IL NS À 1) A\ Ÿ 17/1114 | Ê 1/24 \ ÈS SS
FLEXION PERMANENTE DES DOIGTS. 677 de la base de la première phalange de l’index, venaient s’insérer ensemble à la gaîne du tendon du grand fléchisseur du pouce, vis-à-vis de l'articulation métacarpo-phalangienne de ce doigt.
Voici comment M. Goyrand explique le développement de cette infirmité.
Les personnes qui se livrent à des travaux dans lesquels la paume des mains est habituellement soumise à de rudes pressions, ont l’épiderme de cette région très épais, la peau et l’aponévrose palmaire épaisses et résistantes : chez elles, aussi, les filaments cellulo-fibreux sous-cutanés, dont l'hypertrophie ou la dégénérescence fibreuse constitue l'infirmité, sont plus développés qu’à l’état normal. Condamnez une main qui se trouve dans ces conditions à une longue immobilité par suite de quelque affection accidentelle, les doigts seront en demi-flexion tant que le malade ne se servira pas de la main. Dans cette position, les faisceaux cellulo-fibreux, qui jusqu’alors étaient assez longs pour se prêter à l'extension complète des doigts, se raccourcissent, et quand la main redevient libre, ces filaments raccourcis s'opposent à une extension complète. L’infirmité est peu prononcée encore à cette époque, mais les cordons fibreux, devenus saillants dans la paume de la main, sont alors soumis à des pressions plus fortes qui les irritent sans cesse et deviennent le siége d’une nutrition plus active. Les puissances extensives ne peuvent pas lutter sans cesse contre cette tendance à la rétraction. Dans l’état de repos, les doigts prennent toujours une position qui relâche ces cordons, et, à mesure que ceux-ci deviennent plus forts, plus épais, ils se raccourcissent toujours davantage (1). La différence d'énergie des puissances extensives des doigts explique, ainsi que je lai signalé dans le temps (2), la rareté de la rétraction du pouce et de l'index, et la plus grande fréquence de cette infirmité au petit doigt, au médius et surtout à l’annulaire.
D’après ce qui vient d’être dit, il sera facile d'indiquer les causes prédisposantes et déterminantes de cette infirmité. Les premières sont les profes- Sions d’agriculteur, de cocher, de maître d’armes, de portefaix, de forgeron, l'habitude de cacheter des dépêches, etc. On peut prévoir que les hommes yseront bien plus sujets que les femmes. Dupuytren et M. Goyrand (3) ont rencontré chacun un cas dans lequel la rétraction pouvait être considérée comme héréditaire; dans un de ces cas, celui de Dupuytren, elle était congénitale. Les causes prédisposantes, les seules qui aient été signalées par Dupuytren, peuvent quelquefois produire l’infirmité sans l'intervention d’une cause déterminante.
Parmi les causes déterminantes, on peut ranger les blessures, les inflam- Mations de la paume de la main, les entorses des articulations des doigts, les
(1) Gazette médicale, 1835, p. 484.
(2) Gazette médicale, 27 janvier 1832.
(3) Mémoires de l'Académie royale de médecine. Paris, 1833, L. IL, p. 489.
affections arthritiques de ces mêmes articulations, les fractures des pha= langes, des os du métacarpe, de l’extrémité inférieure du radius, etc.
Traitement. — Il est prophylactique ou curatif. Le premier S ’emploié dans la convalescence des affections que nous avons désignées comme causes déterminantes de la rétraction. Il consiste à imprimer aux doigts des mouvements répétés d'extension dès que l’état de la partie malade le permet, et si l’on s’apercevait alors de quelque tendance à la rétraction, on pourrait Y remédier au moyen d’une machine propre à fixer les doigts dans une extension complète ; mais quand l’infirmité existe, on ne peut la guérir qué par la section des brides, opération que je décrirai plus loin.