‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 102 sur 302 · SUPPURATION ET ABCÈS · texte numérisé non relu

SUPPURATION ET ABCÈS

Je traite de la suppuration immédiatement après les inflammations, iparce que c'est une conséquence des plus importantes de ces états imorbides. J'en fais un chapitre h part, parce que cette conséquence •intéresse au plus haut point le chirurgien.

Suppuration.

Dans cet article, j'étudierai: l°les caractères du produit morbide ^p^eUpus; 2° son mode de formation, c'est-à-dire la pyogénie; S" l'influence de la suppuration sur l'organisme. Dans un second aruticle, j'étudierai le pus à l'état de collection, l'abcès.

§ 1 . — Du pus.

Carnctèref^ pliysiciiies. — Les caractères que je vais décrire ie rapportent surtout à la variété la plus ordinaire de pus, à celle que 'on a qualifiée de pus louable ou de bonne nature ; j'indiquerai ensuite 'es principales diff"érences de ce produit.

Le pus est un liquide épais, crémeux , d'un blanc jaunùtre ou ver- Mâtre, d'une odeur fade, d'une saveur douceâtre; il est homogène, linctueux, mais non visqueux au toucher. Lors(iu'on le laisse en repos dans un vase, il se sépare on deux parties ; une opaque, de la couleur

35Z|. SUIM'URATION.

primilivc du pus, giigno le tbiul; l'autre, triuispurentc et légèrement jauiiàtni , reste à la partie supérieure. La pesanteur spéeilique du pus serait, d'après Gïiterbok et Pearson, de 1030 ou 1033. Sa densité, ainsi que je l'ai indiqué, est celle d'une crème un peu iluide; mais elle varie notablement sans que le pus cesse d'être de bonne nature. L'odeur du pus contenu dans des cavités closes est fade et très faible ; mais lorsque les surfaces qui le sécrètent sont en contact avec l'air , elle devient souvent très fétide. Doit-on considérer, comme on l'a fait, cette modification d'odeur comme une altération dans la constitution du liquide? D'une manière générale, je ne le pense pas. Toutes les plaies d'une certaine étendue, en contact avec l'air, sécrètent un pus qui possède cette odeur , sans que leur aspect prenne aucun mauvais caractère, sans que les autres propriétés du pus lui-même soient en rien modifiées : c'est donc là une modification , mais non une altération qui impliquerait l'idée que sa nature est devenue mauvaise. L'opinion qui a attribué cette modification par contact de l'air sm- le pus est peu fondée , car cette action ne produit rien de semblable sur du pus ordinaire exposé à l'air libre. Je suis plus porté à croire que l'air agit sur la surface sécrétante, et non sur le produit de la sécrétion , podr produire la modification dont il s'agit.

La couleur du pus, je le répète, varie du blanc jaunâtre au vérdàtre, ou même au vert caractérisé ; quelquefois même il peut prendre mie couleur bien plus anormale sans cesser d'être de bonne nature , au moins en apparence. Il sera question de cette modification à propos des variétés du pus.

La saveur du pus est douceâtre, fade; dans quelques cas elle est salée ou légèrement sucrée , et enfin, dan s d'au très circonstances, elle est extrêmement fétide , si l'on en croit quelques malades affectés de dilatation des bronches ou de quelque autre suppuration thoracique ; mais il est fort difficile de faire , dans ces cas, la part du dégoût produit par l'odeur, laquelle est toujours altérée.

Caractèreiâ microscopiques. — Le pus est le produit pathologique sur lequel se sont le plus exercés les micrographes; je me contenterai de présenter ici, en abrégé, les résultats de leurs investigations, et surtout des recherches de MM. Donné et Lebert.

Le pus , vu au microscope , se compose de globules , et de corpuscules plus petits, qui sont des noyaux, et quelquefois au milieu un corpuscule plus petit encore, nommé granule; les mis et les autres sont suspendus dans un liquide incolore et transparent. Les globules sont jaunâtres , sphériques, ont une surface grenue : ils ressemblent a des mûres ; ils ont des bords nettement dessinés, et un diamètre d'environ de millimètre, c'est-à-dire qu'ils sont un peu plus gros que les globules sanguins , lesquels n'ont que de millimètre

Page 1