‹ Traité de paléontologieChapitre 84 sur 183 · NET TT PT · texte numérisé non relu

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GYNANDRÆ. HELOBIÆ A1

peine être mise en doute. M. MassazonGo seul à décrit sous les appellations de Protorchis et de Palæoorchis des plantes fossiles de l’Eocène de Monte Bolca, qui doivent appartenir à cette famille, comme des bulbes garnis de feuilles. Dans les feuilles d'Orchidées, le parcours des faisceaux conducteurs montre à côté d’une nervure médiane, de fortes nervures latérales, dans les deux moitiés de la feuille, et entre ces nervures d’autres plus délicates; tantôt les feuilles sont parcourues par des nervures parallèles, les unes plus fortes, les autres plus grêles.

1e ordre: HELOBIZÆ.

L'ordre des Æelobiées, qui ne renferme que des plantes aquatiques et palustres, possède des représentants fossiles dans le Crétacé et le Tertiaire, décrits par MM. Hger et ETTINGSHAUSEN. Signalons tout d’abord ZLamprocarpites nitidus Heer, des couches d’Atane (Crétacé supérieur) du Groënland, et Laharpia umbellata Heer, du Tertiaire d'Œningen, fructifications réunies aux Juncaginées!. En ce qui concerne les fruits désignés par le premier qualificatif, il y a tant

d’interprétations possibles, que l'attribution aux Juncaginées n’a aucune valeur;

ra

quant aux derniers, il est possible que l'interprétation soit exacte; si l’on admet que ce fossile soit réellement une Monocotylédone, il n’y a néanmoins aucune raison qui force à y voir une plante alliée au genre Scheuchzeria, et il est aussi juste de songer à Butomus et à la fructification décrite comme Juncus articularius. Toutefois je ne puis considérer ces fossiles comme établissant l'existence des Juncaginées. Le genre Scheuchzeria est représenté par une espèce, S. palustris L., dans les marais tourbeux d'Europe, de l'Amérique du Nord et de l’Asie orientale, datant de l’époque glaciaire. Ce petit groupe, dont la plupart des plantes sont de la zône tempérée, est caractérisé dans la majeure partie de ses espèces, par des fleurs hermaphrodites, avec deux verticilles trimères pour le calice, l’androcée et le gynécée, — fruit capsulaire, —- feuilles herbacées. La famille des Alismacées est représentée à l’état fossile par des feuilles et des fruits. Une espèce, Alisma reticulatum Heer, est indiquée par M. Hger dans les couches d’Atane (Crétacé supérieur) du Groënland; il eût été préférable de laisser ce fossile dans l'oubli, car il est complètement indéterminable. On a décrit d’autres espèces, À. macrophyllum Heer du Tertiaire du Spitzberg, À. paucinervis Heer du Tertiaire du Groënland, À. Zancifolia Sap. de l’Eocène d’Aix, toutes connues à l’état de feuilles. La première peut appartenir à Alisma, mais elle peut aussi provenir d’une Sagittaria avec feuilles nageantes ou lancéolées ; À. paucinervis, autant que la nervation incomplètement conservée permet de juger, est difficilement attribuable au genre A/isma, ce serait plutôt une feuille de Dicotylédone ; À. lancifolia Sap. peut encore être une feuille de Potamogeton. M. Hger à décrit, provenant d’Alaska, des restes de feuilles sous le nom de Sagittaria pulchella ; ces fossiles, à cause de leur défectuosité, peuvent aussi bien se rapporter à d’autres genres, comme Potamogeton, Alisma etc.; il en est de

Mrcxert, Alismaceæ, Butomaceæ, Juncagineæ in A. ct C. De Cannorre, Monographiæ, vol. III, Paris, 1881.

318 ANGIOSPERMÆ. MONOCOTYLÉDONES

même des restes décrits comme fruits de Sugittaria, S. difficilis Heer et S. hyperborea Heer, du Tertiaire du Spitzberg, qui ne doivent pas être sans réserve acceptés comme tels, car il n’est pas certain que ce soient des fruits, ni qu'ils proviennent d’une Sagittaria, malgré leur ressemblance à des fruits de cette nature. Deux fruits, B. acheronticum Heer d'Œningen, et B. Heeri Ettingsh. de Bilin, ont été rapportés à Butomus : Tous deux peuvent provenir de ce genre, mais dans ce cas encore il n'est pas impossible qu'ils aient appartenu à d’autres plantes.

La distribution actuelle des Alismacées, comme celle de beaucoup de plantes aquatiques s'explique par l’existence de formes ancestrales à l’époque tertiaire. Ainsi l'existence de quelques espèces d’Alisma, comme À. Plantago Linné, dans toute l’Europe et l’Asie, jusqu’à l'Amérique septentrionale, au Sud jusqu’au Nord de l’Afrique, aux Canaries, et sur l'hémisphère oriental jusqu'aux Indes orientales et le Sud de l’Australie, ou encore la répartition analogue de À. parnassifolium, de Sagittaria sagittæfolia Linné, enfin la large zône d’extension d’autres Alismacées à l’époque actuelle, en sont des exemples; de la sorte est confirmée l'interprétation des feuilles fossiles. Les Alismacées sont des plantes qui habitent l’eau, et dans cette famille, comme chez d’autres plantes aquatiques, la forme des feuilles aériennes et nageantes est différente de celle des feuilles submergées. Les feuilles submergées sont étroitement linéaires, rubanées, avec des faisceaux conducteurs parallèles réunis par des anastomoses transversales. Parmi les nombreux lambeaux de feuilles qui, lorsqu'ils ont des anastomoses transversales, sont attribués à Typha latissima A. Br., il peut en effet se trouver des

feuilles de cette sorte; mais dans les cas de moins bonne conservation, ces

feuilles peuvent être considérées comme feuilles de Graminées, de Cypéracées, ou d’autres familles encore, dans lesquelles on rencontre des feuilles de cette forme. Le limbe des feuilles nageantes et aériennes présente à côté de la nervure médiane, de une à cinq nervures latérales égales à la base; ces nervures émettent dans les limbes cordiformes ou sagittés, des branches vers cette région basale. On voit rarement les parties de la nervure médiane situées plus haut, fournir des ramifications, dans les moitiés du limbe. Toutes les nervures sont réunies par des anastomoses en réseau. Les fleurs sont monoïques, dioïques ou hermaphrodites, avec 3 sépales et 3 pétales, 6 étamines ou plus, 6 carpelles ou davantage, les fruits sont des capsules s’ouvrant par leur face interne.

Les Hydrocharidacées actuelles, presque toutes immergées, parfois munies de feuilles nageantes, sont des formes essentiellement tropicales; très peu habitent les mers tropicales, ce sont des plantes d’eau douce, un petit nombre appartiennent à la zône tempérée: Vallisneria est très répandu dans les deux hémisphères. Les rares fossiles de ce groupe sont réunis aux genres vivants Sératiotes Linné, Hydrocharis Linné, Vallisneria Linné et Oltelia Pers. — M. Hxer a décrit du Jurassique sibérien, sous le nom de Vallisnerites jurassicus, de petits fragments de feuilles, que ni la forme des fragments, ni la structure de l’épiderme, ne permettent de considérer comme des feuilles d’un genre allié de près ou de loin, au genre Vallisneria. La forme de ces cellules épidermiques n’a rien de caractéristique. Une fleur du Tertiaire d'Œningen, désignée par M. Her sous

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