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1 Najadopsis Heer répond à des échantillons tous douteux, à cause de leur état de conservation et dont la place ne peut être fixée; Najadonium comprend des restes de racines peut-être, mais on peut aussi avoir affaire à des feuilles aquatiques pinnatipartites d’une plante d’eau; Marimina peut appartenir aux Casuarinées; Sphænophora
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dernier genre n’est certainement pas une Monocotylédone, et n’a rien de commun avec les Najadacées.
Etudions maintenant la distribution des genres vivants qui peuvent, avec quelque vraisemblance, être comparés à ces restes fossiles. Le genre Potamogeton s'étend presque sur toute la surface du globe, la plupart de ses espèces appartenant à la zône tempérée. Posidonia est représenté par une espèce (P. oceanica) dans la Méditerranée, et l'Océan Atlantique de Gibraltar à Biarritz; la seconde espèce (australis) existe sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, partie sud, et de la Tasmanie. Cymodocea æquorea est répandue depuis l'Océan Indien jusque dans la Mer Rouge (jusqu’à Suez) et depuis la Mer Adriatique, la Méditerranée, jusqu'aux Canaries; ©. ciliäta depuis l'Océan Indien jusqu’à la côte méridionale de l'Australie, sur la côte orientale de l’Afrique et dans la Mer Rouge jusqu’à Suez. Zostera se trouve sur les côtes de presque toutes les mers. Cette répartition montre que les restes les mieux conservés des Najadacées, en tant qu'ils ne sont pas voisins de Potamogeton, appartiennent probablement aux trois genres mentionnés, auxquels on peut encore ajouter un quatrième genre, l’Amphibolis antarctica Agardh, voisin de Cymodocea qui se rencontre sur les côtes de la Tasmanie et de l'Australie méridionale.
4e ordre: GLUMIFLORÆ.
On a rapporté aux deux familles de l’ordre des Glumiflores, les Cypéracées et les Graminées, un nombre considérable d'espèces fossiles, la plupart basées sur des restes très imparfaitement conservés, et dont on ne saurait souvent décider s’ils appartiennent à cette division des Monocotylédones. Il suffira de rappeler ici les fragments de feuilles de Cordaïtes décrits comme Poacites cocoina Lindl. et Hutton, les feuilles de Schizolepis décrites eneore comme Poacites, les fragments de feuilles du Spitzberg possédant une forte nervure médiane et désignés sous le nom de Carex nursoakensis Heer, pour démontrer que, parmi les fragments fossiles décrits comme Graminées et Cypéracées, il en est d'étrangers aux Monocotylédones, qui appartiennent aux Gymnospermes ou à d’autres groupes. Est-il possible, lorsqu'on n’a devant soi qu’un petit fragment carbonisé de feuille, de décider si ce fossile appartient aux Najadacées, aux Graminées, aux Cypéracées, à un sapin ou à un autre groupe qui possède des feuilles analogues? L’attribution de ces fossiles aux genres vivants est non moins douteuse. La structure des feuilles des deux groupes, qui fournirait, comme je le pense d’après mes études comparatives, des points de repère pour la distinction des grands et des petits groupes, est insuffisamment connue; de plus, l’état de conservation de ces fossiles est ordinairement tel que leur structure n’est plus visible. Le parcours des nervures même, est encore insuffisamment représenté, comme il ne peut guère en être autrement d’après la méthode appliquée par ETTINGSHAUSEN; d’ailleurs ce caractère ne donnera pas toujours une certitude absolue.
comme tant d’autres fossiles décrits par MassaALONGo, ne peut être interprété sans examen du type.
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On n’est pas plus avancé pour les genres et espèces basés sur des fleurs et des fruits : déjà dans l’étude de la fleur d’une Graminée vivante il est indispensable d'apporter une minutieuse attention, pour établir les genres ou, quand on le peut, des espèces; on conçoit quelle précision on peut attendre lorsqu'il s’agit de restes fossiles. Ces restes ont été décrits comme épis ou épillets d’'Oryza (O0. exasperata Heer), comme Panicum Linné du Tertiaire de la Suisse et du sud de la France, comme Palæopyrum Schmalh. de l’Eocène de Kiew. Pour justifier l'interprétation de ces fossiles comme fleurs de Graminées, on ne peut faire valoir la plupart du temps autre chose qu’une vague analogie dans la forme extérieure, analogie qui peut être appuyée sur une ramification bien conservée des épis, et sur les pédoncules floraux articulés (Paniceæ) ou non articulés (Poaceæ). Les espèces basées sur les fruits ne possèdent pas une plus grande valeur : vivantes, ou bien lorsque la fossilisation le permet, ces plantes se laissent distinguer, à un faible grossissement, par la situation de l'embryon périphérique (Graminées), ou centrale (Cypéracées); à l’état carbonisé au contraire on ne peut guère dire avec certitude d'aucune espèce, qu’elle appartient réellement au genre auquel on l’a attribuée.
