TUBERCULES DU TESTICULE
Causes. — On ne connaît pas plus les causes des tubercules du testicule que celles des tubercules des autres organes. La question la plus importante à examiner est celle qui est relative à la nature de l'affection. Se rattache-t-elle toujours à une diathèse, ou bien, comme le professe M. Velpeau (1), est-elle la conséquence d’un travail subinflammatoire du testicule et dès lors entièrement indépendante de tubercules pulmonaires ? Vidal (2) a avancé que le sarcocèle tuberculeux unilatéral est toujours symptomatique d’une affection diathésique; que le sarcocèle tuberculeux bilatéral est toujours au contraire une affection locale. Cette assertion est loin d’être démontrée.
Anatomie pathologique. — Les tubercules se rencontrent beaucoup plus fréquemment dans l'épididyme que dans le corps du testicule, Ils s’6tendent parfois le long du canal déférent, dans les vésicules séminales et jusque dans la portion # prostatique de l’urèthre. D’après les recherches la A de Curling (4), ils se développent primitivement dans l’intérieur des vaisseaux séminifères. La tunique fibreuse de ces vaisseaux s’épaissit et est parsemée de granulations; dans l’intérieur du tube spermatique se dépose une matière scrofuleuse ou tuberculeuse analogue à celle des autres organes. Plus tard, lorsque le tubercule se transforme, on rencontre de la matière calcaire dans les tubes séminifères,
Symptômes, — Il y à dans l’évolution ou la marche du sarcocèle tuberculeux trois périodes successives : la période indolente, la période aiguë et la période d’ulcération.
A. Période indolente. — Les malades ressentent une douleur vague dans les bourses et s’aperçoivent quelquefois eux-mêmes d’un changement dans le volume et la conformation du testicule. En examinant cet organe, on trouve le plus souvent une ou plusieurs bosselures très consistantes de l’épididyme, bien limitées et tout à fait indolentes à la pression. Quelquefois, lorsque les tubercules occupent le corps du testicule, on sent que cet organe a perdu sa souplesse et sa spongiosité normales; qu’il est criblé de corps concrets disséminés et de volume variable. Parfois enfin le canal déférent présente lui-même une augmentation de volume et de dureté ; et le toucher
Fig. 659 (3).
XL) CS o
(1) Dictionnaire en 30 volumes, art. TESTICULE.
(2) Vidal, Des deux espèces d’engorgements du testicule considérés comme tuberculeux, mémoire lu à l’Académie de médecine, 1851.
(3) Cette figure représente une tuberculisation de l’épididyme et du corps du testicule.
(4) Trailé pratique des maladies du testicule.
rectal permet de reconnaître la propagation de la maladie jusqu'aux vésicules séminales. |
B. Période aiguë ou de ramollissement. — Après un certain temps, les tubercules subissent un travail de ramollissement qui a pour effet de susciter dans le tissu voisin une phlegmasie. Alors se manifestent tous les symptômes d'une orchite subaiguë ou aiguë; seulement cette orchite ne se termine pas par résolution comme l’orchite franche. Au bout de quelques jours, la peau des bourses contracte des adhérences intimes avec les bosselures ramollies de l’épididyme ou du testicule ; les collections purulentes qui se sont formées s'ouvrent à lextérieur et ne tardent pas à dégénérer en fistules, ce qui conduit à la période d’ulcération de la maladie.
C. Période d'ulcération. — Le scrotum présente un ou plusieurs ulcères fistuleux; là peau voisine de ces fistules est souvent décollée, amincie; le volume de la tumeur formée par le testicule a diminué et l’on constate avec les doigts la persistance d’un pédicule ou d’une corde qui s'étend depuis l'ouverture cutanée jusqu’au foyer tuberculeux de l’épididyme ou du testicule. L’ulcère ou les ulcères fistuleux persistent de la sorte jusqu’à ce que la matière tuberculeuse ait été complétement éliminée. Les parois du foyer se rapprochent alors, les ulcères se cicatrisent ; et à leur place il ne reste qu'une dépression qui fixe la peau des bourses à la portion correspondante du testicule ou de l’épididyme.
Marche, terminaisons, — [1 y a des sujets chez lesquels les tubercules restent à l’état de crudité pendant des années. Plus ils se développent à une = époque éloignée de la puberté plus leur tendance à rester stationnaires est prononcée. Chez les sujets jeunes, lorsqu'il se manifeste une orchiteblennorrhagique, la phlegmasie donne souvent lieu à un ramollissement des tubercules qui étaient restés indolents depuis longtemps. Aussi toutes les fois que ces sortes d'orchites se terminent par suppuration, doit-on fortement soupconner l'existence de tubercules. |
Diagnostie, — À la période de crudité, les tubercules de l’épididyme peuvent être confondus avec les kystes de l'organe. Mais les tubercules offrent plus de dureté, ne sont pas élastiques, ni à plus forte raison le siége d’une rénitence ni d’une fluctuation. On peut également prendre pour des tubercules crus les indurations de l’épididyme qui résultent d’une phlegmasie de l'organe ; mais ces indurations forment des masses moins bién limitées et moins résistantes que les tubercules ; d’ailleurs elles ne coïncident pas avec des duretés du canal déférent. Pendant la période aiguë on peut croire à l'existence d’une orchite simple; la palpation du testicule et surtout de l’épididyme, la marche de la maladie, feront éviter toute erreur. Enfin, pendant la période d’ulcération, on voit quelquefois à la surface du scrotum un ulcère large dont la surface déborde le niveau des téguments et qui pourrait en imposer pour une maladie plus grave; dans ce cas, les renseignements fournis par le malade sur la marche de l’affec-