres Abies, Tsuga, Pseudotsuga, il y a toujours une nervure médiane, de même encore chez Larix, Cedrus, Pseudolarix; chez Picea toutefois, quand la feuille est fortement quadrangulaire, une arête se présentera sous l’aspect d’une nervure médiane, mais que l'on ait la feuille d’un pin également aplatie, il en résultera l’apparence de deux

nervures, d’où une erreur causée par la compression. Chez toutes les espèces

qui ont plus de deux aiguilles par rameau court, on voit naître par dessiccation sur la face supérieure des feuilles, une carêne qui manque aux aiguilles groupées par plus de deux sur les rameaux courts. Dans le premier cas, il y a alors une apparence de nervure médiane, dans le second, il n’y en a pas. Enfin, par une très forte compression, les faisceaux conducteurs peuvent encore devenir apparents.

Des nervures latérales existent encore sous forme de traits fins chez les fossiles lorsque la feuille possédait sous l’épiderme des cordons hypodermiques et ces nervures sont d'autant plus visibles que les cordons étaient plus forts; elles manquent lorsque la «couche hypodermique» est continue sous l’épiderme. Dans les cas de bonne conservation, et à un faible grossissement, les rangées de stomates prennent encore l'aspect de fines nervures.

Dès lors, puisque la structure de la feuille peut être différente pour les plantes d’un même groupe, et que les espèces de groupes différents peuvent avoir la même structure de feuille, l’aspect des nervures n’aura d'importance qu’en tant qu'il laisse supposer une structure déterminée; une distinction certaine des groupes et des espèces ne saurait donc avoir ce caractère pour base, et l’on devra toujours considérer en même temps l’état de conservation.

Un nombre plus considérable d'espèces est basé sur la rencontre en un même gisement de parties diverses de plantes, rameaux, feuilles, cônes, écailles strobilaires et graines. Une telle combinaison peut en partie se trouver fondée, mais elle n’a pas de sérieux points d'appui, spécialement dans le cas où l’en a affaire

à des débris qui ont été rassemblés par les cours d’eau. Cette détermination est inadmissible, lorsque par exemple se trouvent réunies avec des écailles isolées d'aspect semblable à celles de Picea ou de Tsuga, des feuilles comme celles de Tsuga ou de Picea, ou lorsque des écailles isolées ressemblant à celles de Picea se trouvent avec des feuilles comme celles des Sapins. Enfin des Conifères fossiles peuvent être très semblables à des espèces vivantes sans qu'il s’ensuive nécessairement pour cela l’identité des fossiles avec les espèces actuelles. C’est entre autres, le cas, pour les rameaux et les cônes de Pinus Abies Heer et de P. montana Heer du miocène de la Terre de Grinnell et du Spitzberg.

Parmi les fossiles, considérons d’abord un cône qui a été décrit par M. DE SAPoRTA sous le nom d’ÆEntomolepis cynarocephala (Ann. des se. nat. Bot.

Ser. V, vol. IV p.55; SCHIMPER, Traité vol. Il p.260) et qui provient de l’Oligocène d’Armissan près Narbonne (fig. 234). Comme on peut le voir, la bractée mère Fig. 254.

se prolonge au-delà do l'écaille mené qmenne Sun Vos Ans pr er qui porte les graines, elle est frangée sur les bords, acuminée, courbée vers le bas, les écailles ovulifères persistantes. D’après cela, la structure du cône répond au groupe Pseudotsuga, le cône lui-même serait voisin de celui de P. Fortunei Parlat., que je connais seulement par les descriptions. Jusqu'à maintenant les feuilles n’ont pas été observées. Ce fossile pourra parfaitement se placer auprès de Pinus.

Dans les autres groupes, on possède des feuilles, des fleurs, des cônes, des graines isolés, cependant la conservation est rarement suffisante pour que l’on trouve réunis ces organes différents. Ordinairement, pour l'établissement des espèces, on combine des feuilles avec des cônes et des graines ou encore, suivant le cas, on les décrit séparément; on distingue de cette façon un nombre assez grand d'espèces dépendant de l’état de conservation de ces fossiles. Le plus grand nombre de ces espèces appartient aux groupes Pinaster, Tæda et Pseudostrobus, et à quelques autres groupes. Il est possible cependant que, parmi les fragments attribués aux groupes Abies et Picea, il s’en trouve qui soient des Taxodium ou des Sequoia. Pour les espèces basées seulement sur les graines, on peut se demander si celles-ci conviennent en général pour fournir des

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. II. 22

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caractères distinctifs des groupes ou des espèces; d’après ma propre expérience, je puis affirmer qu'il n’en est pas toujours ainsi, bien que l’on ne doive pas contester que la taille des graines et celle des écailles soient entre elles dans un rapport fixe. Enfin il faut encore faire ressortir que des cônes rongés par des animaux ont été décrits comme espèces distinctes, il en est ainsi de P. spicæformis Unger, P.

