FONGUS DE LA VESSIE
figure 655, empruntée à M. Civiale (1) montre des toulfes pédiculées de substance fongueuse s’élevant de divers points de la surface de la cavité vésicale. |
Mode d'insertion. — Le mode d'insertion de la tumeur est à considérer. Les fongus naissent de la tunique interne : on en voit qui sont recouverts par cette tunique, et qui ont pris naissance ct se sont étendus dans le tissu cellulaire interposé entre elle et la tunique musculeuse. D’après G. Breschet, ce sont alors moins des fongus que des sarcomes. Suivant M. Civiale, un fongus qui commence repose ordinairement sur un pédicule, Il constitue une petite excroissance dont l'extrémité libre à plus de largeur que la base, et qui ne semble adhérer qu’à la membrane interne de la vessie, Si, à cette période, on exerce des tractions sur la tumeur, on ne soulève que la membrane muqueuse; mais si la tumeur plus ancienne à pris un certain accroissement, ses racines, s'étant multipliées et étendues aux tissus profondément situés, contractent des connexions et se confondent peu à peu avec ces tissus, par une série de transformations successives, et produisent ainsi une masse consistante, dont l'étendue se trouve presque toujours proportionnée au volume de l’excroissance, quoique cette règle ne soit pas sans exception.
Le pédicule varie; il a quelquefois une longueur très marquée, et la tumeur alors est bien sous forme polypeuse ; il est quelquefois très court et très étroit. Selon M. Civiale, qui croit que le plus grand nombre des fongus vésicaux sont pédiculés, le pédicule est d'autant plus étroit que la tumeur est plus petite.
Quand la tumeur pédiculée prend de l’accroissement, le pédicule s’élargit et la tumeur devient adhérente dans une étendue beaucoup plus considérable, et, de plus, comme je l’ai déjà dit, 1l enfonce profondément ses racines dans le corps de l'organe et dans l'épaisseur des parois. Enfin, il est évident qu'il est des fongus qui ne sont pas du tout pédiculés ; leur surface est inésale, rugueuse ou bosselée, frangée.
Nombre. — Le nombre des fongus n’a rien de constant. On en trouve le plus souvent plusieurs lorsque, la maladie étant ancienne, les tumeurs ont le temps de pulluler. [Dans la figure 656, page 66, empruntée à M. Civiale, on voit deux tumeurs polypeuses &, £, occupantles côtés du bas-fond de la vessie, vers l’orifice des uretères, et séparées d’une manière très distincte de la membrane muqueuse du reste de la surface vésicale g. Au-devant de ces tumeurs, il y en a une série d’autres 7, petites, groupées au pourtour de l’orifice de l’'urèthre. à & indiquent les corps caverneux ; aa, le canal de l’urèthre; ce, la peau de la verge. | Quand celles occupent les parois mêmes du corps de l'organe, elles sont parfois en nombre si considérable, qu'elles envahissent presque entièrement la muqueuse, comme Richter et Desault ont pu le
(1) Trailé des maladies des organes génito-urinaires. Paris, 1860, t. IT. VIDAL, T. V. — D° ÉDIT. ds)
constater, C'est alors qu’elles s’accolent parfois les unes aux autres et sont sous forme de plaques plus ou moins étendues ; ou bien elles ressemblent à des groupes de champignons.
Selon M. Civiale, les fongus qui revêtent la forme de champignons demeurent mous, surtout à leur chapeau, qui semble frangé ou hérissé de filaments flottants. Quelquefois la surface est ma:
melonnée : alors une membrane commune unit chaque mamelon à son voisin, et en général la masse entière est peu consistante, Dans le corps de l'organe, les fongus sont mous et filamenteux: ils se coupent et se déchirent avec la plus grande facilité, et leur défaut de consistance est tel qu’on a de la peine à les distinguer quand ils ont été saisis par un instrument, ce qui contribue beaucoup à accroître encore l’incertitude du diagnostic.
Fig. 656.
Symptômes et diagnostie. — S®nmering avait signalé les difficultés du diagnostic. « Deux raisons, dit-il, s'opposent à ce que l’on connaisse bien ces tumeurs fongueuses : 4° elles sont trop molles pour être senties à travers la paroi recto-vésicale; 2° la vessie est trop dure et trop épaisse pour permettre de les apprécier par le toucher, Il ne faut donc pas s'étonner de ce que les praticiens se sont trompés sur le diagnostic de cette maladie, et si quelques chirurgiens, prenant celles-ei pour des calculs vésicaux, ont fait l’opération de la taille, ainsi que Deschamps et autres en citent des exemples (1). »
Il y a des cas où rien, pendant la vie, ne peut faire soupçonner une tumeur fongueuse qui cependant à acquis un grand volume. C’est principalement chez les calculeux que M. Civiale à fréquemment découvert les fongus | de la vessie, ce qui s'explique facilement par les explorations répétées que l'ou est obligé de faire en pareille circonstance avec l'instrument lithotriteur.
Il faudrait pouvoir établir une distinction entre les fongus simples, c'està-dire sans complication, et ceux qui sont compliqués d’autres maladies, Si l’on écarte tout ce qui n’a pas directement rapport à la maladie, on s’aper:
(1) Traité des maladies de la vessie, Paris, 1824, p. 107.
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