‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 100 sur 302 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

BRULURE.

Causes. — Tous les corps qui dégagent du calorique à un certain degré peuvent produire une brûlure. Ces corps brûlent : 1° par le calorique qu'Us rayonnent, 2° par la flamme qui les entoure 3° par contact direct. Ainsi, rayonnement du calorique, action de la flamme, application immédiate des corps comburants. Ceux-ci peuvent être gazeux, liquides ou solides. Je vais jeter un coup d'œd sur ces divers modes d'action.

1° Rayonnement du calorique.- Coup de soleil. Le calorique rayon- " nant détermine un afflux sanguin sur les parties, puis un érythème ; son action plus prolongée et plus intense, peut aller jusqu'à la désorganisation des couches les plus superficielles, ce qui est très except.onw\ car les parties sont presque toujours soustraites au rayonnement du calorique avant la production d'un pareil accident. Mais .1 n est pas toujours possible, par de fortes chaleurs de l'été, de se soustiwe a l'ardeur des rayons du soleil, qui déterminent assez souvent aloi de espèces d'érysipèles surtout, sur les sujets a peau fine, dehcate su ceux qui ne suent pas facilement. Ces érysipèles se montrent sui es parties découvertes, comme les épaules, le cou, la (ace, le cuu- cne-

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velu. C'est quand cette partie du tégument est atteinte qu'on a vu l'inllammation se propager aux méninges et au cerveau. Le rayonnement du calorique, trop faible pour produire des effets douloureux, mais longtemps continué ou souvent réitéré, produit une espèce de brûlure que j'appellerai chronique avec Dupuytren, et dont voici les caractères : l'épiderme s'épaissit, la peau devient sèche, moins unie, plus fortement colorée; la teinte brune est uniforme, si elle est due à l'insolation, mais très inégale, si elle est le résultat de la chaleur artificielle. Les téguments prennent alors un aspect marbré ; on voit quelquefois des espèces de gerçures au centre de ces brûlures, lesquelles affectent de préférence les jambes des vieillards toujours assis près des foyers ardents, et les cuisses dos vieilles femmes qui abusent des chaufferettes.

2° Action de la flamme. — Non seulement elle brûle instantanément à la manière des corps immédiatement appliqués sur les parties, mais elle entraîne encore avec facilité les substances animales à partager le mouvement de combustion dont elle est elle-même le produit. Ces substances se dessèchent promptement , bouillonnent en quelque sorte, se racornissent, et se consument bientôt en produisant une flamme nouvelle qui s'ajoute à la première, augmente son activité et étend ses ravages. On sait avec quelle prodigieuse rapidité les vêtements enflammés brûlent à de grandes profondeurs les parties qu'ils recouvrent; la lésion est souvent portée au dernier degré de gravité, et la mort en est le plus ordinairement la suite ; on a vu en peu d'heures les corps entiers frappés d'ivresse ou d'apoplexie, ou des enfants en bas âge, se consumer.

3" Contact direct des corps comburants. — Les corps comburants sont liquides, gazeux, solides. Les liquides ne peuvent être instantanément enlevés; ils s'étendent sur la peau, et produisent des brûlures ordinairement très vastes. Leur imbibition dans les vêtements, s'ils tombent sur des parties recouvertes, a pour effet de les fixer sur les organes qu'ils recouvrent et do prolonger leur action jusqu'à ce qu'ils soient entièrement refroidis. La rapidité d'action des liquides varie avec leur nature, et surtout leur densité; si l'on voulait les classer d'après leur énergie , on devrait suivre l'ordre que voici ; 1» huile; 2° bouillon ; 3 • lait; 4" eau. Quand celle-ci est saturée d'un sel, elle brûle davantage : ainsi les solutions saturées des laboratoires de chimie, des fabriques de savon, etc., produisent ordinairement des brûlures très graves.

