MAIN ARTIFICIELLE
articulations des phalanges entre elles ne doivent pas être reséquées ; l’ankylose qui surviendrait rendrait le doigt inutile et gênant: on peut enlever cependant la tête de l'os métacarpien, ou bien la base de la phalange, ou les deux extrémités articulaires à la fois.
Du milieu de la face dorsale de l'os métacarpien part une incision oblique commencée à 12 millimètres au delà du point qui doit être scié; elle vient s'arrêter à la commissure du doigt. Une autre incision va à l’autre commissure, el cerne ainsi un lambeau en V à base inférieure. Il est disséqué et renversé ; les tendons extenseurs sont écartés; on détache sur les côtés les muscles interosseux de l'os. Alors on ouvre l'articulation, et l'on incise les ligaments latéraux et antérieurs. On devra éviter de léser les tendons fléchisseurs. La phalange est luxée en arrière; on isole des parties molles toute la portion altérée ; on glisse une spatule mince pardessous l'os, et l’on scie. On répète cette manœuvre pour la tête de l’os du métacarpe. Pour l’index et le petit doigt, on aura plus de facilité à tracer le lambeau sur lé côté libre du doigt, et, selon la maladie, on lui donnera une base inférieure ou supérieure. Par ce procédé, on ne sera pas obligé d'écarter autant le tendon extenseur pour ouvrir la marche de la scie.
Prothèse de la main, — Main artificielle.
Les difficultés de la prothèse du membre supérieur se manifestent surtout ici. Déjà dans A. Paré on trouve la description d’une machine destinée à remplacer le bras ; elle est de fer battu, et renferme dans son intérieur des ressorts propres à faire mouvoir ce membre artificiel dans le sens des articulations naturelles, tant du coude que du poignet et des doigts. Cette machine présente un inconvénient qui est d’ailleurs commun à toutes celles inventées jusqu’à ce jour : c’est son poids, qui est tel que les malades ne peuvent la porter longtemps. Paré a fait graver aussi une main d’après les mêmes principes ; elle est applicable aux amputés immédiatement au-dessus du poignet. On lui a encore reproché son poids ; mais son moindre volume et la facilité plus grande de la fixer rendent cette machine plus usuelle. On couvre cette main d’un gant, et on l’adapte au moignon avec des courroies, qui appli quent avec plus ou moins de force deux lames contournées en forme de gouttières sur toute la longueur de l’avant-bras, lames soudées à la main artifcielle, laquelle exécute avec assez de précision les mouvements de flexion, d'extension, et même de préhension des corps, quand on touche un ressort placé à la face palmaire du poignet, sous le bord de la manche de l’habit.
La main de tôle du chevalier Gotz est très célèbre. L'empereur Joseph II en fit faire une copie pour l’ensérumentarium de Vienne,
M, Baillif (de Berlin) a fait confectionner un appareil qui mérite d’être connu avec détail (1). Gette main artificielle, au lieu de peser trois livres,
(1) Description d’une main el d'une jambe artificielles, Berlin, 1818, in-4, fig, VIDAL, T. V. — 5° ÉDIT, 45
DE
comme celle de Gotz, ne pesait qu’une livre, et pouvait se prêter à tous les mouvements de flexion et d'extension. Elle saisit facilement des objets légers, comme du drap, du verre, un chapeau, et même une plume à CES Je vais décrire cette machine d après A. Bérard.
Chaque phalange représente une quille creuse, un peu comprimée sur ses faces dorsale et palmaire ; l'union des phalanges se fait par la réception de l'extrémité amincie de l’une dans l'extrémité plus large de Pautre ; Ha dernière phalange seule est fermée à son extrémité unguéale, pour repré= senter le bout du doigt. Chacune des premières phalanges s'articule avec un prolongement appliqué dans le creux de la main, et s’y trouve solidement fixée. Toutes les phalanges sont largement échancrées du côté de leur face palmaire, vers leur extrémité supérieure, afin de pouvoir être fléchie à angle droit sur la phalange qui précède. La face dorsale reste intacte, au contraire, afin de prévenir le chevauchement pendant l'extension. Pour faci: liter l’action de la corde à. boyau qui glisse dans la cavité des phalanges, et l'usure qu’entraînerait le long usage de la main, les bords des phalanges sont légèrement courbés en dedans et bien arrondis. La moitié inférieure de là face palmaire de chaque phalange, excepté de la troisième, offre une échans crure peu large qui sert à recevoir de petits ressorts pendant la flexion des doigts. Un sillon est creusé sur la face dorsale de tous les doigts, afin de re= cevoir la corde à boyau. Pour empêcher le déplacement de celle-ci, et compléter la rondeur du doigt, ce sillon est couvert d’une petite plaque de fer blanc. Les articulations des phalanges sont traversées d’un côté à l’autre par des ferrets d'acier rivés à leurs extrémités ; ces rivets sont situés en arrière des ressorts et ne gênent en aucune façon le mouvement de ces derniers. Ea main elle-même est creuse comme le reste; elle est composée de deux co= quilles attachées au niveau de leurs bords par des vis. Le bord inférieur de la main présente les quatre prolongements qui servent d'attache aux doigts, et un pour le pouce. Le bord supérieur est lié à la gaîne du bras à l’aide de trois rivets. La gaîne de l’avant-bras est formée de deux moitiés, dont l’une est liée à la main, et dont l’autre s'ouvre à l’aide de charnières pour recevoir le moignon. A la surface intérieure de la gaîne est soudé un étui étroitet aplati, de fer-blanc, qui sert de conduit aux cordes à boyau, tout le long de la gaîne.
Voici les parties qui servent à produire les mouvements de la main artificielle. La flexion des doigts à lieu à l’aide de forts ressorts en spirale qui passent d’une phalange à l’autre. Ces ressorts s’attachent par un ferret près de l'extrémité supérieure de la face palmaire de la troisième phalange ; de à ils montent obliquement, et sont attachés à l'extrémité supérieure de la face dorsale des secondes phalanges. Chaque ressort est double, afin d'augmenter la force et de continuer son action dans le cas où l’un des deux viendrait à se rompre ; par leur tension, ils produisent Ja flexion à angle droit des troï sièmes phalanges sur les secondes ; des ressorts en tout semblables sont dis-