‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 138 sur 358 · FT TT · texte numérisé non relu

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des deux erreurs qu’on peut commettre quand il s’agit de distinguer lanévrysme de l’abcès, il en est une beaucoup plus dangereuse que l’autre, c’est celle qui fait prendre un anévrysme pour un abcès, et qui porte le chirurgien à ouvrir la tumeur. Eh bien, en présence du moindre doute, le praticien prudent devra faire comme s’il s'agissait d’un anévrysme, c’est-à-dire qu'il devra s'abstenir, ne point porter le fer sur la tumeur. En attendant, le diagnostic s’éclaircira.

Opérations qu’on pratique dans l’aisselle.

Ces opérations sont généralement d’une exécution difficile; car, d’abord, il n’est pas facile de donner au malade et de prendre une position tout à fait favorable à la manœuvre, qui, en général, se passe dans un creux. La présence d’un tronc artériel très important et de veines volumineuses constitue un danger qui est pour beaucoup dans les hésitations et même dans les fautes des jeunes praticiens qui opèrent sur cette région.

Ces opérations, au reste, peuvent être classées en deux catégories : As celles que l’on pratique dans la région à l'état tout à fait normal, et pour une maladie plus ou moins éloignée ; 2° celles qu’on pratique quand la région est elle-même le siége du mal. La première catégorie d'opérations se rapporte aux ligatures de l'artère axillaire par la méthodeindirecte, celle dite d’Anel ou de Hunter, celle enfin qu’on applique au traitement d’un anévrysme du membre supérieur. Jai décrit ces ligatures tome I°", page 701 et suivantes. On verra qu'on peut atteindre l'artère par le creux de l’aisselle même, où en divisant un point plus ou moins étendu de la paroi antérieure de la région. Quand le mal est dans l’aisselle, quand il s’agit d’une tumeur à vider ou à extirper, on peut agir sur la base de l’aisselle, c’est-à-dire attaquer le creux même de cette région, ou bien l'ouvrir en divisant sa parot antérieure. Ainsi, pour vider Jes abcès et pour l’extirpation des tumeurs d’un petit volume et même d’un volame un peu considérable, on incise dans le creux axillaire, Mais, quand on opère pour les tumeurs d’un très grand vo-: lume, comme celles qui ont été extirpées par MM. Velpeau et Goyrand, dans des cas aussi graves, aussi difficiles, on doit simplifier, autant que possible, la manœuvre en attaquant la paroi antérieure de la région; en peut, en coupant plus ou moins perpendiculairement sur les fibres qui composent Je grand angle du pectoral, former deux grands lambeaux qui, une fois écartés, donnent un jour considérable à lopérateur. Quel que soit le point de Vaisselle qu'on incise d'abord, on devra, dans les temps successifs, nrocéder de manière à se rapprocher plus de la poitrine que de la racine du bras, car ici se trouve l’artère qui est continuellement menacée pendant ces opérations. On a vu qu’en parlant de l’ouverture des abcès de l’aisselle, j'ai décrit un procédé qui consiste à attaquer la tumeur par le creux de la région : j'ai conseillé de faire marcher le bistouri de manière que le dos de l'instrument

MALADIES DE L’AINE. 531 soit dirigé du côté du bras, et le tranchant du côté de la poitrine. Dans tous les cas, on ne saurait trop user de ménagements, quand il s'agit d’une pareille opération, et souvent on devra procéder plutôt en déchirant qu’en incisant. Quand il s’agit d’extirper une tumeur, au dernier temps de l’opération, il arrivera plus d’une fois que des lobules, des racines de la tumeur adhéreront au sommet, au fond de l’aisselle; si des tractions modérées ne peuvent détacher ces racines, et si l’on peut connaître leurs rapports intimes avec des vaisseaux importants, mieux vaut jeter une forte ligature entre les racines et les vaisseaux, et couper devant la ligature, que de s’opiniâtrer à tout enlever du coup.

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