INFLAMMATIONS DES LIGAMENTS LARGES. L
si elle est traitée énergiquement, on prévient souvent la formation du pus; selon M. Bennet, si le pus est déjà formé, on peut en provoquer l'absorption, ce dunt je doute fort. Les choses peuvent ne pas se passer aussi favorable ment, et du pus peut'se former dans les parties enflammées ; il peut même venir former tumeur du côté du vagin. Dans ces cas, on à proposé d'ouvrir l'abcès et de donner issue au pus. Paul d'Égine avait déjà décrit cette opération, et de nos jours, M. Récarnier l’a fortement préconisée.
Gertes, dit M. Bennet, si la tumeur phlegmoneuse venait pointer dans le vagin, si la fluctuation était assez évidente pour ne laisser aucun doute sur son contact imimédiat avec le vagin, il n’y aurait pas à hésiter, il faudrait ouvrir la tumeur; mais les choses ne se passent pas le plus souvent ainsi : on sent seulement une tumeur, ou bien il y a une fluctuation obscure, et il y aurait plus que de l’imprudence à faire une incision dans le vagin, dans de telles conditions. Je suis convaincu que les chirurgiens prudents trouveront rarement l'occasion de pratiquer l'ouverture artificielle de ces abcès. Si l'inflammation persiste malgré un traitement antipblogistique énergique, si le pus s’est frayé une voie à l'extérieur, à travers le vagin, le rectum, les parois abdominales ou la vessie, on en est réduit à combattre les symptômes à mesure qu'ils se présentent, à aider la nature dans les efforts qu’elle fait pour le rétablissement, et à soutenir, par un traitement hygiénique et médical convenable, les forces des malades pendant tout le temps que s’accomplit le travail de réparation. A cette période de la maladie, trouvent également leur application les règles que nous avons données plus haut pour le traitement général des affections chroniques inflammatoires de l'utérus et de son col.
Ikfaudra combattre les exacerbations périodiques qui surviennent aux époques menstruelles pendant les premiers mois , par quelques sangsues, des purgatifs salins. Plus tard, on peut se borner à prescrire le repos au fit, pendant un jour ou deux, et à faire appliquer des cataplasmes sur le ventre. La diarrhée qui est produite par l'ouverture de l’abcès dans le rectum cesse bientôt sous l'influence des lavements amylacés ou laudanisés. Elle est souvent remplacéé par de la constipation, que lon cherche à dompter à l’aide de doux laxatifs, ou des lavements d’eau froide ou tiède. |
Dans la forme la plus grave de la maladie, celle que lon observe pendant l'état puerpéral, il y a des désordres du côté dn bassin ; ils sont si considérables, que la santé générale en est profondément altérée, et que les malades se trouvent réduites au marasme le plus profond. Dans ces cas, ïl faut de toute nécessité, pour soutenir les forces, donner des stimulants puissants, tels que le vin, la quinine. On est surtout obligé de tenir cette conduite dans le cas de perforation abdominale. Dès que la fluctuation se fait sentir au-dessous des parois du ventre, et que la peau commence à rougir, ce qu'il y a de mieux à faire, c’est d'ouvrir immédiatement J’abcès, soit avec la lancette, soit avec la potasse caustique, afin de donner issue au pus.
… » Malgré l’état très grave et souvent désespéré en apparence, dans lequel
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se trouvent les femmes qui\présentent des inflammations du ligament large et des suppurations très étendues consécutives, presque toujours le rétablis sement a lieu, grâce à un traitement convenable, mais (il faut le dire) après avoir passé par des souffrances et des épreuves très prolongées (1). »
Gangrène de la matrice.
L’utérus, comme tous les autres organes, peut être frappé par la gangrène, mais il doit être rangé parmi ceux qui le sont le moins fréquemment (2).
Causes. — Lors même que des caractères inflammatoires existent autour des plaques gangrenées, on ne peut attribuer à cette inflammation seule la ‘ gangrène ultérine. Cette maladie se développe constamment sous l'influence d’une cause générale propre à l'individu affecté, ou beaucoup plus souvent encore commune à plusieurs individus à la fois, c’est-à-dire sous l'influence d’une véritable épidémie ; le caractère épidémique de la gangrène utérine n'a d'ailleurs échappé à presque aucun observateur, et il existe également dans les gangrènes puerpérales et non puerpérales. On ne connaît aucune cause spéciale qui favorise l’action de la cause épidémique et qui la fixe sur la matrice, si ce n’est le travail de l'accouchement.
