ANOMALIES ET DIFFORMITÉS DE LA HANCHE
Les anomalies et les difformités de la hanche les plus nombreuses et les plus isnportantes à connaître sont celles qui produisent les déviations des Cuisses, les luxations congénitales de ces membres, que nous allons étudier avec quelque détail.
Déviations. — Luxations congénitales de la euisse,
. Les déviations des hanches ont été étudiées en partie dans le deuxième Mlime, quand il a été question des fractures et des luxations du fémur, et des suites de ces lésions physiques non traitées ou mal traitées. On verra plus tard que les luxations dites spontanées, qui sont des conséquences d’une lésion organique de la hanche, produisent des déviations. Pour simplifier les Questions, il ne sera question dans cet article que des rapports anormaux du fémur et du bassin existant avant la naissance, et qui constituent ce qu’on a appelé Zuxations congénitales des fémurs, lesquelles peuvent être considérées ici comme cause des déviations de la cuisse. Hippocrate connaissait les luxations congénitales du fémur, et même celles des autres articulations. Ainsi on peut voir dans le livre le plus FAN de ses œuvres (1) : «Luxation en dehors, congénitale où non...; puis luxation en dehors des deux cuisses, soit de naïssance, soit par MALADES » Bien plus, sous le titre Pied bot, Hippocrate traitera de quelques luxations congénitales du pied, Drévoyant ainsi tout ce que pouvait produire l’analogie, et ne laissant pas
(1) Œuvres d’'Hippocrate, édition de M. Littré, t. IV, p. 239 et suiv.
même aux modernes l’idée d’abuser de cette analogie. Cependant il faut arriver à la fin du xvrri° siècle, à Paletta, pour que la science distingue réellement la luxation congénitale de la luxation accidentelle, et même l’attention des praticiens n’a véritablement été éveillée sur ce point que depuis les travaux de Dupuytren, qui éclairent surtout l'anatomie pathologique et la symptomatologie. Plus tard, MM. Humbert, Pravaz, Gerdy, Ch. Sédillot, J. Guérin, Bouvier, etc., ont traité cette question sous tous les points de vue, et se sont efforcés d’instituer une thérapeutique rationnelle.
[Anatomie pathologique. — Le plus fréquemment, la tête du fémur est luxée dans la fosse iliaque ; la luxation ilio-pubienne et la sus-cotyloïdienne ont été vues par MM. J. Guérin et Pravaz; l’ischio-pubienne par Chaussier et Delpech.
La luxation iliaque, la seule dont il sera question ici, présente à étudier l’état de la capsule articulaire, du ligament rond, des surfaces osseuses, des os et des muscles voisins.
La capsule articulaire est d’abord simplement allongée, plus tard perforée par la tête du fémur. Dans le premier cas, tantôt les insertions normales de la capsule ont conservé leur situation primitive ; tantôt elles sont déplacées. M. Bouvier (1) a proposé le nom de syndesmose pour la première forme, de capsule déplacée ou refoulée pour la seconde.
Dans la syndesmose, la capsule est composée de trois portions : la coty= loïdienne, la fémorale et la partie libre ou intermédiaire. La portion cotyloïdienne est insérée au pourtour du cotyle ancien, elle est resserrée et s’ap= plique sur la cavité articulaire de facon à la fermer comme un rideau. La portion fémorale contient la tête du fémur, et la surface interne est en rapport immédiat avec cette tête et le col du fémur, pendant que la surface externe est en contact avec l’os iliaque, et tapisse l’excavation cotyloïdienne de formation nouvelle ; elle adhère à l’os iliaque par des liens fibreux, et en est séparée par une synoviale. La portion intermédiaire ou libre est plus ou moins longue, et ressemble à un sablier ou à une bourse à double poche, froncée et rétrécie au milieu. La structure de la capsule est la même que dans l’état normal; quelques-uns des faisceaux fibreux sont atrophiés ; d’autres présentent, d’après M. Bouvier, la forme d’un X, dont l’une des branches répond à l’ancien ligament de Bertin épaissi, dont l’autre, située en arrière de la précédente, la croise, en prenant son origine en arrière et au-dessous du cotyle ancien, pour se porter en haut et en dehors et s'attacher au grand trochanter.
Dans les cas de capsule déplacée ou refoulée, cette capsule embrasse les deux cotyles, c’est-à-dire l’ancien et le nouveau; elle est moins longue et plus serrée que: dans la syndesmose ; les deux extrémités ne sont pas séparées
(1) Leçons cliniques sur les maladies chroniques de l'appareil locomoteur. Paris,
LUXATIONS CONGÉNITALES DE LA CUISSE. | 715 par une portion intermédiaire isolée; les trousseaux fibreux appliquent exactement l’un contre l’autre l’ilium et le fémur.
La perforation de la capsule n'existe pas à la naissance; elle se produit souvent dans un âge plus avancé, et alors la tête du fémur se met en contact immédiat avec la fosse iliaque externe.
Le ligament rond, dans les luxations par allongement, est aminci, allongé ; quelquefois épaissi, d’autres fois détruit en partie ou en totalité.
La cavité cotyloïde ne présente pas de modifications sensibles dans la forme et la capacité, à une époque rapprochée de la naissance; le bourrelet cotyloïdien est seulement déprimé à sa partie supérieure et externe, de façon à représenter le rudiment d’une cavité de nouvelle formation. Plus tard, le
Fig. 739, Fig. 740.
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