DEUXIÈME ESPÈCE
Pied bot poplité exicrne.
5 degrés.
5° Abaissement du talon.
4° Extension forcée du pied sur luimême.
3° Abduction de l’avant-pied.
29 Renversement du talon en dehors,
4° Diminution de la courbure transversale de la plante du pied.
5° Augmentation de la courbure transversale de la plante du pied.
« On voit par ce tableau que les variétés fondamentales du pied bot ont chacune cinq degrés d’accroissement, et que chaque degré du pied bot poplité interne offre un contraste frappant avec chaque degré du pied bot poplité externe, non-seulement par le caractère essentiel qui lui est propre, mais encore par l’ordre qu’il occupe dans la série où il est placé ; qu’ainsi, par exemple, l'élévation du talon, signe représentatif du premier degré de l’un, correspond à l’abaïssement du talon, signe spécial du cinquième degré de l’autre, et que l’aplatissement de la plante du pied, qui détermine le premier degré de celui-ci, répond à la courbure transversale de cette surface qui distingue le cinquième degré de celui-là. Ce tableau présente en un mot deux échelles sur lesquelles les caractères opposés des cinq degrés du pied bot interne et externe se trouvent placés parallèlement dans un ordre inverse d'évolution (1). »
Causes. — En parlant des rétractions en général, j'ai fait mention des causes qui peuvent les produire. Je noterai ici surtout l'influence des con-
(4) Bonnet, Trailé des sections tendineuses et musculaires, 1841, p. 467.
vulsions et autres désordres du système nerveux, soit central, soit périphérique. Voici, d’après M. Scoutetten, le résumé des causes qui peuvent pro= duire les pieds bots : 1° l'influence d’une répartition inégale de force entre les muscles extenseurs et les fléchisseurs de la jambe et du pied; 2° une dis= position vicieuse des surfaces articulaires ; 3° la mauvaise attitude du fœtus dans l'utérus ; 4° la compression de l'utérus sur les membres flexibles de l'enfant ; 5° des convulsions éprouvées par le fœtus; 6° des convulsions pen: dant la première enfance ; 7° une inflammation chronique des muscles de la jambe; 8° un défaut d’innervation des nerfs tibiaux, produit par une maladie de l’encéphale ou de la moelle épinière sans convulsions préalables: 9° rétraction de l’aponévrose plantaire; 10° rétraction muscolaire sans cause appréciable. I faut encore ajouter les pieds bots existant souvent chez les enfants monstrueux et chez ceux dont les facultés intellectuelles sont développées (1). |
Je ne ferai que citer l'opinion de ceux qui prétendent que cette difformité tient à un arrêt de développement. Selon ces auteurs, à une certaine période de la vie intra-utérine, nous avons naturellement les pieds bots.
Dans ces derniers temps, il à été fait sur ces difformités des recherches statistiques par MM. Bouvier (2), F. Martin, Held et Scoutetten. Voici les résultats obtenus par ces praticiens : sur quatre-vingts cas pris dans divers auteurs ou observés par lui, M. Bouvier a trouyé deux cinquièmes de pieds bots doubles. Un tiers de ces quatre-vingts occupait le pied gauche, un quart le pied droit. Sur soixante cas, les garçons en ont offert les trois cinquièmes, et les filles les deux cinquièmes restant, M. Martin ne compte que les pieds bots qu’il a observés. Ils sont au nombre de soixante, dont vingt-six doubles el trente-cinq simples : pour le sexe, quarante-cinq cas aux garçons et seize à des filles. On le voit, il y a une différence dans ces résultats pour le côté af: fecté. Selon M. Bouvier, ce serait plus souvent le pied gauche ; ce seraitle con= traire pour M. Martin. Quant au sexe, il n’y a pas désaccord, ce sont des’ garçons qui prédominent. M. F. Martin fait tourner ce résultat au profit de sa théorie : comme les garçons sont plus volumineux, ils seraient plus exposés, selon lui, à être comprimés par la matrice.
Sur trente et une observations recueillies dans les auteurs, M. Held a trouvé la difformité dix-sept fois double, deux fois plus prononcée sur un côtés une fois il y avait varus d'un côté et un pied équin de l'autre. Quant à M. Scoutetten, sur vingt-sept cas observés par lui, il y avait treize garcons et huit filles. Neuf avaient les deux pieds affectés. Des pieds bots uniques, sept étaient du côté droit et cinq du côté gauche. Quinze fois l'affection était
(1) Scoutetten, Mémoire sur la cure radicale des pieds bots. Paris, 4838, in-8. (2) Mémoire sur la section du tendon d’Achille dans le traitement des pieds bots, dans Mémoires de l'Académie royale de médecines. Paris, 4838, t. MH, p. 414.
dé
PIEDS BOTS. 183 congénitale, six fois accidentelle. M. Scoutetten n’a jamais rencontré un pied bot accidentel et double (1).