Tous les gaz, l'air échappé d'une machine à pression, à température égale, agissent comme la flamme. L'étal gazeux leur permet de s'insinuer dans certaines cavités, comme les fosses nasales, la bouche et d'y causer les plus grands désordres. Lors delà terrible catastrophe

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du chemin de fer de la rive gauche, à Paris, on a pu observer des exemples de brûlures des muqueuses par l'application directe de la vapeur dans le nez, dans la bouche, jusqu'au pharynx.

L'action des corps solides en igiiition est bornée aux parties sur lesquelles ils sont appliqués, et un peu au delà, comme les caustiques solides. Les brûlures produites par ces corps ont nécessairement peu d'étendue ; mais elles intéressent les organes dans une plus grande partie de leur épaisseur. Leur énergie, les effets qu'ils peuvent produire, sont relatifs à la capacité de ces corps pour le calorique, à leur température, k la durée de leur application.

Syiuiiiôiues. — Les symptômes de la brûlure doivent être ceux de l'inflammation tels qu'ils ont été exposés dans le chapitre précédent, car les mots inflammation, phlogose, indiquent assez que le type des états décrits sous ces titres était pris dans les effets du feu sur l'économie : ainsi, douleur, rougeur, tuméfaction, réaction febrde. L mflammation est en effet inséparable de la brûlure; ces deux termes ont donc pu être considérés comme synonymes par les pathologistes. Cependant il est des brûlures qui présentent des particularités, soit dans leurs phénomènes primitifs, soit dans leurs résultats : amsiil en est qui ont pour effet immédiat une mortification, et pour effets tardifs des cicatrices d'une structure à part. Ces considérations, et d'autres qu'il est inutile d'exposer ici, ont engagé depuis longtemps les auteurs à décrire à part cette inflammation éminemment de cause externe, et même à la diviser en plusieurs catégories, qu'on a appelées degrés de

la brûlure. . , • •

ll»e«i-és - Il est bon que le praticien connaisse les prmcipales tcnlati'ves de classification qui ont été faites à ce sujet. M. Marjolm et Ollivier, après avoir parlé des degrés de la brûlure admis par Dupuyiren que ie vais faire connaître, disent, avec raison, que, maigre leur nombre, ils ne comprennent pas toutes les espèces de lésions prodmtes par la brûlure. Ces auteurs font remarquer que, considères en général, les effets de la brûlure pourraient se rapporter a deux ordres . 1" inflammation; 2° désorganisation immédiate. [Dictionn. en 21 vo- Imnes, nouvelle édition.) Cette division est bonne à retenir; elle met en relief le fait de la mortification, qui constitue une différence bien tranchée puisqu'ici il devra nécessairement s'opérer un travail qui n a astTâans le premier degi'é, savoir, le travail d'élimmation. Boyer ; Lloptéla classification de Fabrice de Hilden, ^eq-l a t^W^^^^^^^ dc-ré • on les obtient en divisant le premier degré de M. Maijolm en oux bn a alors : 1" l'érvthème simple; 2^ l'état érysipelatoux a>oc. S;t^s S» l'escarre. Heister et Callisen ont ajout. u,.^a^c degré. Bichat, qui avait adopté ces quatre variétés, ^^^^^ « 1" Le plus faible de ses cttels (du calorique) est d exciter une lougcui

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sensible, mie espèce d'érysipèle; le calorique agit alors comme un simple rubéfiant ; 2° le second est de rougir la peau, puis de produire différentes plilyctènes; 3° dans le troisième, il y a un véritable racornissement, une crispation des fibres du cliorioii ; U" dans le quatrième et dernier effet, le tissu dermoïdc est brûlé, noirci, et réduit eu un véritable cliarbon. » Dupuytren, poussant l'analyse plus loin et prenant en considération les éléments organiques affectés, a décrit les six degrés que voici :

