‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 67 sur 358 · SECTION TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

SECTION TRENTE-SEPTIÈME

Anatomie,

On comprend sous le nom général de vulve l'ensemble des parties extérieures de la génération chez la femme. L’entrée de la vulve se présente sous la forme d'une fente étendue du mont de Vénus jusqu'à 25 millimètres en avant de l’anus. De chaque côté se voient les grandes lèvres, replis cutanés contigus aux cuisses par leur face externe, appliqués l’un contre l’autre par leur face interne. Leur extrémité postérieure, très amincie, s’unit sur la ligne médiane en formant un rebord membraneux qu'on appelle commissure postérieure ou fourchette. L’extrémité supérieure des grandes lèvres se perd insensiblement sur le mont de Vénus. Leur face externe est recouverte de poils; leur face interne est muqueuse; dans leur épaisseur on trouve une couche de tissu dartoïque, du tissu cellulaire, un prolongement du fascia superficialis et une expansion de l’aponévrose inférieure. En écartant les grandes lèvres, on aperçoit, un peu plus profondément, les petites lèvres, beaucoup plus minces, complétement muqueuses, naissant au tiers postérieur de la vulve ct se prolongeant jusqu’à sa partie supérieure où elles se bifurquent pour s'unir l’une à l’autre en formant le prépuce du clitoris. La branche inférieure de cette bifurcation se fixe à cet organe, la branche supérieure ne fait que le recouvrir sans contracter d'adhérences : le bord libre des petites lèvres est très mince, la membrane muqueuse qui les forme est doublée d’un tissu érectile logeant dans son épaisseur de nombreux follicules sébacés.

À la partie supérieure de la vulve siége le clitoris, organe de sensibilité spéciale, représentant la verge de l’homme, et formé, comme elle, d'un corps cayerneux naissant par deux racines. Le corps caverneux est fixé à la face inférieure de la symphyse pubienne par un petit ligament suspenseur; les deux racines sont fixées aux branches ischio-pubiennes et se réunissent au-devant de l’urèthre, au niveau de l'arcade pubienne. Une membrane fibreuse, renforcée par l’aponévrose de termie naisou des muscles ischio-clitoridiens, recouvre le tissu érectile du clitoris.

L’orifice du vagin occupe la partie postérieure de la vulve; il n’est séparé de Ja commissure postérieure des grandes lèvres que par un petit intervalle désigné sous le nom de fosse naviculaire. Chez les vierges, il est fermé en partie par l’hymen, membrane mince qui a la forme d’un croissant, dont le-bord convexe adhère à la partie postérieure de l’orifice, dans une étendue variable, et dont le bord concave est libre et tourné en avant. Cette memibrane, que l’on regarde généralement comme constante, se rompt dans les rapprochements sexuels, mais ses débris persistent sous forme de petits tubercules qu’on appelle caroncules myrtiformes. En avant, l’ouverture du vagin présente, sur la ligne médiane, une autre saillie sur laquelle on se guide dans le cathétérisme de l'urèthre. C’est en effet à peu de distance au-dessus et en avant de ce tubercule qu'on rencontre le méat urinaire. Le clitoris et le méat sont séparés par un intervalle triangulaire auquel on donne le nom de vestibule.

Plusieurs appareils glandulaires sont destinés à la vulve. Des follicules mucipares

assez nombreux occupent le vestibule, le pourtour de l’urèthre et les parties latérales de l'orifice du vagin, Mais il est deux glandes beaucoup plus importantes que l’on trouve décrites sous le nom de glandes de Bariholin, de Méry, de Cowper, de Duverney, de glandes vulvo-vaginales. Elles sont situées profondément de chaque côté, entre les branches ischio-pubiennes et les faces latérales du vagin, et viennent s'ouvrir, par un Canal excréteur, en dehors du bord adhérent de la membrane hymen ou des caroncules myrtiformes qui la remplacent (voyez plus loin, page 303).

Les différentes parties de la vulve reçoivent leurs vaisseaux et leurs nerfs-de sources diverses. Les artères des grandes et des petites lèvres viennent des honteuses externes et de la branche périnéale superficielle de la honteuse interne; celle-ci se termine dans le clitoris en se divisant en artère dorsale et caverneuse, Les veines ont la même distribution. Notons toutefois que les branches clitoridiennes semblent communiquer avec les veines du bulbe du vagin. Les lymphatiques des grandes et des petites lèvres sont afférents aux ganglions inguinaux. Les nerfs viennent du honteux interne et des branches inguinales du plexus lombaire.

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