La réunion sous un même nom, de feuilles, fleurs et fruits trouvés associés, est bien incertaine. La mode de formation des dépôts qui renferment ces restes végétaux comme celui des formations charbonneuses résultant pour la plupart d’accumulations tourbeuses, exige que des débris très différents arrivent à se trouver à côté les uns des autres ou superposés.
En somme les déterminations génériques n’ont pas bien grande valeur, elles ne démontrent pas l'existence ancienne des groupes et des genres, maïs seulement celle des Graminées et des Cypéracées, ce qui ressort d’ailleurs d’autres considérations théoriques.
Parmi les restes de feuilles, Bambusa lugdunensis Sap. du Pliocène moyen de Meximieux, à en juger par les figures, se rattache à des plantes vivant encore aujourd'hui dans l'Asie orientale ; Uniola bohemica Ettingsh., Panicum miocenicum Ettingsh., tous deux de Bilin, rangés par M. px Sarorra parmi les Bambusées, sont trop mal conservés pour être déterminés; la dernière espèce peut être tout aussi bien un lambeau de feuille de palmier. J’ai déjà fait remarquer ci-dessus (p. 347) que sous la dénomination de Bambusium sont décrits des fossiles qui n’ont rien de commun avec les Graminées, mais qui peuvent être des restes mal conservés d’Équisétacées. On ne s’est pas borné à rapporter aux Bambusium les feuilles précitées, mais encore des débris de feuilles fossiles, et des fragments plus ou moins grands de tiges appartenant à Arundo Güpperti etc. ou à d’autres groupes. C’est à cette catégorie de fossiles qu'appartient un reste de feuille appelé Bambusium neocomense Heer, du Miocène du canton de Fribourg, qui me paraît être plutôt un fragment de feuille de Cycadée, mais en tout cas n’a pas les qualités requises pour une détermination précise.
On rangeait jadis les feuilles analogues à celles des Graminées, que l’on ne savait classer, dans le genre spécial Poaciles, assemblage d'espèces déplorable, se composant en majeure partie de fragments de feuilles souvent insignifiants, tous dépourvus de portée scientifique. On doit considérer comme mieux fondés
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les fossiles décrits sous le nom d’Arundo Güpperti, très répandus dans le Tertiaire d'Europe et de l'Amérique du Nord; ils sont alliés à l'espèce vivante A. Donax, dont le rhizome est voisin de celui de l'espèce fossile; les tiges et restes de feuilles que l’on a réunis sous ce nom peuvent appartenir en partie à cette espèce, mais dans le nombre doivent se trouver des parties d’autres graminées plus grandes. Il en est de même de Phragmites Ungeri des silex d’eau douce de Hongrie que M. Srur rapporte au genre Phragmites. Tandis que les rhizomes d’'Arundo Güpperti se distinguent par leur diamètre remarquable, le diamètre de ceux de Phragmites est moindre, et les cicatrices des feuilles rudi- - mentaires, amplexicaules, comme aussi des racines, sont d'autant plus distantes, par suite du développement des entre-nœuds, que la station est plus humide; ce fait cependant est encore vrai dans les mêmes conditions chez Arundo Donax. L'espèce la plus répandue est Ph. æningensis Heer, des formations tertiaires d'Europe, des Terres polaires, et de l'Amérique du Nord; viennent ensuite Arundo grünlandica Heer, du crétacé du Groënland et Phragmites cretaceus Lesq. du crétacé de l'Amérique du Nord. On désigne sous le nom d’Arundinites Sap. des tiges en forme de roseaux et des fragments de feuilles qui, à cause de leurs dimensions restreintes sont séparés d’Arundo et de Phragmites, et ne présentent que des relations douteuses. Les rhizomes et restes de feuilles décrits comme Pseudophragmites provincialis et P. arundinaceus du Tertiaire du sud de la France, rappelant parfois Arundo Donax, ont encore besoin d’être complétés, pour que l’on puisse décider s'ils se rattachent à des formes connues, ou s'ils s’en séparent.
