HYDROCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE
fausses membranes qui se déposent sur les parois de la poche, peuvent s’épaissir et même se transformer en une couche fibreuse ou fibro-cartilagineuse. Ces fausses membranes se vascularisent, et dès lors on comprend très bien que si, par le fait d'une circonstance quelconque, elles se rompent, le sang qu'elles renferment s’épanchera dans la cavité vaginale, et, se mélant à la sérosité qui y'est contenue, en altérera complétement la couleur. C’est ainsi qu'on s'explique comment certaines hydrocèles transparentes, à une certaine période de leur développement, sont devenues plus tard opaques, ou, pour mieux dire, se sont métamorphosées en hématocèle vaginale.
La peau qui recouvre la tumeur de l’hydrocèle est légèrement amincie, à cause de la distension qu’elle à subie ; le dartos est tantôt aminci, tantôt épaissi ; le muscle crémaster parfois réduit à l’état fibreux. Le testicule, tantôt légèrement atrophié, d’autres fois un peu hypertrophié, est le plus souvent situé en dedans, en bas et en arrière ; mais cette position est loin d’être constante , et l’organe prolifique a été trouvé en avant, en dedans ou même en dehors. Le cordon spermatique est, en général, décomposé par l’écartement de ses parties constituantes ; il n'offre pas d’altération, si ce n’est quelquefois un peu d’épaississement.
Symptômes. — L’hydrocèle se présente sous la forme d’une tumeur plus ou moins volumineuse, de configuration variable, bien circonscrite, rénitente, élastique, fluctuante, transparente, sans altération de couleur de la peau, indolente, ne causant d'autre sensation pénible que celle qui résulte du poids même du kyste.
Quelques-uns des caractères que nous venons d’assigner à Lhsdrocèles) méritent d’être repris en détail. |
Forme. — La forme de la tumeur se rapproche de celle d’une poire ; c'est un cône ayant presque toujours un petit étranglement transversal un peu au-dessus du milieu de sa longueur. Le pédicule est en haut ; il s’arrête un peu au-dessous de l'anneau du grand oblique ; très rarement il entre dans le canal inguinal, le parcourt en partie ou complétement. Quand létranglement dont j'ai parlé est prononcé , la tumeur a l’aspect d’une calebasse. Si la tumeur se prolonge dans le canal inguinal, quelquefois l’anneau externe l'étrangle fortement sur un point, et donne à la tumeur une forme qui l’a fait appeler par Dupuytren Aydrocèle en bissac. Quand la tumeur remonte si haut et simule une hernie, on suppose qu’une grande partie du prolongement du péritoine n’a pas été oblitérée, qu’elle communique encore avec la tunique vaginale. La sérosité remonterait alors vers le ventre, en suivant le cordon spermatique, et ne s’arrêterait qu’au-dessus de l'anneau inguinal, là où se trouve la séparation de la séreuse des bourses avec le péritoine. [J'ai relaté l'observation d’un malade (1) chez lequel une double hydrocèle-se pro-
(1) Fano, Sur une double hydrocèle remontant dans l'intérieur de l'abdomen, jusqu à la crête iliaque (Bulletins de la Société de chirurgie, 1833).