‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 144 sur 358 · TUMEURS DE L’AINE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE L’AINE

Parmi les tumeurs irréductibles il faut ranger les abcès qui sont, comme on le dit, idiopathiques. Les plus fréquents sont la conséquence d’une adénite ou bien de l’inflammation de l’atmosphère celluleuse des ganglions. Les phénomènes inflammatoires précurseurs de l’abcès indiquent la nature de la tumeur. Les abcès froids sont ordinairement d’un diagnostic beaucoup plus difficile, car la suppuration a été latente ; rien ne l’a accusée. Ces abcès peuvent surtout être confondus avec les hernies irréductibles, avec les kystes, avec une maladie de la bourse séreuse dont J'ai déjà parlé. La confusion qu'on pourrait faire de l’abcès froid avec les deux dernières tumeurs n’aurait aucun inconvénient grave, car le traitement serait à peu près le même, et d'ailleurs il devrait commencer par une ponction exploratrice qui lèverait tous les doutes. Pour ce qui est des kystes, J'ai déjà dit que, dans certaines circonstances, on pouvait constater leur transparence, et en parlant des abcès froids, j'ai déjà prouvé que souvent ils étaient multiples : j'ai avancé aussi que les mouvements imprimés à l'articulation de la cuisse pourraient faire changer la forme de la bourse séreuse en rapport avec cette articulation. Quant à la hernie, on devra recourir aux antécédents : on apprendra que le volume de la tumeur à été moindre ou plus considérable, que dans un temps

elle a disparu pour reparaître encore, et même, quoique irréductible, il est rare que la hernie ne change pas de volume par de violents efforts ou par un repos prolongé.

Les autres tumeurs irréductibles sont formées par les adénites chroniques, les divers bubons, les engorgements ganglionnaires, scrofuleux, cancéreux, les tumeurs de même nature qui viennent de l’os illaque, les anévrysmes. Les bubons sont presque toujours précédés par des accidents vénériens du côté des parties génitales, accidents qui existent encore, ou bien qui ont disparu en laissant des traces plus ou moins visibles. Quand le bubon est, comme on le dit, consécutif, les antécédents devront être interrogés, et si, par des circonstances rares, ils sont mal fournis ou ignorés, par une exploration répétée de toute la superficie du corps, on trouvera presque toujours des traces d’une infection générale. L'engorgement scrofuleux sera, dans le plus grand nombre des cas, des deux côtés ; il sera par masses séparées autant sur le pli même de laine qu’au-dessous de ce pli. La constitution du sujet sera spéciale, et souvent on trouvera dans les grands espaces triangulaires et celluleux du cqrps d’autres ganglions existants, ou des traces qui indiquent qu’ils ont existé.

Quant aux tumeurs malignes proprement dites, j'ai dit qu’elles envahis- Saient très rarement l’aine primitivement, et que presque toujours il y avait Un Cancer initial ailleurs qui ne laissait aucun doute sur la tumeur de l’aine. Je renvoie tout à fait au diagnostic différentiel de l’abcès et de l’anévrysme de l’aisselle pour ce que j'ai à dire ici sur la manière de distinguer ces deux tumeurs. De plus, il faut savoir ici que le pus d’un abcès peut être porté dans là profondeur du canal crural, et que le tronc artériel peut être déplacé

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au point d’être porté très en avant, de devenir plus voisin de la peau que l'humeur purulente.

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