degré. Forme éryt/iémateuse (Rayer). Rougeur vive et non circonscrite de la peau, sans tuméfaction apparente ; la rougeur disparaît momentanément par la pression; sentiment de chaleur ; douleur cuisante. Après très peu de jours, la chaleur et la douleur disparaissent, il y a desquamation ; ce dernier phénomène n'a pas lieu si la rougeur et la douleur n'ont duré que quelques heures. Une si légère inflammation est ordinairement sans fièvre ; mais si elle s'étend sur de larges surfaces, elle donne de l'émotion au pouls; la langue rougit, la soif devient vive, et apparaissent d'autres symptômes qui expriment la souffrance de l'appareil digestif. De l'insomnie, du délire, du coma, des mouvements convulsifs, la mort même peut survenir quand la brûlure au premier degré est très étendue, surtout si elle occupe les téguments de la tête. Le calorique rayonnant, l'impression de la flamme, de la vapeur chaude, l'eau ou les autres corps chauds, mais ■ dont l'action a été peu prolongée, produisent ce premier degré. C'est aussi un premier degré de brûlure que ces espèces d'éphélides qui se montrent à la partie interne des cuisses des femmes qui se servent habituellement de chaufferettes. M. Briquet a trouvé que ces losanges, ces lignes de marqueterie qu'on voyait alors sur la peau, étaient formées par des veines très élargies et environnées de tissu cellulaire imbibé de sang.

2" degré.— Forme vésiculeuse ou huileuse (Rayer). Ici les agents sont les mêmes que précédemment ; ils sont plus énergiques où l'action a duré plus longtemps. Il y a d'abord formation dephlyctènes ou elles • s'élèvent au bout de quelques heures. Douleur d'abord vive, acre, brùi lante, puis tensive ; elle s'exaspère quand on enlève l'épiderm'e ou quand I il est primitivement déchiré : alors il y a toujours une légère suppura- I tion, et quelquefois on aperçoit une fausse membrane recouvrant la I première couche de la peau. On observe ici la rougeur du premier de- :gré entre les phlyctènes, un peu de gonflement et de tension ; cependant, après le dessèchement de la surlace dénudée, il ne reste aucune trace de la lésion, si les pansements sont exécutés avec soin et si l'inflammation ne se prolonge pas trop ; mais si l'épiderme est arraché, la peau s'enflamme au degré de la suppuration, et il reste ync légère cicatrice. -

' URULUIIIÎ.

3" de(j}'é. — Forme gangréncusc, ainsi que les defjrés suioaids (Uaycr). Escarre mince sous la forme de taches grises, jaunes ou brunes, souples, insensibles à un loucher doux, mais douloureuses par une légère pression : c'est le corps muqueux qui est morlilié. Souvent des phlyctènes recouvrent les plaques : alors c'est une sérosité brunâtre, lactescente ou sanguinolente qui soulève l'épiderme. 11 y aura nécessairement des cicatrices, soit que l'escarre tombe en masse ou par parcelles. Il se manifestera donc des phénomènes primitifs ([ui se rapportent à ceux des premiers degrés, puis des effets consécutifs qui se rattachent au travail d'élimination , et des effets tardifs : ce seront des difformités par cicatrices.

U'' degré. — Dans le degré précédent, ce (jn'on a appelé le corps muqueux seul était mortifié ; ici toute l'épaisseur de la peau est privée de la vie, et quelquefois, avec elle, une légère couche de tissu cellulaire. L'escarre est plus foncée, plus sèche, plus dure; son .racornissement plisse en rayons la peau saine qui l'entoure. La douleur, qui avait cessé avec l'action du calorique, renaît au bout de trois ou quatre jours : c'est le i)réludede l'inflammation éliminative qui chassera l'escarre en quinze ou vingt jours. La suppuration sera plus abondante; il y aura des bourgeons charnus et création du tissu inodulaire si bien décrit par Delpech. Ce tissu possède une puissance de rétractilité extrêmement remarquable : aussi devra-t-on surveiller la cicatrisation, la diriger, afin d'éviter autant que possible des difformités qui peuvent non seulement altérer la beauté des formes, mais encore entraver des fonctions importantes (1).

