CHAPITRE PREMIER
Corps étrangers. — Caleuis des urctères.
? x : É ° , Q . û . . Riu L'uretère est la pièce de l'appareil urinaire qui contient le moins souvent des corps étrangers; ils n’y font que passer, dans le plus grand nombre des cas. Il ne s’en forme pas, comme dans la vessie: il n’en arrive point de
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l'extérieur, comme pour cet organe. On a cependant rencontré dans les uretères, mais très rarement, des épingles qui y étaient parvenues, après avoir été avalées et après avoir perforé l'intestin. On a trouvé aussi, dans ces conduits, du sang en caillot, des mucosités épaissies, des hydatides; mais ce sont là de vrais cas rares. Ordinairement il n’y a qu’un calcul dans un uretère; il occupe le plus souvent la partie supérieure ou là fin de ce conduit. En effet, si le calcul qui sort du bassinet est irrégulier où d’un volume trop considérable, il s'arrête au commencement de ce canal; c’est principalement dans le trajet oblique que les uretères parcourent à travers les tuniques de la vessie que les petites pierres s’arrêtent et se fixent. Tantôt la pierre est située en entier dans la fin de l’uretère, ou bien elle est en partie dans ce canal et en partie dans la vessie : alors on peut la toucher avec le cathéter. C'est une variété de pierre enchatonnée.
Les pierres qui parcourent les uretères sans s’y fixer ont ordinairement un petit volume : ce sont des graviers. Il en passe cependant d'assez grosses; car les uretères sont doués d’une certaine extensibilité qui permet à des calculs de la grosseur d’une noisette de descendre jusque dans la vessie; ceci dépend de la forme des pierres et du degré d’irritation des uretères, car il arrive que des pierres très petites restent dans les uretères et occasionnent des accidents très graves : il en est qui ont occasionné la mort,
Les calculs des uretères, comme ceux de la vessie, sont ordinairément oblongs; par leur séjour, ils peuvent augmenter considérablement de volume et prendre une forme cylindrique; quelquefois ils sont creusés d’une rigole qui permet à l'urine de descendre dans la vessie, ce qui empêche la rétention d'urine. Des calculs contenus dans l'extrémité vésicale des uretères se sont quelquefois frayé un chemin entre les tuniques de la vessie ; c’est alors qu'ils peuvent être complétement enkystés.
La forme, le volume des calculs de l’uretère font varier les accidents qu'ils produisent. Quand ils sont petits et lisses, ils laissent cheminer l'urine et ne produisent pas ordinairement de symptômes graves ; si, par l’addition de nouvelles couches, les calculs grossissent, l'écoulement de l’urine devient d’abord plus lent, ensuite il est süspendu, à moins que la pierre ne présente la goultière dont j’ai parlé, ou que ce soit un amas de graviers à travers lesquels l’urine est filtrée. La suppression d'urine serait complète si les deux uretères étaient en même temps bouchés par des pierres; mais Ce Cas est rare. J'ai dit que, Le plus souvent, il n’y avait qu’un uretère affecté.
Quand le calcul est inégal, garni d’aspérités, il produit des accidents plus prompts et plus fâcheux. Il y a douleur dans le trajet de l’uretère; elle s'étend à "2 l’appareil urinaire; elle retentit même jusqu'aux organes de la génération, à la cuisse corréspondätite; le testicule de ce côté où les deux éprouvent une rétraction vers les aines; ils se tuméfient, ét, selon Boyer, ils peuvent s’atrophier. Il survient de la fièvre; le pouls est petit, dur et fré-
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quent; il ya quelquefois des spasmes et des mouvements convulsifs, et les urines coulent très difficilement, ou sont complétement arrêtées ; elles sont claires, limpides, parfois sanguinolentes, puis troubles, chargées de mucosités. Si le calcul tombe dans la vessie, ces accidents cessent avec une grande promptitude; si le calcul reste à sa place, les accidents vont en s’aggravant ; l'inflammation, lasuppuration des uretères, desreins, deviennentplus intenses ; leur ulcération, des abcès ont lieu, et le malade succombe dans le plus grand nombre des cas.
Malgré ce que je viens de dire, Ÿ diagnostic des calculs de l’uretère est plein d’obscurité. On se rappelle que les signes rationnels des calculs de La vessie sont insuffisants : or ici on ne peut acquérir le signe sensible; il faut donc réunir les signés rationnels que je viens d'indiquer pour avoir une forte présomption en faveur de l'existence des calculs dans les uretères, mais la certitude est impossible, « Cependant, dit Boyer, il y a un cas dans leqüel on peut reconnaître directement, par des signes non équivoques, la présence d’une pierre dans l’uretère : c’est quand elle est placée dans la portion de ce canal qui est comprise dans les tuniques de la vessie, et qu'on la distingue par le toucher, en introduisant le doigt dans le rectum, ou par la sonde, lorsque la pierre fait saillie dans la vessie. » Boyer s’abuse ici sur Pefficacité du toucher par le rectum; si sa réputation d’anatomiste était moins bien établie, cette phrase pourrait la compromettre, car il oublie ici la distance qu'il y a éntre les ouvertures des uretères et l’anus.
Le pronostic des calculs des uretères est d'autant plus grave que les corps étrangers sont plus. nombreux, plus volumineux et plus inégaux. Quand ils produisent la rétention complète, la mort en est la suite inévitable.
On combat les symptômes d'’irritation, de spasme et d’inflammation, par les saignées, les boissons relâchantes et rafraîchissantes, les bains tièdés, les calmants. La médecine opératoire ne pourrait intervenir que si la dilatation des uretères était portée au point de former une tumeur extérieure, et encore, dans ce cas, il est plus prudent d'abandonner la tumeur à elle-même que d'entreprendre une opération dangereuse. S’il survient un abcès dans le tissu cellulaire de la région lombaire ou iliaque, on le traite comme ceux situés dans cette région, or en fait l’ouverture en deux temps.
Selon Boyer, les moyens propres à faire avancer les calculs dans les uretères et en accélérer la chute dans la vessie sont les vomitifs, l'exercice à pied, à cheval ou en voiture, et tout ce qui peut exciter des secousses ; mais on ne doit recourir à ces moyens qu'autant que les forces du malade le permettent et qu'il souffre peu. Les bains, les diurétiques mucilagineux, pris en
abondance, lorsqu'il n’y a point rétention totale d'urine, concourent utilement au même but.
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