‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 14 sur 358 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Je ne puis parler ici que de certains résultats de ces lésions, les rétrécissements et les dilatations.

Rétrécissements et dilatations des uretères.

L'uretère est le plus grand des canaux excréteurs de l’économie; il peut se rétrécir comme l’urèthre, se dilater et changer alors de forme.

L'uretère peut être complétement rétréci, c'est-à-dire dans toute son étendue, ou l'être seulement sur un point. Comme tous les conduits organiques, l’uretère se rétrécit, revient sur lui-même quand il n’est plus en rapport avec son modificateur habituel. Ainsi le rein peut ne plus sécréter, ou bien il s’atrophie et disparaît en grande partie. L’urine n’arrivant plus alors dans l’uretère, ses parois reviennent sur elles-mêmes, comme les parois d’une artère que le sang a abandonnée, et le canal s’efface: reste un cordon plein. Un calcul ou tout autre corps étranger s'arrête dans le bassinet, au commencement de l’uretère, retient l'urine du côté du rein ; la portion qui est au-dessous de l'obstacle se rétrécit, tandis que celle qui est au-dessus se dilate : plus la cause du rétrécissement est élevée, plus l'étendue du rétrécissement est considérable. Ainsi, on comprend que si le rétrécissement à lieu parce que le rein ne sécrète plus d'urine, il doit être étendn et porté sur toute la longueur de l’uretère.

Une tumeur de l'abdomen, une exostose du sacrum, peuvent comprimer l'uretère, et sur le point comprimé ce canal se rétrécit ; la même disposition se remarquera au-dessous, tandis qu’on rencontrera le contraire au-dessus. La cause qui retient le plus souvent l'urine ailleurs, l’inflammation* peut aussi produire des rétrécissements de l’uretère; mais c’est le cas le plus rare. Il arrive aussi que des rétrécissements de l’uretère ont lieu sans qu’on puisse en constater la cause.

La dilatation de l’uretère peut porter sur une plus ou moins grande étendue de ce canal. Ici, plus la cause est inférieure, c'est-à-dire plus elle est voisine de la vessie, plus la dilatation est étendue. En effet, les rétentions d'urine causées par les maladies de l’urèthre, de la prostate, celles qui sont dues à des affections de la vessie, quand elles donnent lieu à une dilatation de l’uretère, cette dilatation porte sur tout le canal excréteur du rein, et même sur le calice et les bassinets. Bien plus, la dilatation alors existe ordinairement sur les deux uretères. Ce n’est pas seulement le calibre de l’uretère qui est augmenté quand un obstacle est voisin de l’urèthre, mais encore sa longueur. Il arrive ici à l’uretère ce qu’on observe sur les veines variqueuses, elles se dilatent en s’allongeant; et comme la distance que ces ca-

»aux doivent parcourin ne change pas, elles serpentent en circonvolutions plus ou moins prononcées. Cette disposition est quelquefois tellement marquée, qu'on prendrait facilement un uretère pour un intestin. Les faits qui prouvent ces dilatations et les rétrécissements sont très nombreux ; il ne me serait pas difficile d’en rapporter un bon nombre; je n’aurais pour cela qu’à transcrire les observations qu’on peut lire dans Chopart. Malheureusement, tant de faits très curieux au point de vue de l’anatomie pathologique restent stériles pour la pratique, du moins jusqu’à ce jour. En effet, comment reconnaître et modifier de pareils états de l’uretère? Quand la dilatation vient d'une affection de l’urèthre, de la prostate ou de la vessie, on peut agir sur ces organes, et encore quand leur lésion a été portée au point de changer la forme, la constitution des uretères, il est rare que la thérapeutique puisse être de quelque utilité. Il y a une dilatation de l’uretère qui peut avoir une importance pratique, c’est celle qui porte sur son extrémité inférieure : alors la sonde peut s'engager dans l'ouverture du canal de la vessie, et au lieu de vider le liquide qui se trouve dans cette cavité, elle peut n'évacuer que l'urine qui est contenue dans l’uretère et le bassinet. On reconnaît cette anomalie quand la sonde, quoique profondément enfoncée, ne peut se mouvoir librement ou ne laisse presque pas écouler d'urine, même quand la vessie en contient; en retirant un peu la sonde, l’urine vient en grande quantité. Mais combien ces signes peuvent être trompeurs !

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