Il est évident que cette statistique ne repose pas sur un assez grand nombre de faits pour en détruire des lois sur les formes du pied bot, sur la fréquence relative dans les deux sexes, sur celle des pieds bots doubles, etc. I faudra nécessairement opérer sur une plus grande échelle pour arriver à la vérité.
I y a des faits qui prouvent que le pied bot peut être héréditaire.
Effets. — Il existe la plus grande analogie entre les altérations observées dans les pieds bots accidentels et ceux qui sont congénitaux. Il y a amaigrissement de la jambe, surtout du mollet : cependant la jambe peut conserver sa forme naturelle, la cuisse surtout ; mais il n’est pas rare de voir les genoux portés en dedans ou en dehors. Il peut arriver que le tibia se courbe et que la malléole interne s’efface.
Gomme les muscles sont plus courts et minces, les tendons semblent plus longs. Les ligaments opposés au sens vers lequel se porte le pied sont allongés ; les autres sont plus courts et sont réellement rétractés. La peau des points du pied qui touchent le sol se durcit, devient calleuse : c’est un talon anormal ; au-dessous, le tissu cellulaire est plus serré, mais encore souple. Dans ce tissu cellulaire se développent souvent des bourses muqueuses : M. Velpeau a observé trois cas de pieds équins très prononcés (pieds bots plantaires); les malades marchaient sur la face dorsale des articulations tarso-métatarsiennes du cuboïde et du troisième cunéiforme : dans ces trois cas il y avait une large bourse muqueuse sous la peau (2).
Il ya une grande disposition à la transformation graisseuse des tissus du
pied et même de la jambe ; les muscles surtout subissent facilement cette transformation, ou bien ils sont réduits à leur élément fibreux. M. J. Guérin explique cette prédominance du tissu graisseux par le développement du Système veineux partout où il y a difformité, et par l’atrophie du système artériel. D'ailleurs, ces deux ordres de vaisseaux s'adaptent aux courbures que peuvent subir les os, et, au lieu de représenter, comme les muscles, la corde de l'arc formé par l'os, les vaisseaux suivent cet arc lui-même.
Il n’est pas nécessaire d’insister sur la gêne apportée à la progression par le pied bot, surtout quand il est double ou très prononcé. Alors les chutes sont fréquentes, des excoriations de la peau ont lieu, des ulcères se creusent quelquefois jusqu'aux os, etc., ce qui fait que les malades se soumettent Souvent à de grands sacrifices pour être débarrassés de cette infirmité.
Pronostie. — Le pied bot peut-il guérir sans les secours de Part?
Voici les faits cités par M. Scoutetten. M. Stolz a connu un jeune garcon, né de parents pauvres, qui avait un renversement très marqué du pied en
(1) Mémoire sur la cure radicale des pieds bots, loc. cit. (2) Médecine opératoire, 2€ édition. Paris, 1839, t. 1°", p. 5B9.
dedans. Ce ne fut que lorsqu'il put marcher qu’on lui fit faire des brodequins tout à fait simples, et, plus tard, il portait des chaussures ordinaires accom= modées à sa difformité. Il n’en guérit pas moins vers l’âge de dix à douze ans. Habitué dès l'enfance à porter de pesants fardeaux, cet exercice l’oblis geait d'appliquer fortement la plante du pied sur le sol, tandis qu’il s’efforçait lui-même d’en ramener la pointe en dehors, autant qu'il lui était pos= sible. Cet exercice suffit enfin pour rétablir l'équilibre musculaire, et, à l’âge de vingt ans, il était impossible d’apercevoir qu’il eût été jamais aflecté de pied bot. Richter cite un autre cas remarquable de guérison. Un jeune homme affecté de pieds bots doubles prononcés apprit, vers l’âge de quatorze ans, le métier de tailleur. Assis continuellement depuis cette époque les jambes croisées, comme le comportait l'exercice de sa profession, il remarqua bien= tôt avec étonnement que ses pieds commençaient à se redresser. La guérison fit insensiblement des progrès, et finit enfin par être parfaite; c’est au relà= chement continuel des muscles extenseurs et adducteurs qu’il faut évidemment la rapporter (1).
