DES FONGOSITÉS DE LA MUQUEUSE DE L'UTÉRUS
[Récamier a décrit sous ce nom des végétations d’une nature spéciale qui se développent à la surface de la muqueuse utérine. Anatomie pathologique, — La nature de ces productions morbides à
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été mise en évidence par les recherches de M. Charles Robin (1). On trouve dans les fongosités des éléments analogues à ceux qui constituent la muqueuse de l’utérus, c’est-à-dire des fibres de tissu cellulaire, des éléments fibro-plastiques, de la matière amorphe, des vaissaux capillaires sanguins, souvent des follicules ou glandes tubuleuses, semblables à ceux de la muqueuse du corps utérin, des granulations graisseuses, et enfin, à la surface même des fongosités, une couche de cellules d’épithélium cylindrique.
Les fongosités se rencontrent sur les lèvres, dans la cavité et au niveau de l'orifice interne du col de l'utérus, sur la muqueuse du corps de l'utérus, particulièrement sur la face postérieure, au voisinage des trompes (Robert). Leur volume varie depuis un grain de millet jusqu’à celui d’un pois ; leur consistance est molle, élastique, friable ; leur couleur rosée du côté de la surface libre, rouge foncé du côté de la surface d’implanta- Fig. 685. tion. La cavité utérine elle-même est souvent plus ample que dans l'état normal; le tissu propre de l'utérus quelquefois aminei et ramolli au niveau des parties affectées (Récamier).
Étiologie , symptômes, diagnostie. — Cette maladie s’observe . chez les femmes qui ont eu plusieurs grossesses ou des fausses couches; chez celles qui ont des rapports sexuels fréquents. Elle s'annonce par des douleurs dans l’abdonten, les aines, les cuisses, les lombes, plus vives à l’époque des règles que dans les intervalles, des métrorrhagies et des écoulements leucorrhéiques; des troubles de l’estomac et de l'innervation. En pratiquant le toucher vaginal, on constate souvent une déviation de l'utérus et notamment une rétroflexion, une augmentation de volume de l'utérus et un ramollissement des parois de l'organe. Mais le seul moyen de reconnaître la nature réelle de cette affection consiste à introduire dans la cavité utérine une sonde curette préconisée par Récamier (fig. 685) et avec laquelle on parcourt la paroi interne de l'utérus; la présence des fongosités développe toujours une sensation de frottement rude et rugueux, douloureuse pour les malades; et en retirant l'instrument on ramène dans la curette elle-même des détritus rougeâtres et mollasses.
Mraitement. — Pour guérir les fongosités utérines, il faut, à l'exemple de Récamier, en pratiquer l’abrasion. C’est encore à l’aide de la sonde curette qu’on exécute cette opération. La malade étant convenablement située, on introduit avec précaution l'instrument dans la cavité utérine. Une fois qu'il y a pénétré, on lui imprime des Mouvements de rotation et de circumduction, de facon à racler la surface de la muqueuse utérine. On détache ainsi les fongosités que la curette ramasse et ramène au dehors. Après l’abrasion, on cautérise la muqueuse utérine avec un crayon de nitrate d'argent. |
(1) Ferrier, Des fongosités, des végétations ou granulations de la muqueuse du corps de l'utérus, thèse de Paris, 1854.
ht MALADIES DE LA MATRICE.
inflammation des ligaments larges (1).
Ordinairement cette inflammation reste bornée au tissu cellulaire des ligaments larges et aux organes qu'ils contiennent: elle ne s'étend ni au tissu cellulaire du bassin, ni au péritoine. Quand, par exception, la péritonite complique l’inflammation des ligaments larges, elle offre une grande tendance à se localiser, tandis que, dans l’état puerpéral, la péritonite s'étend avec une rapidité déplorable.
Causes. — Les causes de l’inflammation des ligaments larges , hors de l’état puerpéral, sont les mêmes que celles de la métrite aiguë. Tantôt la phlegmasie est primitive, c’est-à-dire qu’elle débute d’emblée par les ligaments larges; tantôt elle est consécutive à l’inflammation de l'utérus. Dans. le premier cas, elle peut occuper le tissu cellulaire, les ovaires ou les trompes de Fallope; plus fréquemment le premier que les deux autres. "La cause la plus fréquente, c’est l’arrêt brusque de la menstruation. Le système utérin est alors gorgé de sang ; l’inflammation se développe et attaque surtout les régions qui sont douées du plus haut degré de vitalité. Assez souvent l'in-" flammation des ligaments larges survient chez des personnes affectées d’inflammation chronique ou d’ulcération inflammatoire du col de l'utérus. La lésion du col est alors le point de départ du travail inflammatoire qui gagne le ligament large. C’est surtout à l'approche des règles, pendant leur durée, ou peu de temps après leur cessation, que l’on voit survenir l’inflammation des ligaments larges.
Symptômes. — Les symptômes de l’inflammation des annexes de l'utérus ressemblent à beaucoup de ceux de la métrite aiguë : mêmes phénomènes réactionnels, mêmes douleurs vives au bas de la région hypogastrique, et lorsque les malades essayent de marcher ou de se tenir debout, même, sensibilité abdominale, même sensation de poids dans la profondeur du bassin, même irritation de la vessie , même difficulté dans la défécation. En y re- : gardant de plus près, toutefois, dit M. Bennet, on parvient à saisir quelques différences : ainsi, la douleur est plus vive à une certaine distance de la ligne médiane, au niveau de la région ovarique, droite ou gauche, gauche surtout, que sur la ligne médiane elle-même; quelquefois on peut saisir une petite différence dans la saillie d’un des côtés du ventre; enfin, si la malade peut Supporter la pression de la main, et si les parois abdominales ne sont ni trop épaisses ni trop résistantes, on peut sentir profondément, dans la région de l'ovaire, une espèce de tuméfaction.
Ces signes ne suiliraient pas seuls pour permettre de distinguer l’inflammation des ligaments larges de la métrite aiguë: le toucher seul peut lever
(1) M, Bennet ayant le mieux résumé ce qui a trait à cette inflammation, j'ai largement profité de son livre dans ce paragraphe.