Symptômes. — La gangrène de la matrice coïncidant le plus souvent avec d’autres gangrènes, et spécialement des gangrènes des organes abdominaux, et de plus avec d’autres affections générales, telles que l’affection puerpérale, la fièvre typhoïde, etc., les symptômes qui lui sont propres se trouvent masqués au point de ne pouvoir être le plus souvent distingués. Lorsque ces symptômes sont sensibles ; ils ne diffèrent pas d’ailleurs, quant à l’état local, de ceux de la métrite : ainsi l’on observe des douleurs plus ou moins vives dans la région hypogastrique, se prolongeant dans les aines et vers le sacrum, une tension douloureuse des parois addominales, des nausées et des vomissements, etc. Le seul phénomène caractéristique est la fétidité extrême de l'écoulement qui se fait par la vulve ; mais ce phénomène appartient, comme on le conçoit, à une époque où la mortification est déjà consommée. Les symptômes généraux sOnt très variables, et dépendent presque entièrement du caractère de la maladie primitive ; ordinairement leur apparition n ‘augmente que peu l’intensité des accidents réactionnels qui existent déjà ; quelquefois même ces accidents diminuent en apparence et sont remplacés par un affaissement plus ou moins prononcé.
La durée de la gangrène utérine n’a rien de fixe; on peut seulement avancer que la mort arrive peu de ; Jours après qu'on à reconnu la période de putrescence, c'est-à-dire l’accomplissement de la mortification.
(1) Bennet, Traité pratique de l'inflammation de l’utérus, etc., traduction française. du docteur Aran, p. 400.
(2) Voyez Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, avec planches, 24 et 37° livraisons,
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Anatomie pathologique. — Les caractères que présente le tissu utérin gangrené sont ceux de la gangrène en général : ainsi l’on trouve ordinairement à la face interne de l’organe une sorte de putrilage noirâtre extrémement fétide, de cette fétidité légèrement piquante qui caractérise la gangrène, mais peut-être plus intense encore ici que dans plusieurs autres organes, surtout quand la gangrène survient pendant l’état puerpéral. Ce putrilage se présente par plaques plus ou moins étendues, mais qui ne paraissent avoir jamais envahi toute la surface utérine ; la face interne est presque toujours la première affectée, et le plus souvent la seule, la mortification ne s'étendant ordinairement que de 1 à 6 millimètres de profondeur, rarement à 1 centimètre, et seulement dans la gangrène puerpérale, Dans les circonstances ordinaires, le col paraît plus souvent affecté que le reste de l’organe ; dans l’état puerpéral, M. Danyau (1) a trouvé que le lieu le plus fréquemment affecté était celui où le placenta avait son insertion. M. Duplay, toutefois, a trouvé, même après l'accouchement, le col plus souvent gangrené que le corps; mais, selon lui, et d’après Désormeaux, la gangrène se présenterait ordinairement, dans ces cas, sous forme d’un ramollissement brun-grisâtre ou rouge-clair, analogue à de la gelée de groseille : or, on peut se demander si une matière de cette nature est réellement de la gangrène.
Les tissus sous-jacents aux portions gangrenées présentent ordinairement des caractères plus ou moins prononcés d’inflammation ; d’autres fois ils paraissent absolument sains ; c’est ainsi qu’ils se sont présentés en particulier dans trois cas observés par M. Cossy (2).
Pronostie, — Il est de la plus grande gravité ; car la gangrène hâte et détermine l'issue fatale de maladies déjà fort graves, mais qui auraient cependant pu se terminer d’une manière heureuse sans cette fâcheuse complication.
Traitement. — Le traitement a été jusqu’à ce jour celui de toutes les gangrènes, c’est-à-dire qu’on adjoint les antiseptiques aux moyens indiqués par la maladie antérieure. Malheureusement, aucun cas jusqu’à ce jour n’a cédé à toutes les combinaisons thérapeutiques qu’on à pu imaginer.