5" degré. — La mortification a frappé tous les éléments organiques : tissu cellulaire, aponévroses, muscles, vaisseaux , nerfs jusqu'aux os ; les escarres sont noires, déprimées, friables. Quand c'est un liquide bouillant qui les a occasionnées, elles forment une masse molle, grisâtre, insensible, se laissant déprimer par le doigt, sans déterminer de la douleur.

go degré. — Pour caractériser ce degré, Dupuytren cite l'exemple d'un jeune homme qui, parcourant une fonderie, posa le pied dans un conduit par lequel le métal en fusion devait passer; il fut atteint par la fonte, et ne retira, dit Dupuytren, de ce ruisseau de feu qu'un membre auquel manquaient le pied et la partie inférieure de la jambe. Ce malheureux n'avait presque pas ressenti de douleur, et ne s'aperçut pas d'abord de l'horrible mutilation qu'il venait d'éprouver. C'est

(1) Dans rcludc de ces Irois premiers deercs de la Ijrùlure, je n'ai fait que reproduire succinclemenl Uupuylrci» : j'ai môme adopté ses idées, son langace sur la siruclurc et les lésions de la peau. Il faut, si l'élève veut compléter cette partie de l'ouvrage, tpi'il aille à la section des maladies de la peau on j'expose la siruclurc de celle membrane d'après les idées modernes.

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donc une carbonisation complète d'un membre qui constitue le dernier degré de Dupuytren.

Comme on le pense bien , il n'y a que le premier degré qui puisse se rencontrer seul, les autres se combinent nécessairement; car avec les phlyctènes il y a de la rougeur, et l'escarre n'existe jamais sans phlogose, etc. On se demandera sans doute s'il est nécessaire de multiplier ainsi les degrés de la brûlure; si, par exemple, le troisième, qui est caractérisé par la mortification du corps muqueux, peut se dédoubler pour former le quatrième , qui comprend toute la peau; si le sixième ne pourrait pas être réuni au cinquième. Ces objections, et d'autres encore qu'il est inutile de reproduire ici , ont leur valeur ; mais on ne saurait disconvenir aussi que, depuis que l'analyse a été portée si loin dans l'étude des brûlures, il y a eu progrès dans le diagnostic et le pronostic: ainsi celte classification n'aurait-elle pour résultat que de fournir au praticien des réponses plus exactes sur l'issue de pareils . accidents, qu'elle serait encore un bienfait pour notre profession, qui , peut être singulièrement compromise par des promesses mal fondées. Trop souvent le praticien se trouve dans l'obligation de prédire une mort certaine et une difformité incurable, sous peine d'être quelque- : fois accusé de l'une et de l'autre.

L'exposition que je viens de faire des divers degrés de la brûlure est le meilleur tableau symptomatologique qu'on puisse faire de cette I maladie. Si l'on veut résumer ce qui a trait aux principaux caractères t et à la marche de la brûlure pris dans leur ensemble , on arrive à I l'établissement de trois périodes distinctes : la première période est de [trois à quatre jours, elle est remplie par les phénomènes locaux, quels que soient les degrés de la brûlure; la seconde période va dii quatrième au dixième jour, elle commence avec le travail d'élimination et se termine par la chute des escarres : cette période appartient aux quatre derniers degrés; la troisième et dernière période doit nécessairement offrir de grandes variations, puisqu'elle est relative à la réparation ; elle peut donc durer plusieurs mois.

Il y a deux phénomènes signalés par Dupuvtren et que je dois faire ressortir ici, c'est la soif inextinguible qui a lieu dans les premiers moments de la brûlure , et les épreintes vésicales qui portent les sujets la uriner continuellement sans pouvoir rejeter quelques gouttes d'urine ; de cathétérisme prouve alors que la vessie est vide. Ces deux phénomènes ont été observés surtout chez les malheureux anéctés de brû- •lures très étendues : ainsi quelques brûlés de la catastrophe du chemin tde fer delà rive gauche ont offert ces phénomènes.