Lardyana Heer en partie (Flora tert. Helv. vol. I).

Je mentionnerai ensuite quelques espèces : P. Philiberti Sap.

de l’'Eocène d’Aix, P. Defrancii Brongn. de l'Eocène de Paris (Pseudostrobus), de nombreuses espèces de l’Oligocène d’Armissan décrites par M. DE SAPORTA, parmi lesquelles P. echinostrobus Sap., peut-être identique avec le P. Palæostrobus Ettingsh.

(Strobus) qui a un habitat très étendu et vit jusqu’au Miocène.

Le nombre des espèces décrites dans le Miocène est encore plus considérable, citons P. spinosa Herbst (P. resinosa Ludw.) (fig. 235) de Kranichfeld près Weimar (Tæda d’après HEeer, cependant plutôt attribuable à Pinaster), P. Mettenii Unger (Pseudostrobus), P. pinastroides Unger, P. Ungeri Stur, P. Hampeana Unger (Pinaster). Si la détermination des groupes auxquels les fossiles signalés à la fin du Miocène sont attribués est exacte, les groupes Tæda, Pseudostrobus, Strobus et Pinaster, sont largement répandus pendant le Tertiaire en Europe; dans le Pliocène ces formes existent encore, par exemple Pinus Santiana Gaud., mais déjà se présentent avec elles P. sylvestris L., P. montana Mill. var. Pumilio, P. caroliniana Carrière, identiques avec les formes actuelles, dont la distribution était différente de celle d'aujourd'hui. Les fossiles des groupes Cedrus, Larix, Abies, Picea et Tsuga, et ceux qu'on y a rangés sont beaucoup plus rares que les restes des pins, surtout si l’on en distrait (voyez ci-dessus) une partie de ceux décrits par M. Herr. Nous avons déjà mentionné que P. Lopatini Heer est le seul fossile tertiaire du groupe Cedrus; des cônes de Larix ont été décrits par M. LupwiG et attribués d’une façon très dubitative à ce groupe; au contraire ZLarix austriaca Schimper (Ælate austriaca Unger, Stenonia Endl., Pinus Ungeri Heer) peut bien être un mélèze du Miocène, bien que cela ne soit pas prouvé; dans le Pliocène, on a le P. Larix L. Au groupe Abies appartiennent P. Oceanines Unger, P. balsamoides Unger, P. Ingolfiana

Fig. 235.

Pinus spinosa Herbst. Kranichfeld près Weimar. (D'après nature.)

PINUS. CAMPTOPHYLLUM 339

Heer, P. Stenstrupiana Heer du Miocène; dans le Pliocène P. Abies Duroi, P. cilicica Ant. et Kotschy, P. Pinsapo Boiss. existent, avec une distribution toutefois plus étendue qu'aujourd'hui. Quant au groupe Picea, mentionnons P. Leuce Unger, P. Mac Clurei Heer du Miocène, P. Picea Duroi Pliocène; du groupe ZTsuga, on à P. Malmgreni Heer', dont les feuilles détachées et les graines ont été signalées.

Déjà les changements de climat survenus durant le Miocène avaient amené dans la flore du globe des modifications; vers la fin du Pliocène, elles entrainèrent la disparition d’un certain nombre de formes dans leurs régions d’habitation, tandis que d’autres formes apperurent à leur place. Ces changements climatériques se traduisent à la période quaternaire par l'extension de formations glaciaires, le retrait, puis l’extension nouvelle de glaciers durant les périodes interglaciaire et postglaciaire. Dans les Tufs de Provence, de Stuttgart, dans les schistes ligniteux de la Suisse et de la Bavière méridionale, dans le Forestbed du Norfolk et du nord de l'Amérique se trouvent des restes de Pinus, de cette période. Ces fossiles, autant qu’on ne considère que ceux d'Europe, s’accordent avec des formes qui existent encore sur ce continent. Leur distribution est cependant tout-à-fait différente: on les rencontre à présent dans les régions septentrionales ou bien sur les hauteurs, ou encore dans la plaine, sous forme de colonies dérivant de l’époque précédente dans des régions qu’elles habitaient à la période quaternaire et dont elles ont aujourd’hui pour la plupart entièrement disparu.

