CHAPITRE PREMIER
Absence, adhérences des doigts. — Doigts surnuméraires.
Les anomalies et les difformités de cette régidn portent principalement sur les doigts. L'absence de ces appendices, noh sur les acéphäles et les anencéphales, mais sur les fœtus viables, cette anomalie est rare. Les faits les plus authentiques ont été rapportés par Mauriceau et M. Crüveilhier, Le préfier à vu un fœtus qui n'avait pas de pouce; M. Cruveillier n’a trouvé à une main que le pouce et l’auriculaire, qui étaient dirigés l’un vers l’autre. Quelquefois une partie seulement des doigts manque : ainsi, on a vu les phalangettes s’articuler avec les premières phalanges, ce qui raccourcissait de beaucoup les doigts. Il faut distinguer l’absence réelle des doigts de la réunon de ces appendices ; il y à, dans ce dernier cas, réellement diminution dans le nombre des appendices de la main, mais avec augmentation dans le volume d’un ou plusieurs des appendices : c’est qüänd deux ou trois doigts Sontréunis entre eux. Alors, au lieu de cinq doigts de diamètre naturel, il en existe seulement quatre ou trois, parmi lesquels il en ést qui sont très larges. Il peut même 6e fâire que là main, au lien de $e diviser en appendices se rapprochant du nombre cinq, ne subisse aucune division, et sé prolonge en avant pour se terminer en une espèce de moignon couronné par un seul ongle très large. Un enfant, qui à été présenté à la Société de chirurgie par M. Guersant, avait tous les doigts des deux mains réunis par une membrane à la manière des palmipèdes ; le Pouce seul était séparé et libre ; était plus large, plus aplati que les.pouces d’un enfant du méme âge. Le même Sujet avait six doigts aux pieds : le gros doigt était divergent et plus fort proportionnellement. Les adhérentes des doigts sont le plus souvent cohgénitales : celles qui sont accidentelles proviennent presque toujours de
la cicatrisation vicieuse d’une plaie ou d’une brûlure profonde. Pour apprécier la valeur des moyens chirurgicaux proposés pour séparer les doigts, al faut établir trois catégories d’adhérences : 1° adhérences par brides cutanées, ou par une membrane analogue à celle qui réunit les divisions des pattes des palmipèdes; 2° adhérences charnues immédiates ; 3° adhérences auxquelles les os prennent part. Gette division seule montre que le pouvoir chirurgical s’affaiblira à mesure qu’on ira de la première à la troisième catégorie. (Voyez plus loin le traitement des adhérences vicieuses des doigts.)
L'augmentation dans le nombre des doigts est une anomalie plus fréquente que celle que je viens d'indiquer. C’est du côté interne de la main que poussent le plus souvent les doigts surnuméraires ; ils ont un métacarpien à eux, et sont sur la même ligne que les autres doigts, ou bien ils végètent sur le * métacarpien ou la première phalange d’un doigt normal. Ce sont alors le plus souvent des doigts avortés, des appendices qui n’ont qu’un os irrégulier couvert de graisse et de peau. J’ai vu un métacarpien porter deux pouces ; un de ces pouces avait la première phalange bifurquée; chaque branche avait un ongle. J’enlevai l’un de ces pouces, celui qui n’avait qu'une phalange unguéale, parce qu'il était hors de rang, et je fis aussi l’ablation de la phalange qu'il y avait en plus au pouce que je conservai. Je réussis à tailler ainsi une main passable. Cette anomalie existait sur une petite fille de mon pays natal. Ordinairement, quand il n’y a qu’un doigt en plus, et qu'il est sur la ligne des autres, on le respecte. L’individu est appelé sex-digitaire. Quand, au contraire, les doigts surnuméraires ne sont que des bourgeons rabougris, inal placés, irrégulièrement développés, on les enlève à l’âge le plus tendre, ce qui esten général sans danger.
Déviations et flexion permanente des doigts.
SI°'.— Déviations des doigts.
Les déviations proprement dites, c’est-à-dire les inclinaisons de ces appendices dans des sens différents à leurs mouvements naturels, sont rares. On rencontre ces inclinaisons latérales chez les enfants qui ont la manie de faire claquer leurs doigts. Ce jeu, trop souvent répété, finit par affaiblir les liens de l'articulation, laquelle se relâche, ce qui fait que les doigts peuvent se porter de dedans en dehors. Pour empêcher ces déviations de rester incurables, il faut maintenir le doigt dans la rectitude à l’aide de petites plaques métalliques qui doivent s'étendre en même temps sur les faces dorsale el palmaire de la main, et qu'on fixe par un bandage approprié. A. Bérard à rencontré chez des nouveau-nés du sexe féminin une incurvation en arrière des deux dernières phalanges qu’on doit traiter par les mêmes plaques mé-