Prono^Uc. — Une circonstance qui aura le plus grand poids dans le pronostic, c'est l'étendue en surface de la brûlure. En effet, la plus superficielle peut , en envahissant une grande partie de la peau , dé-

terminer des accidents mortels. On doit toujours avoir en vue les fonctions de la peau qui se rapportent à la sensibilité, calculer la somme de douleurs que devra supporter le malheureux affecté d'une large brûlure. Quelquefois cette douleur est si vive que l'individu succombe épuisé; car, je l'ai souvent dit, les pertes nerveuses n'affaiblissent pas moins que les pertes sanguines. Ce n'est pas seulement le pronostic qui sera éclairé par la connaissance des fonctions de la peau , mais encore le traitement: en effet, la douleur pouvant tuer quand elle est extrême, l'indication capitale est de tout faire pour la calmer, si l'on ne peut la dompter entièrement. La peau remplit encore des fonctions relatives aux sécrétions et aux exhalations qui, trop brusquement supprimées, peuvent donner lieu à des accidents très graves: aussi, après la guérison d'une large brûlure qui a suppuré, on doit craindre une mort aussi prompte que celles obsei'vées par Delpech dans de pareilles circonstances.

Les régions qu'occupe la brûlure doivent être prises en considération : toutes choses égales d'ailleurs , elle sera plus grave quand elle aura lieu sur les parois des grandes cavités. On devra redouter alors l'inflammation secondaire des organes contenus dans ces cavités et des séreuses qui les tapissent.

Dans les brûlures profondes , le malade doit passer par trois périodes qui l'exposent à trois accidents assez graves pour le faire succomber. Les individus se comportent différemment à l'égard de ces périodes. Sous ce rapport, les malades seront classés par le praticien en trois catégories: les sujets jeunes , nerveux, irritables, qui sont plus impressionnés par la première période , par la période douloureuse ; les sujets forts, robustes, sanguins, qui sont exposés aux complications inflammatoires; les sujets débilités ou porteurs de quelque affection chronique, lesquels doivent nécessairement redouter la troisième période, surtout quand la suppuration est abondante. Il est évident que ce sont les sujets de la seconde catégorie qui supportent le mieux la brûlure; car si, d'un côté, ils réagissent davantage, et sont par conséquent exposés aux complications inflammatoires, d'un autre cote, ils supportent mieux les moyens qui abattent les inflammations. Les tempéraments sanguins ont de plus l'avantage d'être moins exposes que d'autres à une certaine brûlure, à l'insolation. En effet, sous les rayons brûlants du soleil les ouvriers sanguins suent davantage et plus facilement; il se fait donc une vaporisation sur leur peau qui la rafi-aîcliit et empêche le coup de ML

La brûlure a jugé favorablement certains rhumatismes anciens; elle agit alors comme un vésicaloire. i.,,,,,,,-^ \„ac«.u*e ,.atl.«lo^i.,"c. - Les nécropsics ont .lemoi l que la lésion viscérale la plus commune consiste en une rougoui lies

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vive du tube intestinal , avec ou sans épanchement d'un fluide sanguinolent. La muqueuse pulmonaire a été trouvée aussi très colorée ; c'est même, après la lésion des intestins, celle que l'on constate le plus souvent. Ensuite viennent les épancliements purulents et sanguinolents dans les articulations des membres brûlés , les congestions des vaisseaux du cerveau et des traces manifestes de l'inflammation des membranes séreuses , l'infection purulente.

Traitement . — C'est surtout en abordant le traitement qu'il est utile de se rappeler les trois accidents qui, dans le plus grand nombre des cas , font périr les malades : la douleur, l'inflammation , la suppuration , portées à un degré extrême. Los brûlures qui doivent être compliciuées d'un de ces trois accidents sont graves , et fixeront surftout l'attention du praticien; les autres sont légères, et, pour le dire en passant , ce sont celles qui ont établi la réputation de tous les remèdes dits souverains. Cette seconde classe sera avantageusement traitée par tous les moyens qui ont été proposés : seulement le praticien devra faire un choix intelligent pour abréger le temps de la guérison.