Les fossiles rapportés aux Cypéracées et désignés sous les noms de Carex, Cyperus, Cyperites et Scirpus sont presque sans exception douteux. Il y a dans le nombre des fossiles dont les rhizomes ont quelque ressemblance avec ceux du genre Cyperus, comme C. Braunianus Heer d'Œningen, et les restes des tiges peuvent encore être considérés comme appartenant à Cyperus; cependant une autre interprétation n’est pas exclue. On doit considérer comme douteuses, les conclusions tirées de fragments de feuilles plus ou moins incomplets, de fleurs, de fruits et aussi des prétendues inflorescences.
Je ne puis parler ici qu'en général du parcours des faisceaux conducteurs et mécaniques des feuilles des Glumacées. Remarquons tout d’abord que la face supérieure des feuilles de graminées est souvent côtelée, dans les côtes se trouvent les faisceaux conducteurs bordés sur leurs faces interne et externe de forts faisceaux mécaniques, tandis qu'entre les côtes se voient vers la face externe de plus petits faisceaux conducteurs avec des faisceaux mécaniques plus faibles. Cette structure devrait se retrouver à l’état carbonisé, dans les cas de bonne conservation; lorsque la fossilisation laisse à désirer, cette structure s’efface et disparaît; de cette façon se trouve perdu pour beaucoup de feuilles un excellent caractère. La «nervure médiane» paraît faire entièrement défaut aux Glumacées; il existe sur la ligne médiane de la feuille une carêne plus ou moins saillante formée de parenchyme, et qui renferme une assise mécanique périphérique et un Ou plusieurs faisceaux conducteurs, dont les bordures mécaniques peuvent être plus ou moins fortes. A la base du limbe cette formation est toujours
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le plus développé, vers le sommet de la feuille, elle l’est moins et on dit alors que la nervure médiane a disparu. À côté de la ligne médiane, parallèles à cette ligne et entre elles, se voient les nervures latérales avec leurs nervures intermédiaires plus grêles qui cependant manquent parfois, et alors toutes les nervures latérales sont également fortes. C’est le développement des bordures mécaniques des faisceaux conducteurs qui produit ce contraste; parfois encore les faisceaux mécaniques sont isolés. Anastomoses transversales, canaux et lacunes aérifères se rencontrent communément. La base du limbe est arrondie et les nervures latérales dans cette région décrivent toujours une légère courbe. Généralement les feuilles des Glumacées possèdent une partie formant une gaîne qui embrasse la tige et peut être plus ou moins développée; la nervation de cette gaïne est toujours plus simple que celle du limbe, et elle se produit de même en réalité dans les feuilles rudimentaires.
Chez les Graminées les feuilles sont distiques, tristiques chez les Cypéracées, le limbe est généralement rubané, mais les formes de feuilles larges et cylindriques, comme celles dont la surface est plissée, ne sont pas rares. On peut encore rappeler ici que de petits fragments peuvent être pris pour des feuilles de Conifères ou d’autres familles.
Les rhizomes se comportent très diversement au point de vue de leur croissance, car les entre-nœuds sont tantôt raccourcis ou allongés, cylindriques ou bien tuberculeux à cause du développement du parenchyme. A leur surface se voient les cicatrices des racines mortes et leurs restes, ou même encore des racines, ainsi que les cicatrices des feuilles rudimentaires, ou celles-ci mêmes ou leurs restes filamenteux. Les tiges sont sans nœuds, souvent tricarênées chez les Cypéracées, creuses et munies de nœuds, cylindriques, chez les Graminées.
Les inflorescences sont des épis ou des panicules, les fleurs sont réduites, avec des bractées membraneuses, un ovaire supère, une gemmule. Chez les Cypéracées, fleurs avec bractées, hermaphrodites, monoïques ou dioïques, périanthe manquant, parfois présent et sétiforme, étamines 2-3, ovaire entouré de glumelles chez les Caricées, stigmates en même nombre, embryon dressé. Les fleurs des Graminées sont munies de bractées et de glumelles (Spelzen), perianthe rudimentaire (glumellules, lodiculæ) ou manquant, étamines 2, 3 jusqu'à 6 et plus, stigmates 2, ovule ascendant ou pendant, le fruit est un akène.
