‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 112 sur 302 · FISTULES · texte numérisé non relu

FISTULES

n'opère pas. A cela on me répoudra par ce que j'ai déjà reproché à ceux qui opèrent quand existent des complications nécessairement mortelles; on me dira donc que la mort de ceux qui ne sont pas opérés ne sera pas imputée au chirurgien , et que la chirurgie aura ainsi moins de revers à enregistrer. Cet argument a une très grande force , surtout quand il est question des grandes opérations. Ainsi , j'ai toujours dit que faire une résection pénible, longue, douloureuse, dangereuse , d'une clavicule cariée à un malade qui a les poumons farcis de tubercules, c'était commettre une action que rien ne peut justifier; et, en général, je suis opposé à toute opération pratiquée sur des malheureux voués à une mort certaine. Mais pratiquer une simple incision à l'anus, incision qui peut avoir la rapidité de l'éclair et qu'on peut se permettre sans en avertir le malade, ce n'est pas faire une opération : c'est plutôt là un complément du pansement. Je dirai même que cette incision est quelquefois commandée par des clapiers qui se vident difficilement , et qui retiennent ainsi une humeur dont la facile issue éviterait des résorptions pouvant aider la phthisie à tuer le malade. Si ces cavernes ne sont pas largement ouvertes, il faut nécessairement que vous introduisiez journellement dans ces cavités des corps absorbants, manœuvre qui n'est pas, comme on le sait, sans aucune douleur : si, avec l'éponge préparée, vous dilatez l'ouverture extérieure , vous faites souffrir davantage, vous n'avez pas la certitude d'atteindre le point déclive et de vider entièrement les cavernes. On a dit qu'en fermant une fistule à l'anus on fermait un exutoire naturel. Mais , de deux choses l'une , ou la fistule a de grands rapports avec la lésion viscérale , et alors ce n'est pas par une mcision que vous la fermerez, ou elle n'a que de faibles rapports avec cette lésion, et alors il n'y a pas grand inconvénient à opérer. Au reste, je ne vois pas ce que l'on ferme en pratiquant l'opération de la fistule, on ouvre au contraire une caverne et on la met à la disposition de la nature médicatrice; si elle est dans de bonnes dispositions, elle guérira; dans le cas contraire, la fistule persistera. On le voit, celte question est plus complexe qu'on ne le pense généralement; cependant réduite à une question de bon sens chirurgical , elle commence à présenter un aspect de simplicité que les praticiens ne manqueront

pas de saisir. i a., x

Une autre question de haute thérapeutique peut être soulevée a propos des fistules. Il en est, par exemple les fistules lacrymales , qui ont été guéries par des moyens hidirects : ainsi, diète, saignée générale, saignées locales, très souvent répétées, vesicato.res , etc. Doiton en venir à l'opération après avoir épuisé tous ces moyens , ou l operation doit-elle avoir la priorité? La réponse se trouve dans les Prolégomènes , pages 30 et 31 .

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