‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 155 sur 358 · LS · texte numérisé non relu

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fait qu'on n'est pas exposé à laisser des parties malades. Dans la désarticulation, au contraire, on est limité par la jointure. Mais la désarticulation permet de séparer complétement un membre du tronc: c’est ce résultat qu'on obtient quand on désarticule la cuisse ou le bras.

2° Pansement. — La plaie qui provient d’une amputation est plus régulière, moins étendue; elle est composée de la peau, de tissu cellulaire, de muscles, de nerfs, de vaisseaux; il y a peu de tissu fibreux ; les os y tiennent peu de place, et leur surface est égale. Cette plaie se prête à tous les modes de pansement, à la réunion médiate ou immédiate.

La désarticulation laisse, au contraire, une plaie anfractueuse (voyez Varticulation de l'épaule après l'extraction de l’humérus), il y a des saillies, des enfoncements, qui ne permettent pas une application exacte des chairs destinées à recouvrir l'articulation ; il reste toujours des vides plus ou moins prononcés. Quelquefois même il faut une certaine force pour maintenir les chairs sur l'articulation.

3° Accidents primitifs. —Plus une surface traumatique est étendue, plus son inflammation est facile : or la plaie de la désarticulation étant plus considérable que celle de l’amputation, elle s’enflamme plus facilement. Mais la section de l’os cause une secousse et laisse des bords tranchants qui irritent les chairs et y provoquent l’inflamunation ; elle laisse une surface peu disposée à la réunion et met la moelle à nu : alors, outre l'inflammation des veines qui parcourent les parties molles, on a à craindre celle des os sciés. Cette section de l'os est aussi la cause d’hémorrhagies qui peuvent devenir très graves, Ces deux accidents sont peu à craindre après les désarticulations, les extrémités osseuses sont recouvertes d’une synoviale et d’un cartilage. On a dit que ces extrémités osseuses ne se réuniséaient jamais aux parties molles, ce qui est faux ; on aurait dû dire qu'elles ne se réunissaient pas toujours. Mais dans la plaie de la désarticulation sont des ligaments, des tendons dont l’inflammation n’est pas toujours franche, et qui quelquefois se mortifient. Ce qui est plus grave, ce sont les inflammations des gaïnes tendineuses, inflammations qui se propagent parfois avec une grande rapidité vers la racine du membre.

h° Accidents consécutifs. —Dans la désarticulation, les inégalités du fond de la plaie sont favorables à la formation des clapiers, des fistules. Ces clapiers peuvent amener le ramollissement, la carie des os, etc. Des cartilages détachés peuvent donner lieu aux mêmes accidents, car ils agissent alors comme corps étrangers. Mais le défaut de réunion de l’extrémité de l'os scié avec les parties qui le recouvrent exposent à la plupart des accidents indiqués, et de plus à l’inflammation du tissu médullaire que j'ai déjà signalée. On a aussi beaucoup à craindre de la saillie de l'os et j'ai dit que le meilleur procédé n’en préservait pas infailliblement le malade.

Ge qu’il faut surtout prendre en considération dans le choix à faire de ces deux méthodes, ce sont les accidents les plus graves : la résorption pu-

FIGURES QUI REPRÉSENTENT LA PLUPART DES AMPUTATIONS CIRCULAIRES À LAMBEAUX

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