5° ordre: SCITAMINEÆ.
L'ordre des Scitaminées renferme des plantes répandues dans les régions tropicales de l'Ancien et du Nouveau Monde; ce sont des formes presque toutes munies de rhizomes souterrains sur lesquels se développent des feuilles munies de gaînes, qui en s’attachant l’une à l’intérieur de l’autre imitent une tige. Les formes arborescentes sont rares (Ravenala), les feuilles à leur chute laissent des cicatrices amplexicaules. Les fleurs sont zygomorphes ou symétriques avec un calice trimère et 3 pétales; chez les Musacées, sur 6 étamines, une est stérile et pétaloïde ou manque, chez les Zingibéracées une seule étamine complètement développée, les autres pétaloïdes ou manquantes; chez les Marantacées et les
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Cannacées Y'une des deux moitiés de l’étamine seulement forme le pollen (microspores), les autres pétaloïdes.
Les restes fossiles attribués aux Musacées sont rapportés aux genres Musaphyllum Unger et Musa Linné ; la première de ces deux désignations mérite toutefois la préférence. Les feuilles, et on ne connaît que des fossiles de cette sorte, présentent le même parcours des faisceaux conducteurs que les Musacées vivantes, mais il ne faudrait pourtant pas oublier que chez les Aroïdées, par exemple chez Spathiphyllum, on rencontre un parcours analogue et la même forme de feuilles. La feuille des Musacées est traversée en son milieu par une nervure médiane, très forte à la base de la feuille, plus faible en son milieu et disparaissant presque au sommet; cette nervure se compose de parenchyme à la périphérie duquel vers la face inférieure se trouve le faisceau conducteur. Les nervures latérales (secondaires) émises de la région médiane de la feuille dans dans ses deux moitiés, sous des angles aigus, décrivent après leur sortie un arc de cercle, et se dirigent presque horizontalement vers la base de la feuille; en approchant du sommet, elles montent de plus en plus obliquement vers le bord de la feuille. Toutes les nervures secondaires sont des ramifications de ce faisceau conducteur, qui se dirige du parenchyme de la nervure médiane vers les deux moitiés de la feuille.
Des feuilles sont connues dans l’Eocène d'Aix (M. speciosum Sap., M. longævum Sap.) et d'Italie, dans le Miocène de Bohême (M. bilinicum Schimp.) et dans le Tertiaire de l'Amérique du Nord (M. complicatum Lesq.). Le Zängiberites dubius Lesq. doit probablement être classé ici. Les faisceaux condueteurs qui chez les
Zingibéracées, parcourent les deux moitiés de la feuille, sont comme chez les
Musacées, des ramifications du faisceau situé dans la région médiane de la feuille. Ces ramifications sortent sous des angles très aigus et se rendent directement aux bords, elles sont d’égale force, ou d’autres moins fortes se trouvent entre les plus grosses. Des anastomoses horizontales ou obliques sont très communes. Sous le nom de Zingiberites Heer, ont été décrits des fragments de feuilles, provenant du Tertiaire de la Suisse, du Samland et du Crétacé supérieur du Groënland (couches d’Atane) ; ils prouvent tout aussi peu l’existence de cette famille dans ces dépôts, que les fossiles, fruits et feuilles, décrits sous les noms d'Amomocarpum Brongn. et d'Amomophyllum tenue Watel. de l’Eocène de Paris. Sous le nom de Cannophyllites Ungeri, Warezer a décrit des feuilles de l’Eocène de Vervins (Aisne), qui doivent avoir de délicates nervures latérales d’égale force, caractère qui s'applique tout aussi peu aux feuilles des espèces vivantes de Canna qu'à celles des Marantacées.
6° ordre: GYNANDRÆ.
Les Orchidées ont jusqu’à présent presque entièrement échappé aux recherches des paléontologistes, quoique, parmi les feuilles fossiles attribuées aux Monocotylédones, aux Smilacées, aux Graminées, par exemple, s’en trouvent beaucoup qui, vu leur état de conservation, pourraient aussi bien être rangés dans cette famille; d'autant plus que l'existence de cette famille dans le Tertiaire peut à