SECTION TRENTE-CINQUIÈME
MALADIES DU TESTICULE ET DE SES ANNEXES, Anatomie.
Les testicules, organes sécréteurs de la matière fécondante chez l’homme, sont situés au-devant du périnée, au-dessous de l’urèthre ; recouverts par une enveloppe commune, ils y sont comme suspendus, chacun dans une poche particulière, au moyen d’un cordon composé de leur canal excréteur, de leurs vaisseaux et de leurs nerfs. J'aurai donc à étudier successivement les enveloppes du testicule désignées sous le nom de scrotum, la glande elle-même, et le cordon spermatique.
4° Scrotum. — On distingue cinq couches au serotum : la peau, le dartos, la tunique érythroïde, la tunique fibreuse, la tunique vaginale.
(1) Bulletin de l’Académie de médecine. Paris, 14851, t. XVI, p. 647.
La peau présente sur la ligne médiane un raphé très prononcé; elle est fine; d’une teinte brune plus où moins prononcée, munie. de nombreux follicules sébacés et de poils épars dont les bulbes sont très saillants.
Le dartos, intimement uni à la peau, est formé de faisceaux de fibres rougeätres disposées en réseau. Il se perd en arrière dans le tissu cellulaire du périnée; en ayant, il se prolonge sur la racine de la verge, et sur les côtés il s'attache à un des bords de la symphyse pubienne. Sur la ligne médiane, le‘dartos forme une cloison qui sépare la poche scrotale en deux parties. Cette tunique, que quelques auteurs considèrent comme un muscle particulier, n’est autre chose que du tissu cellulaire contractile analogue à celui du derme ; la couleur rouge lui ést communiquée pär lé grand nombre de vaisseaux qui s'y ramifient. C’est à la contractilité de ce tissu qu'est dû lé froncement de la peau du scrotum.
La tunique érythroïde, ou crémaster, est une membrane véritablement musculéuse; ses éléments apparaissent sous forme d’anses à concavité supérieure qui n’existent guère qu’en avant, et recouvrent une étendue plus ou moins grande du testicule et du cordon. Les fibres müsculaires sont un prolongement des fibres inférieures du petit oblique et du transverse entraînées par le testicule lors de son passage à travers le canal inguinal. Elles prennent quelquefois un développement considérable quand les tumeurs serotales ont un grand volume et surtout dans les cas de hérnies volumineusés et anciennes. Un tissu cellulaire lâché unit lé crémaster au dartos, mais il adhère intimement à la membrane subjacente, Quelquéfois ses ansés né rétouvrent que le cordon et n'atteignent pas le testicule.
Lä tunique fibreuse, appelée aussi vaginale commune, pärce qu’elle enveloppé le cordon et le testicule, se continue avec le fascia transversalis, Sa facé interne est unie lâchement au feuillet pariétal de la vaginale propre; sa face externe tient de la manière la plus intime aux faisceaux du crémaster, La tunique fibreuse envoie entre les éléments du cordon des cloisons celluleuses qui séparent le canal déférent des vaisseaux et forment des gaînes distinctes.
La tunique vaginale propre est une membrane séreuse qui enveloppe le testicule immédiatement, et se replie au-dessus de lui pour tapisser la face profonde de la membrane fibreuse, et constituer ainsi, autour de l’organe, une cavité formée par deux surfaces de glissement. L’adhérence de la séreuse au testicule est très intime ; elle l'enveloppe complétement, excepté à son bord postérieur, où elle forme une sorte de mésentère qui fixe l’épididyme.
La tunique vaginale remonte plus en dedans qu'en dehors sur le cordon. Il résulte de la disposition de la séreuse que le testicule n’est fixé que par son bord postérieur et supérieur. La tunique vaginale est üne dépendance du péritoine qui a été poussé de haut en bas lors de la descente du testicule, Aussi cette petite cavité séreuse communique-t-elle primitivement avec la cavité abdominale, et ce n’est que quelque temps après la naissance que le canal de communication s'oblitère. Du reste, l’époque de ce changement est très variable; il paraît se faire plus promptement du côté gauche. |
2° Testicule. — Il à la forme d’un œuf aplati transversalement. Il est dirigé obliquement, de manière que son extrémité supérieure regarde en haut et en avant, son extrémité inférieure en bas et en arrière : il a une face interne et une face externe, . un bord inférieur et un supérieur; celui-ci est recouvert par un appendice qu’on appelle épididyme, Le testicule est constitué par une substance parenchymateuse con-
tenue dans ‘une enveloppe fibreuse épaisse et résistante; c’est la membrane albuginée. L’épididyme possède aussi une enveloppe fibreuse, mais beaucoup moins forte que celle du testicule. L'albuginée est recouverte par la tunique vaginale; de sa face interne se détachent des cloisons qui pénètrent dans la substance glandulaire. Au niveau du bord postérieur du testicule, elle présente un renflement appelé corps d'Highmore, sillonné de canalicules destinés aux conduits séminifères. La substance | propre du testicule a l'apparence d’une pulpe rougeâtre filamenteuse, divisée en un grand nombre de lobules par les cloisons celluleuses qui sé détachent dé la tunique albuginée. Ces lobules sont constitués par des canalicules contournés, anastomosés entré eux et venant aboutir vers le bord supérieur du testicule à un réseau Contenu dans l'épaisseur de la membrane albuginée, et appelé réseau vasculaire de Haller. De ce réseau partent des conduits efférents qui constituent l’épididyme.