S'il y a une brûlure grave, le chirurgien se propose un but plus important : c'est de sauver la vie qui est fortement compromise. Le prenner accident à combattre , c'est la douleur. La brûlure s'étend sur un ou plusieurs membres, sur le tronc ou partout; dans le premier cas, l'eau froide en immersion est un très bon moyen; si l'immersion ne peut être employée, on couvrira la partie avec des compresses contiimellement arrosées avec le même liquide, que l'on maintiendra à une empérature basse avec la glace ou la neige. L'eau acidulée , l'éther, 'alcool, les solutions de sulfate de fer, d'alun, l'encre, ont aussi leur -tficacité. On comprend que ces moyens sont surtout applicables au jremier degré, s'il n'y a pas de phlyctènes. Il est de ces moyens, l'eau roide , par exemple , l'encre , qui peuvent être employés même avec es phlyctènes, si elles ne sont pas ouvertes. Leur ouverture prématu- •ee on déterminée par accidents, les mouvements , augmentent touours la douleur : il faut donc toujours éviter la dénudation du derme 't laisser les parties dans le repos le plus complet. Quand, plus tard' •Il voudra vider les phlyctènes, il faudra le faire avec une aiguille rès line.

Le cas d'une brûlure qui occupe la surface du tronc est le plus em- ^>an-assant, surtout si les membres sont aussi afi-ectés : comment les entres nerveux pouiTont-ils ne pas être accablés par la douleur qui ayonne de toutes parts? Toutes les impressions sont alors des douleurs, longer le malade le plus promptemcnt possible dans un bain à la :^mperaturc du corps est le meilleur parti à prendre ; le contact de l'eau ce degré est le seul qui n'irrite pas la peau. Les Grecs employaient •equemment le coton ; le docteur Anderson , de Glascovv , en a renou-

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volé rapplication ; il compte beaucoup sur lui pour calmer Icsdouleurs, et M. Marjolin convient qu'il a une grande etticacité. Mais, comme on le remarque toujours , celui qui a renouvelé ce moyen a voulu en faire une panacée. M. Andcrson fait carder le coton et il le dispose en couches assez minces pour être transparentes. S'il y a des vésicules, il les évacue; il lave les parties avec de l'eau tiède , qu'il remplace par l'alcool de lavande ou par l'huile essentielle de térébenthine en lotions , si la peau est plus profondément brûlée. Plusieurs couches de coton sont ensuite appliquées ; quand la suppuration suinte à travers le coton , on remplace les couches souillées , ce qui doit se faire un peu plus tôt en été. Il faut mettre une certaine célérité dans ce renouvellement , car la plaie ne doit pas rester longtemps exposée à l'air. Je ne saurais trop répéter que , pour combattre la douleur, le repos le plus absolu est nécessaire, surtout dans les premiers temps; le premier appareil donc ne sera levé que le plus tard-possible, malgré lesplahites du malade qui se trouve incommodé par l'odeur du pus. Les aigrettes soyeuses du tipha ont été employées dans le même but que le coton.

Aux topiques destinés à calmer les douleurs, il faut joindre quelques potions anodines. La saignée et les autres moyens antiphlogistiques accessoires sont quelquefois les meilleurs calmants ; mais on devra surtout les employer pour prévenir et combattre une inflammation trop vive. M. Bozot a eu l'idée d'appliquer des sangsues ^n grand nombre sur toutes les parties enflammées , et cela avec succès. M. J. Cloquet a eu àussi à se louer de cette pratique. Dans l'emploi de ces moyens , ayez toujours présentes à l'esprit les dépenses auxquelles l'organisme sera forcé pour la suppuration : aussi ne pratiquez des saignées copieuses et répétées que quand il existe une brûlure très étendue aux deux premiers degrés; s'il y a de nombreuses escaiTes, il convient d'être plus réservé.

Si la suppuration est très abondante, on devra faire deux et même trois pansements par jour, en ayant toujours soin de ne découvrir la plaie que partiellement et de manière à ne jamais laisser la surface suppurante entièrement à nu. Pour peu que la fièvre tombe, on permettra des aliments au malade, mais en petite quantité et légers. Les préparations ferrugineuses et de quinine trouveront ici leur place. Quand le marasme et la diarrhée colliquative arrivent, Dupuytrea ordonne trois ou quatre fois par jour une pilule avec : extrait d'opumi, 5 centigrammes; sulfate de zinc, 5 centigrammes. La diarrhée est quelquefois très avantageusement combattue dans ce cas par l'ipecacuanha.

