CHAPITRE X
ANIMAUX PARASITES
Il peut se développer dans le corps de diverses espèces animales , et de l'homme en particulier, d'autres êtres vivants, dont l'existence est limitée ordinairement dans la sphère où ils se développent; ce sont les animaux parasites, dont la présence constitue presque toujours un fait anormal, et qui forment une des classes les plus nombreuses des productions morbides. Ceux de ces animaux qui vivent dans le corps de l'homme ne peuvent ni se développer ni vivre dans d'autres milieux , c'est du moins l'opinion à laquelle ont été conduits les naturalistes les plus distingués : cependant , peut-être cette loi souffre-t-elle quelques exceptions, comme cela paraîtra probable pour certaines espèces de parasites. Quoi qu'il en soit, ces exceptions ne sauraient atténuer l'importance de la règle générale et changer l'opinion que l'on doit se faire de leur mode de développement. Plusieui*s théories , que je dois me contenter de rappeler ici , ont été émises à ce sujet et soutenues par différents naturalistes. Les uns ont supposé que les parasites humains n'étaient que des animalcules aquatiques ou terrestres qui , introduits dans le corps de l'homme , ]-)renaient nn développement considérable, et éprouvaient des modifications dans leur organisation. On a objecté à cette manière de voir que dos organes qui n'avaient aucune communication avec l'extérieur , que le fœtus luimême, pouvaient être envahis par les parasites. Cette objection n'est nullement concluante; car, si l'on admet ([ue les animalcules soient d'un volume inférieur ou même égal aux globules de sang, il est évident que ces animalcules pourront être absorbés et être portés partout
ANIMAUX, l'AUAûlTES. 501
i)ù péiièlri! le sang, c'cst-à-dirc partout, même dans les organes du foetus. La véritable objection , c'est qu'il est difficile , répugnant même (le croire que des êtres organisés puissent être aussi complètement t l'ansformés par les milieux dans lesquels ils vivent ; si l'on ajoute à cette difficulté que l'existence même des animalcules hors du corps de l'homme est une pure hypothèse , on sera peu porté à admettre cette opinion. Une autre opinion , qui compte pour défenseurs Pallas otBrcra, admet que les germes des parasites se forment au sein des tissus, qu'ils sont expulsés au dehors par les diverses sécrétions, et qu'ils y rentrent ensuite accidentellement par l'air, les boissons , les aliments, etc. Userait difficile d'apporter des preuves bien convaincantes pour ou contre cette opinion. Le reproche qu'on lui a fait de reculer seulement la difficulté ne signifie absolument rien , attendu que l'origine du premier helminthe ne peut être demandée à aucune théorie , pas plus que celle du premier homme. Les hommes sensés ne s'égarent plus , et ne perdent plus leur temps dans des questions de genèse. Enfin une troisième théorie , beaucoup plus simple , admet simplement la génération spontanée des parasites au sein de l'organisme. Cette théorie , qui n'est ni plus ni moins prouvée que les autres , mais qui nous semble plus en harmonie avec les faits , par conséquent plus probable , cette théorie a soulevé des objections de toute espèce dans le détail desquelles je ne pouvais entrer dans un ouvrage de la nature de celui-ci : c'est dans les œuvres des naturalistes qu'on pourra les consulter, moins pour se former une conviction que pour se mettre au courant de l'histoire de la science.
Tous les âges sont sujets au développement des parasites : seulement quelques espèces se développent plus spécialement à certaines périodes de la vie. D'autres sont presque entièrement sous l'influence du climat. Certaines conditions d'habitation , de nourriture , de propreté , ont aussi une grande influence sur la production de quelques espèces. Enfin la plupart se développent sous l'influence d'une prédisposition évidente que quelques auteurs ont appelée diathèse vermineuse. Il est évident que l'existencede cette diathèse implique nécessairement l'exactitude de la théorie -de la génération spontanée , et qu'elle ne peut par conséquent être considérée que comme une probabdité,
Le traitement à mettre en usage contre les parasites est entièrement subordonné à l'espèce particulière que l'on veut détruire.
Les parasites peuvent être divisés en deux grandes catégories : 1° ceux qui vivent dans son intérieur, ou entozoaires ; 2" ceux qui vivent à la surface du corps, onépizoaires. Les premiers peuvent euxmêmes être divisés (!n deux ordres , suivant qu'ils existent dans des cavil(';s communiquant avec l'extérieur, ou dans les tissus mêmes des organes.
ANIMAUX l'AUASlTES.
Parasites vivant dans l'intérieur des tissus. — Entozoaires.