L'épididyme se présente sous la forme d’un corps aplati couché sur le bord supérieur du testicule. Son extrémité antérieure, plus volumineuse, $’appelle la téle, son extrémité postérieure la queue de l’épididyme. Il est formé par un seul canal replié un grand nombre de fois sur lui-même et entouré de tissu cellulaire.
L’épididyme n’est en réalité que le commencement du canal déférent, qui fait suite à son extrémité postérieure. [l est complétement revêtu par la tunique vaginale, à l'exception de son bord intérne fixé au testicule par un repli séreux, L’épididyme se trouve quelquefois en avant du testicule. |
La glande séminale est très mobile. Là contraction du dartos ét celle du crémaster lui imprimént un mouvément de rétraction vérs l’anneau inguinal
83° Cordon spermatique. — 11 est formé par le canal excréteur du testicule et les Vaisseaux et nerfs qui s’y rendent Ces divers éléments ne s'unissent qu’au niveau de l'ouverture abdominale du canal inguinal ; au delà, ils se séparent et il n’y a plus de cordon spermatique. Ce cordon traverse le canal inguinal, et, en sortant de l’anneau, il se recourbe sur le pubis comme sur un poulie de renvoi, se dirige verticalement et atteint le bord supérieur du testicule, où il se termine. Au moment où il pénètre dans le canal inguinal, il est en rapport avec l'artère épigastrique qui l’embrasse dans une anse à concavité supérieure. Toutefois ce rapport n’est pas immédiat, et l’artère en est éloignée de 4 à 6 millimètres. J’ai déjà dit que le cordon était récouvért par le crémaster ét la tunique fibréuse.
Le Canal déférent est situé en arrière et en dehors; flexible à sa partie inférieure, au moment où il atteint le testicule, il sc dirige en arrière pour se continuer avec la queue de l’épididyme. Ce canal à parois épaisses, résistantes, du volume d’une plume de corbeau, se distingue facilement au milieu des tissus qui l’entourent par sa dureté. En abandonnant les autres éléments du cordon, il se recourbe derrière le pubis, passe en avant et au-dessus de l’uretère, gagne le bas-fond de la vessie et côtoie le bord interne de la vésicule séminale correspondante avant de s'ouvrir dans son extrémité inférieure.
Les artères vienuent de trois sources. La principale est la spermatlique, qui se détache de l'aorte et qui vient se distribuer au testicule et à l’épididyme ; l'artère déférente naît d’une des vésicales, se distribue au canal déférent, s’anastomose dans l'épididyme avec la spermatique, et envoie des ramifications à la membrane fibreuse et au crémastér, La crémastérique, fournie par l'artère épigastrique, est surtout destinée au crémaster ; elle s’anastemose avec la précédente. 3
Les veines forment, dans l'épaisseur du cordon, un réseau à mailles serrées ct
La
allongées qui contournent les ramifications artérielles; ce réseau porte le nom de pleæus pampiniforme. La veine spermatique droite se rend dans la veine cave, la gauche dans la rénale.
Les lymphatiques du cordon aboutissent aux ganglions lombaires. Les nerfs du testicule constituent le plexu$ spermatique qui descend avec le cordon.
Le scrotum reçoit ses vaisseaux et ses nerfs de sources différentes. La honteuse interne fournit une branche qui se détache au niveau de l'insertion du muscle ischio= caverneux, et gagne avec elle, du côté opposé, la cloison du dartos : c’est l'artère de la cloison. La fémorale envoie, sous le nom de honteuses externes, deux branches qui se distribuent, ainsi que les précédentes, aux tuniques extérieures du scrotum, Toutes ces branches s’anastomosent entre elles. Les veines suivent le même trajet. Les lymphatiques aboutissent aux ganglions inguinaux superficiels. Les nerfs sont fournis par le honteux interne, le petit sciatique, la branche génito-crurale et les branches ilio-scrotales venant des plexus lombaire et sacré.