Ici ce ne sont pas précisément des cures spontanées, comme le dit M. Scoutetten, car, dans le premier cas, la volonté et une gymnastique bien dirigée ont réussi; dans le second, c’est une position particulière qui a amené le succès. Il est évident que la position de l’établi dans ce dernier cas, celle de la chaussure particulière dans le premier, ont agi efficacement. Dans celui-ci; la gymnastique a dû développer les muscles affaiblis sur un point, et rétablir l'équilibre des puissances musculaires de la jambe.
Les cures dues à des moyens si simples sont trop rares pour qu'on se borne à leur emploi; d’ailleurs elles demandent beaucoup plus de temps que les moyens orthopédiques complets, et surtout que la section des tendons du pied. Le peu de gravité de ces opérations fait que les questions de sas voir si l’on doit toujours opérer, s’il y a un âge où l’on doit s’en abstenir, sont moins importantes. D'ailleurs on a vu des pieds horriblement déformés revenir à leur direction normale. On cite des cas où il y avait des calus énormes, des ulcères, un amaigrissement considérable, paralysie de presque tout le membre inférieur. Cependant, si cette paralysie dépendait d’une afz fection encore existante de la moelle épinière, on devrait renoncer à toute opération ; on s’en abstiendra encore si l’on constate une ankylose ou une destruction des cartilages articulaires.
Traitement, — Les divers moyens employés contre cette difflormité doivent tendre à rendre au pied sa forme et ses fonctions ; pour cela, il faut qu’il parcoure en sens inverse la voie qu’il a prise pour se déplacer. Je ferai connaître plus tard ces moyens. Je vais maintenant décrire dans des para= graphes séparés les principales variétés. |
(1) Scoutetten, Mémoire cilé.
S 1%. — Pieds bots en particulier,
PIED BOT EN ARRIÈRE. — PIED ÉQUIN. — Le talon est porté directement en haut ; il est raccourci de beaucoup et proémine peu. La pointe du pied est portée en bas; elle pose seule sur le sol. L’axe du pied tend à continuer celui de la jambe. La plante, concave et creusée de plusieurs sillons, regarde en arrière. Le dos, plus voûté, regarde en avant. Le pied paraît plus court et plus large. Les orteils, fortement relevés, se renversent sur le métatarse. Le tendon d'Achille est dur, tendu, et résiste aux efforts qui tendent à relever la pointe du pied (fig. 747). Il est évident que, dans le plus grand nombre des cas, ce sont les muscles du mollet dont la rétraction donne lieu à cette difformité; le fléchisseur des orteils y contribue aussi dans quelques cas. Dans cette espèce de pied bot, il y a inclinaison des os du pied vers sa plante. Le principal mouvement se passe dans l'articulation tibio-tarsienne. Si le pied équin est léger, il y a seulement extension de cette articulation. Si l'espèce plantaire vient compliquer celle-ci, les rapports de cette articulation se détruisent, et il y a plus ou moins de luxation. C'est surtout pour la cure radicale du pied équin qu’on pratique la section du tendon d’Achille.
PIED BOT INFÉRIEUR. — PLANTAIRE. — C’est celui qui dépend de la rétraction du court fléchisseur des orteils, ou de l’aponévrose plantaire, ou bien de l’un et de l’autre en même temps. C’est à cette variété qu'il faut rapporter le pied creux, les trois pieds bots observés par M. Velpeau et celui dont parle M. Pivain, lequel aurait été observé par M. V. Duval (1). Les malades avaient le pied comme roulé sur lui-même. La pointe se portait tellement contre la plante, le talon tellement en haut, que les malades marchaient tout à fait sur le dos des os du tarse. Alors le calcanéum vient toucher le tibia derrière l’astragale. La poulie de celle-ci se trouve devant la mortaise des os de la jambe. Le scaphoïde et le cuboïde étant entraînés vers la plante du pied, il v à au dos une saillie formée par la tête de l’astragale et la facette cuboïdienne du calcanéum. En dedans de la plante du pied existe une corde dure, qui va du talon aux orteils. Les ligaments dorsaux du pied sont allonvés ; ceux de la plante sont raccourcis de beaucoup.
PIED BOT LATÉRAL INTERNE. — VARUS. — Le pied est tourné en dedans, c’est-à-dire vers l’adduction. Selon M. Bouvier, chez les nouveau-nés, il faut quelque attention pour distinguer une légère déviation du mouvement habituel et étendu du pied en dedans qui est naturel. Quand le varus commence,
Fig. 747.