Le meilleur topique est le cérat opiacé ou saturnise. Il faut encoie surveiller ce moyen, qui, appliqué sur des surfaces très étendues, peut donner lieu au narcotismc ou à la colique des pemtres ; mais ces acei-

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ilents sont plus rares qu'on ne pense. On étendra le cérat sur le papier brouillard ou sur le linge iin percé; des compresses émollienles qu'on arrosera souvent seront ajoutées au pansement. L'huile d'olive dont '>n oint les parties, l'huile de lin mêlée à l'eau de chaux, deux parties de blanc d'œuf et une partie d'huile; tous ces moyens peuvent se suppléer.

Pour bâter la cicatrisation, Lisfranc a conseillé la solution de chlofmre de chaux. La créosote étendue dans une grande quantité d'eau a lété aussi employée; mais les résultats n'ont pas répondu à l'idée que Ues premiers expérimentateurs s'étaient faite de ces moyens. La com- )pression a été proposée et expérimentée par MM. Brefonneau et Velipeau : elle est applicable, selon ces praticiens, à tous les degrés de la )brûlure; mais il est évident qu'elle ne peut l'être à toutes les régions C'est sur les membres qu'elle a le plus d'efficacité; elle aurait pour eftet de faire taire promptement la douleur, et de prévenir l'érysipèle eimple ou phlegmoneux. Les bandelettes de diachylon, que j'ai vu ■employer par M. Velpeau et dont parle Thomson, hâtent singulièrement la cicatrisation; mais elles ne sont applicables que dans les cas de brûlures peu étendues, et sur certaines régions seulement : c'est aine espèce de pamement par occlusion, applicable par conséquent quand il y a dénudation du derme. Que dire du conseil de rapprocher du feu les parties brûlées? Si des noms tels que ceux de Paré et de Fabrice de Hilden ne se rattachaient à cette pratique, il faudrait en tau-e le cas de certains préceptes de l'homœopathie. Brûler une brû- Jure est un précepte dont l'application ne serait possible que si la lé- ' iion est très limitée : pour peu qu'elle soit étendue, la doctrine des iemblables n'est pas seulement absurde, elle est barbare.

La question de l'amputation des membres brûlés se présente ici • un membre brûlé au cinquième ou au sixième degré doit nécessairement être éliminé ; il faut s'attendre à de grands dégâts, à une inflammation des plus violentes et à une suppuration excessive : en faisant .amputation, on simplifiera donc la plaie. On se détermine encore à «tn-per un membre, quand après la chute d'une escarre une grande •■rticulation a été ouverte. Mais avant d'entreprendre une pareille opélation assurez-vous des limites du mal, et surtout ayez en grande considération la somme des douleurs endurées par le malade pour iâvoir s a pourra supporter celles que le couteau va lui causer Si ^utre les brûlures du membre à enlever, il en existe dans d'autres ..arties du corps, vous vous abstiendrez ; car, pour qu'une amputation «ussisse, il ne faut pas que les forces de la nature soient distraites far la plaie les réclame toutes : voyez ce qui arrive quand vous ammtez dans les cas où le malade est sous l'influence de certaines afl-ec i.ons viscérales. ^'

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Si les (langovs courus par tout roi-gaiiismc ont ét»'; W)njurés, vous (levez songer à la conservation des lonnes et des fonctions de certains organes. Une cicatrisation nuil dirigée peut oblitérer des ouvertures, celles du nez, du vagin ; elle peut réunir des parties contiguës, connne les doigts, empêcher les mouvements d'extension, (k; flexion des membres. De là la nécessité des divers corps intermédiaii'cs et des différentes positions. Quand ces précautions n'ont pas été prises ou qu'elles ont été iimtiles, on a tenté certaines opérations pour détmire les brides formées parle tissu inodulaire; il en sera question plus tard.

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