On peut citer Pinus Cembra L. des formations glaciaires d’Ivrea, P. Salzëmanni Dunal, P. pyrenaica Lapeyr. des Tufs d’Aygelades, des tourbières d'Irlande P. montana Müll. var. Mughus, des lignites schisteux de Suisse P. sylvestris L., P. montana Mill, P. Picea Duroi, P. Larix L., des tourbières de l’Erzgehirge de Saxe P. montana var. obliqua, des dépôts interglaciaires de Nancy P. montana Mill., P. Picea Duroi, P. sibirica Turez, P. Larix L.

On ne connaît encore avec certitude que de rares espèces de Pinus du Tertiaire de l'Amérique septentrionale, par exemple P. Palæostrobus Unger. Quant aux Abietites dubius et A. setiger mentionnés par M. Lesquereux (Tert. Flora, Washington 1878), le premier appartient à Sequoia, et le second n’est autre que le fragment d’une racine.

CAMPTOPHYLLUM Nathorst. ?

Sous ce nom, M. NarHorsT a décrit du Rhétien de Palsj des fragments de rameaux d’une Conifère, dont il nous a été possible, grâce à son obligeance d'étudier l'original. Ce sont des rameaux jeunes garnis de feuilles disposées en hélice, très serrées, linéaires, recourbées; ces rameaux, si l’on considère la

1 Thuya Rôssleriana et Th. Theobaldiana Ludwig, du Tertiaire le plus ancien de Wettéravie, doivent être rapportés au genre Pinus et sont sans doute identiques.

2 NarnoRrst, Bidrag till Sveriges fossila Flora. Stockholm, 1876. Beitr. 2. foss. Flora Schwedens. Stuttgart, 1878.

eo —

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forme des feuilles, pourraient peut-être avoir quelque rapport avec Cunninghamia, mais leur place reste toujours douteuse jusqu’à nouvel ordre. Les exemplaires montrent la plupart des feuilles brisées, la base en étant seule conservée. L'unique espèce connue est Camptophyllum Schimperi Nath. (fig. 236).

Nous reviendrons en terminant sur le groupe de graines mentionnées à la p. 241. Elles appartiennent peut-être à des Cycadées, puisque, dans les couches où elles se trouvent, on ne rencontre pas d’autres fossiles dont elles puissent provenir; on peut encore les considérer comme graines de Gymnospermes, sans qu'il soit possible de les rapporter d’une manière plus précise à quelque groupe ou genre. Les premières sont celles que M. ScarmPer (Traité t. II p. 208) a désignées sous le nom de Cycadinocarpus. On les rencontre depuis le Trias jusqu'au Wealdien avec des feuilles et d’autres débris de Cycadées; ce sont des corps ovoïdes, oblongs ou globuleux, qui souvent laissent voir à leur base leur

CPU à R. D ge on KY nS

Fig. 236.

Camptophyllum Schimperi Nath. a-c rameaux feuillés, d fragment grossi d’une feuille. Rhétien de Palsjô. (D'après nature).

point d'insertion et, dans la région opposée à la base, sous la forme d’une courte pointe, l’ancien micropyle. Elles sont recouvertes d’une croûte charbonneuse provenant des enveloppes externe et interne de la graine. En dehors de toute modification, on peut se représenter ces graines comme ayant la forme de prunes, munies d’une enveloppe extérieure plus ou moins développée, charnue et d’une enveloppe interne sclérifiée, comme les graines des Cycadées vivantes. Dès lors, si avec les restes des Cycadées se rencontrent encore des fragments de Taxinées, comme par exemple de Gingko et de Cordaïtées, on ne peut distinguer

avec certitude ces graines fossiles les unes des autres, lorsqu'on ne peut avoir

recours à un examen microscopique. Elles pourraient être confondues avec les entre-nœuds épaissis, tuberculeux du rhizome d’Æquisetum, mais la coexistence des fossiles de ce genre, ainsi que l'union de ces entre-nœuds tuberculeux avec des rhizomes, et le groupement en forme de collier de perles des entre-nœuds épaissis, sur lesquels les gaînes dentées.ou leurs traces sont souvent conservées, permettent d'éviter la confusion (v. p. 158).

ER. | dé. à à

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