(1) Thèse de Paris, 1837, n° 212.
hs
on voit la pointe du pied et le talon un peu tournés en dedans ; la face plantaire, un peu plus éreusée que dans l’état normal, et aussi tournée dans le même sens ; la face dorsale, plus convexe, est déjetée en dehors; les bords du pied sont un peu courbes, l’externe est abaissé : c’est lui, et un peu le point correspondant de la plante, qui posent sur le sol; l’interne est relevé (fig. 748). La tête de l’astragale fait une saillie de 23 à 27 millimètres devant l'articulation de la jambe avec le pied ; l'extrémité antérieure du calcanéum forme une autre saillie plus bas, de 27 à 36 millimètres devant là malléole externe. Une troisième saillie est dueà l'extrémité postérieure du dernier métatarsien. Des deux malléoles, l’externe paraît plus saillante; l'interne, au contraire, tend à s’eflacer, ainsi que la saillie interne du scaphoïde.
A mesure que le varus fait des progrès, tous ces caractères se prononcent daväntage. Ainsi, l’inclinaison latérale peut aller depuis celle d’une forte addüction jusqu’à une torsion du pied qui présente la plante sur un plan tout à fait vertical, de manière que le bord externe seul repose sur le sol; quelquefois même l’exagération est telle, que le malade marche sur une partie de la face dorsale du pied.
C'est surtout l’avant-pied qui est mobilisé, et c’est aux articulations dela première avec la seconde rangée du tarse que se forment les centres du mouvement.
Bonnet, qui comprend le pied équin et le varus dans une seule espèce, le pied bot poplité interne, décrit ainsi les cinq degrés qu’il admet dans cette espèce. — 1° degré. Le pied, conservant sa forme normale, est maintenu dans une extension permanente sur la jambe ; aucune autre direction du pied, ni en dedans ni en dehors : c’est le pied fixé dans la position où le mettent physiologiquement les extenseurs; c’est la forme la plus simple du pied équin des auteurs, variété où l'extension peut aller depuis le point où le talon touche le sol jusqu’à celui où le pied semble dans l'axe de la jambe. — 2° degré. La flexion de l’avant-pied sur l’arrière-pied se réunit à d'extéhsion de cet organe sur la jambe. Comme dit Bonnet, en faisant ici usage du langage mathématique, le deuxièm: degré égale le premier, plus la flexion de l’avant-pied sur l’arrière-pied. Avec la voussure, qui résulte de la flexion antéro-postérieure du pied, le corps du pied devient plus court. — 3° degré. A l'élévation du talon et à la voussure du tarse se joint l’adduction de l'avantpied sur l’arrière-pied. Le troisième degré égale le second, plus l’adduction de l’avant-pied sur larrière-pied.
. . LU Ë d . ” { « Les rapports qui lient entre eux les trois premiérs degrés du pied bot
PIEDS BOTS. ‘187 interne, dit Bonnet (1), se saisissent à première vue ; ils paraissent encore plus frappants si l'on remarque que, dans le pied équin le plus simple, la voussure du pied est toujours un peu augmentée, et que, dans le pied équin vavec légère flexion de la première rangée du tarse sur la seconde, il y a toujours un peu d’adduction entre ces deux parties. Les rapports qui existent entre les deux degrés qui nous restent à décrire sont beaucoup plus difficiles à démontrer, » — 4° degré. Tant que l’adduction de l’avant-pied sur l’arrière-pied n’est pas plus prononcée que dans le degré précédent, le talon reste élevé directement ; mais si la courbure interne du pied augmenté par Pellet d’une rétraction musculaire plus forte où par les fatigues de la marche, le talon ne tarde pas à se renverser en dedans. Le quatrième degré égale le troisième, plus le renversement du talon en dedans, — 5° degré. C’est le Quatrième, plus la voussure transversale du pied.
Bonnet établit que, dans le varus, il y a élévation constante du talon ; v'élait, en effet, un point fondamental pour sa doctrine, qui laisse d’ailleurs intact, comme variété, le pied bot plantaire, ainsi que je l'ai établi.
Dans ce pied bot, après avoir constaté l’insuffisance de la section du tendon d'Achille, on en vient à pratiquer la ténotomie du jambier antérieur.
PIED BOT EN DEHORS. — VALGUS. = Le pied est tourné en sens contraire du varus (fig. 749). Le talon, la pointe et la plante du pied sont tournés en dehôrs, le dos est dirigé en dedans; c’est le bord externe qui est relevé, tandis que l’interne est abaissé ; c'est sur ce dernier bord et sur le côté correspondant ide la plante que le malade marche. La malléole externe tend à disparaître, tandis que l’interne fait plus Me saillie et semble se rapprocher du sol. Le relief du scaphoïde est plus marqué ; c’est le contraire pour le cinquième métatarsien, pour la tête de l’astragale et l’extrémité antérieure du calcanéum.
Le valgus $e complique quelquefois du pied bot antérieur, c'est-à-dire d’une flexion du pied avec allôngement du talon, Plus rarement, il y a pied équin avec le valgus.
… Pour le valgus, on a proposé la section des péroniers latéraux ; Mais on ne possède qu’un fait, cité par M. Pivain. L'opération aurait été pratiquée par
M: V. Duval. On pourrait couper les premiers au-dessus où au-dessous de là malléole, en suivant les principes de là méthode sous-cutanée.
" Piëb BOT ANTÉRIEUR. = TALUS. -— Il est rare et presque toujours congé-
Mital. Voici comment il est décrit par M. Scoutetten, qui l’a fait représenter dans son mémoire déjà cité; il est appelé par lui pted bot calcanéen. « Il est produit par la rétraction puissante des muscles jambiers antérieurs, de l’extenseur propre du gros orteil, et quelquefois de l’extenseur
Fig. 749,
(1) Sections tendineuses, loc. cit., p. 449,
commun des orteils. Les tendons font, sous la peau, une saillie très prononcée; ils sont comme des cordes violemment tendues, qui résistent énergiquement, même à une extension forcée. Le bord interne du pied se relève insensiblement plus que l’externe; il en résulte une surface oblique d’avant en arrière et de devant en dehors. La torsion des os du pied se passe principalement dans l’articulation du cuboïde avec le calcanéum et du scaphoïde avec l’astragale. Cependant les cunéiformes sont aussi entraînés : par suite de ces changements, toutes les surfaces articulaires des os du tarse sont écartées l’une de l’autre à leur partie inférieure ; la tubérosité interne du scaphoïde tend à devenir supérieure ; tous les os du pied, excepté le calca® néum, quittent le sol; la surface dorsale du pied forme un angle aigu avec le tibia. Quelquefois la pointe du pied se dirige un peu en dehors, ce qui arrive quand l’extenseur commun des orteils agit avec force. Avec ce genre de pied bot, l’atrophie de la jambe m'a paru plus prononcée que dans les autres déformations. Tous les pieds bots calcanéens (talus) que j'ai rencontrés étaient congénitaux ; faibles d’abord, ils avaient augmenté considérablement avec l’âge (1).
On à vu que Bonnet a établi dans cette espèce, qu’il appelle pied bot poplité externe, cinq degrés comme dans le pied bot poplité interne. — 1° degré. Aplatissement de la plante du pied, dû surtout à ce que les quatrième et cinquième métatarsiens sont relevés. — 2° degré. C’est le pied plat, plus le renversement du talon en dehors. Pour peu que ce renversement soit favorisé par la rétraction des péroniers latéraux, le poids du corps ne peut porter en entier sur le bord interne du pied, sans que le calcanéum, auquel il se transmet directement par l’astragale, ne s’affaisse en dedans. Mais ce mouvement ne saurait s’accomplir sans que le talon se renverse en dehors et en haut. L’élévation du bord externe du pied est donc la conséquence de la déviation du talon. — 3° degré. C’est le deuxième degré, plus la flexion inverse de l’avant-pied sur l’arrière-pied; il a toujours, en même temps, une légère flexion du pied sur la jambe. — h° degré. C’est le troisième degré, plus le renversement de l’avant-pied sur l'arrière-pied. — 5° degré. C’est le quatrième, plus la flexion du pied sur la jambe.
Il n’y aurait, à ne pouvoir rentrer dans la théorie de Bonnet, que le cas où le pied serait directement fléchi sur la jambe, sans avoir subi d’altération dans sa forme : aussi l’auteur nie-t-il l’existence de cette variété.
La théorie de Bonnet lui a été suggérée par deux faits de Delpech : le pied bot interne s’étant formé dans l’un par la section du nerf poplité interne, dans l’autre par l’irritation du poplité externe.
{ (1) Scoutetten, Mémoire sur les pieds bots: